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La Gazette N° 71 du 15 novembre 2002

Par Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr


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Le blocnet (index)

Nouvelle pollution

On n'a même plus envie de s'indigner une nouvelle fois devant la collusion d'intérêts sordides qui permet aux pétroliers et chimiquiers hors d'âge de continuer à naviguer. La Galice est frappée cette fois-ci à nouveau. Mais à quand la Bretagne et la Manche ? Les rodomontades des gouvernements, notamment français, suite au naufrage de l'Erika, n'ont pratiquement abouti à rien. Les inspections dans les ports européens demeurent aussi insuffisantes. Les constructions de navires aux normes sont continuellement reportées à plus tard. Les pays européens " amis des pêcheurs " se taisent devant les pays " amis des poubelles flottantes ", dont la Grèce est le grand leader.

On pourra retrouver sur notre site, à l'époque religieusement conservé pour plus tard, notre dossier Erika. Voilà qu'il peut encore servir; il servira encore sans doute de nombreuses années  http://www.admiroutes.asso.fr/action/erika/index.htm 15/11/02

Wi-Fi
Communiqué

Ouverture de services Internet sur la base des technologies Wi-Fi. Voir http://www.recherche.gouv.fr/discours/2002/wifi.htm 13/11/02


Terranaute
Communiqué

Terranaute a pour objet : de diffuser des informations sur les peuples autochtones et nomades de notre planète par l'intermédiaire de son cyber-centre http://ong.terranaute.org , dans le but d'éduquer à la diversité culturelle et de pallier à long terme au problème de l'intolérance et du racisme. L'Association permet également aux jeunes, aux universitaires, aux autochtones et nomades de tous pays de rédiger des articles que nous exposons sur notre cyber-centre en plusieurs langues afin de participer au partage du Savoir sur ces peuples. L'Association participe à la sauvegarde des peuples autochtones et nomades du monde les plus démunis en s'associant avec des associations humanitaires oeuvrant dans les domaines de la santé et du social. L' Association oeuvre pour mettre en place un Centre Terranaute à coopération international en vue de faire découvrir et partager la richesse multiethnique de notre monde par diverses manifestations éducatives et culturelles. Aujourd'hui nous comptons 23 Ambassadeurs réparties dans le monde. Terranaute recherche avant tout des moyens financier pour poursuivre son action "Eduquer pour Sauvegarder" . Venez nous rejoindre. 13/11/02

Sylvie Auguste fondatrice de Terranaute. http://www.terrranaute.com


Quand la Chine s'ouvre.

Les relations commerciales entre la Chine et les pays de l'Union Européenne se multiplient, avec échanges respectifs de missions et de créations d'entreprises. La France, qui dispose d'une active communauté chinoise autochtone, joue un rôle important dans cette ouverture Les technologies de l'information et de la communication sont un des domaines privilégiés de ces échanges, à la fois comme thèmes de coopération et comme instruments de travail coopératif à distance.

Il faut voir un tel phénomène comme essentiel pour l'équilibre du monde de demain. Nul n'ignore que la Chine, avec son milliard 200 millions d'habitants, sera pour l'Europe un partenaire incontournable. L'Europe est actuellement confrontée à la seule super-puissance américaine et doit souvent accepter bon gré mal gré ses choix géo-politiques et économiques, notamment en ce qui concerne ce que l'on appelle l'ordre du monde néo-libéral. Des résistances se font jour relativement à certains de ces choix, soit encore timidement au plan diplomatique, soit chez les représentants de la société civile, qui se réunissent régulièrement dans des sommets dont le dernier en date à Florence début novembre 2002 a montré l'impact populaire. La question qui se pose, aussi bien pour les chancelleries européennes que pour les militants de l'anti-mondialisation libérale, est de savoir en quels termes se situeront les relations avec la Chine. La Chine va-t-elle " coller " au modèle de la super-puissance américaine et de l'américan way of life ou va-t-elle emprunter une voie propre, qui pourrait éventuellement la rapprocher des choix européens ?

Pour donner des pistes, nous avons proposé à quelques personnes ayant la double nationalité chinoise et française un petit jeu de questions-réponses. En voici un résumé sommaire :

Q. : l'ouverture actuelle de la Chine met en contact les populations chinoises avec les produits et les habitudes économiques et sociologiques de l'Occident, caractérisés notamment par des modes de consommation-gaspillage strictement impossibles à généraliser au monde entier dans les prochaines années. Comment réagira la Chine à ces perspectives ?

R. : il y aura nécessairement des contaminations au plan individuel. Nous le constatons déjà à travers le décalage de niveau de vie entre les chinois des villes en plein essor comme Shanghai et celui des provinces rurales.

Mais nous pensons que les pouvoirs publics comme les populations dans leur masse se détourneront des aspects les plus gaspilleurs du modèle occidental, dont on perçoit bien l'irréalisme appliqué à l'Asie en général. Il y aura une voie à trouver entre l'american way of life et l'enlisement dans la misère des pays les plus pauvres du monde. Ainsi les Chinois ne peuvent espérer disposer d'une ou deux voitures par personne… Mais ils auront un jour l'accès à l'eau, à l'air pur et à des formes d'énergies les moins polluantes possibles, ainsi qu'à des habitats vivables.

Q. : en Europe, dire aux gens que l'idéal ne consiste pas à hyper-consommer laisse ouverte la question de savoir que mettre à la place. En dehors des valeurs trouvées dans l'exercice des activités professionnelles les plus motivantes, nous avons les activités culturelles, associatives et, de plus en plus, il faut l'espérer, l'investissement dans les tâches de formation et de recherche scientifique. Qu'en sera-t-il en Chine ?

R. : en Chine, traditionnellement, la réussite individuelle passait par l'acquisition d'une forme de sagesse, qui est à la base du bouddhisme et du taoïsme, lesquels ne sont d'ailleurs pas des religions comme on les entend dans le reste du monde, en ce sens qu'elle laissent ouvertes à l'individu les plus grandes possibilités d'approfondissement, au lieu de les enfermer dans le respect de " vérités " révélées voici des millénaires. Aujourd'hui, cela peut conduire en effet à généraliser l'intérêt pour la formation et la recherche scientifique, dans tous les domaines : plus de 20 millions d'étudiants chinois vont avoir accès aux technologies d'apprentissage à distance ; la formation des élites dans les universités occidentales prestigieuses (Berkeley, Stanford ou encore l'Insead en france ) devient maintenant un phénomène courant. D'où l'importance des réseaux qui permettront les échanges intellectuels en profondeur avec le reste du monde, l'Europe en particulier

Q. : les autorités vont-elle favoriser cette ouverture ?

R. : Dans la Chine ancienne, les mandarins, détenteurs traditionnels des savoirs, n'ont jamais refusé l'accès des individus les plus doués à leur culture, dès lors que ces individus réussissaient à passer les fameux " concours mandarinaux ". Mais le " jeune scarabée " qui voulait tout de suite tout régenter se faisait effectivement taper sur les doigts : " humilité et patience " ont toujours été les 2 principales qualités dans l'inconscience collective chinoise.

Aujourd'hui, l'Union Européenne, sortant petit à petit de son droit-de-l'hommisme théorique tend la main à la Chine à travers ses commissions et ses programmes d'échanges et de développement durables (voir : http://europa.eu.int/comm/europeaid/projects/asia-itc/html/sheets.htm#download) et notre ancien président, Valérie Giscard-d'Estaing, maintenant président de la convention Européenne est classé dans la catégorie spéciale " les amis du peuple chinois ". (Zhongguo renmin de pengyou ).

Sur le terrain,une pléthore d'associations : Club des Compétences Asie, Comité d'échanges Franco-Chinois de la Chambre de Commerce, Cercle amical du développement entre l'Europe et la Chine prennent le relais pour aider tant les PME-PMI que les grands comptes à commercer avec les chinois dans les règles de l'art.

L'Internet culturel et scientifique, bien qu'encore soumis à un certain contrôle politique, sera pour cela un excellent vecteur, surtout dans la mesure où il permettra aux étudiants, professeurs et autres thésards d'échanger leur point de vues avec leurs pairs. On peut penser aussi que dans la participation conjointe à de grands programmes scientifiques et technologiques, avec des échanges beaucoup plus importants d'étudiants, il y a du travail à faire.
13/11/02


Sauvez Gemplus

Nous rediffusons avec empressement ce message de Infoguerre.com

Lettre ouverte à la famille Quandt

Nous nous adressons à la famille Quandt qui détient les clés de l’avenir de la société Gemplus. Le 21 novembre prochain aura lieu une assemblée générale des actionnaires de Gemplus. Cette réunion va décider si Gemplus devient américaine ou reste européenne. Les enjeux technologiques de Gemplus sont énormes pour l’avenir du patrimoine technologique de l’Europe. Vous êtes les seuls à pouvoir empêcher la prise de contrôle de Gemplus par les américains. Vous devez donc choisir entre faire du business ou participer à la construction de l’Europe industrielle de demain. Au cas où vous refuseriez d’aider Gemplus à rester une société européenne, comptez sur nous pour faire la publicité de votre décision : Quandt choisi l’Amérique et non l’Europe

Pour un comité de défense des intérêts européens, INFOGUERRE.COM.

INFOGUERRE.COM a décidé avec votre aide de mobiliser les pouvoirs publics et l’opinion sur l’enjeu vital que représente le maintien de cette société dans le patrimoine économique européen.

Si vous souhaitez aider GEMPLUS envoyez un email à l’adresse suivante save-gemplus@infoguerre.com ainsi qu’à la famille Quandt h-quandt-stiftung@altana.de avec vos noms, prénoms ainsi qu’une adresse email valable. Cette démarche peut aboutir, il y a des précédents : souvenez vous de la campagne de déstabilisation de Greenpeace contre Shell, souvenez vous du retrait de l’accord multilatéral sur l’investissement grâce une démarche de mobilisation via Internet, souvenez vous de l’affaire Etoys.

Pour en savoir plus lire l’article sur l’affaire GEMPLUS : « Il faut sauver le soldat GEMPLUS » http://www.infoguerre.com/article.php?sid=425&mode=threaded&order=0

Le sort de GEMPLUS, leader mondial de la carte à puces, est scellé dit-on dans les milieux bien informés. L’entreprise française est en train de passer aux mains des Américains du fonds TPG, soutenus par leurs alliés allemands de la famille Quandt. L’affaire Gemplus est plus qu’une histoire d’entreprise qui tourne mal, c’est une part essentielle de la richesse future de la France qui vient de nous être dérobée sous nos yeux. Comment en est-on arrivé à ce triste bilan d’incapacité à faire front devant la menace ?


L'Europe chrétienne

L'Eglise catholique fait actuellement campagne pour que l'Europe qui devrait naître des travaux de la Commission Giscard soit placée sous l'égide morale et religieuse de la foi chrétienne. Le pape intervient auprès du Président Giscard d'Estaing, les églises nationales, notamment en France et en Pologne, multiplient les démarches officielles et officieuses. Des écrivains, que l'on avait connu plus ouverts aux valeurs universelles, rappellent que l'Europe s'est construit autour de la chrétienté, face aux arabes et aux ottomans, et qu'elle ne doit pas plus baisser la garde aujourd'hui qu'hier.

Tout ceci va sans doute de soi pour les chrétiens des diverses obédiences. Ce l'est moins pour les fidèles d'autres religions présentes en Europe, tel l'Islam et le Bouddhisme (ce dernier n'est pas une religion, dira-t-on, mais les bouddhistes et confucianistes ne peuvent quand même pas être assimilés aux chrétiens). Cependant, là où la prétention de l'Eglise catholique devient vraiment insupportable, c'est pour les agnostiques, libre-penseurs ou incroyants qui pensaient avoir comme les autres toute leur place en Europe. On dira que la séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui rend la France si agréable à vivre au plan philosophique, n'existe pas dans les autres pays européens Or les athées seraient aussi heureux au Royaume-Uni , par exemple, qu'en France. A cela on peut répondre deux choses. D'abord que les athées ne sont pas toujours très heureux dans les Etats n'ayant pas posé la laïcité en règle absolue. Ils sont au contraire constamment en décalage, sinon victimes de petites brimades, tant de la part des Establishments que des populations endoctrinées par des pasteurs de village.

Mais surtout que les athées français considéreraient comme une violence morale insupportable de se voir privés (fut-ce symboliquement) de la laïcité républicaine du fait de l'entrée de la France dans l'Europe élargie et refondée qui se prépare. Ils ressentiraient la même violence que celle connue par les athées français (morts depuis pour la plupart hélas) lorsque l'Etat français né de l'idéologie de la Révolution Nationale a rejeté bruyamment l'idéal laïc, avant de se jeter dans les bras de l'occupant.

L'Eglise catholique aurait tort de profiter de circonstances qu'elle juge peut-être favorable pour reprendre le terrain perdu. Les gouvernements auraient tort de l'encourager. Ils ressusciteraient une nouvelle guerre des esprits dont rien ne prouve que la foi chrétienne sortirait grandie. 11/11/02


La fin de l'Empire américain

Dans un livre récent (Après l'Empire, Gallimard 2002) le politologue Emmanuel Todd pronostique que l'Empire américain, arrivé au fait de sa puissance, ne pourra plus que décliner. Son point de vue paraîtra excessif à beaucoup, mais il mérite cependant d'être discuté. Il ne semble pas tenir compte, notamment, de l'immense potentiel de créativité et d'adaptativité que représentent la recherche scientifique et les industries de pointe aux Etats-Unis.

Pour lui, la volonté d'affirmation militaire est une activité de compensation masquant la perte de puissance économique. Le poids relatif de l'industrie américaine s'affaiblit, s'accompagnant d'une importante augmentation du déficit commercial. La pauvreté interne ne cesse d' augmenter, ainsi que les affrontements en résultant.

On n'aurait plus affaire à un pays hyper-puissant, autonome sur le plan industriel et énergétique, et qui pouvait fournir au monde les biens et les idées dont ils besoin pour progresser, dans le cadre d'une " paix américaine ". Le monde a changé, depuis la fin de l'Empire soviétique. Un ensemble qu'Emmanuel Todd appelle l'Eurasie serait en train d'émerger, incluant l'Europe, la Russie et peut-être le Japon. Ce monde découvre qu'il n'a plus autant qu'auparavant besoin des Etats-Unis, alors que ces derniers ont de plus en plus besoin des autres.

Dans cette perspective, la guerre en Irak apparaîtrait d'abord comme la volonté de n'être pas éjecté de l'" Eurasie ". Militairement, l'Amérique n'est pas réellement forte - elle n'a pas vraiment d'armée de terre, elle a besoin de bases, plus encore que de porte-avions, pour bombarder -, elle tente de résoudre le problème en s'attaquant à des Etats très faibles, ceux désignés sous le vocable de " l'axe du mal ", aujourd'hui l'Irak, pour s'y donner de nouvelles implantations. Mais si la guerre en Irak tourne mal, ce serait la catastrophe, non seulement pour les Etats-Unis, mais pour ceux qui comptent sur eux pour lutter contre le terrorisme international, lequel lui y puiserait en nouvelles forces grâce à l'effondrement en dominos des régimes arables modérés.

Malheureusement les dirigeants conservateurs actuels ne semblent pas s'être aperçus de ces dangers, et risquent de miser l'avenir sur un coup de dés 10/11/02.


La fusion nucléaire à vitesse d'escargot

On connaît le principe de la fusion nucléaire. L'objectif est de réaliser la fusion de deux noyaux d'hydrogène (ou plutôt de deutérium, isotope de l'hydrogène présent dans l'eau de mer) pour obtenir un noyau d'hélium, avec libération d'une énergie considérable. Mais cette réaction ne se produit dans la nature qu'au cœur des étoiles, et sur terre que dans les bombes à hydrogène, dont l'énergie n'est pas récupérable. Elle nécessite des températures de 10 à 100 millions de degrés, qui ne sont pas envisageables dans une enceinte constituée d'un matériau ordinaire, lequel n'y résisterait pas. Une façon de procéder serait de confiner la réaction de fusion dans des champs de gravitation intenses, analogues à ce qui se passe sur le soleil. C'est le confinement gravitationnel, inenvisageable pour le moment sur terre, faute de champs suffisants. Mais le confinement gravitationnel peut être remplacé par un confinement magnétique, expérimenté depuis longtemps dans les réacteurs de type Tokamak imaginés par le russe Andrei Sakharov dans les années 1950. Des champs magnétiques très forts empêchent les noyaux en fusion de heurter les parois de l'enceinte.

Un deuxième type de confinement est le confinement inertiel, utilisé dans les bombes à hydrogènes et les lasers à fusion. Dans ce dernier cas, les lasers se focalisent sur un micro-ballon de deutérium et provoquent une onde de choc le faisant exploser, ce qui déclenche la fusion. Dans les deux cas, la chaleur produite peut être récupérée par une circulation d'eau chaude.

Pour diverses raisons, tant techniques que budgétaires, aucun de ces procédés n'a encore été développé pratiquement par les grandes puissances atomiques. Ils ont  pourtant l'avantage considérable de ne pas émettre de déchets radio-actifs (en principe ?) mais ils ont eu l'inconvénient de ne pas produire d'énergie récupérable dans les conditions des expériences  actuelles (faute de satisfaire encore au critère de Lawson selon lequel une réaction auto-entretenue ne devient viable que si le produit de la densité en particules par le temps de confinement dépasse un certain seuil). Les réacteurs à fusion ne sont pas sans risques,  comme tout ce qui permet de produire entre autres des neutrons rapides, mais les risques sont moindres que dans les centrales classiques. Le cœur ne peut pas fondre, car la réaction s'arrête en cas de fuite. La réaction ne peut pas non plus s'emballer, transformant le réacteur en bombe (processus supercritique). Mais les enceintes peuvent à la longue s'affaiblir en enregistrant de micro-fractures.

Aujourd'hui, les recherches se poursuivent (en dehors des mythiques fusions dites froides) au sein de l'International Thermonuclear Expérimental Reactor ITER . ITER réunit des chercheurs américains, japonais, européens et russes, pour réaliser un réacteur de type tokamak visant à produire de l'énergie pacifique en quantité substantielle et à des prix compétitifs. Mais lors d'une réunion récente en date du 30 octobre 2002, les négociateurs en sont encore à discuter de l'implantation du premier site ITER, chaque pays participant proposant le sien, la France ayant le choix entre plusieurs sites: Cadarache, Marcoules....

Les prévisions actuelles ne promettent de centrales fonctionnelles que vers 2035 et de production à grande échelle que pour 2050. Ceci a de quoi poser question, si on considère comme la plupart des experts que les concepts de base sont maintenant maîtrisés et que la réalisation dépend surtout des moyens qui seront consacrés à cette filière industrielle.

La réponse à la question est simple. Personne n'a véritablement envie que la fusion apparaisse trop tôt sur le marché. Certains voudraient même sans doute l'enterrer définitivement.  L'argument est facile à trouver, puisqu'il s'agit de technologies encore très chères, alors que le prix du pétrole reste bas. Mais l'argument ne tiendrait pas face à une politique publique visant le long terme. En fait, les lobbies pétroliers veulent poursuivre l'exploitation des réserves de pétrole, gaz et charbon le plus longtemps possible (au moins un siècle et demi). Quant aux lobbies de la fission nucléaire classique et de l'électricité, engagés dans l'amortissement des centrales actuelles et dans le traitement des déchets, ils ne souhaitent pas voir des modes de production d'énergie nucléaire plus légers apparaître sur le marché. On peut aussi compter parmi les ennemis de la fusion tous les industriels et lobbies s'investissant dans les énergies renouvelables, solaire et éolien notamment. Le grand public lui-même, et les gouvernements qui sont à la remorque de l'opinion, réagissent fort mal à l'idée de centrales à fusion, vite assimilées aux bombes à hydrogène.

On peut donc considérer qu'une science et une technologie, celles de la fusion, qui, sauf erreurs et imprévus, pourraient résoudre pendant plusieurs siècles les besoins en énergie du monde, y compris ceux des pays en développement, va perdre des années avant de voir le jour. Un mouvement politique qui voudrait vraiment se démarquer de ses rivaux, échapper à l'attentisme et aux compromissions, ne devrait-il pas un jour prendre hautement et intelligiblement la défense de la fusion?

PS: pour être complet, il faut mentionner le programme français Mégajoules et son homologue américain pour documenter les lasers à fusion.

- ITER http://www.iter.org/
- Le laser Mégajoules http://www.labri.fr/Perso/~dussaux/tca101/web/Deschamps%20-%20Rougier/page1.html
- Articles http://www.ile.osaka-u.ac.jp/ifsa2001/abstractw/node3.html


Le bruit urbain

Les partis dits démocratiques, c'est-à-dire refusant les extrêmes, s'étonnent parfois de constater, selon une expression répandue après les élections françaises du printemps 2002, que " le peuple vire à droite ". Il y a de nombreuses raisons à cela, mais l'une des principales tient au fait que les conditions de vie dans des environnements urbains dégradés peuvent, même si elles ne semblent pas à première vue insupportables, engendrer une fatigue et une violence en retour qui explique le vote à l'extrême droite. Certains sociologues de terrain redécouvrent actuellement le caractère insupportable du bruit, non seulement dans les grands ensembles, mais dans les banlieues pavillonnaires situées près des voies routières ou parcourues sans répits par des mobylettes. Le bruit des jeunes est un phénomène complexe, difficile à éviter. Mais on doit pouvoir y arriver par différentes mesures convergentes, s'imposant aux constructeurs comme aux conducteurs. Les autres bruits, plus fondamentaux, ne pourront être diminués que par des politiques de rénovation des habitats et l'utilisation de nouveaux matériaux, comme nous l'avons évoqué dans lme numéro précédent de La Gazette. Tant que des mesures de cette nature ne montreront pas aux gens que leur environnement s'améliore, au lieu de se dégrader sans espoir, ils voteront à l'extrême droite ou ne voteront plus du tout. 09/11/02


La ville au 21e siècle

maison-serreDans le n° 70 de la Gazette, nous présentions un schéma générique pour la reconstruction des villes, dans la perspective de la lutte contre la fracture sociale et l'exclusion. Nous disions qu'il fallait dans cette perspective faire appel à l'imagination des architectes et aux nouveaux matériaux. Beaucoup de voies peuvent être suivies dans cette direction. On peut signaler celle de Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal. Leurs conceptions sont présentées dans une exposition qui se tient actuellement à Bordeaux du 24 octobre 2002 au 19 janvier 2003. L’exposition est réalisée en co-production avec le centre deSingel (Belgique) et l’Architekturzentrum Wien, (AzW, Autriche) et sera présentée à Anvers et à Vienne en 2003.

Voir http://www.arcenreve.com/Pages/LacatonVassal.html
et http://www.chez.com/fransforarchitecture/lacaton.htm  06/11/02


L'école au 21e siècle

Dans les pays développés, la question d'une transformation radicale du rôle de ce que nous appellerons schématiquement l'école est aussi indispensable que la transformation des milieux urbains pour lutter contre l'exclusion, la pauvreté et les comportements asociaux. Quant aux pays du tiers-monde, il est inutile de rappeler que leur accès au développement social et économique (notamment des femmes) passe par la mise en place d'écoles délivrant un enseignement moderne, dussent-elles s'opposer (pacifiquement, espérons-le) aux écoles religieuses existantes.

Beaucoup de choses ont déjà été dites et faites dans ces directions. Mais les objectifs semblent toujours aussi lointains. Nous pensons que cela tient à ce que les réformes de l'école ont toujours été partielles, sans la force d'impact qui aurait découlé de la convergence d'approches et de moyens. Par ailleurs, plus gravement, elles ont sous-estimé sinon complètement ignoré le rôle essentiel que devraient jouer dans ces réformes une utilisation systématique des technologies de l'information les plus modernes. Ceci traduit en fait l'ignorance des décideurs face aux nouvelles méthodes, comme leur refus de changements en profondeurs.

Nous n'avons pas la possibilité ici de développer le schéma d'une école intégrant toutes les ressources des technologies de l'information en vue de la réforme radicale qui est devenue indispensable. Nous nous bornerons à présenter quelques uns des principes d'organisation qu'il faudrait selon nous satisfaire simultanément afin de jeter les bases d'une école pour le 21e siècle. Ce schéma concerne d'abord le primaire et le secondaire mais la philosophie qui l'inspire devrait se retrouver dans l'enseignement supérieur et la formation professionnelle. Par ailleurs, il pourrait être appliqué, avec des moyens et des modalités différentes selon les pays, dans n'importe quelle partie du monde. En voici les grandes lignes :

- Mettre à la disposition du maître et de l'élève, au sein ou en dehors de l'établissement, ce qui se fait de mieux dans le domaine des technologies de l'information et de la communication: micro-ordinateurs multimédia en réseau, caméras numériques, logiciels intelligents, etc. Les logiciels devront être conçus sur le modèle de l'Open Source popularisé par Linux, de façon à être universellement compatibles. On n'oubliera pas, pour les pays sans accès actuels à l'électricité et aux télécommunications de développer de mini-stations pour la production d'énergie et de liaisons radio et satellitaires. L'objectif recherché là consistera à réaliser une infrastructure commune permettant un échange horizontal et vertical transcendant les frontières de toutes sortes qui structurent traditionnellement les sociétés, et que l'école devrait se donner la vocation de dépasser.

- Donner accès à l'ensemble des contenus scientifiques et culturels relevant de l'activité du pays. On fera en priorité appel aux productions du secteur public dont les créations devraient devenir libres de diffusion sans aucune restriction. L'objectif est de rendre présente à tous la culture du pays dans lequel se trouve l'élève. Mais il ne faudra pas s'enfermer dans cette culture. On développera chaque fois que possible des outils de traduction pour accéder aux contenus en langue étrangère. Plus traditionnellement, l'accès libre à l'ensemble des sources disponibles gratuitement sur Internet sera assuré, avec toutes précautions pédagogiques utiles pour éviter les " chocs de culture ". Il s'agira là à la fois de fournir à l'éducation les références locales permettant de situer l'enseignement dans une tradition culturelle donnée, et de l'ouvrir à l'universel.

- Promouvoir toutes les techniques éducatives capables de tirer le meilleur parti de ces matériels et de ces contenus : création d'espaces de formation réels et virtuels, production locale de didacticiels et de contenus, mise en place de télé-enseignements en dehors de l'établissement, etc. D'une façon générale, parallèlement à l'accès aux grands contenus institutionnels et internationaux, on privilégiera la production locale de ce qui paraîtra le plus apte à répondre aux besoins de formation non seulement des élèves mais du milieu social auquel ils appartiennent. L'objectif visé ici sera d'enseigner comment, dans la société idéale de demain, les individus ne devront pas se situer exclusivement en consommateurs d'informations produites par d'autres, mais en auteurs-acteurs de leur propre évolution intellectuelle et culturelle.

- Sortir de l'établissement pour déborder dans le quartier ou la commune. L'équipement et les acquis culturels et pédagogiques d'une école devront être mobilisés pour résoudre les besoins de formation des élèves, mais aussi de leurs familles et plus généralement des personnes n'ayant pas eu la possibilité d'accéder à l'éducation. A l'inverse, on pourra envisager que certains métiers ou certaines pratiques jugées utiles à l'éducation soient importées de l'extérieur jusqu'aux écoles (ou aux contenus éducatifs, notamment multimédia), ainsi que les personnes acceptant de les enseigner. Il s'agira d'éviter de faire de l'école un bunker prétendument isolé des turbulences de la cité, mais un acteur de première grandeur dans la réduction ou la maîtrise de ces turbulences.

- Rendre l'école disponible 24h. sur 24 et l'année entière. Ceci traduira la réponse à une demande adressée de plus en plus aujourd'hui aux services publics en général. Les équipements, les hommes et les productions de ces services publics constituent un bien rare, obtenu à grand frais. Leur mise à la disposition de la société doit se faire en permanence et à destination de tous. Pour faire face à des charges de travail accrue, la participation de partenaires extérieurs à l'école devra être recherchée, comme indiqué ci-dessous.

- Engager dans le processus d'éducation-rééducation, non seulement le personnel enseignant titulaire ou contractuel, mais l'ensemble des personnels et des moyens de fonctionnement dépendant des administrations territoriales dont les attributions peuvent contribuer à la mission éducative (y compris et en premier lieu les forces de police). Dès que possible, au cours de leur formation, les élèves fonctionnaires de tous services seront incités à participer à la production de contenus pédagogiques.

- Intégrer dans le processus d 'éducation-formation, après vérification de leurs capacités, tous ceux qui dans la collectivité considérée pourraient apporter, fut-ce à temps très partiel, des connaissances ou des expériences externes. Les associations et entreprises locales seront aussi sollicitées pour cette fonction d'enrichissement des contenus, contrairement aux préjugés visant à établir une barrière étanche entre le monde de l'école et celui du travail.

- Et finalement, en conséquence de ce qui précède, assouplir les contraintes actuelles imposées par les programmes scolaires, les diplômes et les modalités de carrière des enseignements. Il ne s'agira pas de supprimer toute sanction à l'enseignement, non plus que tout avantage particulier aux enseignants en contrepartie des exigences de leur métier. Mais il faudra permettre l'adaptation aux cas particuliers indispensable à ce système vivant évolutif que devra être l'école. Ses objectifs universalistes incluront aussi nécessairement des processus et voies d'accès diversifiés. L'essentiel sera de former des citoyens responsables et compétents, face à la dématérialisation croissante et inévitable des processus sociaux à l'échelle de la mondialisation.

On expliquera que la vision schématiquement esquissée serait, soit irréalisable, soit dangereuse. Il faut rappeler pourtant que cette conception élargie de l'éducation devrait en premier lieu s'inscrire dans la réhabilitation des espaces urbains et la lutte contre les exclusions évoquées dans le précédent numéro de la Gazette. Par ailleurs, elle reposerait, nous l'avons dit mais il faut le répéter, sur le développement exponentiel des capacités des technologies de l'information à prévoir, ainsi que sur la baisse proportionnelle de leur coût. Ce sont ces technologies, notamment, qui permettront l'ubiquité de l'école dans l'espace et dans le temps. Il serait désastreux de voir arriver ces progrès considérables pour la marche vers l'intelligence collective, sans avoir préparé les enfants et les adultes à s'en servir

Tout cela supposera évidemment des investissements importants que l'école à elle seule ne pourra consentir. Il faudra donc que les collectivités territoriales et les Etats dégagent les crédits nécessaires, bien au-delà des budgets actuels. Mais ce sera une question de survie pure et simple pour l'ensemble des civilisations - y compris la nôtre. 04/11/02


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/02-7111/index.htm