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La Gazette N° 91 du 30 novembre 2003

Par Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr


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La collection est ouverte aux nouvelles approches de la complexité, qu'il s'agisse des sciences proprement dite ou des domaines de la vie politique et sociale. Nous comptons, comme précédemment, non seulement sur de nombreux lecteurs, mais aussi sur les auteurs potentiels qui seraient tentés par cette formule éditoriale. Pour plus d'informations, ceux-ci pourront prendre contact avec Christophe Jacquemin ou moi-même, qui dirigeons conjointement la collection,

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"90a Explosion du marché des téléphones mobiles à tout faire", il vous suffira de m'envoyer le mel suivant: "bonjour, vos propos dans "http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/03-9011/index.htm#90a " sont ineptes (ou géniaux) ...

 

Documents téléchargeables

Nous avons préparé à l'attention de nos lecteurs une note téléchargeable concernant les stratégies américaines et européennes dans le domaine des sciences "émergentes et convergentes": nanosciences, biosciences, robotique et technologies de l'information, sciences cognitives. Nous y dressons aussi un bref panorama de l'état des lieux en France. N'hésitez pas à utiliser cette note si vous le jugez utile, à fins pédagogiques. Indiquez seulement la source: Admiroutes/Automates-Intelligents. Merci.

Pour accéder aux notes:
Version longue http://www.admiroutes.asso.fr/technosouv/nbic2.PDF 29p. pdf
Version courte http://www.admiroutes.asso.fr/technosouv/nbic1.PDF 9p.pdf


Prière d'insérer

Le mouvement Touche pas à mon psy m'indique qu'il dispose désormais de plusieurs sites web, soit : www.affop.org, www.snppsy.org, www.forumpsy.org, http://touchepasamonpsy.free.fr/. Il reste qu'un nombre important de gens se disant psychothérapeutes relèvent de l'escroquerie ou du sectaire. Mais si les "patients" sont idiots, peut-on les protéger par la loi?


91v Retour en force des fondamentalistes chrétiens

La majorité donne un bien mauvais exemple au moment où elle prétend lutter contre le fondamentalisme islamique. La création du délit involontaire d'interruption de grossesse est effectivement, comme l'ont fait remarquer diverses associations, la porte ouverte à la reconnaissance de la personnalité juridique de l'embryon et à de multiples actions visant à poursuivre les IVG en général. C'est une aberration au plan médical puisque cela fera peser un risque sur tous les examens pré-natals, dont on sait qu'ils présentent un pourcentage faible mais certain d'accidents pour le foetus. C'est également une aberration juridique. On a voulu profiter de l'émotion soulevée par les accidents de la route dont sont victimes les femmes enceintes. Qu'il faille condamner sévèrement les chauffards, certes. Mais pas au motif de la grossesse de l'accidentée, dont ils n'ont aucune information préalablement au délit. Est-ce à dire alors que tuer une femme non-enceinte est plus excusable que tuer une femme enceinte? La vérité est que les militants anti-avortements, issus de la droite extrème et des milieux chrétiens fondamentalistes n'ont pas perdu l'espoir de revenir sur le droit à l'avortement, et procèdent pour ce faire à un travail de sape. Il est tout à fait significatif de la dérive droitière actuelle de voir la majorité leur concéder des avantages qu'ils n'auront de cesse d'étendre. A noter que des députées UMP, telle Françoise de Pannafieu, se sont elles-aussi élevées contre ce retour du machisme chrétien, aussi virulent dans ses fondements que le machisme islamique. 30/11/03


91u Mouvements anti-publicité

Dans la perspective, sûrement naïve, de faire de l'Europe une société des connaissance, on ne peut qu'encourager ceux qui font la guerre à la publicité, c'est-à-dire à l'encouragement de formes de consommation et de croissance qui ont plus de retombéees négatives qu'utiles. Vous pouvez aller voir des sites militant contre la "marchandisation des corps et des esprits", par exemple Ouvaton http://ouvaton.coop/ , Antipub http://antipub.net/ ou Chiche web http://chicheweb.org/mot.php3?id_mot=7 . Mais dépéchez-vous, car ils changent souvent d'adresse pour échapper aux foudres des annonceurs. 29/11/03


91t Michel Rocard retarde de 50 ans

Michel Rocard a publié dans Le Monde du 27/11 un long article intitulé Du bon usage d'une Europe sans âme (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-343566,0.html) Il constate, - ce en quoi on n'est pas obligé d'être de son avis - que le thème de l'Europe-puissance n'intéressera jamais assez nos voisins. Il faut donc se résigner et faire de l'Europe, face à la guerre que nous livrent les Etats-Unis et certains autres, un espace de Droit, capable de répandre le bon exemple au plan international. On veut bien. Cela ne peut que faire du bien, mais cela n'empêchera pas le déclin. En fait ni Michel Rocard ni aucun homme politique français n'ont compris que si l'Europe des 25 se donnait le budget nécessaire pour devenir un espace d'excellence en recherches scientifiques de pointe et en connaissances, les nouveaux pays arrivants n'iraient pas chercher leurs références ailleurs. Ils se disputeraient pour participer aux projets correspondants. Ils feraient de même si l'Europe engageait vraiment le programme de grands réseaux trans-européens que nous avons évoqué précédemment. Mais Michel Rocard est trop juriste pour concevoir cela. 29/11/03


91s Les défis des prochains mois en matière de société des connaissances, selon la Commission Européenne

Décidément, il est impossible de quitter le sujet de la formation des étudiants en Europe. Alors que l'on ratiocine entre ministre de l'éducation et syndicats étudiants français, la Commissaire Européenne chargée de la culture et de l'éducation, Viviane Reding, a renouvellé ses mises en garde devant les ministres européens de l'éducation réunis à Bruxelles le 25/11/03. L'Union européenne est de plus en plus éloignée de l'objectif fixé à Lisbonne en 2000, devenir en 2010 "l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde". Le retard avec les Etats-Unis et bien d'autres pays du monde ne cesse de s'accroître, que ce soit en matière d'enseignement supérieur ou dans le domaine de la recherche scientifique.

La Commission peut bien s'inquiéter, la France ne réagit pas. Il parait que les deux ministres de l'éducation et de la recherche n'avaient pas jugés bon de se joindre à leurs collègues de l'Union. Nous ne les entendons pas non plus, dans le capharnaum ambiant, évoquer ces enjeux à l'attention de nos concitoyens, non plus que les solutions proposées par Bruxelles Ont-ils seulement lu les rapports de Mme Reding et de son collègue chargé de la recherche, Philippe Busquin. Je vous invite à le faire, en les étudiant paragraphe par paragraphe, si vous voulez mesurer l'ampleur du désastre. 29/11/03

http://europa.eu.int/rapid/start/cgi/guestfr.ksh?p_action.gettxt=gt&doc=SPEECH/03/556|0|RAPID&lg=FR&display=
Voir aussi http://europa.eu.int/rapid/start/cgi/guestfr.ksh?p_action.gettxt=gt&doc=IP/03/1520|0|RAPID&lg=FR&display=


91r Les étudiants à la pointe (?) du mouvement de contestation

Je ne veux pas voler au secours de Luc Ferry et de Jean-Pierre Raffarin, face au présent mouvement étudiant. Ils ne le méritent pas. Mais on peut se demander cependant ce qu'étudient les étudiants à la pointe de la contestation? Etudient-ils des disciplines scientifiques et de santé, où les effectifs sont de plus en plus rares? Apparemment non. On apprend que les "ténors" qui font parler d'eux dans les médias sont inscrits en histoire générale, en histoire des religions, en arts plastiques, en sociologie, en psychologie, en administration économique et sociale (?), etc. Loin de moi de penser que ces études sont inutiles. Mais ce n'est pas dans ces secteurs que l'harmonisation européenne des diplômes (LMD) sera la plus utile. Par contre, on y travaille sans doute assez peu pour avoir le temps de militer, et de s'enfermer dans un isolationnisme universitaire d'un autre âge.

Il y a quelques points de ressemblance entre les étudiants de ces disciplines (faciles...il faut bien le reconnaître) et certains intermittents du spectacle. Les uns et les autres ont décidé que la collectivité devait les prendre en charge, même s'ils se lancent dans des activités en sureffectifs et sans débouchés. Pendant ce temps là, ceux qui seraient vraiment utiles à l'avenir du pays sont obligés d'aller chercher des bourses aux Etats-Unis. 29/11/03


91q Facilities for the Future of Science. Iter

L'Office of Science dépendant du Département américain de l'énergie, vient de publier un programme de grands investissements scientifiques intéressant les 20 prochaines années. L'ambition est clairement annoncée: faire en sorte de ne laisser à aucun autre pays le leadership dans les sciences et technologies associées. Nous en ferons prochainement un commentaire. Constatons seulement qu'en priorité 1, intéressant l'avenir immédiat, figure le programme Iter. Sur ce point, le conseil des ministres des sciences européens vient de décider que le champion européen pour l'installation du réacteur expérimental sera Cadarache, en France. C'est une décision de bon sens, mais on pouvait tout craindre de la surenchère espagnole s'étant manifestée ces dernières semaines. Reste à choisir le site définitif, entre l'Europe et le Japon. Peut-on penser que les Etats-Unis toléreront, vu les ambitions affichées par le document précité, que Iter soit implanté en Europe? On peut supposer qu'ils ont déjà pris tous arrangements utiles pour "aider" le Japon à mener à bien cette ambition considérable. Il est très probale aussi qu'ils réfléchissent activement à la façon de "convaincre" les autres pays en charge de la décision finale (Russie, Chine, Corée, etc.) de préférer le Japon à l'Europe. On pourra juger ce qu'il en a été dans quelques semaines. 26/11/03

- Facilities for the Future of Science. Déclaration du Secrétaire au Commerce
- Dossier http://www.science.doe.gov/Sub/Facilities_for_future/20-Year-Outlook-screen.pdf


91p Modèle systémique du Sida

Le rapport de l'ONU-Sida pour 2003 présente des chiffres accablant, sur lesquels nous ne reviendrons pas ici. Le point le plus inquiétant pour les prochaines années est la progression prévue dans les grands pays démographiques, Chine, Inde, Asie du sud-est, Russie. L'examen rapide des causes et des remèdes possibles montre quelque chose que le politiquement correct interdit de dire, de peur de renforcer l'inertie générale. C'est qu'il s'agit sans doute d'un des facteurs par lesquels l'humanité disparaîtra dans les prochaines décennies, tout au moins sous sa forme et dans ses effectifs actuels. Il y en a bien d'autres prévisibles, comme l'on sait. Mais si l'on s'en tient au sida, qu'elle est l'impression dominante ? C'est que tout se conjugue, non seulement pour rendre inopérantes les mesures de thérapie et de prévention envisagées, mais pour provoquer un développement exponentiel et incontrôlable de la pandémie. Je ne vais pas ici présenter les arguments pouvant justifier, ou au contraire infirmer, ce jugement aussi sinistre qu'abrupte.

Il y a un point par contre qu'il faut souligner. Tous les gens pratiquant les systèmes complexes pourront se mettre d'accord sur le fait qu'il s'agit d'une rupture d'équilibre systémique dans les relations entre les humains et leurs envahisseurs biologiques. Il y en aura sans doute d'autres qui se grefferont sur le premier. Or qui dit système dit modélisation possible. Il est absolument scandaleux que n'existe nulle part, aisément accessible à tous, un modèle évaluant l'évolution des phénomènes et les impacts des mesures de prévention et de soins, celles qui existent et celles que l'humanité décidera un jour peut-être (sans doute trop tard) de prendre. Nous sommes comme des automobilistes fonçant dans le brouillard vers un accident majeur, alors que s'ils disposaient d'une représentation (par radar aérien) du phénomène, ils pourraient commencer à envisager la meilleure façon de se sauver leur vie. Construire un tel outil suppose évidemment de modéliser au mieux les situations et de disposer de faits aussi sûrs que possible permettant d'évaluer leurs évolutions. Mais il faut aussi des processus d'Intelligence Artificielle d'ailleurs simples pour, si l'on peut dire, se mettre dans la peau du système contaminé global dont nous sommes tous des parties prenantes, et tenter de réagir là encore de façon systémique. 26/11/03

- Le rapport de l'ONU-Sida pour 2003 http://www.unaids.org/wad/2003/press/Epiupdate2003_fr/Epi03_00_fr.htm


91o La défense française qui tombe

Dans deux articles publiés par le Figaro du 25 et 26 novembre, l'essayiste Nicolas Baverez, auteur de La France qui tombe, livre déjà cité dans cette gazette, réitère de façon plus précise, en montrant comment la défense française est devenue inefficace. Il souligne notamment les désastres industriels qui ont marqué les politiques d'équipement ces dernières années. Il fait des propositions qui paraissent sensées, mais dont nul ne discutera, je suppose, en dehors de rares "experts". Face à cette impuissance larvée, il aligne les différentes nouvelles postures stratégiques affichées par le Pentagone. Que les pacifistes ne se réjouissent pas, car les programmes français, même s'ils sont peu efficaces, coûtent aussi cher sinon plus que s'ils l'étaient.

Les militaires se défendent en disant que l'article est plein d'inexactitudes (de détail). Pour un peu, ils voudraient voir l'auteur jugé pour défaitisme. Mais le débat est impossible, au plan national, vu l'inexistence de données comparatives et d'évaluations de résultats sérieuses. Nous voilà bien armés, si l'on peut dire, pour aborder la coopération avec nos alliés européens dans la future Agence européenne pour l'armement. 26/11/03

- Article http://www.lefigaro.fr/debats/20031125.FIG0086.html


91n Daimler-Chrysler veut brader MTU au fonds d'investissement américain KKR

Peu de gens en France connaissent Mororen und Turbinen Aero Engines (MTU) jusqu'ici filiale dans le secteur des moteurs d'avions du conglomérat Daimler-Chrysler. Celui-ci, pour maximiser ses profits, veut se recentrer sur son métier principal, l'automobile. L'acheteur envisagé est le fonds d'investissement ( fonds de pensions…) américain Kohlberg Kravis Roberts and Co (KKR) qui malgré son acronyme n'a rien de germanique. Or MTU est le 3e motoriste européen, un des piliers du programme européen Eurofighter et fournisseur de la Bundeswehr. Les intéressés jurent que cela ne changera rien au statut d'industriel européen important qui est celui de MTU. Mais le ministère de la défense fédéral n'est pas de cet avis, d'autant plus que cette cession a un précédent aussi malheureux, la cession du chantier de construction de sous-marins HDW au fonds américain One Equity Parner.

Il faut voir cela à la lumière d'un des phénomènes dénoncés par Nicolas Baverez et d'autres : la prise en mains de plus en plus totale de l'industrie européenne de défense par des investisseurs américains ou par leurs alliés et faux-nez européens. La carte (peu connue) de ces participations est impressionnante. C'est un véritable cancer qui entoure et ronge de l'intérieur l'Europe de la défense.
Que les gens de Dassault, qui avaient combattu Eurofighter au profit du Rafale, ne se réjouissent pas trop. Le même sort les attend peut-être. Comme l'a dit plusieurs fois Serge Dassault, si l'Etat ne veut pas payer sa défense, ce n'est pas moi qui le ferai. 26/11/03

PS au 28/11. UN ami me fait remarquer que les patrons de ces fonds de pensions et d'investissements américains sont souvent, comme par hasard, d'anciens militaires haut gradés. Il n'est pas étonnant dans ces conditions qu'ils s'intéressent de si près à nos entreprises européennes stratégiques. Comme quoi, sous couvert d'un libéralisme hautement affiché, l'Administration de nos amis d'Outre-Atlantique ne perd jamais la main. On le savait, dira-t-on. Mais que fait-on en parade?

- Eurofighter Typhoon http://www.eurofighter.com/Default.asp?Flash=False


91m Sarkozy en course vers la présidence

Les électeurs français devraient juger les candidats qui commencent à se déclarer pour les prochaines présidentielles à leurs programmes stratégiques. Il ne leur suffira pas d'affirmer qu'ils sont tout acquis aux impératifs de sécurité intérieure et de réduction de la fracture sociale pour mériter le titre suprême. Que proposent-ils pour pallier les retards français et européens dans les domaines stratégiques des sciences et des technologies, les fameuses NBIC (Nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l'information et sciences cognitives) - auxquelles il faudra ajouter bien d'autres secteurs, notamment les énergies du futur. Je me trompe peut-être mais je n'imagine pas que Sarkozy ait beaucoup d'idées sur la question. S'il ne s'y met pas maintenant, il n'en aura guère davantage dans 3 ans. Même chose pour les Bayrou, Strauss-Kahn et, si je peux me permettre ce trait d'humour noir, Le Pen. 26/11/03

PS au 29/11/03. Un débat organisé le 27/11 par Le Monde entre MM. Sarkozy et Hollande, sur le thème hautement intéressant de "Où va la France?" m'avait fait espérer que ces presque candidats aux présidentielles allaient aborder les perspectives stragtégiques ci-dessus évoquées. Hélas. Ils s'en sont tenus à des propos de garde-champêtre mâtiné de débitant de tabac. Et le sieur Edwy Plesnel, qui posait les questions, s'est bien gardé - sans doute par ignorance - d'élever le niveau du débat. Il est particulièrement exaspérant de penser qu'il faudra départager dans quelques temps des hommes politiques aussi à courte vue, aux termes de tribunes médiatiques aussi nulles. Où va la France en effet?


91l Bayrou l'illisible

Ceci n'est pas une critique à l'égard de l'intéressé, mais une simple réflexion sur le langage politique. Un homme de qualité comme Bayrou, qui est à la fois dans et en dehors de la majorité actuelle, est obligé s'il veut se donner un minimum de lisibilité, de se démarquer à tous prix du langage politique de ladite majorité. Ceci notamment s'il veut préparer sa candidature aux présidentielles. Ceci l'oblige à des subtilités qui le rendent parfaitement illisible. Sur le voile à l'école, par exemple, il propose si j'ai bien compris de l'interdire au nom de la liberté de la femme mais de ne pas réglementer au nom de la liberté de chacun de manifester son appartenance à une religion. Sur le projet de constitution européenne, il soutient les principales dispositions tout en recommandant (là encore si j'ai bien compris) de s'opposer à son adoption. Quant à l'entrée de la Turquie dans l'Union, je n'ai vraiment là rien compris du tout à ce qu'il proposait.

Vous me direz, la Gauche ne fait pas mieux. Bien malin qui peut dire ce que proposent sur ces sujets et sur d'autres ses diverses composantes. 25/11/03


91k Mondialisation et droit

Le temps n'est plus, comme se l'imaginent encore les gens du Conseil d'Etat, où nous pouvons nous enfermer dans l'admirable spécificité du droit français, qu'il soit public ou privé. L'européanisation d'abord, la mondialisation ensuite vont nous obliger à ouvrir les ueux sur les autres conceptions du droit rêgnant autour de nous. Ceci ne veut pas dire accepter béatement les traditions, par exemple, de la Common Law américaine, mais au moins savoir participer en connaissance de cause à des débats internationaux sur l'évolution du droit. On pourra lire à ce titre Antoine Garapon, Juger en Amérique et en France, Odile Jacob 2003 25/11/03


91j Une grande découverte !

Le député Marceau et les membres de la commision parlementaire qui travaillent actuellement en vue d'une régulation des salaires des dirigeants des sociétés cotées en Bourse viennent de faire une grande découverte. Internet peut servir l'objectif de transparence qu'ils poursuivent. La commission propose, ce qui peut se défendre, une réglementation a minima. On laissera les entreprises fixer comme elles le jugent bon les salaires de leurs dirigeants, mais on leur demandera de publier ceux-ci, à l'attention des actionnaires mais aussi - si j'ai bien compris - à l'attention des citoyens intéressés, c'est-à-dire potentiellement de tout le monde. Mais comment éviter que de telles publications restent confidentielles et incompréhensibles . Certains ont eu l'idée de demander d'utiliser à cette fin les sites Internet des entreprises.

Que voilà une bonne idée ! Rappelons pourtant que les promoteurs de l'Internet citoyen avaient proposé cela depuis au moins 5 ans, dans l'incompréhension générale. Mais vaut mieux tard que jamais.

Beaucoup de gens pourtant ne sont pas encore convaincus. Les sociétés pourront raconter ce qu'elles voudront sur leurs sites, en passant sous silence notamment les rémunérations occultes. Mais à cela, il y a deux réponses. La première serait que les organisations syndicales et d'actionnaires aient elles-mêmes des sites Internet, où elles pourront discuter les informations qui seront données par les entreprises. La seconde est d'ordre juridique. Rien n'empêcherait de prévoir des sanctions judiciaires en cas d'affirmations dont la fausseté aurait pu être démontrée. La seule menace de ces sanctions poussera les sièges sociaux à la sincérité.

Ceci étant, pourquoi limiter aux entreprises ces obligations de transparence ? Pourquoi ne pas exiger la même chose des administrations ? On sait qu'une chape de plomb continue à peser non pas sur les rémunérations principales qui sont fixées par le règlement, mais sur les indemnités et avantages annexes. On m'avait toujours expliqué, par exemple, que les hauts mérites des inspecteurs des finances imposaient en effet que leurs indemnités ne soient pas connues des populations. Quand on voit aujourd'hui leur incapacité à prévenir des opérations comme celles du Crédit Lyonnais (cf. aussi la facture relative à Executive Life, que devront payer les contribuables), on peut penser qu'un salaire de postier aurait largement suffit à les rémunérer. 24/11/03


91i La réforme des enseignements en France

Les projets, débats et manifestations concernant actuellement les enseignements en France manquent cruellement de perspectives stratégiques. Il s'agit sans doute d'un défaut bien français. Quel est le besoin majeur aujourd'hui? C'est celui de former un bien plus grand nombre de scientifiques, ingénieurs et techniciens supérieurs qu'aujourd'hui. Nous avons pléthore de littéraires et juristes. Tant mieux pour ces disciplines. Mais nous manquons cruellement de jeunes dans le secteur des sciences et techniques - quels que soient les domaines d'ailleurs (on y inclura les professions de santé et même...la philosophie des sciences). Ceci veut dire qu'il faudra soit délocaliser, soit faire venir des étudiants étrangers en bien plus grand nombre, soit purement et simplement renoncer à certaines activités et recherches.

Un gouvernement et une opposition dignes de ce nom devraient s'accorder sur ce diagnostic, et sur les moyens de soigner le malade en profondeur. Une première nécessité parait évidente. La question ne doit pas être abordée seulement au niveau du supérieur, mais aussi à celui du deuxième cycle sinon du primaire. Ceci rend aberrant l'objectif actuel de "réformer" séparément l'enseignement secondaire et l'université. Il faut mettre en oeuvre des filières de solutions tout au long des cycles. Il faut aussi apprendre l'interdisciplinarité dès le plus jeune âge.

Une deuxième nécessité doit selon nous être soulignée. Il faut se placer nécessairement dans le cadre européen, puisque c'est dans ce cadre que se feront les grandes politiques scientifiques et industrielles. Mais se placer dans le cadre européen ne consiste pas à s'aligner sur un modèle unique, qui sera par la force des choses celui du pays le plus attardé. Il faut créer une émulation permanente entre établissements et universités, ce qui suppose, non pas l'enfermement sur ses spécificités, mais le travail coopératif en réseau, autour d'un usage massif des technologies de l'information, et de nombreux échanges entre étudiants et professeurs.

Derrière cela, il faudrait évidemment que les politiques mettent en place de grands programmes pluriannuels de recherche-développement européens susceptibles de motiver les étudiants (dès je dirais l'école maternelle!!). Voir par exemple notre éditorial du 24 septembre dernier http://www.automatesintelligents.com/edito/2003/octobre/edito.html

24/11/03


91h Paranoïa ou protectionnisme?

On se demande à quel motif cède l'Administration américaine qui met en place des techniques de contrôle des importations, notamment alimentaires, extrémement sophistiquées. Il s'agit officiellement de détecter d'éventuelles agressions terroristes, bioterroristes notamment, pouvant se nicher dans des bouteilles de vin ou dans les fromages fermentés (pour ce qui nous concerne, nous sommes déjà vaccinés). Les importateurs qui ne satisferaient pas à ces prescriptions verront leurs expéditions refoulées à leur frais.

A quoi rime cette gesticulation? Pense-t-on sérieusement prévenir les attentats de cette façon? Mieux vaudrait utiliser les moyens humains et technologiques déployés à faire du renseignement à l'extérieur, selon les méthodes plus classiques. De plus, quid de ce qui proviendra des Etats-Unis eux-mêmes? Le monde lira ces mesures pour ce qu'elles sont sans doute, un protectionnisme caché. 23/11/03


 

91g La fin d'un monde

Dans Répliques, de France Culture (22/11/03), deux écrivains ont présenté deux romans qui traitent à peu près le même thème, la fin du monde paysan survenu en France à partir des années cinquante. Le sujet, pensera-t-on, est rebattu. Il a donné naissance à des oeuvres mémorables. Mais nos deux auteurs le traitent avec une profondeur sociologique voire anthropologique qui n'est pas commune. On sent en les écoutant ou en les lisant basculer dans l'indéchiffrable un univers qui s'est mis en place en Europe depuis des millénaires, avec très peu de changements. Plus aucun Français, dans quelques années, n'aura la moindre idée de ce qu'était un village de Haute-Corrèze, avec ses traits qui nous paraîtraient aujourd'hui insupportables, mais qui étaient indispensables à la survie de l'humanité dans ses profondeurs.

Ce que ces deux auteurs n'ont pas fait remarquer cependant, c'est que 5 milliards d'hommes et plus vivent encore dans de tels mondes que nous nommons archaïques, le monde des ombres. C'est une banalité, là encore, de le dire. Mais qui mesure vraiment, parmi ceux qui prétendent mener le globe, l'énorme mutation qui se produira inévitablement quand tous ces gens passeront dans les cinquante prochaines années, comme c'est probable, d'un équilibre millénaire à la société urbaine et technologique? 23/11/03

- Pierre Jourde. Pays perdu (Esprit des péninsules, 2003)
- Richard Millet. Ma vie parmi les ombres (Gallimard 2003)


91f Régionales et décentralisation

Il n'est pas encore trop tard pour constater que personne, ni à droite ni surtout à gauche, n'a encore résolu la question clef de la décentralisation: si décentraliser consiste à donner des pouvoirs nouveaux aux collectivités locales ou à leur transférer des compétences nationales en plus grand nombre, on aboutira nécessairement à une concurrence entre les régions, productrice d'inagalités. Celle-ci naîtra des différences de ressources ou d'ambition qui les caractériseront inévitablement. Les mécanismes de péréquation que l'on pourra imaginer n'auront qu'une influence limitée, sauf à nier les autonomies que l'on viendra de concéder.

Les prochaines élections régionales en France posent implicitement la question, sans la résoudre. Ceci crée des aberrations: tel ministre candidat dans un région fait des promesses qu'en tant que ministre il sait bien ne pas pouvoir tenir.

Le problème de la contradiction entre les initiatives locales et l'égalité (théorique) des citoyens devant les services publics se pose à tous niveaux: établissements d'enseignement et de santé, départements, régions. Il se retrouve au plan Européen. Je pense qu'il faudrait en France s'inspirer de ce qui se fera nécessairement en Europe. Fixer un cadre commun minimum et des mécanismes compensatoires également minimum, afin d'éviter les déséquilibres majeurs. Pour le reste laisser jouer les acteurs régionaux ou nationaux. C'est d'ailleurs ce qui se passe actuellement. On n'a jamais cherché à empécher un Corrézien d'aller chercher fortune à Paris. 23/11/03


91e Le Pacte de Genève

Un article passionnant du sociologue allemand Ulrich Beck (Le Monde, 22/11/03, page 1) rappelle à tous, Juifs et musulmans compris, ce dont chacun est intimement convaincu mais qu'il se refuse à reconnaître. Si rien n'est fait, l'affrontement Israël-Palestine ne fera qu'empirer, entraînant tous les pays du monde, comme un trou noir monstrueux, dans sa mécanique d'annihilation progressive. En Europe, même avec les meilleures volontés possibles, les défenseurs de l'anti-sémitisme et ceux de l'Islam pacifique, qui devraient réunir leurs forces, se retrouvent systématiquement ennemis, faisant le jeu des antisémites et des islamistes radicaux.

Comment sortir de ce cercle infernal ? Ulrich Beck le rappelle, mais chacun de nous le sait. Des gens de bonne volonté, venus des deux côtés, ont négocié ce que l'on a nommé le Pacte de Genève. Les opinions éclairées ont salué le geste, mais ensuite plus personne n'en a parlé. Qu'attend-on ici pour le ressortir des oubliettes, manifester en sa faveur, faire pression sur nos gouvernements européens pour que ceux-ci en fassent la base d'une politique européenne au Moyen-Orient jugée de plus en plus indispensable par les modérés de tous bords. On attend sans doute que les parties en présence ne soient plus composées que d'enragés, des Sanfoulamort, comme on dit joliment en Afrique ?
On trouvera le texte (en anglais) du Pacte de Genève sur le site, hautement recommandable, de l'organisation française Les Amis de Shalom Arshav (La Paix Maintenant) http://www.lapaixmaintenant.org/article566 22/11/03


91d Turquie

Les attentats actuellement menés contre la Turquie devraient convaincre tous les européens qu'il est temps de faire espérer concrétement à ce pays son entrée dans l'Union Européenne. On négociera les délais et les conditions si nécessaire, mais on engagera un processus positif. Ce sera peut-être une sorte de poudrière qui s'arrimerait ainsi à l'Europe, mais la poudrière sera bien plus explosive si elle reste en dehors. Faut-il rappeler que l'histoire de l'Eglise de Constantinople et celle de l'Empire Ottoman (la Sublime Porte) ont toujours été liées à celle de l'Europe, comme l'ont toujours été la France et l'Allemagne. (voir http://www.herodote.net/histoire11032.htm). Pour plus d'arguments sur cette question on pourra lire ou relire Baquiast-Empereur Europe paneuropéenne superpuissance) 21/11/03


91c Forum Social Européen (suite)

Revenons sur la question cruciale de savoir si les opposants à la mondialisation libérale doivent se contenter de protester et non pas s'inscrire dans des démarches constructives, même si celles-ci seront inévitablement qualifiées par ceux qui ne font rien de réformistes. La question posée aux altermondialistes européens est exactement celle qu'affrontent les écologistes français depuis 20 ans. Nos excellents Verts ont le choix entre :

- Des actions de défense au plan tout à fait local : militer contre une 4 voies à Boulogne Billancourt par exemple. Parfait si ces actions ne recouvrent pas systématiquement les intérêts des gens déjà en place qui ne veulent pas voir arriver des trublions.

- Le soutien à de grandes causes d'intérêt européen : lutter contre le tout-camion en Europe et pour le ferroroutage par exemple. Excellent! Mais en ce cas, à côté d'actions de terrains indispensables, il faut bien se résoudre à rechercher l'alliance des partis politiques qui seront capables de faire passer ces objectifs dans les réalités institutionnelles.

- La lutte enfin pour des objectifs vitaux à l'échelle mondiale : protéger la bio-diversité, par exemple. Indispensable ! Mais alors, vu la puissance des intérêts en cause, il ne suffit généralement pas de manifester. Il faut monter des organisations aussi fortes que possible et leur consacrer du temps et de l'argent. Greenpeace en est un modèle. Toujours menacées de bureaucratie et de récupération, de telles organisations sont indispensables pour compléter les défilés derrière des bannières.

Par ailleurs et en complément, il faut agir politiquement sur les gouvernements pour que des institutions internationales prennent en charge de tels objectifs. Même si ces institutions sont lourdes et souvent sous influence, elles seront préférables au vide institutionnel. Pour ce qui concerne l'écologie, il ne se passera rien de significatif dans le monde si une Agence Internationale relevant de l'ONU n'est pas créée pour prendre en charge les problèmes de l'écologie systémique. Les écologistes responsables devraient être les premiers à lutter pour qu'elle voit le jour.

On aura sans doute remarqué qu'au FSE, pourtant bien fréquenté par les écologistes, personne n'a proposé la création d'une telle Agence (sauf quelques isolés passant pour des attardés mentaux). La question de la réforme et du renforcement des autres organisations internationales n'a pas non plus été évoquée. On s'est borné à proclamer qu'il fallait détruire l'OMC, sans rien proposer à la place. 19/11/03


91b Forum Social Européen (suite)

L'autre grande critique que l'on peut faire au FSE est d'avoir été incapable de faire prendre conscience aux populations, sauf aux militants convaincus d'avance, de l'importance et de l'urgence des problèmes qui se posent au monde. Qui a parlé d'une façon sérieuse de la Chine, de l'Inde et des autres pays asiatiques? Qui même a vraiment parlé de l'Afrique, pourtant mieux représentée au Forum? Quelle est la situation de ces pays face à la globalisation? Quelles politiques ont-ils engagés? Quels sont les espoirs et les risques qui s'attachent à ces politiques? Comment l'Europe peut-elle se positionner à leur égard?

Nul n'a évidemment non plus abordé la question des développements scientifiques: sous le contrôle et au profit de qui se réalisent-ils actuellement? Comment les ré-orienter vers les besoins non-marchands? Comment y faire participer le tiers-Monde? A en croire les médias, le Forum à surtout servi à conforter la position personnelle de José Bové et de Tarik Ramadan, ainsi qu'à castagner les socialistes. Quant à ceux qui comme moi y ont fait un tour, ils ont surtout vu des gens fort sympathiques mais quand même très franco-français, droit au logement, sans-papier, etc...sans parler des produits du terroir. 19/11/03


91a Bilan du Forum Social Européen

Le site du Forum, hélas toujours aussi austère, publie une Déclaration dite des Mouvements sociaux du Dimanche, qui constitue d'une certaine façon la conclusion des travaux (voir http://www.fse-esf.org/francais/article916.html). La lecture de cette déclaration me laisse un grand malaise. Je souscris, de coeur et de raison, à tous les objectifs affichés. Mais ces objectifs, bien que formulés de façon modernisée, sont ceux de tous les mouvements de gauche politique et syndicaux depuis de nombreuses années. C'est très bon de les réaffirmer, à destination de ceux qui tendraient à les oublier ou qui, dans beaucoup de cas, n'en ont pas encore entendu parler. C'est parfait aussi d'engager à manifester dans le monde entier en leur faveur.

Mais après? Après, je lis purement et simplement dans ce texte une condamnation du projet de constitution européenne et, plus largement, des modalités diplomatiques selon lesquelles l'Europe se construit actuellement. Autrement dit, les rédacteurs semblent vouloir absolument nous persuader que si les européens adoptent cette constitution et soutiennent ceux qui s'efforcent de la construire, ils devront renoncer à tous les objectifs légitimes qu'ils défendent. C'est faire bien du crédit à des formules juridiques et bien peu à l'action politique. Si les peuples européens se convainquent du bien-fondé de ce que proposent ici le FSE et plus généralement les altermondialistes, aucune rédaction constitutionnelle ne pourrait empêcher la marche vers cet idéal. A l'inverse, si les groupes de pression et autres forces néo-libérales (comme on dit) faisaient adopter, pour égarer les oppositions de gauche, une constitution répondant beaucoup mieux aux objectifs de celle-ci, rien ne garantirait que ces objectifs se réaliseraient mieux, dans la mesure où les dominants actuels continueraient à dominer, constitution ou pas.

Il est irresponsable de ne pas se rendre compte que structurer l'Europe naissante autour de ce schéma certes imparfait mais qui existe représente le premier pas pour la construction d'une Europe sociale. Refuser le projet nous ramènerait tout droit dans les griffes (si l'on peut dire) du néolibéralisme conservateur prenant ses racines aux Etats-Unis. On pourrait imaginer ce qui se serait passé si les républicains avaient refusé la 3e République, après la guerre de 1870, au prétexte qu'elle n'était pas assez sociale. Nous serions peut-être encore gouverné par un roi ou un bonapartiste. 18/11/03


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/03-9111/index.htm