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La Gazette N° 70 du 31octobre 2002

Par Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr


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Le projet de loi Borloo et les technologies émergentes

On sait que la destruction des modes de vie traditionnels provoquée par la concurrence des pays riches, conjuguée avec l'explosion démographique, aboutit à la constitution de mégalopoles devenues administrativement, sanitairement et humainement ingérables. Il s'y développe par ailleurs, comme l'exemple de Bogota et même de Rio le montrent en ce moment, des lieux de maffias et trafics en tous genres qui menaceront à terme l'équilibre même des pays concernés. Il serait donc fondamental que les sciences et les technologies modernes soient mises au service de la réhabilitation de tels abcès de fixation.

Il faut voir que le problème n'intéresse pas que les pays en expansion rapide. Traditionnellement, il a toujours caractérisé les pays asiatiques et du sous-continent indien à fortes concentrations urbaines. Mais il commence à devenir une préoccupation dans les pays développés eux-mêmes, du fait de l'augmentation sans doute inévitable (voire souhaitable) de l'immigration et de la mauvaise intégration des immigrés récents. Or si les pays européens, notamment, essayent fermement d'apporter des solutions à l'enlisement progressif de certaines de leurs banlieues urbaines dans l'exclusion, ces solutions pourraient être réutilisables ou transposables dans les villes du tiers-monde.

En 2002, près de 50% des habitants de la planète vivent en ville, et cette proportion est appelée à augmenter sensiblement, bien que la tendance à l'urbanisation ne soit pas uniforme dans le temps et l'espace. L'expansion des grandes métropoles des pays du Nord, née de la phase d'industrialisation, avait commencé à ralentir du fait de la stabilisation du potentiel migratoire des campagnes. Par contre, l'arrivée inévitable et d'ailleurs souhaitable d'émigrants de pays très pauvres, aux cultures profondément différentes, provoque des phénomènes de rejets et de " ghettoïsation " jamais observés jusqu'à présent. Les pays du Sud, au contraire, connaissent une rapide et récente urbanisation, au prix d'un important déficit dans la maîtrise de l'espace et des fonctions urbaines, qui résulte souvent plus du pouvoir d'attraction des villes que des effets de l'industrialisation, en particulier en Afrique. Le mouvement de concentration urbaine s'accompagne, dans les "beaux quartiers" de nouvelles formes urbaines, de la concentration des capitaux, et rend plus visibles les inégalités dans la distribution des richesses.

Différentes méthodes sont aujourd'hui évoquées et parfois expérimentées, notamment en Europe, pour résoudre les problèmes de persistance et d'aggravation de la pauvreté dans les banlieues, générateurs inévitablement de comportements délictueux divers et créateurs d'insécurité. La première réaction consiste, tout en augmentant la répression policière et judiciaire, à tenter de réinsérer dans les quartiers dits en difficulté des activités culturelles, des centres administratifs ou des zones d'activités locales éventuellement détaxées. Il faut le faire, mais manifestement, cela ne suffit pas à endiguer la montée de violences et de rejets réciproques.

On doit être baucoup plus ambitieux. Il s'agit d'une urgence majeure pour l'ensemble des civilisations. En France, les propositions du ministre délégué à la Ville Jean-Louis Borloo (fin octobre 2002) vont incontestablement dans le bon sens. Pour simplifier, on peut dire que le projet consiste à casser les vieux ensembles urbains (grands ensembles) conçus après la 2e guerre mondiale comme un progrès par rapport aux " taudis " de l'époque, mais que divers facteurs ont conduit à laisser péricliter. Sur les sols ainsi libérés, on reconstruira de petits ensembles à " visage humain ", selon l'expression qui a cours. Dans ces nouveaux environnements, on s'efforcera d'acclimater de nouvelles activités confiées en grande partie aux habitants, qui créeront, outre de l'emploi sur place, un sentiment de meilleure intégration. _______________________________________________________________________________________________________________

Le projet de loi français pour l' " habitat digne " de Jean-Louis Borloo.
Source Reuters 30/10/02

Le ministre délégué à la ville estime que rénover cités et quartiers difficiles est "le meilleur investissement de la République" pour lutter contre l'injustice et l'insécurité. Le projet de loi de programmation et d'orientation, qui doit être présenté avant la fin de l'année 2002, prévoit la réhabilitation, sur cinq ans, de 400.000 logements ainsi que la destruction/reconstruction de 200.000 habitations. Il s'agit de " remettre à niveau une fois pour toutes " le parc immobilier. " Il ne fut pas construire pour 40 ans, avec une rénovation partielle tous les cinq ans mais pour 150, voire 200 ans".

La masse de travaux a été estimée par l'ensemble des partenaires à trente milliards d'euros, sur lesquels l'Etat devrait participera à hauteur d'1,2 milliard d'euros supplémentaire sur 5 ans.

Pour favoriser le projet, il sera créé un " guichet unique " chargé de réunir tous les crédits consacrés au logement pour qu'ils puissent être utilisés plus simplement et plus rapidement. Ce guichet unique, qui devrait être en place rapidement, sera géré par une nouvelle "mission de renouvellement urbain", dans laquelle seront représentés entre autres le monde des HLM, le "1% collecteur", la Caisse des dépôts et des consignations et l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat (ANAH).

Aux maires, communautés urbaines et bailleurs de proposer les projets de rénovation, le ministre se réservant la tâche d'être une "sorte de task-force pour pousser les dossiers".

Dans son rapport annuel, publié en mars 2002, la fondation Abbé-Pierre estimait que trois millions de personnes étaient mal logées en France: 500.000 personnes dans un habitat précaire et temporaire et deux millions dans des logements dépourvus du confort sanitaire de base.

Militant pour la création d'un "ministère du Développement social urbain", la fondation avançait l'objectif de construction de 70.000 logements dès 2002.


Il semble incontestable que, tant que les collectivités publiques, Etat en tête, n'engageront pas des solutions de grande ampleur, le mal des banlieues ne fera que s'accroître. De plus en plus de spécialistes de l'aménagement et de politiques admettent que l'objectif principal pour lutter contre l'insécurité devrait être de fournir des emplois durables à tous les jeunes sans emploi et qui se jugent sans avenir. Pour cela, il faudrait les charger de deux vastes chantiers de reconstruction, celui de l'environnement urbain (abattre les tours et les remplacer par autre chose) et celui du milieu culturel (alphabétiser et instruire les adultes , notamment grâce aux TIC). Les emplois ainsi créés, vu l'ampleur du problème, pourraient devenir de véritables métiers. Par ailleurs, ils devraient vite déboucher sur des qualifications trouvant usage dans l'ensemble de la société, qui en a bien besoin, même chez les " non-démunis ".

Qui devra payer ? La collectivité nationale toute entière. C'est par l'impôt et d'autres types de prélèvement sur les favorisés que de tels investissements doivent être amorcés. Il en résultera une certaine diminution des possibilités de consommation desdits favorisés, mais si c'est là une condition indispensable pour éviter l'effondrement à terme du modèle social et politique européen, on peut penser que les gens raisonnables accepteront un tel sacrifice, d'ailleurs léger.

Mais ceci ne suffira pas. Le point qu'il faut mettre en lumière ici est qu'un tel programme ne changera pas réellement ni l'habitat ni l'aménagement global dans les zones à réhabiliter, s'il ne s'accompagne pas d'un grand projet architectural , d'aménagement et de technologies à la hauteur des possibilités de la société scientifique d'aujourd'hui. Vouloir construire pour les 100 ans à venir n'aurait de sens, sauf à refaire des banlieues pavillonnaires sur le mode " cage à lapins ", que si l'on faisait appel à toute l'inventivité des spécialistes de nombreuses disciplines, coopérant ensemble en utilisant les ressources des nouveaux matériaux, des nouveaux réseaux, des nouveaux modes de développement sur le modèle du développement biologique darwinien. Or les architectes et concepteurs en sont restés, particulièrement en France, à des façons de penser qui n'ont guère évolué depuis Le Corbusier. Plus exactement, il existe beaucoup de bons esprits inventifs, mais ceux-ci ne sont pas encore au fait des technologies émergentes pour concevoir les nouvelles "machines à habite" nécessaires au 21e siècle.

Rappelons quelques-unes unes des contraintes qu'il faudrait satisfaire dans cette perspective :

- Proposer des modèles utilisables aussi bien dans les villes riches du Nord que dans les villes misérables du Sud. On organisera dès le départ, pour faciliter les échanges d'expériences, et en utilisant les réseaux visés ci-dessus, des procédures de co-développement et d'échange entre villes de diverses localisations : au sein de l'Europe, avec les autres pays développées, avec les pays émergents (Chine, Inde) et enfin avec les pays les plus pauvres.

- Intégrer dès le début l'habitant (jeunes, adultes et personnes âgées) dans la conception et la mise en œuvre, puis dans l'utilisation et l'adaptation ultérieure.

- Prévoir dès le départ le développement en parallèle de tous les types d'immeubles et tous les types d'activités caractérisant une unité urbaine susceptible de s'auto-suffire (ou tout au moins n'étant pas obligée d'exporter sa main d'œuvre pour survivre, ou chercher ailleurs les services de base dont elle a besoin). On n'oubliera évidemment pas la dimension ludique et interactive permise par les nouvelles formes d'art numérique ou autre sur le mode participatif.

- Utiliser systématiquement les réseaux (télécommunications et multi-médias) pour organiser la communication entre habitants, tant au niveau de la conception initiale que pour organiser la croissance incrémentielle et l'agrégation des divers centres d'activités ou de repos et loisirs autour de bassins attracteurs.

- Développer des briques de base modulaires, pouvant être produites à grande échelle, faisant appel de façon mixte soit à des technologies très avancées comme les nano-matériaux, soit à des technologies très traditionnelles comme la terre ou le ciment - sans parler du végétal et des espèces animales acclimatables. On y inclura évidemment tous les modules nécessaires à la production d'énergie renouvelable, d'épuration des eux, de dépollution et de traitement des déchets. Là devra être le principal objet d'une recherche innovante faisant appel aux technologies les plus récentes. L'autre objet consistera à prévoir les méthodes d'ingénierie diversifiées permettant d'adapter ces briques de base à des besoins variés et variables.

- Laisser toutes latitudes aux concepteurs locaux pour assembler ces briques de base en ensembles adaptés aux terrains, aux mentalités, aux fonctionnalités à desservir. Les développements se feront alors sur le modèle de la croissance des super-organismes de certains espèces d'insectes, fourmis ou termites, qui s'adaptent localement parfaitement à partir de schémas (eux-mêmes adaptatifs) plus généraux.

- Finalement, en ce qui concerne l'alimentation du processus en ressources toujours accrues, assurer des retours réentrants entre l'expérience acquise par les premiers habitants-réalisateurs et la valorisation de ces expériences dans de nouveaux métiers, de nouveaux emplois et de nouvelles recherches.

On pourrait en dire plus, mais il vaudrait mieux laisser s'exprimer dans le sens esquissé ici les nombreux professionnels de l'urbanisme, de l'architecture, des technologies et de l'animation sociale qui se passionneraient certainement pour de telles perspectives, si elles étaient prises au sérieux par les pouvoirs. 30/10/02
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Responsabilité des forums

Je retranscris in extenso ce message qui circule actuellement sur des listes de diffusion. Je pense personnellement que si les forums ne doivent pas en effet accepter de propos, ou d'incitations à comportements,  proscrits par la loi, celle-ci ne devrait pas être interprêtée de telle sorte qu'aucun citoyen ne puisse plus y exprimer aucun avis sur aucune entreprise ou service dont il ne serait pas content. Ce serait une nouvelle façon de museler le consommateur face au pouvoir économique déjà surpuissant. Il y a là un point très important. (on pourra consulter le Forum des droits sur l'Internet http://www.foruminternet.org/)

Je ne cite pas la source de ce message de peur de faire envoyer l'auteur en camp de redressement. Mais Bernard Lang et moi pourrions vous renseigner verbalement, en cas où certains souhaiteraient approfondir.

Texte

" Dans une ordonnance de référé en date du 5 juin 2002, le Tribunal de grande instance de Toulouse vient de confirmer les positions adoptées par les tribunaux de Lyon et de Rennes à la fin du mois de mai à propos de la responsabilité du créateur du forum pour l'ensemble des propos tenus. Une décision qui, en outre, vient mettre à la charge des hébergeurs une obligation de surveillance.

Les faits de l'affaire sont assez semblables. Dans le cadre d'un forum de discussion non modéré, ouvert sur un site spécialisé dans les maisons, plusieurs internautes se sont attaqués à certains grands constructeurs de maisons individuelles, critiquant la qualité de ces dernières. Nommément désignée dans ce forum, l'association DomExpo, qui a notamment pour objet la promotion et l'organisation de publicité collecte d'exposants de villages expositions de maisons individuelles de constructeurs, saisit le juge des référés en invoquant "des messages diffamatoires et injurieux" et exigeant l'arrêt de toute diffusion d'information à caractère injurieux.

Dès l'assignation en justice, l'hébergeur coupa l'accès au site litigieux, et le responsable du site (qui n'avait pas en l'espèce participé aux dialogues) supprima les messages incriminés. Seulement, cela ne fût pas suffisant. Dans son ordonnance, le juge relève en effet que les internautes ont échangé des propos "comportant de manière évidente des invectives grossières, des imputations d'escroquerie, de pratiques douteuses qui excèdent les limites de la liberté d'expression pour entrer dans le domaine du dénigrement portant atteinte à l'honneur et ne respectant pas la dignité de celui auquel ils s'adressent". En conséquence, le juge est allé rechercher la responsabilité civile d'une part du créateur du site et, d'autre part, de l'hébergeur du site.

D'une manière plus explicite que les décisions de Lyon ou de Rennes, le Tribunal de grande instance de Toulouse estime dans son ordonnance que le créateur du site est "responsable du contenu du site qu'il a créé et des informations qui circulent sur le réseau, lui seul ayant le pouvoir réel de contrôler les informations ou diffusions". En conséquence, le créateur d'un forum a "l'obligation de respecter les règles légales ou les restrictions ou interdictions qu'imposent le droit et ne peut se retrancher derrière la nautre de l'Internet pour mettre devant le fait accompli les personnes aux quelles la divulgation de propos illicites porte préjudice".

Ainsi, le juge toulousain fait peser sur le créateur d'un forum de discussion une véritable obligation de surveillance, ce dernier devenant responsable de l'ensemble des contenus diffusés en raison de la maîtrise complète qu'il possède sur la diffusion des propos. Une telle solution, logique au demeurant en ce qui concerne des forums modérés a priori, est étonnante dans le cas de forums non modérés - comme cela était le cas en l'espèce.

Sur quels fondements le juge a-t-il bien pu reconnaître d'une telle responsabilité ? L'article 1383 du Code civil retient le principe de la responsabilité du dommage causé par la négligence ou par imprudence. En outre, l'article 1384 poursuit en retenant une responsabilité du fait des choses dont on a la garde.

Ainsi selon ces principes, les créateurs des forums seraient responsables des propos diffusés sur ces derniers car, en raison d'une part de la maîtrise totale du forum (sélection, suppression de messages) et d'autre part, de l'imprudence qui aurait été prise en ouvrant un forum non modéré. Le juge semble donc privilégier les grands principes du droit civil et ainsi écarter de manière assez forte l'application aux créateurs de forum des protections posés par la loi du 1er août 2000 visant les prestataires techniques ou par l'article 93-3 de la loi de 1982 sur la liberté audiovisuelle.

L'hébergeur technique voit également ses obligations renforcées. Aux termes de l'article 43-8 de la loi de 1986 intégré par la loi du 1er août 2000 (dit amendement Bloche), l'hébergeur n'est pénalement ou civilement responsable du contenu diffusé que si, ayant été saisie par une autorité judiciaire, il n'a pas agi promptement pour empêcher l'accès au contenu incriminé.

Même si le texte est relativement clair, le juge toulousain semble vouloir imposer à l'hébergeur une "obligation générale de prudence et de diligence (...) devant mettre en oeuvre des moyens raisonnables d'information, de vigilance et d'action". Le juge pose donc au niveau civil une telle obligation - tirée des mêmes articles du Code civil. En cas de non respect de cette obligation de surveillance, l'hébergeur devient donc civilement responsable (et non pénalement, le Conseil constitutionnel ayant annulé cette possibilité lors de l'examen de la loi du 1er août 2000).

En pratique, qu'est ce qu'impose une telle obligation à l'hébergeur ? Le juge estime que la société qui hébergeait le site avait respecté ses obligations en suspendant l'accès au site dès la délivrance de l'assignation et en le réactivant après suppression des contenus litigieux.

Au final, l'auteur du site n'a pas été condamné à payer des dommages et intérêts mais seulement à supprimer la totalité des messages litigieux et suspendre la diffusion de tout nouveau message pendant un mois - en cas de non saisine du juge du fond.

Quelles sont les obligations mises à la charge des créateurs et hébergeurs de forums ?

A la vue de ces nombreuses décisions et si le juge tend à refuser l'application des lois du 1er août 2000 ou de la loi de 1982, le créateur d'un forum non modéré a priori prendra un risque pouvant entraîner l'engagement de sa responsabilité, risque reposant sur les principes généraux du droit de la responsabilité. De même, en cas de confirmation, l'hébergeur devra installer des moyens de surveillance humainement difficiles à mettre en oeuvre afin d'anticiper toute mise en cause devant le juge civil.

Une mort des forums non modérés semble donc, au fur et à mesure, se confirmer ... A titre d'exemple, aujourd'hui on annonçait l'assignation en justice de "Les-Forums.com" pour le 27 juin 2002 par la Caisse primaire d'assurance maladie à la suite de la diffusion de propos dénigrants dans un forum consacré à la profession médicale" .

Ajoutons que ce sera aussi la mort des forums modérés, sauf à ce que le modérateur refuse tout propos autre qu'anodin. S'il s'avérait par exemple qu'une entreprise Duchnoc se comportait mal, ne faudrait-il pas pouvoir le dire haut et fort. Comment font les Que choisir et autres journaux du Consumer Power, notamment aux Etats-Unis? 30/10/02


Europe Unie ou Etats-Unis d'Europe

La question du nom que la Convention pour l'avenir de l'Europe devrait proposer en conclusion de ses travaux sur la constitution européenne n'est pas anodine, contrairement à ce que certains pensent. Le président de la Convention, VGE, a raison de poser la question dès maintenant. Nous sommes là dans le domaine du symbolique structurant, si l'on peut dire, ou de la mémétique appliquée. Si je peux me permettre de donner un point de vue, Europe Unie me parait mauvais, car trop tiède, contrairement à ce qu'en dit VGE. Le terme reprend un concept déjà très banalisé, dans les esprits sinon dans les faits. Etats-Unis d'Europe est beaucoup plus novateur et agressif, donc beaucoup plus dynamisant. Novateur car la structure fédérale forte y est pratiquement incluse. Ceci bousculera les tièdes et les souverainistes encore trop nombreux. Agressif par nous "challengerions " ainsi les USA, en leur montrant qu'ils ne seront plus désormais les seuls à s'appeler US (United States). Les USE concrétiseront ainsi le fait qu'ils aspirent à devenir la puissance susceptible de briser le monopole des USA, mais dans une formule beaucoup plus ouverte géographiquement et culturellement, donc finalement beaucoup plus compétitive à terme que ne le sont ceux-ci-ci, notamment sous la férule de l'ineffable Bush. Emmanuel Todt aurait ainsi eu raison en pronostiquant dans son livre fort intéressant le début du déclin de la super-puissance, non pas face au terrorisme, Dieu merci, mais face à l'Europe et à ses alliés dans le monde.

Rappelons à ceux qui l'ignoreraient encore que la Convention européenne dispose d'un site bien fait, où l'on peut se tenir informé des travaux, et surtout faire connaître des points de vue. Il serait tout à fait inqualifiable de ne pas utiliser ces possibilités. Le site n'est évidemment pas seulement en français, mais aussi dans chacune des langues de l'Europe

- Convention européenne http://european-convention.eu.int/bienvenue.asp?lang=FR
- Débat http://europa.eu.int/futurum/forum/Public/ThreadList.cfm?&fr&lang=FR


Les éléphants du PS découvrent l'Europe et les socialistes européens

Les fervents de la cosntruction européenne ont lu avec plaisir la profession de foi de 3 anciens premiers ministres socialistes en faveur d'une union des socialistes européens pour le renforcement de l'Europe, parue dans Le Monde du 29/10/02. Il est temps que les socialistes se réveillent et découvrent l'Europe, ainsi que leurs homologues dans les gauches européennes, à commencer par le rôle essentiel des Verts allemands dans ce domaine (sans oublier le toujours dynamique Daniel Cohn-Bendit). Cela aurait été fait avant les élections, au plus haut niveau, avec un grand projet à la clef (notamment en termes de recherche scientifique et grands travaux transeuropéens), la gauche n'en serait pas là où elle en est. Mais pourquoi les braves Rocard et autres n'avaient pas tenu ces propos au moment où il fallait? Leur aveuglement ou leur silence de l'époque pose une vraie question.

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Redécouverte du bio-diesel

Cela fait plus de cent ans que Rudolf Diesel a inventé le moteur qui porte son nom, en y brûlant des huiles végétales. Les mauvaises langues disent qu'il aurait été assassiné en 1913 par les représentants du déjà actif lobby pétrolier. Mais c'est seulement maintenant et en Grande-Bretagne seulement, pratiquement, que des applications du bio-diesel à base de graisses végétales (recyclées des fish-and-chips) prennent un développement sérieux. Rappelons qu'au Brésil, les bio-carburants utilisent plutôt des alcools et sucres végétaux, ce qui n'est pas sans inconvénients dans un pays qui déjà manque de terres pour nourrir sa population.

En Europe, il y aurait des possibilités considérables autour de la récupération des oléagineux végétaux et animaux qui encombrent actuellement les décharges. De plus, ce sera une possibilité intéressante de remise en culture des jachères. Mais pourquoi tout les gens dits sérieux traitent-ils cela avec des haussements d'épaule ?

- British association for bio-fuels and oils http://www.biodiesel.co.uk/
- Un militant de base du bio-diesel http://hemp-cyberfarm.com/htms/hemp-products/bio-diesel/bio-diesel.htm

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Pas de vision à long terme pour la recherche?

Le Conseil Supérieur de la Recherche et de la Technologie vient de stigmatiser, dans un avis sur le projet de budget 2003 de la recherche, la politique affichée en ce domaine par le gouvernement. Ce Conseil est constitué de 40 membres représentant le monde, non seulement de la recherche, mais des milieux économiques. Baisse des crédits,  absence de vision à long terme, effet d'annonce déplorable sur les jeunes...Ceci contraste avec la satisfaction exprimée sur le projet de budget 2002, soit en octobre 2001, par ce même CSRT http://www.recherche.gouv.fr/conseil/csrt/2001/bcrd.htm

Que s'est-il donc passé depuis lors? Et quand pourra-t-on consulter sur le site du ministère l'avis sur le projet de budget 2003? Je suppose que le CSRT y précise la vison à long terme - ou les visions - qu'il souhaiterait voir afficher.


God is dangerous

J'ai assez apprécié le courage de Philippe Starck, designer et décorateur, affirmant dans l'émission de Phulippe Labro "Ombres et Lumières" que l'idée de Dieu, d'où quelle vienne (monothéiste, polithéiste ou simple théiste) est dangereuse, démobilisatrice, preuve chez celui qui l'héberge d'un manque grave de personnalité et d'initiative. D'où le tee-shirt qu'il propose avec ce slogan "God is dangerous". Il réfléchit bien au delà de ses propres intérêts commerciaux immédiats, ce Starck. Bravo.


Voie royale pour la francophonie?

La francophonie disposera-t-elle, dans la conjoncture politique actuelle entre blocs, d'une voie royale? En tous cas, l'équipe Chirac-Villepin joue cette carte avec une grande habileté, convenons-en. Mais il ne doit pas s'agir uniquement de mots. Or les sciences et les technologies devraient être le ciment d'une véritable présence politique d'un bloc francophone, appuyé d'ailleurs sur l'Europe des 25. Encore faudrait-il accorder plus de visas aux étudiants-chercheurs voulant venir travailler en France, et leur offrir des conditions d'accueil meilleures. Mais surtout il faudrait de grands programmes et plus de budgets. On n'en prend pas le chemin. Nous proposerons prochainement un essai sur cette question très importante.  


Débats de société payants

Attac-Sorbonne, JCR-Red, Oxygène-P1, UEC, Sud-étudiants, Vamos (tous du beau monde) se sont insurgés contre l'organisation, dans les locaux de la Sorbonne les 19 et 20 octobre, d'un débat payant (6 euros) sur le thème des Nouveaux mondes. Il s'agissait d'une initaitve de la société de communication "La Cité de la Réussite". Ont participé à l'édification des auditeurs MM. Minc et Ferry, F.Pinault, J.L. Lagardère.

Pourquoi pas? Mais pourquoi à la Sorbonne? D'un autre côté, nos contestataires pourraient répondre au discours de ces messieurs par un argumentaire circonstancié - qu'ils pourraient diffuser gratuitement  sur Internet, à défaut de pouvoir s'offrir la Sorbonne. Je m'engage à les référencer, s'ils le font.


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/02-7010/index.htm