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La Gazette N° 102 en date du 15 août 2004

Par Jean-Paul Baquiast


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Lire aussi dans Automates Intelligents:

- Olivier Laprévote, directeur de recherches au CNRS. Interview http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2004/56/laprevote.htm
-
Plus vaste que le ciel. Une nouvelle théorie générale du cerveau, par Gerald M. Edelman http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2004/56/edelman.htm


 

Patrick Declerck hait l'Islam

Et c'est bien son droit. C'est aussi effectivement, dans notre monde de consensus mou, courageux de le dire (Le Monde, 12 août 2004, p. 14, voir http://www.lemonde.fr/web/recherche_articleweb/1,13-0,36-375161,0.html). Il hait en fait toutes les religions. Qu'il nous permette de le citer: "Les religions sont des névroses de l'humanité, disait Freud. Mais il est, n'en déplaise, névrose et névrose... Le judaïsme tend à la névrose obsessionnelle : le rite pour le rite. Au cœur du christianisme se tapit l'espoir anxieux de noyer le pulsionnel dans un indifférencié asexué : l'amour christique, cette tisane tiède... L'islam, lui, tend à rendre fou parce qu'il instaure un partage entre les sexes extraordinairement et spécifiquement pathologique : une horreur et une terreur de la femme et de sa jouissance sexuelle fantasmée comme toute-puissante.". En tant que psychanalyste, il est bien placé pour souligner, je re-cite "l'oppression farouche de toute féminité. Oppression d'autant plus radicale qu'elle a pour fonction première de recouvrir de son voile phobique le vertige secret, intime, muet, mais omniprésent, de l'impuissance masculine et de son éternel compagnon, la répulsion-tentation de l'homosexualité latente... D'où la nécessité aussi de l'alliance érotisée et défensive des "frères" de l'islam.".

Même s'il est difficile de s'entendre sur les fondements scientifiques de la psychanalyse, on doit reconnaître que, lorsqu'elle explore les motivations sexuelles refoulées à la base de beaucoup de comportements et d'institutions, elle dit des choses que personne n'ose encore dire, 150 ans pourtant après Freud, le grand scandaleux. Patrick Declerck est donc très recevable, quand il s'en prend à la haine de la femme qui sous-tend l'Islamisme. Mais il pourrait en dire autant des deux religions qu'il a cité précédemment, christianisme et judaïsme, même si celles-ci ont du mettre de l'eau dans leur vin sous la pression du féminisme laïc occidental. Plus généralement, ce que Declerck dénonce dans l'Islam, on le retrouve dans énormément de civilisations, notamment autour de la Méditerranée et encore de façon sous-jacente en France même. C'est un sujet d'étonnement pour qui regarde les choses avec recul, de voir comment la peur de la femme, poussée jusqu'à la haine, a pu servir de ciment à d'innombrables sociétés.

Quelqu'un disait, je ne sais plus qui: "la vraie guerre des civilisations qui nous engage, ce n'est pas celle entre l'Occident et l'Islamisme, mais celle entre les pays proclamant - et appliquant - une stricte égalité entre les sexes, et les autres qui oppriment les femmes". Ceci me parait tout à fait juste. Mais, à ce compte, la guerre des civilisations est plutôt encore devant nous que derrière.

On lira, pour entendre la contradiction, une réponse à Declerck, d'un certain Jamel. Je la trouve assez embrouillée, mais tout le monde n'est pas expert en langage. C'est dans A voir A lire.com http://www.avoir-alire.com/spip/article.php3?id_article=4933. On y trouve aussi un commentaire du dernier livre de Declerck, "Garanti sans moraline". Flammarion 2004 15/08/04


Visite du Pape à Lourdes

Sans tomber dans l'anti-cléricalisme sommaire, on peut s'étonner de voir que le Pape, invité d'un pays dont les lois autorisent l'avortement, vienne rappeler les positions rigides de l'Eglise sur ce sujet. On dira que c'est son droit le plus strict, comme il a le droit de vouloir maintenir, malgré de bonnes paroles creuses prodiguées aux femmes, la volonté de maintenir ces dernières dans la subordination face aux hommes. Un peu de réserve diplomatique cependant n'aurait pas fait de tort à l'Eglise.

On objectera, vu l'air extasié qu'ont pris les nombreuses filles et femmes venues à Lourdes contempler le Pape, que celles-ci n'y voient pas de mal. Mais il ne faut pas alors s'étonner que tant de jeunes musulmanes acceptent la sujétion du voile. La soumission est si rassurante. 15/08/04


Europe atlantique?

La Commission européenne qui se met en place sous l'impulsion du président Jose Manuel Barroso a de quoi inquiéter ceux qui en France voudraient faire de l'Europe, non pas une Puissance (ce serait trop demander dans l'immédiat, voir ci-dessous) mais au moins une entité politique qui ne soit pas à la remorque des Etats-Unis. Or les choix de commissaires ont de quoi inquiéter. Il s'agit de personnalités qui, dans leurs pays respectifs, ont été fervents défenseurs du libéralisme absolu et pour beaucoup de l'alliance avec les Etats-Unis. De plus les pays qui, lors de la guerre américiane en Irak, avait soutenu le président Bush, se trouvent remis en selle aux dépends de l'Allemagne, de la Belgique et de la France dans les divers comités et groupes de travail en cours de constitution. Si bien que certains en arrivent à reprendre l'idée chère aux néo-conservateurs américains d'une zone de libre échange euro-atlantique, ce qui serait une véritable catastrophe pour l'indépendance économique de l'Europe, vu l'inégalité des forces en présence.

On peut dire que la France, et dans une moindre mesure l'Allemagne, ont particulièrement mal joué. Pour des raisons diverses, dont la maladresse du gouvernement et du président français, ces pays sont marginalisés. Que va-t-il se passer? Dans l'immédiat, en France, le clan des opposants de gauche à la ratification de la constitution européenne va être renforcé - bien qu'il s'agisse d'un tout autre problème que celui de l'orientation politique de la commission. Par ailleurs, les commissaires et les pays européens en particulier vont être la cible de manoeuvres de lobbying ou d'intimidation accrues venant des Etats-Unis. Selon nos informations, cela a déjà fortement commencé, la séduction ayant pour le moment la priorité, mais les chantages n'étant pas loin.

Ceci veut dire en tous cas que ceux qui voudraient, en Europe, rassembler les forces économiques et scientifiques pour doter le continent des moyens d'une puissance technologique doivent plus que jamais se faire entendre. Même s'ils crient dans le désert, pour le moment, peut-être seront-ils mieux compris plus tard, quand l'emprise américaine sera plus forte - emprise, disons-le tout de suite, qui ne diminuerait aucunement au cas où Kerry remplacerait Bush. 15/08/04


Europe puissance...industrielle et scientifique

Lors d'une émission consacrée à l'état d'avancement de la construction européenne par France Culture le 13 août 2004 à 12h45, Michel Rocard, actuellement député européen, a rappelé une position qu'il expose souvent: le temps n'est plus où entre les pères fondateurs de l'Europe, un accord était possible pour la réalisation d'une Europe puissance de type fédéral, nécessairement en compétition avec les Etats-Unis. L'arrivée des nouveaux membres qui ne veulent absolument pas entrer en conflit avec les Etats-Unis sur des questions de politique internationale et qui se satisfont d'un grand marché (d'ailleurs très ouvert sur l'Atlantique) doit conduire les nostalgiques de l'Europe puissance, dont il était, dit-il, au réalisme. Bornons nous à faire de l'Europe une grande Suisse, comme le recommande l'Autriche, parait-il, ce sera déjà très bien.

Il nous semble que Michel Rocard se résigne bien facilement. Cela tient sans doute à ce qu'il ne mesure pas le rôle nécessairement fédérateur et structurant de ce que pourraient être de grandes politiques européennes dans le domaine de la recherche scientifique, des technologies de puissance et des grands travaux, notamment pour l'énergie et les transports. Si l'Europe mettait un peu plus que les quelques 2% de son budget à de tels programmes, les nouveaux entrants y verraient immédiatement des sources de gains possibles et se battraient certainement pour participer. De tels projets (comme l'actuel Galiléo ou comme Iter à Cadarache, encore non décidé du fait de l'opposition américaine - voir- ci-dessous) créérait de fait des communautés d'intérêt européennes qui seraient un premier pas décisif vers une puissance de fait. Il en serait de même, ajoutons-le, de grands programmes militaires. 14/08/04


Les dangers des aliments irradiés

France-Culture, le 14 août 2004, a consacré une émission aux risques des aliments irradiés, de plus en plus utilisés dans le monde entier pour la conservation des aliments. Selon les experts consultés, l'irradiation détruirait pratiquement tous les éléments nutritionellement intéressants desdits aliments, y compris en disloquant certaines protéines. De plus, beaucoup de cancers et maladies dégénératives pourraient être induits par les radicaux libres générés. L'irradiation, au plan économique, permet de faire voyager dans le monde entier des produits fragiles, ce qui augmente les risques de délocalisation de la production dans des pays à bas coûts de main-d'oeuvre. De plus, l'étiquetage, censé être obligatoire, n'est pas respecté par les producteurs et distributeurs, ce qui ne permet pas aux consommateurs de réagir. 14/08/04

Différents sites mettent en garde sur ce sujet. Citons Grainvert :Aliments irradiés et OGM : même refus d'étiquetage des multinationales http://www.grainvert.com/article.php3?id_article=708 et le site américain Citizen, de feu Ralph Nader http://www.citizen.org/documents/Top10.pdf


Les Etats-Unis jouent à fond la carte de Iter (au Japon)

Anne Davies, directrice de l'Office of Fusion Energy Sciences * du département américain de l'Energie, vient d'annoncer que les Etats-Unis allaient fermer le Fusion Ignition Research Experiment (FIRE), jugé techniquement dépassé. Il s'agit du réacteur expérimental américain destiné à la fusion nucléaire. Il utilise des aimants magnétiques au lieu des aimants superconducteurs de Iter. En remplacement, les Etats-Unis mettront toutes leurs forces dans le projet International Iter, dont ils défendent bec et ongles, avec le Japon et la Corée du Sud, l'implantation à Rokkashomura, au Japon.

Aucun accord n'a pu se faire avec le bloc Union Européenne, Chine et Russie qui défend l'implantation à Cadarache. Voici maintenant 6 mois que le projet est bloqué. Tous les experts pensent que les Etats-Unis ne céderont pas. Il n'y a donc pas d'autres solutions, pour l'Europe, si elle ne veut pas dépendre des Etats-Unis et du Japon pour ce domaine essentiel, de lancer son propre Iter à Cadarache, quels que soient les coûts.

On observera en passant que l'obstination américiane semble prouver que le projet Iter n'est pas seulement une vaste intox scientifique, comme certains experts avaient pu le prétendre. 14/08/04

* Fusion Energy Sciences Web site http://fusionenergy.lanl.gov/


Comité de la gauche pour le Oui

Plusieurs personnalités de gauche, dont les anciens ministres Elisabeth Guigou et Bernard Kouchner, viennent de constituer un "Comité de la gauche pour le oui" à la Constitution européenne, qui sera soumise à un référendum à l'automne 2005.

"Malgré les réserves que nous éprouvons vis-à-vis de ce projet de constitution, texte de compromis qui ne répond pas exactement à ce que nous aurions souhaité, son approbation nous paraît une nécessité pour donner toutes ses chances à l'Europe et renforcer la démocratie européenne", affirment les initiateurs de ce comité.

"Nous souhaitons fortement convaincre la gauche française, aujourd'hui divisée sur cette question, qu'en accord avec tous les partis socialistes ou sociaux démocrates d'Europe, nous devons soutenir ce projet" Le communiqué précise que "dès la rentrée de septembre et jusqu'au jour de la consultation", ce comité "prendra des initiatives et agira pour informer, expliquer et convaincre".

Très bien, mais qu'attendent-ils pour mettre en place un site Internet de qualité? Sans cela la démarche sombrera comme bien d'autres dans l'oubli. 13/08/04


La France tire contre son camp

S’il est exact, comme le rapporte la presse, qu’un certain nombre de pays européens auraient vu d’un bon œil la candidature du français Pascal Lamy, feu commissaire chargé du commerce, au titre de président de la Commission et que cette candidature a été exclue sur un niet venu de l’Elysée, il y a vraiment là de quoi s’indigner.
Jacques Chirac a pris une lourde responsabilité en frappant d’interdit un homme de très grand mérite, sous prétexte qu’il aurait des sympathies pour la gauche et qu’il s’était opposé en son temps, fort légitimement et avec beaucoup de mesure, aux prétentions de Paris dans le domaine de la politique agricole commune et de la politique commerciale. Non seulement, il prive Pascal Lamy de tout débouché de carrière dans l’immédiat, mais il a privé la France d’une possibilité très intéressante, la candidature d’un français à la succession du président de la Commission.

Ce qui est triste dans le cas de Pascal Lamy, c’est qu’il n’a guère plus d’amis à gauche qu’à droite. Ce serait pourtant, pensent beaucoup de ceux qui l’ont connu, un candidat socialiste aux élections présidentielles de premier plan, tant par ses compétences européennes que par sa vaste culture administrative et politique. Mais sans doute est-il trop bon pour être bien vu des appareils. 13/08/04


La maladie de la vache folle aux Etats-Unis

La revue scientifique NewScientist, n° du 7 août 2004, publie sous le titre « Un cauchemar américain » un article très alarmant concernant la très certaine contamination à grande échelle du cheptel américain par l’ESB. Malgré les avertissements répétés des experts européens, bien payés pour savoir ce qu’il en est, les autorités américaines (US Department of Agriculture) ont longtemps refusé de mettre en œuvre des campagnes de tests à grande échelle efficaces. Par ailleurs, les grands éleveurs et industries de la viande font jusqu’à présent tout ce qui est possible pour y échapper.
Un autre article montre que, si la variante humaine n’a pas encore été officiellement détectée aux Etats-Unis, des cas de maladies nerveuses dégénératives très semblables ont été enregistrés, notamment chez des consommateurs de viandes hachées comportant des abats suspects.
Ceci fait réfléchir à nouveau concernant le risque que des entreprises uniquement préoccupées de leurs profits à court terme, soutenues par des hommes politiques uniquement soucieux de ne pas déplaire aux lobbies qui les financent, font courir à leurs compatriotes. Si l’épidémie prend de l’ampleur, on pourra parler de véritables assassinats prémédités. Les consommateurs américains ne sont pas les seuls menacés. Pour des raisons politiciennes identiques, de nombreux pays jouent actuellement la carte du silence sur l’état sanitaire du cheptel, notamment l’Inde et divers pays du Moyen Orient et d’Amérique Latine.
Il n’est pas certain que tout soit clair dans l’Union Européenne. On peut cependant se féliciter des mesures strictes prises par celle-ci, tant à l’égard de ses propres producteurs que des importations. Il s’agit d’un aspect important de la « puissance » que les électeurs européens ne devraient pas perdre de vue quand ils voteront sur le projet de traité constitutionnel.
NB : Une question : le sémillant John Kerry s’est-il prononcé sur le sujet ? 13/08/04


La candidature de la Turquie à l'Union Européenne

Les sénateurs Robert Del Picchia et Hubert Haenel ont réalisé, au nom de la délégation pour l'Union européenne, un rapport examinant en détail les arguments pour et contre l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. Ce rapport très complet conclut à l'impérieuse nécessite pour l'Union de confirmer le processus d'entrée de la Turquie dans les meilleurs délais, cette entrée se faisant effectivement dans quelques années seulement. Fermer la porete à la Turqui rejetterait celle-ci dans le camp, moins des islamistes que des Etats-Unis, soulignent les sénateurs. D'ores et déjà par ailleurs, il est injuste d'imposer à la Turquie de nombreuses obligations décidées par l'Union à l'égard de ses membres, sans que la Turquie n'ait de droit à la parole.

On regrettera qu'un tel rapport, aussi important en termes de politique européenne, ait eu si peu de retentissement en France. 13/08/04

- Rapport d'information n° 279 (2003-2004) de MM. Robert DEL PICCHIA, Hubert HAENEL, fait au nom de la délégation pour l'Union européenne, déposé le 29 avril 2004 http://www.senat.fr/rap/r03-279/r03-279.html


Feu vert au clonage humain à visée scientifique en Grande-Bretagne

L'autorité de régulation de la bioéthique humaine britannique* a autorisé ce jour une première équipe de chercheurs de l'université de Newcastle à produire à des fins scientifiques des embryons clonés humains. Cette équipe est ainsi la première en Europe à travailler sur ce sujet dans un cadre réglementaire précis.

Le développement des embryons produits seront interrompus au bout de deux semaines, stade où ils sont constitués de quelques centaines de cellules encore indifférenciées.Ces cellules souches embryonnaires doivent servir aux recherches sur le diabète, voir celles concernant la maladie d'Alzheimer..

Rappelons que la France, qui vient d'adopter sa nouvelle loi de bioéthique en juillet 2004** interdit le clonage thérapeutique. Ainsi, à la différence de l'autorisation donnée par l'autorité britannique à l'équipe dirigée par le professeur Miodrag Strojkovic - qui va pouvoir travailler plus vite -, les équipes françaises doivent se contenter d'utiliser les embryons existants***.

Aux Etats-Unis, John Kerry s'est pour sa part engagé, s'il était élu, à lever les restrictions sur la recherche sur les cellules souches. Christophe Jacquemin, 11/08/04

* Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA)
** Parue au J.O du 7 août 2004 : http://www.admi.net/jo/20040807/SANX0100053L.html
*** Ceux issus de la procréation médicalement assistée, parmi les embryons n'ayant pas été implantés dans l'utérus de la mère, ou ceux écartés lors de diagnostics pré-implantatoires, ou encore les embryons surnuméraires ne relevant plus d'un projet parental.

- Communiqué de la HFEA : http://www.hfea.gov.uk/PressOffice/Archive/1092233888i


Un nouveau diplôme : ingénieur d'Etat en cognitique

L'université Victor Segalen de Bordeaux a créé l'Institut de Cognitique (IDC)* - le premier en France - et lance à la rentrée 2004 la première et unique formation d'ingénieurs d'Etat spécialisée dans le domaine.
La première promotion sera composée d'une trentaine d'étudiants sélectionnés sur dossiers**, issus de classes préparatoires aux grandes écoles ou titulaire d'un bac+2 (DEUG S avec mention, DUT/BTS avec mention et recommandation de l'établissement), ou encore titulaires d’une licence ou d’un diplôme universitaire scientifique de niveau supérieur.

Dirigé par Bernard Claverie, le cursus qui dure 3 années a pour objectif de former des ingénieurs cogniticiens dont les compétences sont notamment l'informatique et l'automatique (traitement du signal, intelligence artificielle, réseaux de communication...), l'ingénierie cognitive (facteurs humains, cognition individuelle comme l'attention ou la mémoire, collective comme la prise de décision ou les erreurs, les contraintes de fonctionnement comme le stress, la fatigue, le vieillissement), les interfaces homme/machine et les interfaces hommes/systèmes complexes.

Demandeurs de ce type de spécialisation, plusieurs groupes industriels (Airbus, EADS Dassault Aviation, Thalès, Renault...) participent au Conseil de perfectionnement de l'Institut.
Emplois notamment visés :
- conception des interfaces hommes-systèmes, centrale dans la production de biens manufacturés (aéronautique, automobile, équipements....),
- recherche et développement,
- gestion des systèmes complexes (ex. systèmes de visualisation et de pilotage),
- mise en œuvre du travail collaboratif inter-entreprises à partir de l’usage des techniques d’information et de communication ou d’informatique avancée. Christophe Jacquemin, 11/08/04

* L'institut organise également un master recherche en sciences de la cognition
** Une première sélection a eu lieu en juillet. Une deuxième session est prévue pour septembre.

- Site de formation d'ngénieurs de l'Institut de Cognitique : http://www.scico.u-bordeaux2.fr/ingenieurs/
- Site de l'Institut de Cognitique : http://www.scico.u-bordeaux2.fr/scico/index2.html
- Contact : idc@scico. u-bordeaux2.fr


L'intelligence augmentée

On trouvera dans la revue américaine Astrobiology un long et intéressant interview (http://www.astrobio.net/news/modules...0) du Dr Ken Ford, président de l'Interdisciplinary Study of Human & Machine Cognition (IHMC) de l'Université de Ouest Floride. Ce Centre, créé en 1990, emploie plus de cent chercheurs. Il étudie tous les aspects de la cognition chez les humains et les machines, en mettant particulièrement l'accent sur les systèmes computationnels capables d'augmenter les capacités perceptives et cognitives. Ken Ford vient d'être nommé par le président Bush au National Science Board, ce qui donnera encore plus de retentissement à ses travaux et à ses idées.

Dans l'interview, il défend son thème favori, selon lequel ce n'est pas l'Intelligence Artificielle qui est importante, car elle ne pourra jamais construire des machines se comportant aussi intelligemment que des hommes. Il propose au contraire des interfaces qui permettront à l'homme de s'insérer efficacement dans un environnement de plus en plus robotisé. Il s'agit finalement d'augmenter les capacités humaines par des artefacts et prothèses efficaces, d'où le terme d'Intelligence Augmentée (Amplified Intelligence) qui se dit également AI. Un exemple de tels dispositifs est le Wearable Augmented Reality Prototype (Warp) développé par la Nasa pour donner accès simultané et assisté à différentes ressources de calcul et instruments nécessaires au pilotage. Ces interfaces seront généralement dotés de capacité d'accès à du data-mining afin d'utiliser tous les documents et les connaissances déjà archivées.

Il n'y a pas de doute que ces perspectives sont très prometteuses, et plus vraisemblables à court terme que celles concernant la réalisation d'un androïde intelligent autonome. Quand on y réfléchit, ce futur est déjà là en partie. Ecrivant cette petite chronique en utilisant diverses ressources du web, je fais montre d'une intelligence sensiblement augmentée par rapport à ce qu'aurait été la mienne dans les années 60. Du moins je l'espère. 11/08/04

- IHMC http://www.ihmc.us/research/
- WARP : http://www.jpl.nasa.gov/news/features.cfm?feature=491


Un nouveau super-calculateur pour la Nasa... et un pour l'US-Navy

Le nouveau futur ordinateur de la Nasa est destiné au centre de calcul Columbia, qui verra ainsi sa puissance multipliée par 10. Il est destiné à modéliser l'exploration spatiale et le réchauffement de la Terre (Space Exploration Simulator). Le contrat vient d'être signé avec Silicon Graphics Inc. . L'ordinateur d'une puissance de 500-terabytes assemblera plus de 10.000 composants Itanium d'Intel. Ce sera un des plus grands systèmes d'exploitation basés sur Linux, s'appuyant sur la pratique de Linux depuis longtemps développée par Intel.

On notera que dans le même temps, IBM a obtenu un contrat de la Marine américaine pour fournir un système de 20 teraflops, le plus rapide des super-calculateur militaires. Cette machine sera aussi, entre autres, affectée à la simulation des phénomènes atmosphériques et à la cartographie des fonds. La Terre ne manquera pas de bons docteurs à son chevet. En Europe, on en reste à des méthodes plus classiques, telle que le vieux baromètre enregistreur à tambour et le sismographe à stylet encreur. Rappelons que le Earth Simulateur du Japon est un calculateur NEC de 40 teraflops. 03/08/04


 

http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/04-10208