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La Gazette N° 84 du 15 juillet 2003

Par Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr


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Cette collection est ouverte aux nouvelles approches de la complexité, qu'il s'agisse des sciences proprement dite ou des domaines de la vie politique et sociale. Nous espérons que vous vous précipiterez nombreux pour acquérir ces remarquables ouvrages, dont les évènements actuels montrent le caractère presque prémonitoire. Mais nous comptons aussi sur les jeunes et brillants auteurs potentiels qui seraient tentés par cette formule éditoriale. Pour plus d'informations, ils pourront prendre contact avec Christophe Jacquemin, directeur de la collection, ou moi-même.

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Gestion des entreprises publiques

La Commission d'enquête sur la gestion des entreprises publiques afin d'améliorer le système de prise de décision , présidée par Philippe Douste-Blazy, vient de remettre son rapport. Celui-ci, pour le moment, n'est pas disponible sur le site de l'Assemblée Nationale. Dès qu'il le sera, il méritera d'être étudié attentivement http://www.assemblee-nationale.fr/12/dossiers/enquete-entreprises-publiques.asp

Le parti communiste voit dans ce rapport un coup monté des membres UMP de la commission pour justifier de nouvelles privatisations. Cependant, d'après un interview de son président Philippe Douste-Blazy sur France-Inter ce 15 juillet, la commission a seulement regretté que les présidents de plusieurs entreprises, notamment France-Télécom (à l'époque Michel Bon) et EDF, aient procédé à de très grosses opérations d'achat sans en avertir ni la tutelle ni le conseil d'administration. On a peine à croire que l'Etat n'en ait rien su alors que toute la presse était au courant et commentait les risques courus. Ceci dit, on admettra sans peine qu'au delà de celle de la tutelle, l'information des petits actionnaires et des salariés laisse totalement à désirer. C'est le cas dans les entreprises privées comme dans les entreprises publiques. Il est des opérations hautement spéculatives qui ne peuvent s'annoncer sur la place publique. Mais ceci ne doit pas faire excuser le manque de transparence érigé en mode de gestion.

On trouvera dans Le Monde de ce jour la liste des 27 mesures préconisées pour améliorer la gestion des entreprises publiques et le contrôle du Parlement. Il y a là beaucoup de dispositions de bon sens. Mais un article 12. "Généraliser le statut de société anonyme à toutes les entreprises opérant dans le champ concurrentiel" fera évidemment craindre le "démantèlement" . Quels sont les champs qui, d'une façon ou d'une autre, pourraient être qualifiés de non concurrentiels? Quant à l'article 27 qui prévoit la suppression des fonctions de commissaire du gouvernement et de contrôleur d'Etat, on ne voit pas en quoi il contribuera à la meilleure information des tutelles ministérielles. Les organes nouveaux prévus pourront-ils jouer ce rôle? 15/07/03
 http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3234--327830-,00.html  


Le présumé scandale d'Eurostat

La Commission européenne vient de suspendre 41 millions d'€ de contrats passés il y a quelques années par Eurostat, qui est la direction générale en charge des statistiques et des études économiques, à la société française Planistat. Eurostat est soupçonné d'avoir mis en œuvre pendant les années 1990 un système de double comptabilité et de fausses factures. L'affaire est complexe. Nous ne la résumerons pas ici. Le " clan français ", dans cette affaire, principalement représenté par les statisticiens de l'INSEE, crie à la manipulation visant à donner le pouvoir aux représentants d'un autre Etat-membre. La présomption d'innocence pesant sur les " accusés ", en ce domaine comme ailleurs, nous interdira de conclure hâtivement. Il reste qu'il n'est pas très heureux de voir une nouvelle fois la France mise en cause dans les affaires de la Commission. Attendons les éclaircissements de l'instance européenne jouissant du doux nom de COCOBU (commission du contrôle budgétaire du Parlement européen) qui examinera le dossier le 16 juillet. 15/07/03


TVA dans la restauration

Le commissaire européen Frits Bolkestein proposera prochainement une réduction du taux de TVA sur certains produits, dont ceux de la restauration. Ainsi la France pourrait-elle appliquer à celle-ci un taux réduit de TVA, conformément à une promesse électorale faite en 2002 par Jacques Chirac. Sans faire de gauchisme primaire, on s'étonnera de voir les efforts manifestés par l'actuelle majorité pour diminuer les tarifs de restaurants dont la grande majorité, c'est le moins que l'on puisse dire, ne nourrit pas les chômeurs ni même les salariés ordinaires. Tant mieux pour les repas d'affaires et les riches habitués de telles agapes. Il aurait mieux valu continuer à taxer ces braves gens et affecter les recettes correspondantes aux scientifiques ou aux gens du spectacle. 15/07/03


Rapport du ministre de la Fonction Publique

Selon la presse (Le Figaro Economique), un Rapport annuel sur la fonction publique (émanant je suppose du minstre du même nom) a été transmis il y a quelques jours aux syndicats. Actuellement, il ne figure sur aucun site public. Il est donc difficile d'en parler avec pertinence. C'est dommage. Le rapport serait riche de chiffres qui seront largement utilisés par les uns pour justifier une politique de réduction des effectifs et des crédits, par les autres pour dénoncer une nouvelle offensive du néo-libéralisme contre la fonction publique. Citons en particulier
- près de 38 000 créations de postes en 2002
- des salaires représentant 79 milliards d'euros, des retraites chiffrées à 34 milliards, 807 000 journées de grève..
- dépenses liées au personnel en activité ou retraité de l'Etat : 122 milliards d'euros en 2002, soit 44 % du total du budget général, en hausse de 4,7 depuis un an.
- part de l'emploi public: près de 25 % de l'emploi total. Sur la période 1990-2001, les effectifs des ministères civils ont progressé de 7 %, soit 0,6 % par an
- charges totales de la fonction publique et de la dette en 2002, 58 % des dépenses de l'Etat. Sans réformes, cette proportion atteindrait 64% en 2010 et 96% en 2040.
- suppressions d'emplois en contre-partie prévues pour 2003 : 2 664 pour la Jeunesse et l'Enseignement scolaire, 1 350 pour les Finances, 1 304 pour la Culture ou 794 pour les Sports.

Comme dit la chanson: "J'entends déjà les commentaires" ...14/07/03

NB: Il ne faut pas confondre ce rapport avec celui du Conseil d'Etat, sur le même thème de la Fonction Publique. e dernier rapport est disponible en ligne http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/034000123.shtml


Les entreprises du médicament se prennent-elles les pieds dans le tapis?

Avec surprise, j'entends ce matin sur France-Inter lire la longue mise au point des "Entreprises du médicament" expliquant qu'elles ne sont en rien coupables des nombreux méfaits que les auditeurs de France-Inter leur reprochent, et dont elles donnent la liste. S'agit-il d'une forme particulièrement subtile de marketing, ou d'une tentative pour se sortir d'une possible erreur de communication, à laquelle nous avions d'ailleurs fait allusion dans une précédente Gazette? Ceux qui ne voyaient que du rose dans l'industrie pharmaceutique sont, en tous cas, mieux informés, par les acteurs eux-mêmes, des débats qu'elle suscite. 11/07/03


Politique culturelle, politique de la recherche, même combat

La médiatisation, que l'on a pu au début juger agaçante, du conflit des intermittents du spectacle conduit à un résultat inattendu mais salubre, reposer en termes politiques la question de l'absence en France de politique culturelle publique. Cela rejoint le grave procès fait actuellement à l'Etat, relativement à l'absence de politique scientifique. Le constater devrait nous faire honte à tous, puisque chacun d'entre nous s'était habitué à voir, dans ces domaines décisifs, notamment pour la compétition avec l'hyperpuissance américaine, l'Etat démissionner au profit des intérêts privés les plus égoïstes et les plus à courte vue. Le gouvernement de droite actuel, s'appuyant clairement sur le Médef, est en train de pousser à bout la logique libérale. Mais il n'a pas eu de mal à le faire puisque les différents gouvernements de gauche précédents lui avaient largement ouvert la voie.

On peut constater que l'abandon du sens du service public, de l'intérêt général et du long terme s'est généralisé en quelques années, de façon similaire, dans les domaine culturels et scientifiques. Partout, la France a déjà largement compromis son avenir. Ce n'est pas son appartenance à l'Europe qui la sauvera du désastre, mais une volonté de redressement émanant des citoyens eux-mêmes. Ceux-ci malheureusement sont déjà décérébrés par le foot-ball, la formule 1 et la télévision. Seules les manifestations des acteurs de terrain pourront peut-être encore rappeler à l'opinion vers quelles servitudes nous nous dirigeons. 10/07/03

- Sur la politique scientifique, rappelons notre éditorial à paraître dans le prochain numéro de Automates-Intelligents http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2003/45/edito.htm


Rapport de l'ONU sur le développement humain
Source TempsRéels

Les Nations Unies (http://www.undp.org/french/) viennent de publier un Rapport mondial sur le développement humain 2003. Il est disponible par chapitres (http://www.undp.org/hdr2003/francais/) et en résumé - 52 pages (http://65.109.106.110/hdr2003/francais/pdf/hdr03-summary-FRN.pdf)

Ce Rapport nourri de données inquiétantes montre notamment la baisse du revenu moyen de 54 pays - principalement en Afrique subsaharienne - pendant les 10 dernières années et de nombreux indicateurs d'inégalités croissantes et dramatiques.

Dans le chapitre 8, les pages 157 à 162 portent plus particulièrement sur les technologies
(http://65.109.106.110/hdr2003/francais/pdf/hdr03_fr_chapter_8.pdf). Il traite de santé, médicaments, biotechnologies, agriculture, et également de la propriété intellectuelle "En dépit de leur engagement au titre de l'Accord ADPIC, les pays riches n'ont pas réellement adopté de mesures pour partager leur technologie en vue de lutter contre la pauvreté. L'Accord ADPIC comprend des dispositions relatives aux transferts de technologies, mais donne peu de détails et ne dit rien sur la mise en oeuvre. Il ne protège pas non plus le savoir des populations autochtones, comme celui de la médecine traditionnelle." (page 158)

Concernant les TIC (page 159): "La recherche et le développement [doivent notamment porter sur] des ordinateurs sans fil bon marché, alimentés par batterie, qui donnent accès aux communications dans les zones rurales dépourvues d'électricité et d'infrastructures de télécommunications." Le secré&taire général de l'ONU a par ailleurs recommandé la WiFi.

Bref les pays développés, sous la pression notamment des grands groupes transnationaux agro-alimentaires et oindustriels, ne font toujours rien pour diminuer l'inégalité qui s'accroît entre eux et les pays les plus pauvres. 10/07/03


Le plan Marshall des banlieues

Le projet de loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine dit Plan Marshall des Banlieues, en cours de discussion à l'Assemblée Nationale, innove dans un domaine où les gouvernements précédents s'étaient, dans l'ensemble, contentés de bonnes paroles. Nous l'avions dit nous-mêmes il y a quelques mois. Objectif affiché : la construction de 200 000 logements sociaux d'ici à 2008, la rénovation de 200 000 autres, la démolition de 150 000 à 200 000 logements vétustes et la création de 41 nouvelles zones franches, qui s'ajoutent aux 44 zones franches créées en 1996 sous le gouvernement Juppé, et dans lesquelles 100 000 emplois devraient être crées en cinq ans. 30 milliards d'euros seront investis entre 2003 et 2008 dans la rénovation des 165 sites les plus défavorisés recensés en France, la part de l'Etat s'élevant à 2,5 milliards d'euros sur cinq ans (ce qui apparaît bien peu d'ailleurs au regard du total). Une Agence nationale de la rénovation urbaine est créée par le texte, sous la forme d'un établissement public, industriel et commercial réunissant l'Etat, la Caisse des dépôts et consignations, l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat, l'Union sociale pour l'habitat et le 1% logement (où sont représentés tous les syndicats, CFDT, CGT, FO, CGPME, ainsi que le Medef) L'opposition s'interroge sur les modalités de réalisation d'un tel objectif. La volonté de rénover se maintiendra-t-elle sur une aussi longue durée ? Mais il est une disposition, dans le projet, qui devrait bien davantage alerter l'opinion. Un article 30, nous citons "affirme les principes qui devront régir la gouvernance des sociétés anonymes d'HLM, en renvoyant à une loi ultérieure leur mise en œuvre qui appelle une phase de concertation avec le monde professionnel. L'article propose de donner aux actionnaires détenant plus du tiers du capital, pour une période transitoire, un pouvoir de blocage sur les augmentations de capital et les transferts d'actions à des tiers non actionnaires". Dans l'article lui-même, il est dit que " le droit de vote attaché aux actions de capital ou de jouissance des sociétés anonymes d'habitations à loyer modéré mentionnées à l'article L. 422-2 du code de la construction et de l'habitation est obligatoirement proportionnel à la quotité de capital qu'elles représentent et chaque action donne droit à une voix au moins ". Ceci veut dire que, si les organisations patronales prennent une part plus importante qu'actuellement au financement, elles prendront davantage de responsabilité dans la gestion. De ce fait, elles seront tentés de faire appel à des critères de rentabilité plus marqués dans le choix des personnes à loger. Beaucoup d'observateurs du secteur voient dans ces dispositions une nouvelle preuve de la volonté du gouvernement de donner aux organisations patronales la responsabilité des actions sociales, au détriment aussi bien des services publics traditionnels que des organisations syndicales. Selon ces observateurs, se poursuit ainsi résolument la politique gouvernementale visant à conférer au Medef et aux critères de profit le dernier mot dans les arbitrages sociaux. L'affaire des intermittents du spectacle ne serait alors que la partie visible de l'iceberg. 10/07/03

- Le projet de Loi http://www.assemblee-nationale.fr/12/projets/pl0950.asp


Le "vieille Europe" en renfort en Irak?

Maintenant que les GIs sont de plus en plus fréquemment en proie à la guérilla irakienne, l'estimable Donald Rumsfeld semble désireux de pardonner à la " vieille Europe " son opposition à la guerre. En contrepartie, la France et l'Allemagne seraient autorisées à envoyer des contingents, sous le commandement US il va de soi, qui pourraient participer au maintien de l'ordre et, à l'occasion, se faire tuer à la place des soldats anglo-américains.

Le gouvernement français a bien fait de rappeler que ceci ne pourrait se faire que sur un mandat explicite de l'ONU. De plus, il faudrait que la participation de l'Europe se démarque de l'intervention américaine, de plus en plus considérée comme une armée d'occupation. Mais pour cela, il faudrait que l'Europe propose, sous l'égide de l'ONU, une politique de coopération, assortie des moyens conséquents, propre à convaincre les Irakiens de notre désintéressement. Il ne semble pas que ceci fasse encore l'objet des préoccupations gouvernementales, tant en France qu'en Allemagne. 10/07/03


Annulation du festival d'Avignon

Revenons, maintenant que la décision d'annuler le festival d'Avignon vient, à juste titre, d'être prise par son directeur, sur les responsabilités des Pouvoirs Publics dans cette affaire lamentable. Nous en avons traité un peu vite dans notre précédente brève. Il faut enfoncer le clou. Le problème fondamental de la crise du système tenait aux fraudes infernales qui dénaturaient le concept d'assurances-chômage. Or les responsables de ces fraudes étaient, bien plus que quelques petites PME du spectacle, les grandes sociétés de production travaillant pour la télévision, et notamment pour les chaînes publiques. L'Etat ne ménage pas les contrôles de l'inspection du travail et des impôts quand il s'agit des lampistes. Or personne ne s'est avisé, du côté des services publics compétents, d'aller voir ce qui se passait dans ces sociétés de production, bénéficiaires de contrats publics dont le manque de transparence n'a d'égal que l'énormité. Sans doute parce qu'il fallait se ménager les bonnes grâces de celles-ci, censées déterminer les choix politiques de l'opinion publique. Sans doute aussi parce que ces sociétés représentent une forme de consommation de loisirs autrement plus abêtissante que le théâtre et les spectacles vivants. Koh Lanta et autres jouent donc un rôle fort utile en détournant de la politique et en orientant vers la société de consommation bas de gamme des gens qui autrement pourraient, comme avant 1968, prendre goût à réfléchir. La responsabilité de l'Etat dans cette affaire, contrairement aux cris de vertu du gouvernement, est donc, sinon entière, du moins majeure. Ce qui n'empêche pas de regretter l'outrance et le manque de démocratie dans le comportement de certains grévistes.

Il est vrai que les décideurs politiques et les grands patrons français (dont on vient de confirmer le fait qu'ils sont les plus payés d'Europe) n'ont pas besoin du Festival d'Avignon pour se distraire intelligemment. Les moyens ne leur manquent pas pour se procurer ce qu'il y a de mieux en matière de culture. 10/07/03


Machines à gaz au ministère des Finances

Un article récent du Canard Enchaîné (désolé de ne pas citer le lien. Il ne semble pas que cet estimable journal satirique ait encore réussi à maîtriser l'Internet - de toutes façons, comme il l'écrit, mieux vaut s'abonner. Voir http://www.canardenchaine.com/) signale ce que les initiés savent depuis longtemps. La première version du système informatique Accord (Application Coordonnée de Comptabilisation, d'Ordonnancement et de Règlement de la Dépense de l'Etat) est encore loin d'être opérationnelle, malgré un contrat de 150 millions d'euros dont ont bénéficié les sous-traitants Accenture, Peoplesoft et IBM. Elle affiche près de 4 ans de retard. On avait pourtant chanté les louanges des technologies programmatiques mises en œuvre. Ce n'empêche qu'une seconde phase, devant desservir l'ensemble des ministères, au delà des 4 premiers bénéficiaires de la première phase, fait déjà l'objet d'un appel d'offres de 250 millions, sans guère de changement de spécifications.

Or celles-ci devraient être réétudiées en profondeur, pour la mise en œuvre de la LOLF, Loi organique relative aux Lois de Finances (voir notre article http://www.admiroutes.asso.fr/action/theme/reforme/LOLF17fev03.PDF) qui elle, est véritablement innovante pour la gestion publique. Il faudrait tenir compte également de l'explosion d'Internet et des logiciels libres. Mais qui osera recommander des économies en profondeur, dans un secteur aussi ésotérique (ou rendu ésotérique par ses responsables) qu'est l'informatique ? 10/07/03


Relance de la croissance européenne

Dans Le Monde du 08/07, Michel Barnier fait une série de propositions pour relancer la croissance européenne. Michel Barnier est commissaire européen responsable de la politique régionale et de la réforme des institutions. Parmi ces propositions, toutes intéressantes (sinon évidentes), retenons deux points qui nous intéressent depuis longtemps: l'investissement et la recherche. Pour l'investissement, Michel Barnier propose que, dans des conditions à définir, " les Etats aient la possibilité de s'écarter temporairement de l'objectif d'équilibre budgétaire pour favoriser une croissance de long terme. Ainsi, chaque Etat aurait une plus grande liberté de s'endetter, mais uniquement pour investir."

En ce qui concerne la recherche, " Il y a urgence : pour chaque personne active, on dépense en Europe moitié moins qu'aux Etats-Unis (600 euros contre 1 200 euros environ). En réponse, on devrait au minimum, à titre expérimental, placer tout effort budgétaire supplémentaire en matière de recherche en dehors des mécanismes du pacte (de stabilité), pour donner une prime aux Etats qui s'engagent à corriger cette situation". Michel Barnier propose par ailleurs de doubler le budget communautaire de recherche/développement.

Tout ceci est fort bien dit. La question est de savoir si le Commissaire européen s'exprime à titre personnel et, si oui, comment il espère convaincre les pays européens d'entériner de telles mesures. http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3232--326972-,00.html 08/07/03


Prestige

Les communes bretonnes découvrent, comme leurs collègues galiciennes, ce qu'il était facile de prévoir. Les quelques 35.000 T de pétrole encore présentes dans l'épave du Prestige continuent évidemment à fuir, de façon non négligeable (presque 1 tonne par jour). Il n'y a aucune raison pour que cela s'arrète. Au contraire. Les colmatages finiront par céder, sinon la coque elle-même. Au rythme actuel, la pollution des plages se poursuivra pendant 10 ans, sporadiquement mais suffisamment pour décourager à la longue les baigneurs. Ce qui est curieux, c'est que personne ne veuille en convenir. Il y a là une étrange volonté de cécité de la part des différents pouvoirs publics.
On pourra lire un rappel complet du scandale de cette pollution dans Les damnés du Prestige, de Régis Le Sommier, ed. J.C. Lattès  08/07/03


Les intermittents

Faut-il ajouter quelque propos aux innombrables commentaires que nous vaut le conflit des intermittents du spectacle ? Deux choses peut-être ? Il est étonnant de voir que les administrations compétentes aient toléré le trafic des entreprises faisant travailler des gens à plein temps en les inscrivant au chômage afin qu'ils puissent bénéficier, comme seuls salaires, des indemnités Assedic. Lorsque l'on sait que parmi ces entreprises fraudeuses se trouvent de grandes boites de production qui gagnent des centaines de millions avec l'argent des chaînes publiques de télévision, l'étonnement tourne à l'indignation.

Mais on peut faire une observation toute différente. Le théâtre, la danse, les festivals ont-ils encore un sens aujourd'hui, alors que l'essentiel des populations sont rivées à leurs postes de télévision, devant des spectacles uniquement destinés à faire vendre les produits de consommation ? On est en droit de répondre non et préférer Nice People. Alors que meurent les compagnies et les comédiens. Mais dans ce cas, ce sera aussi la fin des partages émotionnels collectifs qui dans toutes les sociétés, y compris sans doute dans le monde animal, ont assuré de tous temps la cohésion des groupes et la communion spontanée entre individus physiquement réunis. Jamais la télévision ni même l'Internet ne pourront remplacer cela. Si les responsables de la politique culturelle ne l'ont pas compris, qu'ils ne s'étonnent pas de voir certains retrouver le sens du social dans les guerres entre bandes. 08/07/03


28 Days Later: de nouvelles angoisses pour les américains

Un film produit avant les évènements du 11 septembre et la guerre en Irak sort actuellement sur le marché américain, et va contribuer à renforcer les angoisses collectives de nos amis d'Outre-Atlantique. C'est 28 Days Later, de Danny Boyles. Le film joue fort habilement de la peur des attaques virales. Des défenseurs des animaux libèrent dans la nature des chimpanzés infectés par un virus les rendant fous furieux, le "rage virus". Celui-ci dépeuple la Grande Bretagne en quelques jours, après avoir transformé les personnes atteintes en monstres effrayants. Les scientifiques répondent que les épidémies à virus ne peuvent pas se propager à cette vitesse, si elles tuent leurs porteurs avant qu'ils aient eu le temps de diffuser la maladie. C'est ce qui se passe avec les fièvres hémorragiques telles qu'Ebola, qui restent confinés dans des foyers bien délimités. De plus, aucun virus n'a été jusqu'ici capable de frapper toute une population sans exceptions. Mais les producteurs et le public ont une grande foi dans les capacités des virus et autres prions, aidés par les scientifiques, à inventer des formes de contamination massive inconnues jusqu'ici.

En attendant, les méméticiens pourront étudier la capacité des mèmes incarnés ou mis en circulation  par le film à contaminer les populations mondiales. Nous aurons là un cas d'école qui mériterait un suivi attentif. 07/07/03

- Le site du film http://www2.foxsearchlight.com/28dayslater/


Technologies spatiales. Le Plan directeur de l'ESA

L'Agence européenne de l'espace (ESA) vient de dévoiler son plan directeur dans le domaine des technologies spatiales.  Il s'agit d'harmoniser ces dernières afin d'éviter des errements analogues à ceux de l'industrie européenne de l'armement (NB: la comparaison est de mon cru). Le sujet est d'un grand intérêt et mériterait une présentation plus agréable qu'un fichier pdf quasiment illisible, à moins je suppose d'avoir une technologie elle-même de standard spatial. C'est dommage. Nous y reviendrons pourtant. 07/07/03

- Plan directeur d'harmonisation des technologies spatiales européennes http://ravel.esrin.esa.it/docs/harmonisation.pdf


Spam

Une conférence internationale s'est tenue fin juin en Grande Bretagne sur le spam. Celui-ci, considéré comme un véritable fléau, ne pourrait être combattu (et encore) que dans le cadre d'une législation internationale sans failles. On en est loin. Le spam est majoritairement un cadeau que les Etats-Unis font au reste du monde, dans le cadre d'un libéralisme bien pensé. Selon Steve Linford, fondateur du Spamhaus Project, organisation britannique à but non lucratif qui recherche et identifie les plus gros spammeurs mondiaux:   "La loi américaine sera la clé du problème, les Etats-Unis sont la capitale mondiale du spam. Environ 140 personnes, la plupart habitant en Amérique, seraient responsables d'environ 90% du spam mondial."

C'est un fait que maintenant, je reçois 4 messages sur 5 me proposant d'élargir (enlarge) mon pénis, augmenter indéfiniment sa durée d'érection et, qui plus est, perdre du poids. Mon hébergeur m'avait promis d'éradiquer tout cela, mais j'attends toujours. Ce n'est pas dramatique, face aux autres maux qui accablent le monde, mais c'est tout de même agaçant. 07/07/03

- Spamhaus project http://www.spamhaus.org/


George W. Bush selon le Mail and Guardian

George W. Bush n'est pas partout en Afrique attendu comme le Messie. C'est notamment le cas à Pretoria, par laquelle il inaugure sa tournée africaine. Le quotidien Mail and Guardian, journal réputé, le définit ainsi: " C'est celui qui a empêché la production de médicaments à bas prix, ruiné l'agriculture africaine, menti pour embarquer son pays et ses alliés dans la guerre contre l'Irak, castré l'ONU, résisté aux tentatives internationales pour faire de la Terre une planète plus saine et plus propre, créé un terreau fertile pour le véritable terrorisme contre lequel il prétend être en guerre En moins de trente mois, il a fait de la Terre un endroit extrêmement dangereux". Pour plus de détails on lira l'article de Fabienne Pompey dans le Monde  daté du 08/07  http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3232--326840-,00.html

Il n'y a rien à ajouter ni retirer à ce portrait. 07/07/03


Réaction du Bureau National du PS au (je cite) "Saccage de la Recherche Française"

Je suis allé trop vite le 2 juillet en regrettant ci-dessous le silence du PS relatif au signal d'alarme lancé par le Comité National de la Recherche Scientifique. Le Bureau national vient de publier un communiqué que je cite in extenso (loin de tout esprit partisan, je citerais aussi, avec la même diligence, tout autre appel d'un parti politique en faveur de la recherche) 04/07/03

"Le Parti socialiste apporte son soutien au et aux 12.000 signataires de l'Appel en faveur de l'emploi scientifique.
Les coupes budgétaires et les diminutions d'emploi observées sont sans précédents durant la 5ème République. Avec le Gouvernement RAFFARIN, on est revenu au niveau budgétaire de 1991.
Le président de la République annonce un objectif de 3 % du PIB dans la recherche, mais dès la première année du fait des annulations et des diminutions de budget, les laboratoires se voient amputés de 30 % de leurs crédits Le gouvernement prétend attirer les jeunes vers la Science mais il diminue de moitié le recrutement dans les organismes publics de recherche. Le budget 2004 s'annonce pire encore. Le gouvernement sacrifie notre avenir, en particulier dans le domaine des sciences de la vie, des sciences humaines et sociales et des nanotechnologies. La Droite est décidément incorrigible : à chacun de ses retours au pouvoir, elle s'attaque à la Culture et à la Recherche. Elle raye d'un trait de plume ce qu'avait fait le gouvernement de Lionel Jospin : une politique volontariste en direction des jeunes et une politique ambitieuse de valorisation de la recherche permettant la création de 500 entreprises innovantes en quatre ans.
La Recherche scientifique est un moteur essentiel de la culture d'un pays, de sa capacité à faire entendre sa voix sur la scène internationale. Présentant le Plan Cancer, le Président parlait d'une priorité à la Recherche, mais pour son gouvernement c'est son saccage qui est la priorité."

(http://www.parti-socialiste.fr/ps/admin/doc/documents/consult_actu.php?id=MjI5MA)


Réagir aux raffarinades ou à la misère de la science française

L'indignation  bruyante manifestée par la Gauche face aux raffarinades qui attaqueraient prétenduement sa légitimité  consiste purement et simplement à se moquer de ses électeurs. Dans le même temps, le très sérieux Comité national de la recherche scientifique (à ne pas confondre avec le Centre national de la recherche scientifique, dont il est une instance d'évaluation) évoque la très grave question des retards sans doute irrécupérables que prend actuellement la science française du fait de l'ignorance voire du mépris de l'actuelle majorité (la précédente n'ayant pas fait sensiblement mieux). Il est facile de dire que ce Conseil exprime une réaction corporatiste. Les réalités sont toutes autres, comme essaye de le montrer à chaque occasion notre revue Automates-Intelligents. On aurait aimé voir les socialistes évoquer de tels enjeux, pour réveiller la conscience politique, plutôt qu'agiter puérilement des épouvantails. Sur ce sujet, on pourra se reporter à l'éditorial prévu pour notre prochain numéro 02/07/03
- Comité National de la Recherche scientifique. Réunion du 30 juin http://www.cnrs.fr/sgcn/colloque/split.htm


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/03-8407/index.htm