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La Gazette N° 92 du 19 décembre 2003

Par Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr


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L'indispensable relance des sciences et des techniques européennes
Projet de manifeste

par Jean-Paul Baquiast, Christophe Jacquemin et Alain Cardon

9 décembre 2003

Pourvue d'une monnaie, de nouvelles frontières, d'une ébauche de politique extérieure, d'un embryon de défense commune, et bientôt d'une constitution, l'Union européenne, cinquante ans après sa naissance, est en train de se doter des principales institutions sur lesquelles pourrait se fonder une souveraineté politique.

Mais dans le même temps les européens laissent partir sans les prendre tous les trains de la souveraineté scientifique et technologique, celle qui façonne le monde et qui changera radicalement son avenir.

La plupart des scientifiques, de toutes disciplines, le constatent chaque jour avec un découragement grandissant. Ils voient s'en aller vers les Etats-Unis, le Japon et bientôt les autres pays asiatiques, le meilleur des jeunes chercheurs formés non sans mal dans nos universités. Il en est de même des industriels, ceux du moins qui cherchent encore à maintenir en Europe des centres de décision et des laboratoires de recherche avancée.

Les acquis incontestables des anciennes politiques industrielles et scientifiques font encore illusion. On se félicite, à juste titre, de l'Airbus, du TGV, de certaines compétences dans les sciences de la vie et dans la recherche médicale, de certains grands équipements comme ceux du CERN ou des observatoires célestes. Mais ceci aveugle l'opinion, qui ne perçoit pas qu'aujourd'hui la guerre se livre sur d'autres terrains, terrains où nos concurrents ont décidé de nous exclure par tous les moyens.

Ces terrains sont ceux des sciences que la National Science Foundation américaine a nommé en 2002, dans un rapport à la nation qui a fait le tour du monde, les sciences "émergentes et convergentes". Le terme de sciences émergentes se comprend de lui-même, sauf à préciser qu'aux Etats-Unis elles ont émergé depuis au moins 15 ans. Celui de sciences convergentes traduit un phénomène nouveau : elles se fécondent les unes les autres dans un enrichissement de type exponentiel.

De quoi s'agit-il plus précisément ? D'abord des super-calculateurs et des super-réseaux intelligents qui sont les outils de base, non seulement de toutes recherches, mais aussi de la guerre de l'information (information war) laquelle pompe sans vergogne au profit de la puissance dominante les ressources scientifiques, industrielles et culturelles du reste du monde. Viennent ensuite les biotechnologies, sources de pratiquement toutes les recherches en matière de santé humaine et pour l'exploitation-conservation des milieux naturels. Les nanotechnologies, qui coopèrent très étroitement avec les biotechnologies, commencent pour leur part à développer l'ingénierie des molécules et bientôt des atomes, en ouvrant à la pratique industrielle le vaste champ du quantique. La robotique évolutive, dite aussi des machines pensantes, s'attache pour sa part à réaliser des entités artificielles qui seront des auxiliaires ou même des précurseurs de l'homme, dans l'exploration planétaire comme sur les champs de bataille de demain. Enfin, les sciences de la connaissance et de l'apprentissage étudient la façon de valoriser le cerveau humain associé aux réseaux, notamment sur les plans de l'invention individuelle et collective. Elles travaillent évidemment très étroitement avec les neurosciences, notamment dans le domaine de grand avenir de la neurophysiologie dite intégrative et computationnelle.

Bien d'autres secteurs, s'articulant avec les précédents ou en découlant, pourraient être mentionnés ici. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'ils sont encore peu productifs de bénéfices à court terme. Ce ne seront donc pas les fameuses "transnationales néo-libérales", pour reprendre l'expression à la mode, qui feront l'essentiel des investissements. Ceux-ci ne sont réalisés que dans le cadre d'une volonté de puissance géopolitique, évidemment militaire mais aussi et très largement civile. Il faut donc faire appel aux financements publics visant le long et parfois le très long terme, sans perspective de retour direct immédiat. Mais ce qu'en attendent les pays qui investissent ainsi, c'est évidemment de conforter leur position de superpuissance, laquelle leur permet de continuer à drainer les valeurs ajoutées produites par le reste du monde.

L'Europe a-t-elle un horizon ou tout simplement offre-t-elle une perspective collective dans ces domaines? Evidemment pas. Les personnels politiques et les décideurs économiques de la vieille Europe ne connaissent généralement même pas ce que signifient les sciences et technologies émergentes auxquelles nous venons de faire allusion. Quand ils en ont une vague conscience, c'est pour agiter des épouvantails sur le modèle de l'inévitable principe de précaution qui sert principalement d'excuse pour ne pas remettre en cause des positions acquises mais de plus en plus obsolètes. Les nouveaux entrants dans l'Europe des 25, par contre, sont paradoxalement mieux informés des enjeux. Mais comme nos laboratoires et industries de l'ouest européen ne leur offrent pas de perspectives, ils se tournent vers l'outre-atlantique.

Que faire ? Comment donner à l'Europe une conscience collective de ces enjeux?

Puissance et indépendance seront le terreau qui nourrira demain, si les générations du vingt et unième siècle le comprennent, l'indispensable énergie qui mobilisera l'espérance européenne. Mais la puissance et l'indépendance ne se décrètent pas. Elles se construisent.

Ce manifeste, contrairement à ce que l'on pourrait penser, n'est pas en premier lieu un plaidoyer de plus pour l'augmentation des crédits de la recherche, que ce soit aux plans nationaux ou européens. Cette augmentation s'impose évidemment, mais elle ne pourra seule assurer le décollage. On verra se poursuivre l'émiettement des ressources connu depuis bientôt trente ans. Il faut à l'Europe de grands projets significatifs, soutenus par les opinions publiques, qui y verront à la fois une occasion de rêver et la promesse de retombées économiques et culturelles susceptibles de se faire sentir dès les prochaines années. Ces grands projets devront sans doute être confiés à des Agences européennes. Cela pourra être celles dont l'excellence à pu s'imposer au monde entier, nous pensons par exemple au CERN ou à l'ESA. Mais il faudra en créer bien d'autres, sur le modèle de ITER, si celui-ci reste européen…

Des projets, pourquoi faire ? Les exemples ne manquent pas. Citons, dans des domaines très différents, un vol habité vers la Lune d'abord, vers Mars ensuite - la réalisation des machines pensantes évoquées plus haut, lesquelles d'ailleurs seront un outil indispensable, en parallèle avec l'homme, dans l'exploration planétaire - la fabrication de supercalculateurs quantiques et à ADN qui donneront à ceux qui les auront maîtrisés les premiers un avantage déterminant dans tous les autres domaines - enfin un ensemble de grands équipements scientifiques choisis dans la liste de ceux dont l'Office of Science dépendant du département de l'énergie vient de proposer au président des Etats-Unis (voir http://www.science.doe.gov/Sub/Facilities_for_future/20-Year-Outlook-screen.pdf). On n'oubliera pas non plus tous les développements susceptibles d'apporter aux interlocuteurs de l'Europe dans le Tiers-Monde la possibilité de collaborer avec elle sur le mode gagnant-gagnant

On demandera : qui paiera ? Mauvaise question répondant à un mauvais réflexe. L'Europe, deuxième puissance économique du monde, peut payer. Mais les intérêts qui s'y expriment au plan politique veulent continuer à bénéficier seuls de ses ressources. Si des volontés politiques fortes s'exprimaient au contraire en faveur des grands projets évoqués ci-dessus, ou d'autres analogues, l'argent affluerait de partout, y compris du reste du monde.

Les élections, qu'elles soient européennes, nationales ou locales, devraient être dès maintenant l'occasion de poser aux candidats la question de savoir s'ils perçoivent de tels enjeux et ce qu'ils proposent pour y répondre. D'où l'intérêt de documents tels que ce manifeste pour permettre aux citoyens concernés de commencer à orienter dans le bon sens les débats politiques.

 



 

Note aux lecteurs

Nous avons décidé de publier simultanément, dans notre revue en ligne Automates-Intelligents et dans la Gazette d'Admiroutes, le Manifeste dont on lira les termes ci-dessus. Parallèlement, une version plus longue, destinée à la presse, a été rédigée à la double signature de l'Association Pan-Europe, avec laquelle nous travaillons sur ces questions, et à la nôtre. Les modalités de sa publication sont à l'étude.

Nous avons reçu déjà de certains abonnés, que nous remercions, des marques de soutien. J'extrais du plus constructif de ces messages les lignes suivantes, en réservant pour le moment la publication du nom de leur auteur, âgé, c'est à noter, de 26 ans:

"Ce que je peux éventuellement vous proposer, ce sont mes compétences de webdesigner et de webmestre. Je pense à votre projet de manifeste. J'imagine qu'on pourrait créer un site dédié, avec le texte du manifeste, une explication claire des enjeux, des pistes pour allez plus loin, et des propositions simples pour rejoindre l'action: 1- signer le manifeste, 2- informer son entourage.

Une URL simple, un site clair, esthétique et sobre qui doit pouvoir être entièrement lu en moins d'une dizaine de minutes et susciter
l'adhésion immédiate. A mon sens, le principal point d'attention c'est que le manifeste doit se démarquer d'une simple pétition corporatiste (comme par exemple les appels, d'ailleurs légitimes de la communauté scientifique. Il faut pouvoir cibler plus large...

Ce sont des conditions favorables pour que l'URL et donc ce manifeste se propagent sur le réseau, de boite aux lettres en forum,
de blog en webzine. Les arguments me semblent suffisamment porteurs pour susciter l'enthousiasme. N'est-ce pas ce qu'on recherche ? Un nouvel élan, un nouveau souffle pour sortir enfin des replis communautaires ou corporatistes. En dehors de tout clivage politique, je suis sûr que des citoyens de tous horizons et de tous âges peuvent se mobiliser sur cette question.

Depuis quelques années la société civile se "réveille", les gens n'ont plus assez confiance dans les politiques pour changer les choses et avoir une vision à long terme... Quand je lis par exemple les péripéties du budget de la France (les négociations et les discussions sur le pacte de stabilité), j'ai l'impression que la seule ambition de nos hommes au pouvoir se limitent à des échéances de 6 - 12 mois, que tout se conditionne aux prévisions du taux de croissance ou aux réactions à l'actualité, sans voir plus loin, à moyen ou long terme.

Aux dernieres élections présidentielles, aucun candidat n'a su me faire "vibrer" par ses discours et ses propositions (à part peut-être
d'effroi après le 1er tour....). On reste dans des ambitions limitées, des promesses électorales creuses et à courte vue. Comment voulez-vous que les gens se mobilisent ? Se passionnent ? Sortent de leurs petites habitudes ? Aucun rêve, aucun espoir pour les nouvelles générations...

Ah si, devenir Star de la télé en passant sur TF1 ou M6. Désormais le rêve s'incarne dans la lucarne magique, l'argent et la célébrité comme uniques valeurs : triste ambition égoiste...

Mais les choses peuvent changer. Les médias traditionnels se font court-circuiter par les médias alternatifs online, dans le métro les
publicités se font barbouiller, même l'audimat de l'élection de miss France est en chute libre... :-) Autant de symptômes très divers qui montrent qu'il y a de l'espoir, que la société peut changer, que les gens en ont marre et veulent prendre un peu plus leur destin en main et arrêter de s'abrutir.

Quoi de plus motivant que la course à la connaissance ? Dépasser les égoismes des gens (e
t des Etats), et contribuer à élever
l'humanité....De grands projets scientifiques pour l'Europe, voilà un premier pas à faire. "

Nous vous tiendrons évidemment au courant de la suite. Bonnes fêtes à tous

Documents téléchargeables

Nous avons préparé à l'attention de nos lecteurs une note téléchargeable concernant les stratégies américaines et européennes dans le domaine des sciences "émergentes et convergentes": nanosciences, biosciences, robotique et technologies de l'information, sciences cognitives. Nous y dressons aussi un bref panorama de l'état des lieux en France. N'hésitez pas à utiliser cette note si vous le jugez utile, à fins pédagogiques. Indiquez seulement la source: Admiroutes/Automates-Intelligents. Merci.

Pour accéder aux notes:
Version longue http://www.admiroutes.asso.fr/technosouv/nbic2.PDF 29p. pdf
Version courte http://www.admiroutes.asso.fr/technosouv/nbic1.PDF 9p.pdf


Le sabordage de Péchiney

On peut s'étonner de voir le peu d'indignation suscitée par le passage du groupe français Péchiney sous le contrôle du groupe canadien Alcan, très lié aux intérêts nord-américains. Péchiney a été depuis la fin de la 2e guerre mondiale associé à toutes les modernisations de l'industrie française. Il avait conservé jusqu'à ces dernières années des bilans positifs notamment dans les domaines émergents des céramiques, revêtements et métaux spéciaux, aluminium aéronautique, etc. Il s'agit on le voit de secteurs stratégiques, notamment pour les industries de pointe et de défense, où l'Etat se doit d'investir et protéger ses approvisionnements. Or sous la double pression de l'idéologie libérale et de l'incapacité véritablement effrayante des nouveaux dirigeants, toute la culture industrielle et de recherche du groupe, suite à sa libéralisation, a été sabordée. Il ne restait plus qu'à se faire ramasser par Alcan et les fonds de pensions qui sont derrière.

Alcan multiplie les protestations selon lesquelles l'essentiel des activités françaises seront sauvegardées. Il n'y a aucune raison de supposer qu'il en sera ainsi car ce qui compte pour les financiers c'est se débarrasser de ce qui peut être revendu avec profit, quitte à déshabiller complètement l'entreprise.

Les gouvernements successifs, de gauche comme de droite, qui cédant à l'idéologie libérale ont encouragé ce massacre, devraient être appelés à rendre des comptes. Mais tout le monde, sauf les syndicats, s'en fiche.

Le même sort menace d'autres secteurs industriels. Le plus connu, dont le sort n'est en rien réglé, est Alsthom.

Derrière les financiers internationaux se trouvent aussi, on le sait moins, les industries de défense américaine, qui multiplient leurs efforts pour prendre sous leur contrôle ce qui pourrait un jour permettre à l'Europe de se doter d'une industrie militaire et spatiale crédible. (Voir sur ce point l'article du Monde en date du 16 décembre, p. 22.) 19/12/03


Du Téléthon au Polluthon
JPB 10/12/03

Le président de l'Association française pour la lutte contre les myopathies, organisatrice du Téléthon, a eu des propos de bon sens sur France Inter, le 8 décembre. Les promoteurs du Téléthon se sont félicités du million d'euros reçus en dons. C'est une manne qu'il ne faut pas assécher par des propos pessimistes. Ceci dit, il a clairement expliqué ce que tout le monde sait depuis longtemps. L'hypothèse, proposée voici 30 ans par la biologie moléculaire, selon laquelle il suffit d'identifier et neutraliser le gène responsable d'une affection génétique, ne tient plus. On découvre d'abord l'inextricable interaction des gènes dans la production des phénotypes individuels, qu'ils soient malades ou sains. Mais surtout, on s'est aperçu (en partie il est vrai par des études financés en France par le Téléthon), que bien d'autres facteurs, notamment les polluants, étaient responsables des mutations. Ce n'est plus alors de Téléthon qu'il faudrait parler, mais de Polluthon.
Soit, mais il faut bien voir que les enjeux changent. D'abord on ne pourra plus se livrer à l'espèce d'escroquerie morale consistant à faire miroiter aux enfants malades, comme aux donateurs, des guérisons rapides. De plus, situer les recherches sur le terrain de la pollution amène à affronter de plein fouet les industriels du tabac, de l'alcool et autres produits chimiques. Osera-t-on le faire ? Enfin, il faut être réaliste. Les bénéficiaires actuels des 100 millions de dons demanderont sans doute que rien ne soit changé aux modalités d'appels à la générosité publique.

Dernier point, qui n'est pas le moindre. Etudier l'effet des milliers de polluants que nous absorbons n'est pas une mince affaire. Ce ne sont plus cent millions d'euros qui seraient nécessaires mais au bas mot 1 milliard. De telles études conduisent d'ailleurs à renverser des idées toutes faites. Les anthropologues ont constaté que les peuplades faisant leur cuisine avec des produits résidus de la bio-masse, tant vantée par les écologistes, s'empoisonnaient aussi sûrement que nous, s'ils ne disposaient pas de ventilations forcées. (Voir NewScientist, 6 décembre 2003, p. 22)

Plutôt que parler de Téléthon, mieux vaudrait, une fois de plus, dénoncer l'hypocrisie de certains pays européens, dont la France. Pour se concilier les autorités religieuses, l'utilisation de tissus provenant de cellules -souches multi-potentes (pouvant provenir d'embryons, mais d'embryons de quelques jours destinés à la destruction) reste pratiquement interdite. Il en est de même du clonage thérapeutique expérimental, permettant de mieux comprendre la machinerie de la reproduction et de l'immuno-défense cellulaire. Quand on sait les centaines de maladies qui pourraient être mieux étudiées, voire soignées par de telle recherches, on ne peut que s'indigner de la Bio-éthique à la française. 10/12/03


Renewed U.S. space dominance
Source : http://www.france-science.org/usa-espace

Les premières informations sur la nouvelle vision spatiale américaine civile commencent à filtrer. Le président devrait insister sur deux points : utiliser la Lune pour développer les technologies spatiales et renforcer le partenariat entre la NASA et le Department of Defense (DoD).

L'administrateur de la NASA, Sean O'Keefe, présentera en 2004 une nouvelle feuille de route intitulée " Renewed U.S. space dominance ". Sean O'Keefe a essayé de construire un consensus parmi tous les acteurs du spatial américain et le renvoi d'astronautes américains sur la Lune avant 2020 semble être devenu par défaut le projet le moins cher et le moins risqué à le programme spatial américain. Georges W Bush devrait appeler pour un renouveau de l'exploration spatiale du système Terre-Lune : vol habité vers la Lune, utilisation de lanceurs commerciaux, lancement de nouvelles sondes lunaires robotiques incluant des satellites de communications et de navigation, et le développement d'un véhicule spatial flexible qui sera vraisemblablement l'OSP (Orbital Space Plane). Le président ne proposera aucun développement de nouveau lanceur dernier cri, ni de véhicules spatiaux géants ni de nouvelles navettes réutilisables.

Au final, une base lunaire pourrait être créée. Le président devrait insister sur le développement de nouvelles technologies spatiales qui relancerait l'industrie, l'utilisation militaire de l'espace ainsi que le nouveau moteur nucléaire du projet Prometheus. La navette spatiale américaine jouera un rôle important en tant que lanceur lourd
automatique (inhabité !) au coté des fusées Atlas 5 et Delta 4.

Le budget de la NASA ne devrait pas augmenter de plus de 7% par an à partir de 2006. Une série d'options a été examinée pour libérer des budgets pour le vol habité. Il a été proposé que la NASA transfère ses programmes de recherche en aéronautique et en science de
la Terre à d'autres agences fédérales. Sean O'Keefe devrait créer un nouveau directorat, dénommé Code-X, en charge de l'exploration et qui serait dirigé par un ancien amiral. Bien que ce nouveau plan soit en grande partie le travail de Sean O'Keefe, il reste lui-même sceptique sur la nécessité de continuer le vol habité. La Maison Blanche, de son coté, écarte les rumeurs d'une annonce prochaine par le président Bush concernant la reprise de l'exploration humaine de la Lune. 10/12/03

Pour en savoir plus
Article http://www.spaceref.com/news/viewnews.html?id=902


Le système d'informations de la CNAM vu par Michel Volle
(étude signalée par Maurice Ronai)

Michel Volle, spécialiste des systèmes d'informations(SI) des grands organismes, publics et privés, publie sur son site personnel une analyse qui parait très pertinente des lourdeurs du SI de la Caisse Nationale d'Assurances-Maladies. La nécessité de le réformer s'imposait depuis longtemps, mais les tutelles comme la hiérarchie de la CNAM elle-même ne paraissent pas informées de cette nécessité, ou reculent sans cesse devant l'ampleur de la tâche. On s'imagine, maintenant comme jadis, que les réformes sont de nature réglementaires et que l'informatique peut s'adapter sans problèmes. Il ne suffit pourtant pas de multiplier les équipements coûteux pour qu'elle soit plus efficace. 01/12/03.

- Voir http://www.volle.com/travaux/cnam.htm ainsi que http://www.volle.com/opinion/siprimordial.htm


Nouvelles mises en garde de Bill Joy

Bill Joy, fondateur de Sun Microsystems, qui travaille aujourd'hui à des recherches personnelles dans sa retraite de Aspen, vient d'être interrogé par la revue Wired. On sait qu'il avait en 2000 mis en garde contre le développement incontrôlé des technologies émergentes, dans un article intitulé The Future does't need us. Il n'a pas beaucoup changé d'avis sur les risques résultant de tels développements. Mais il s'en prend aussi, ce qui indique une grande liberté d'esprit, à la politique sécuritaire de l'administration américaine, aux dégâts provoqués par le monopole de Microsoft qui multiplie les virus, et à bien d'autres choses. Il appelle tous les scientifiques à se contrôler eux-mêmes afin d'éviter d'être dépassés par les conséquences de leurs inventions. L'interview est à lire, évidemment, mais il laisse un peu sur sa faim. On ne voit pas comment, politiquement, ces bonnes intentions pourront être comprises, à commencer par les opinions publiques, sauf à tomber dans la régression anti-technologique. 01/12/03

- L'article de Wired http://www.wired.com/wired/archive/11.12/billjoy_pr.html


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/03-9212/index.htm