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La Gazette N° 106 en date du 15 octobre 2004

Par Jean-Paul Baquiast


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Michel Rocard retrouvé

Ceux qui avaient toujours considéré Michel Rocard comme une sorte de phare intellectuel et moral pour la France, une espèce de Mendés-France, se désespéraient de le voir apparemment englouti par les appareils dans des débats mal conduits. Ils ont donc été contents de retrouver un Michel Rocard plus combatif et clairvoyant que jamais, lors de son entretien avec Stéphane Paoli du 15/10 sur France Inter. Il a dit clairement deux ou trois choses que je crois absolument fondamentales. Je résume :

- En France, les outils intellectuels permettant d’avoir une conscience géostratégique à long terme manquent à tous les niveaux.

- Faute de cette conscience géostratégique, beaucoup de Français ne voient pas que l’Europe pourrait jouer un rôle capital dans l’avenir du monde en arrimant les pays musulmans à la démocratie, au féminisme et au développement économique et social sur le modèle de ce qui se pratique chez elle. Il ne s’agit pas de prétendre faire abandonner à ces pays leurs religions et leurs particularismes, mais les détacher des minorités extrémistes prêchant le Djihad. Ces pays regardent actuellement comment l’Europe va accueillir la Turquie. Si nous montrons que nous sommes incapables de nous ouvrir à un grand pays musulman en voie de modernisation, le message serait clair. Nous rejoindrons dans leurs esprits l’Amérique de Bush qui multiplie les candidats à la Guerre Sainte en menant une véritable guerre des civilisations, sous prétexte de lutte contre le terrorisme.

- Faute également de cette conscience stratégique, beaucoup de Français ne voient pas non plus que si la France dit non à la Constitution européenne, ce sera la fin du « tricotage » de la construction européenne, par un effet purement mécanique. Michel Rocard a pris l’exemple d’un alpiniste qui manque une prise lui permettant de continuer à monter et qui commence à glisser. Il ne s’arrête plus.

- Parmi les ennemis de l’Europe qui accéléreront le détricotage, on trouvera les Etats-Unis qui commencent à trouver l’Europe bien encombrante, non seulement sur le plan diplomatique mais sur le plan économique et technologique. Faut-il faire leur jeu ?

Voilà. On ne pouvait dire mieux 15/10/04


La hausse des prix du transport

Les routiers veulent à leur tour bénéficier de ristournes sur le prix du gas-oil afin, disent-ils, de ne pas répercuter la hausse de leurs coûts sur leurs tarifs. Mais cette hausse des coûts de fret serait-elle si catastrophique? Plutôt que baisser les taxes sur l'essence, il vaudrait mieux les encourager à augmenter les tarifs du transport routier. Quand on considère les aberrations économiques qui résultent d'un transport bon marché (en apparence d'ailleurs car les prix n'incluent pas les coûts indirects), on se dit que faire payer le fret à son juste prix serait une excellente chose, quitte à pénaliser certaines consommations. Ceci est vrai aussi du fret aérien et maritime. On consommerait moins de fraises en hiver en France et plus de choux-fleurs. Personne n'en mourrait. Les transporteurs transporteraient peut-être moins en quantité, mais comme ils seraient mieux rémunérés à la tonne transportée, ils ne s'en porteraient pas plus mal. Mais qui dira cela? 14/10/04


Le Troisième Forum social européen

Le Forum Social Européen 2004 se tient à Londres du 15 au 17 octobre. On aurait aimer trouver sur le site des documents en nombre suffisant pour que ceux qui ne pourront aller à Londres se rendent compte des positions en présence. Ce n'est pas le cas ce jour 15 octobre. Espérons que le site sera enrichi après les débats. Sinon les chroniqueurs en conclueront que la mode de l'altermondialisme est retombée, du moins en Europe. 15/10/04

* FSE: http://www.fse-esf.org/fr/


Alternet et l'infomédiation

Le magazine en ligne américain Alternet se fait le champion de l' "infomediary", terme que l'on pourrait (mal) traduire par "Chroniques d'infomédiation". Sa page About us http://www.alternet.org/about/ explique sa démarche. Le site est produit (je caricature un peu) par des journalistes bien intentionnés qui veulent apprendre à leurs lecteurs comment se retrouver dans la multiplicité et le manque d'objectivité caractérisant généralement les médias classiques. Pour eux, le poids de la communication commerciale ou de la politique "politicienne" nuit à l'expression libre et objective. Ils se chargent en conséquence de diversifier les sources, pour le plus grand bien de la démocratie. Il faut noter que la plupart des articles publiés ne sont pas originaux, mais repris (avec des commentaires explicatifs si nécessaire) des nombreux périodiques qui représentent la gauche américaine, les mouvements féministes, le refus de l’embrigadement par les institutions. La formule d'un magazine en ligne gratuit a été privilégiée compte-tenu de la réactivité et de la grande diffusion qu'elle permet. L'entreprise semble un succès puisque, créée en 1998, elle aurait déjà 1,5 millions de lecteurs par mois, recrutés sur le seul bouche-à-oreille.

On peut toujours et à juste titre s'interroger sur l'origine et les objectifs de gens qui se veulent indépendants face aux multiples intérêts qui étranglent le citoyen. Qui les paient et pour quoi faire? Aux Etats-Unis, comme d'ailleurs en Europe, on peut toujours suspecter la présence de sectes ou autres syndicats d'intérêts peu transparents derrière de telles tentatives. De plus, comme le disent les rédacteurs d'Alternet, il existe déjà des milliers de sites webs qui cherchent à recruter des lecteurs, dans toute la gamme des opinions, du fondamentalisme jusqu'à l'altermondialisme le plus anarchique. Auxquels se fier? Lesquels sont administrés par de vrais professionnels du journalisme? Il faut donc juger aux actes, c'est-à-dire regarder ce que ces sites produisent et tenter de l'évaluer. C'est un travail difficile. Il ne suffit pas d'être contre tout pour être crédible. Les désinformations prennent le plus souvent la forme de l'information la plus honorable. De toutes façons, le mythe de l’objectivité est une illusion qu’il vaut mieux ne pas nourrir pour rester clairvoyant.

Pour ce qui concerne cependant Alternet, notre préjugé est et restera je l’espère globalement favorable. L’orientation globale est très anti-Bush et contre les soutiens politiques et financiers de l'administration républicaine actuelle. De nombreux textes militent même franchement pour Kerry. Cela ne nous gênera pas. Mais on peut penser que la question du financement que nous nous posions en introduction trouve là une partie de sa réponse. Les fonds du parti démocrate doivent y être pour quelque chose. Au-delà de cela, Alternet correspond généralement à ce que les européens considèrent comme l’Amérique sympathique, libérale, ouverte, acceptant la discussion. Par ailleurs, contrairement à beaucoup de sites américains, très centrés américano-américain, le journal affiche une ouverture convenable au monde extérieur, notamment à ce qui se fait et se dit en Europe. Voici encore une qualité, à nos yeux. Nous pensons donc que pour ceux qui veulent s’informer sur l’évolution de ce qui constitue sans doute un honnête pourcentage de l’opinion publique de ce grand pays, trop peu entendue malheureusement, le site doit être inscrit dans les favoris et consulté périodiquement.

- Alternet: http://www.alternet.org/


Concours d'hypocrisie à l'Assemblée Nationale française en matière de publicité pour le vin

Les députés ont donné dans l'ensemble un triste spectacle lors de la séance du 13 octobre en votant en deuxième lecture un amendement au projet de loi sur les territoires ruraux assouplissant les règles pour la publicité des boissons alcoolisées. A gauche comme à droite, on a vu les défenseurs des intérêts vitivinicoles faire assaut d'hypocrisie pour expliquer, comme l'un d'eux, qu'ils étaient " évidemment pour la lutte contre l'alcoolisme", avant de voter l'adoption d'un "article de bon sens". Le ministre de la santé a choisi une position qui ne lui fera d'ennemis nulle part, puisqu'il a demandé d'exclure la mention dans la publicité des qualités gustatives du vin mais d'autoriser celle de la représentation géographique et des appellations d'origine contrôlée. Il n'a d'ailleurs pas été suivi mais n'en a pas fait un drame. Bien peu de députés ont soutenu Claude Evin qui a jugé que cette disposition allait ouvrir de nouvelles possibilités de promotion des spiritueux et "permettre aux professionnels de la publicité de développer des parts de marché", ceci en contradiction avec les intentions affichées par ailleurs de lutter contre l'alcoolisme. Ils craignaient sans doute d'être rangés dans ce que Alain Suguenot (UMP) a qualifié de "poignée d'intégristes, montrant du doigt le vin comme un poison et jouant ainsi contre la France et ses intérêts économiques".

Pourquoi dans ces conditions ne pas rétablir à l'encontre des opposants à la publicité sur le vin la peine de mort pour crime d'atteinte à l'intégrité du territoire national? Voilà une mesure que tout le monde vinicole et alcoolier aurait comprise. Mendès-France et son verre de lait paraissent bien loin.

Pour redevenir sérieux, faisons simplement une observation: Les viticulteurs se plaignent de difficultés parce que la filière se heurte à une baisse de la consommation. Ils veulent donc relancer celle-ci, avec l'aide de l'Etat, quelles que soient les conséquences sur la santé publique. Aucun d'entre eux ne se dit qu'ils sont trop nombreux, produisent trop efficacement et que le marché est hors d'état d'absorber leur surplus, quelle que soit les "qualités gustatives" d'iceux. La conclusion logique est que certains viticulteurs devraient abandonner ce type de culture. Cette conclusion, ils la refusent pour eux. Mais depuis 50 ans, c'est ce que les agriculteurs européens en général ont été obligés de faire, devant l'impossibilité d'augmenter indéfiniment la consommation de viande, de beurre et autres produits. L'Europe et c'est tant mieux, n'a pas fait le choix politique (au contraire des Etats-Unis) d'encourager l'obésité pour soutenir l'élevage. Dans le secteur industriel et des services, on admet tout naturellement aussi que des gens soient mis au chômage parce que leur entreprise n'a pas su s'adapter à l'évolution de la demande et à la concurrence extérieure. Pourquoi les viticulteurs seraient-ils les seuls à être préservés? Une des solutions à la surproduction des produits agricoles destinés à la consommation humaine dans les pays riches viendra du développement des bio-carburants. Je ne sais pas si on peut faire des bio-carburants à partir de terres à vigne, mais cela vaudra la peine d'en discuter.

Ajoutons, comme l'a dit sur France Inter le 14 octobre le député PS Jean-Maris Le Guen (enfin un qui s'affiche franchement contre l'alcoolisme), que les viticulteurs seront sans doute les dindons de la farce, car ce seront les alcooliers en général qui sauront bien mieux qu'eux (et avec beaucoup plus d'argent) exploiter les nouvelles possibilités de publicité qui leur sont offertes. 14/10/04



EADS rachète Racal Instruments

Le groupe européen d'aéronautique et de défense EADS vient d'annoncer "une première acquisition majeure" aux Etats-Unis avec le rachat de Racal Instruments, une société californienne spécialisée dans les tests de mesure des systèmes électroniques qui elle-même avait été achetée au groupe français Thalès par des financiers américains. Le Pentagone a donné son accord à cette opération, qui s'inscrit dans la volonté d'EADS de participer aux programmes militaires en coopération avec des industriels américains. Sur son site américain, EADS affiche clairement sa volonté de participer à la croissance industrielle aux Etats-Unis - ce qui est indispensable à sa stratégie. 13/10/04

* Racal Instruments http://www.racalinstruments.com/
** EADS North America http://www.eadsnorthamerica.com et http://www.eads.net/frame/lang/en/1024/content/OF00000000400004/8/01/32338018.html


Une journée de réflexion sur les frontières de l’Europe (journée qui ignore apparemment la science).

A l’occasion de la fête de la science, le réseau français de l’Orate organise, le 14 octobre, une journée de réflexion sur la question des frontières dans et hors de l’Europe. L’Orate, Observatoire en réseau de l’aménagement du territoire européen, est un réseau de chercheurs lancé en 2002 par les Etats-Membres de l'Union en association avec la Suisse et la Norvège, afin de "développer les concepts, les données, les indicateurs nécessaires au diagnostic des dynamiques territoriales européennes". Le réseau "analysera l’impact des politiques européennes afin d’améliorer leur prise en compte des territoires".

Le programme est aujourd’hui cofinancé à 50% par la Commission et à 50% par les Etats membres et les Etats voisins qui le souhaitent.Son point de contact en France est la Datar, le CNRS et l'Université Paris VI. C'est le Réseau interdisciplinaire pour l'aménagement du territoire européen (RIATE www.ums-riate.org ).

Un grand regret cependant. On constatera, en lisant notamment le programme de la journée du 14 octobre http://www.datar.gouv.fr/Datar_Site/DATAR_Actu.nsf/Frame/Actus?opendocument&ID=CLAP-65PG73&, que les préoccupations des chercheurs sont surtout tournées vers les questions de sociologie politique. Ils paraissent ignorer les grands enjeux de la recherche européenne face à la concurrence internationale. On peut craindre de ne pas trouver là de relais susceptibles de porter des messages tels que ceux que nous voudrions trouver dans la bouche des responsables politiques européens. 13/10/04


Nicolas Sarkozy et les Pôles de compétitivté.

On ne sait pas comment le gouvernement accueillera les propositions des chercheurs qui seront présentées à Grenoble aux Etats Généraux de la Recherche les 28 et 29 octobre 2004 (voir http://cip-etats-generaux.apinc.org/). Quoiqu'il en soit, nous avons noté que Nicolas Sarkozy, ministre de l'économie et des finances, a marqué son intérêt pour les investissements de recherche lors de son passage au 7/9 de France Inter le 13/10/04. Il a confirmé le milliard déjà promis aux chercheurs pour 2004. On sait cependant que sur l'attribution de celui-ci, des divergences non négligeables demeurent entre le gouvernement et le Comité d'Initiatives et Propositions parlant au nom des chercheurs. Mais surtout le ministre a évoqué la recherche destinée à renforcer la compétitivité de l'industrie face à la concurrence étrangère et aux délocalisations. Il attend beaucoup, a-t-il dit, des Pôles de Compétitivité qui se mettent progressivement en place. Il a cité le cas de l'industrie de la céramique, dont l'avenir est désormais en grande partie représenté par la céramique industrielle.

C'est très bien. Notons cependant que cela fait au moins 10 ans que l'on parle de la céramique industrielle ou des textiles industriels, sans que les entreprises concernées aient bien perçu comment et avec quelles aides changer leurs techniques et trouver de nouveaux marchés. Sans grands programmes européens offrant un débouché à de tels produits, dans le spatial par exemple, les perspectives sont limitées.

Nicolas Sarkozy a également évoqué l'avenir du nucléaire, seule solution permettant selon lui de remplacer dans les prochaines années en Europe un pétrole de plus en plus rare et cher. Il plaide pour un grand plan Energie européen, permettant de définir les parts respectives du nucléaire et des autres énergies renouvelables, en dialogue notamment avec les pays qui comme l'Allemagne refusent encore l'atome. C'est une excellente idée. Mais qu'attend la France pour aborder la question avec ses voisins?

On demandera: " Qu'est-ce qu'un pôle de compétitivité?". Nicolas Sarkozy lui-même en a donné une définition en inaugurant le site de Crolles 2 à Grenoble le 21 juin 2004. (Lire http://www.finances.gouv.fr/discours/ministre/ns0406212.htm Laissons lui la parole car ses discours, notamment comme ministre des Finances, sont généralement considérés comme exemplaires. Reste à voir ensuite, évidemment, comment les intentions affichées se réalisent.

"Qu’est-ce au juste qu’un pôle de compétitivité ? C’est la mise en synergie d’un tissu d’entreprises d’une part, de capacités de recherche et de formation d’autre part, sur la base d’une vision stratégique partagée du développement d’un territoire et d’un secteur d’activité dominant. C’est en premier lieu la traduction de l’aptitude d’un territoire et de ses acteurs au développement endogène, c’est-à-dire de la capacité de ces derniers, État, industriels, collectivités locales, unités de recherche et de formation, à se mobiliser pour valoriser ensemble leurs complémentarités et leurs atouts, géographiques et sectoriels.

Quels sont les ingrédients favorisant l’essor et la réussite des pôles de compétitivité ? J’en discernerai principalement cinq : la convergence entre un projet territorial et un projet industriel et technologique, la mise en réseau des acteurs autour de ces projets, la pluridisciplinarité ou en d’autres termes le mélange des cultures, des savoirs et des logiques d’intervention, un fort contenu en innovation et enfin la polarisation des efforts, ou si vous préférez la concentration et l’accumulation des investissements sur un même site.

Quels sont les enjeux et les intérêts du développement des pôles de compétitivité dans notre pays, et plus largement en Europe ? L’enjeu le plus immédiat est évidemment de conforter la compétitivité de nos entreprises et de notre savoir-faire technologique. Dans une économie ouverte et de plus en plus globalisée, caractérisée par la montée en puissance des pays émergents dans l’échange international et par l’évolution rapide des technologies, les entreprises françaises et européennes doivent en permanence se situer aux avant-postes de l’innovation.

La mise en commun des ressources à travers un pôle de compétitivité permet d’atteindre la taille critique indispensable pour obtenir des résultats probants et décisifs dans la compétition mondiale. Le deuxième enjeu, qui découle directement du premier, est d’augmenter à moyen et long terme le rythme de croissance potentielle de notre économie. L’addition des contributions des membres du pôle, grâce notamment à la concentration des investissements et à l’intensification des échanges dans le cadre d’une collaboration dynamique entre une communauté d’acteurs géographiquement proches, n’est pas un jeu à somme constante. Le résultat d’ensemble dépasse la sommation des apports de chacun pris séparément (1+1 = 3). Le projet CROLLES II, c’est aussi la création directe de 1 500 emplois très qualifiés, auxquels il faut ajouter un tissu de sous-traitance de plus de 300 entreprises, représentant 3 000 emplois et 300 M € de chiffre d’affaires annuel.

Le développement de ces pôles est en troisième lieu un facteur puissant d’attractivité. Les entreprises parties prenantes ont d’abord beaucoup à perdre en s’extrayant d’un environnement très bénéfique. Celles qui ne le sont pas encore ont ensuite beaucoup à gagner en s’implantant dans le territoire d’ancrage de ces pôles, pour tirer parti des synergies qui s’y développent. Gagnant en visibilité internationale, le pôle fonctionne comme un aimant, les apports exogènes dopant la dynamique endogène initiale. Le transfert des activités de recherche de Motorola d’Austin (Texas) à Crolles illustre parfaitement cet enchaînement vertueux."

Voici qui est très bien en effet. Mais combien avons-nous de tels pôles de compétitivité en France? Et surtout, combien pourrions-nous en avoir, et à quelles conditions? Le Comité interministériel d’aménagement du territoire CIADT du 14 septembre 2004 en a recensé plusieurs, ainsi que des déclarations d'intention. Citons la Bretagne pour les STIC (voir http://www.oggam.org/imprimerart.php3?id_article=1349), un pôle Fibres pour les Vosges, d'autres pôles pour l'Oise, pour Paris...Les suggestions ne manquent pas...

En fait la plupart des Régions françaises pourraient être candidates pour héberger des pôles de compétitivité, en liaison avec leurs homologues européennes. Il ne faudrait évidemment pas voir cela comme l'enjeu d'une compétition politique entre les présidents de régions, les présidents de conseils généraux et les maires. Tout le monde devrait s'unir, avec l'appui des représentants territoriaux de l'Etat. Mais ce qui manque aujourd'hui en France, c'est une réflexion générale sur la question, à partir d'inventaires sérieux des possibilités et des moyens complémentaires qu'il faudrait réunir. La Datar s'y emploie, mais on est forcé de constater que ces réflexions restent encore limitées dans leurs ambitions et peu connues du public (hors quelques articles à l'occasion dans la presse quotidienne régionale). Nous réfléchissons actuellement à la façon dont nous pourrions aider à préciser les idées dans le cadre de notre action en faveur du développement des technologies de puissance en Europe. 13/10/04

* Sur le CIADT du 14 septembre et les pôles de compétitivité, voir http://www.datar.gouv.fr/Datar_Site/DATAR_Actu.nsf/Frame/Actus?opendocument&ID=CLAP-64TFMP& On lira notamment le rapport présenté par le service de presse de Matignon, qui précise la notion de pôles de compétitivité et les actions qui seront menées en leur faveur dans les prochains mois http://www.datar.gouv.fr/Datar_Site/DATAR_Actu.nsf/Frame/Actus?opendocument&ID=CLAP-64TFMP& . Le Premier ministre a cette occasion a réaffirmé le fait que la France avait besoin de soutien aux grandes entreprises industrielles (dans le cadre de la concurrence) et de projets structurants, industriels (EPR, ITER) ou portant sur les infrastructures (notamment le plan Haut débit). Nous prenons acte.


La conférence du Foresight Institute consacrée aux nanotechnologies moléculaires

Le Foresight Institute, créé par le prophète des nanotechnologies, Eric Drxler, tiendra sa première conférence (22/24 octobre, Washington, DC) consacrée aux Nanotechnologies avancées, à leurs applications et aux problèmes économiques et politiques à résoudre. L'impact des nanotechnologies moléculaires, que certains physiciens et industriels continuent à considérer comme impraticables, sera étudié. Les domaines examinés concernent les applications en matière de sécurité, environnement, purification de l'ean, énergies propres, élimination des déchets industriels, médecine, exploration spatiale. On s'interrogera aussi sur les questions de compétitivité économique et les impacts sociétaux. C'est la première fois qu'une conférence de cette ampleur se tient, annonce Christine Petersen, vice-présidente du Foresight Institute.

Ceux qui ne feront pas le voyage à Washington, comme nous et sans doute l'ensemble des Européens qui devraient s'intéresser à ces questions, pourront au moins méditer le détail des conférences sur le site http://www.foresight.org/Conferences/AdvNano2004/index.html 11/10/04

* The Foresight Institute http://www.foresight.org/


La conférence Web 2.0

La Web 2.0 Conference s'est tenu du 5 au 7 octobre à San Francisco (USA). L'objet de ces conférences est de faire le point des innovations que permet l'Internet, donc chacun s'accorde à reconnaître que les progrès sont encore loin d'avoir été compris et exploités. On y a retrouvé le gratin de la nouvelle Net-économie, celle qui a survécu à la crise de la fin des années 1990 et qui est en train de préparer des changements radicaux, intéressant les technologies, les usages commerciaux et les retombées culturelles.
Nous avons déjà évoqué sur ce sujet les réflexions de " visionnaire " Howard Rheingold. Ce propos a été repris et amplifié par plusieurs dizaines d'intervenants venant de divers milieux professionnels. Aucun Français parmi eux, évidemment, et, sauf erreur de notre part, aucun Européen non plus. Comme quoi le nouveau monde se construit sans nous.
Un autre "visionnaire", Brewster Kahle, a suggéré de numériser les 26 millions d'ouvrages de la Bibliothèque du Congrès. Le coût de l'opération a été estimé à $260 millions et le tout tiendrait sur une étagère. Sans une telle opération, ces ouvrages ne seront pratiquement JAMAIS disponible pour personne. On peut toujours expliquer que survivre en ce monde n'exige pas de lire des livres, qu'ils proviennent de la Bibliothèque du Congrès ou de notre propre Bibliothèque Nationale. Mais ceux qui disent cela ou le pensent n'ont pas leur place dans le monde de demain tel qu'on peut le rêver. 11/10/04

* Web 2.0 Conference http://www.web2con.com/


Les Palm Islands de Dubaï

On découvre progressivement en France ce que Dubaï et les Emirats présentent comme la 8e Merveille du monde, deux iles articielles implantées au large de la côte à l'est de la ville de Dubaï. Ce sont les Palm Islands. Les pétro-dollars dépensés pour ces constructions faramineuses ne se comptent plus. Mais ce qui est surprenant, c'est qu'une riche clientèle mondiale se bouscule pour acquérir à prix d'or les hôtels et appartements proposés. Il s'agit pourtant d'un environnement plus qu'artificiel, où les tours le disputent aux lagons surchauffés par un ensoleillement sans merci. C'est sans doute ce que cherchent les "élites" enrichies par les spéculations financières et les trafics en tous genres. Quetrouveront là les jeunes et moins jeunes qui s'y précipiteront: le confort matériel sans risque, le "paraître" voire le sexe et les drogues...mais certainement pas le contact avec la nature sauvage. Ceci dit, ce qui reste de nature sauvage dans le monde ne s'en portera que mieux. On imagine les dégâts que provoqueraient les milliards de dollars investis à Dubaï s'ils servaient à financer un tourisme de masse dans les zones du monde dites encore préservées. 11/10/04

* http://guide.theemiratesnetwork.com/living/dubai/the_palm_islands.php


Salud a Conociminetosweb.net

Nous venons de découvrir, par la grâce de Goggle, un site mexicain très intéressant: Conocimientosweb.net. Il se veut le Portail de l'éducation permanente non formelle . On y trouve chaque mois de nombreux textes et cours à but informationnel et pédagogique. Les questions scientifiques ne sont pas oubliées. Les lecteurs français hispanophones ont intérêt à le visiter régulièrement. Ceci dit, je n'ai pas trouvé sur le portail d'informations relatives aux éditeurs de ce site. 09/10/04

* http://www.conocimientosweb.net/portal/article448.html
Cette page donne un compte-rendu détaillé de notre colloque Europe Puissance Scientifique de Juin, dû à notre ami Eduardo Martinez de la Fe, rédacteur en cher de Tendencias cientificas http://www.tendencias21.net/


Les socialistes pour le Oui à la constitution

Les partisans du Oui lors du référendum pour le projet de traité constitutionnel européen noteront avec intérêt, même s'ils ne sont pas socialistes, l'ouverture d'un site destiné à mobiliser les militants. On y trouve le Texte du Traité et une présentation pédagogique. On peut également signer l'appel en ligne (Quid feci).

Que voilà une bonne initiative. 09/10/04

* http://www.ouisocialiste.net/


Quand La rue des entrepreneurs veut nous apprendre la morale

Le 9 octobre, l'émission économique La rue des entrepreneurs de France Inter nous a gratifié d'une leçon de morale sociale que personnellement j'ai trouvée insupportable. Nous avons eu droit à un "entretien exclusif" avec un certain Bernard Cathelat, fondateur et directeur d'un improbable CCA (pour Centre de Communication Avancée). Ce monsieur nous a rapporté les résultats d'une enquête auprès de 10.000 personnes, dont les résultats lui permettent de nous assener non seulement des vérités premières mais aussi des leçons de morale insupportable. Dans un imbroglio d'arguments à la mode, il nous adjure de participer à l'espèce de réarmement morale qu'il croît déceler : vers le retour à l'autorité et la renaissance de la croyance en Dieu.
Cette enquête et l'exploitation qui en est faite montre bien comment quelqu'un qui a des idées bien arrêtées et qui veut nous les imposer utilise des procédés pseudo-scientifique pour nous démontrer que le monde est tel qu'il le décrit et pas autrement. Comme quoi la sociologie, qui se prétend pourtant une science, abrite des activismes politiques frôlant le fondamentalisme. Didier Adès ferait bien de retourner à l'économie et laisser là les pseudo-philosophies. Je donne le site du CCA, par déontologie, mais cela ne veut pas dire que j'approuve la démarche. 09/10/04

* CCA http://www.cca.com (NB: Adresse fournie par France Inter. Ce jour, le site est muet. Tant pis pour lui)


Un Hiroshima atomique

Le journaliste israëlien Ze'ev Schiff développe le thème d'un Hiroshima atomique menaçant aussi bien les Etats-Unis qu'Israël (Voir HAARETZ.com, 28/09/04 http://www.haaretz.com/hasen/spages/482591.html). L'auteur de l'article commente le livre récent d'un expert de la guerre nucléaire, le professeur Graham Allison, de Harvard, ancien conseiller du Pentagone: "Nuclear Terrorism: The Ultimate Preventable Catastrophe" (Times Books, aoüt 2004). Graham Allison s'étonne dans ce livre de voir le peu d'inquiétude que suscitent les risques chaque jour accrus, selon lui, d'une attaque nucléaire de grande ampleur frappant les Etats-Unis. La dissémination des produits fissibles rend la chose de plus en plus facile pour des mouvements terroristes déterminés. Un tel attentat désorganiserait durablement l'économie non seulement américaine mais occidentale. Israël est sûrement plus averti de tels risques que l'Amérique, pour ce qui le concerne, mais que faire pour prévenir de tels attaques? La menace de rétorsion, qui a fonctionné pendant toute la guerre froide, ne peut guère être utilisée aujourd'hui, si l'attaque provient, non d'un Etat mais d'une nébuleuse clandestine. Il n'y a guère que les politiques de lutte contre la dissémination qui peuvent agir. Mais jusqu'où doivent-elles être conduites?

Pour Ze'ev Schift, l'avenir est des plus sombres. Les recommandations du Pr. Allison lui paraissent très utopiques. On s'interrogera cependant sur deux points? Est-il sain d'évoquer un risque majeur si on ne peut pas faire grand chose pour le prévenir? Les ennemis potentiels ne peuvent qu'être encouragés à perpétrer leurs forfaits. Mais si au contraire on pense que des actions de préventions sont possibles, en violant nécessairement le droit international (par exemple des frappes préventives), il faut le dire et peser le risque de telles mesures. On a vu que l'intervention préventive en Irak n'a fait qu'ouvrir la boite de Pandore du terrorisme islamiste, pour reprendre l'expression du président Chirac. 08/10/04

HAARETZ est un journal israëlien d'informations générales et politiques. Il est publié en yiddish et en anglais. http://www.haaretz.com/


Un retour aux grands programmes industriels européens

Le président de Saint Gobain, Jean-Louis Beffa, a présenté le 4 octobre les premières conclusions du rapport que lui avait demandé le Président Chirac. L'objet de la mission est de redéfinir les objectifs, moyens et outils d'une politique industrielle tant nationale que communautaire. Il s'agit évidemment d'un thème d'une importance majeure pour l'Europe. Nous attendrons donc avec impatience les conclusions détaillées du groupe de travail. Il faut espérer aussi qu'elles feront l'objet d'une large discussion publique. Dans l'immédiat, Jean-Louis Beffa a marqué sa préférence pour de grands programmes industriels franco-allemands, du type Airbus, dans les domaines où l'Europe a pris un retard catastrophique, les biotechnologies ou les TIC par exemple. Il demande aussi une forte augmentation de la dépense publique dans ces domaines, sur le modèle japonais. Nous ne pouvons que soutenir ces idées. Mais de tels programmes ne devront pas être limités aux français et aux allemands. Une fois lancés par ces derniers, ils devraient s'ouvrir à d'autres partenaires industriels européens. 06/10/04


Frappe préventive envisagée par le Japon

Le quotidien japonais en langue anglaise Japan Today annonce dans son édition du 1er octobre qu'un groupe de travail commissionné par l'Agence Japonaise de Défense recommande que le Japon puisse lancer des frappes préventives sur des sites de missiles, ou autres sites militaires présentant des risques pour le territoire japonais.

Quelques remarques :
1° Cette méthode à, nous semble t'il, été déjà appliquée à Pearl Harbour, avec les conséquences que l'on sait.
2° Devinette :qui est l'ennemi ?
3° Le droit international s'enrichit tous les jours de nouveaux concepts. . .Il s'agit en effet d'une version musclée du droit d'ingérence vraisemblablement inspirée de la doctrine américaine. JCE 02/10/04

* Japan Today http://www.japantoday.com/


Un bombardier spatial sans pilote à l'étude aux Etats-Unis

La DARPA vient de commander à 4 firmes aérospatiales les plans d'un bombardier spatial sub-orbital sans pilote qui sera nommé le Falcon. L'objectif est d'atteindre dans un délai de 2 heures n'importe quel point du monde, à partir de bases situées aux Etats-Unis. Le prototype devrait voler en 2010 à Mach 6 et délivrer une bombe de 500 kilos à partir d'une altitude de 100 kilomètres. En 2025, l'engin devrait décoller comme un avion normal grâce à un moteur hypersonique atmosphérique, transporter 5500 kgs de bombes ou de missiles et parcourir 17.000 kms en 2 heures.

Cet engin se substituerait à la version militarisé du X-37 de la Nasa, conçu comme une petite navette spatiale réutilisable lancée par une fusée, et abandonnée faute de crédits.

* article de Space Today http://www.spacetoday.net/Summary/2556
** article de Space Daily http://www.spacedaily.com/news/rocketscience-03zzi.html


Les cinquante ans du CERN

La revue La Recherche a publié, dans son numéro d'octobre 2004, à l'occasion des cinquante ans du Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire CERN, un article intéressant de l'historien des sciences américain John Krige, qui enseigne au Georgia Institute of Technology à Atlanta. Le CERN est le seul centre au monde qui, après le grand collisiobnneur électron-positron LEP, fermé en 2000, sera doté d'un collisionneur géant à hadrons (LHA) prévu pour être opérationnel en 2007. Les Etats-Unis regrettent aujourd'hui d'avoir, pour raisons d'économies imposées par le Congrès, renoncé à réaliser un équipement de cette nature chez eux.

L'article de John Krige est particulièrement intéressant dans la mesure où il montre que si le CERN a vu le jour en 1952/1954, c'est sur la volonté expresse des Etats-Unis, sur le conseil du physicien Isidor Rabi. L'objectif était de rassembler à Genève le potentiel humain de la recherche nuclaire européenne autour d'objectifs pacifiques, à la fois pour éviter que les chercheurs européens ne soient attirés par l'URSS et que les gouvernements ne les affectent à des recherches militaires. La France, d'abord réticente, a compris qu'il était de son intérêt de jouer pleinement le jeu. Elle a donné son accord pour étendre l'emprise du CERN sur le sol français. Elle y a développé la technologie des chambres à bulles. En 1973 le "groupe de Gargamelle" a démontré l'identité de l'interaction faible et de la force électromagnétique. Plus tard, George Charpak, physicien du CERN, a reçu le prix Nobel.

Ce qui surprend aujourd'hui est que, comme l'indique John Krige, en 1950, les américains estimaient que si leur pays était insurpassable en matière de technologie industrielle, l'Europe les dépassait dans le domaine des compétences fondamentales, même après le départ de beaucoup de physiciens allemands vers les Etats-Unis après la guerre. 01/10/04


Quoi de neuf sur le web?

Nous présentons désormais ici, à titre d'information, quelques liens sur des sites publiant des articles d'intérêt stratégique. Il est évident que nous ne cautionnons là en rien, ni ces sites ni leurs propos. Il s'agit seulement de regarder un peu autour de soi. Je vous rassure également pour l'avenir, nous ne citerons aucun des nombreux sites dont l'inspiration ou les discours sont inacceptables au regard du droit français et de la morale internationale.

Infoguerre http://www.infoguerre.com/

Laissons les auteurs d'Infoguerre se présenter eux-mêmes (Page Qui sommes-nous? http://www.infoguerre.com/mod.php?mod=userpage&menu=10&page_id=1:

" Infoguerre.com est une aventure humaine ... Fruit de la collaboration de journalistes, consultants et universitaires, ce site indépendant d’information et de réflexion fut créé en septembre 1999. Dédié à l’origine à l’observation de la guerre de l’information appliquée au domaine économique, politique et militaire, Infoguerre.com a poursuivi son évolution, se fixant ensuite comme objectif de détecter, d’identifier et de décrypter les stratégies de puissance à l’œuvre dans le monde contemporain, pour mieux analyser les métamorphoses du concept de puissance. Les mutations de la contrainte (donc de la guerre) et du pouvoir (mis en lumière par des auteurs comme Alvin Toffler ou Joseph Nye) doivent nécessairement engendrer une réflexion approfondie sur ce sujet. Désormais, l’objectif prioritaire de ceux qui veulent construire du sens est d’étudier en profondeur l’édification des stratégies du soft power. En paraphrasant le Maréchal Foch, on pourrait dire que pour les Etats, les entreprises ou les acteurs de la société civile capables de vouloir, ces stratégies ne s’articulent plus sur la violence physique mais sur la maîtrise du savoir, afin de pouvoir …

Infoguerre.com est donc en veille sur de nombreux sujets relevant de la notion de puissance, et appartenant conséquemment aux thématiques de la guerre économique , de la guerre de l’information, du perception management (de l’information dominance aux opérations psychologiques), de la cyberguerre, du renseignement, et de l’évolution de la pensée stratégique. Dans un cadre français et européen, il s’agit aujourd’hui de refuser les mirages d’une perception dominatrice de la puissance – égarant certains – pour en proposer une autre, nourrie par un projet politique multilatéraliste et humaniste "

* Lire l'éditorial d'octobre 2004, Airbus-Boeing http://www.infoguerre.com/article.php?sid=796&mode=threaded&order=0 L'article précise les manoeuvres de Boeing pour masquer ses déboires commerciaux vis-à-vis de Airbus en reprenant la vieille querelle des subventions européennes à Airbus. Dans la campagne électorale actuelle, le Président Bush s'est saisi de cette affaire pour se présenter comme le défenseur de l'économie américaine face à l'Europe. Mais l'Union euroopéenne ne semble pas décidée à se laisser impressionner et contre-attaque devant l'OMC. La partie n'est pas jouée pour elle cependant car de nombreux pays membres de l'OMC sont sous influence américaine.


The Nation http://www.thenation.com/

The Nation (créée en 1895) est un vieux journal de ce que nous appellerions en France la gauche intellectuelle libérale américaine. Sa lecture est toujours très rafraichissante. Si j'étais vous, je mettrais le site dans mes favoris.

* Lu sur le site en octobre 2004 : Le double visage de James Baker. James Baker's Double Life http://www.thenation.com/doc.mhtml?i=20041101&s=klein .
Il s’agit d’un article de Naomi Klein, en date du 13 Octobre 2004. L’article est long et l’histoire est compliquée. Résumons là en quelques mots. Selon l’enquête menée par Naomi Klein, l’ancien secrétaire d’Etat James Baker III, chargé en décembre 2003 par le président Bush de renégocier la dette de l’Iraq, confondit dans cette mission les intérêts de l’Iraq et ceux du Groupe Carlyle, dont il est conseiller et important porteur de parts. Il tenta de convaincre le gouvernement du Koweit de signer un accord secret avec Carlyle ainsi qu’avec le Groupe Albright (dont l’ancienne secrétaire d’Etat Madeleine Albright est devenue la patronne) et quelques autres firmes financières. Par cet accord, James Baker s’engageait à sécuriser au moins une partie de la dette de l’Iraq à l’égard du Koweit (soit 57 milliards de dollars). Autrement dit, James Baker ferait jouer ses relations politiques dans le cadre de sa mission officielle pour faire en sorte que le Koweit, contrairement aux autres Etats débiteurs de l’Iraq, ne soit pas obligé de renoncer à sa dette. Carlyle serait rémunéré en conséquence.
Le Koweit se refusa finalement à cet accord et aujourd’hui le groupe Carlyle nie toute implication. Mais les journalistes de The Nation assurent avoir les preuves de ce qu’ils avancent. Quoiqu’il en soit, cette affaire montre bien les risques graves de dérive qu’implique le fait, courant aux Etats-Unis, de charger de missions diplomatiques importantes (sans parler précédemment de charges politiques éminentes, telles celle de Secrétaire d’Etat) des professionnels de la finance. Il n’y a pas qu’aux Etats-Unis que de telles choses arrivent, dira-t-on. Au moins chez eux, ajoutera-t-on, des journalistes d’investigation réussissent à éventer les mèches. Les pays européens feront-ils preuve de la même curiosité relativement aux relations passées de certains de leurs hommes politiques avec Saddam Hussein ?

** Lu aussi sur le site en octobre 2004: La stratégie du Potemkine Potemkin Government
Il s'agit d'un article de Jonathan Schell qui expose l'inconsistance militaire du prétendu NMD ou National Missile Defense Program. Le NMD est censé protéger les Etats-Unis d'attaques lancées par des missiles venant d'Etats-voyous ou de groupes terroristes. Or les systèmes ne marchent pas, bien qu'ils aient coûté très cher. Ce que Jonathan Schell reproche à l'Administration, c'est qu'elle le sait mais qu'elle prétend le contraire, comme l'a répété récemment le Président Bush: "Qu'ils viennent (les missiles). Nous les abattrons".

Le NewScientist a présenté la même thèse dans son numéro du 2 octobre 2004, p. 23. Unfriendly fire. Theodor Postol, professeur de science et technologie de défense au MIT y explique que les missiles contre-missiles du NMD seront encore plus inefficaces que les pourtant réputés Patriots, qui ont à leur actif d’avoir récemment abattu deux chasseurs amis, un britannique, le Yahoo 76 (Tornado GR 4) et un US Navy F 18 américain. Sur ces deux incidents d’ailleurs, dit l’auteur de l’article, les enquêtes ont été particulièrement discrètes. C’est donc vain de croire que des missiles, fussent-ils plus perfectionnés que les Patriots, peuvent en abattre d’autres, sauf hasard heureux.
On peut penser que cela, aucun terroriste sérieux ne l’ignore, malheureusement.


Knowckers http://www.knowckers.org/
Knoxckers, contraction de Knowledge Hackers, site français, s'est donné pour mission de, je cite: "révéler les manipulations de l'information véhiculées sur le web ou plus généralement dans les médias. Nous ne pouvons plus tolérer l'absence de débat sur des sujets vitaux"

* Lu sur le site ce mois-ci Ce que Microsoft ne nous dit pas http://www.knowckers.org/index.php?option=content&task=view&id=22
L'article montre comment Microsoft, selon les auteurs, a toujours manipulé les clients, les médias et les Pouvoirs Publics. Aujourd'hui, la firme cherche à lutter contre l'offensive du Libre (voir en Asie le Joint Open Source Project et les émules que ce Projet pourrait faire ailleurs (voir http://www.admiroutes.asso.fr/europepuissancescientifique/eurolinux.htm) A cette fin Microsoft assiège plus que jamais les gouvernements pour les dissuader de s'engager dans la voie du Libre. La France prête aux représentants de Microsoft une oreille bien trop favorable.


Temps-Réels.net http://www.temps-reels.net/

Temps Réels, site français, section virtuelle du PS, suit plus particulièrement les questions intéressant les STIC, aussi bien sous l'angle technologique que politique.

* Toujours à propos de Microsoft, il est instructif de lire sur le site, ce mois-ci, l'historique détaillé du combat engagé (non sans résistances) à la Mairie de Paris pour s'orienter vers le Libre. Indépendance informatique et logiciel libre à Paris : chronologie d’un débat http://www.temps-reels.net/article.php3?id_article=1608


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/04-10610