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La Gazette N° 66 du 31 août 2002

Par Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr


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Les troskystes français

France-Culture a consacré en continu plusieurs chroniques de l'été à l'histoire récente des troskystes français. De nombreux militants et membres de la LCI et d'autres organisations ont été interviewés. Je reprends ici le motif de l'émission, car il s'agit d'une véritable anthologie du trostkysme français:

" Fragments d'un discours révolutionnaire. A l'école des troskystes français. Emission de Jean Birnbaum et Brigitte Bouvier, 8h30 à 9h. Récemment, deux épisodes sont venus propulser le « trotskisme » sur le devant de la scène médiatico-politique : les lapsus d’un Premier ministre au passé mal assumé ; une élection présidentielle qui a vu trois candidats rouges (vifs) progresser de façon significative. Si bien qu’aux yeux de nombreux observateurs étrangers, la France apparaît aujourd’hui comme le sanctuaire d’un « spectre » qui ne semble pas hanter outre mesure le reste de l’Europe…

Mais par-delà ces aspects quelque peu anecdotiques, le fait central réside dans le rôle moteur que joue cette « filière dissidente » (Roland Barthes) dans l’émergence de nouvelles radicalités sans frontières : qu’il s’agisse du mouvement des « sans » (papiers/emplois/domiciles) ou de la nébuleuse dite « antiglobalisation », une jeune génération de militants fait aujourd’hui l’apprentissage de l’engagement, et les trotskistes lui apportent souvent l’expérience d’un mouvement qui porte la mémoire des luttes passées.

Car loin d’en être le résidu marginal et groupusculaire, le trotskisme doit être envisagé comme le miroir du siècle : du refus fondateur de la dégénérescence stalinienne à la solidarité avec les peuples colonisés en passant par la résistance aux fascismes, ce courant n’a jamais cessé de faire vivre une tradition à la fois minoritaire et opiniâtre d’émancipation sociale. Pour autant, il n’a pas toujours su éviter les dérives autoritaires, et c’est dans cette contradiction même qu’il permet de déchiffrer l’époque, ses convulsions et ses perspectives.

Ni fresque historique ni enquête policière, cette série d’émissions refuse à la fois la vitrification d’une mémoire et les délices du « complot ». Au moment même où, un à un, disparaissent les acteurs du trotskisme des origines, elle se contente de donner la parole aux militants (passés ou présents) pour faire entendre un sujet collectif en clair-obscur, incarné ici par des voix (souvent inconnues) de toutes générations et de toutes origines, qui témoignent de la richesse plurielle mais aussi des limites du discours révolutionnaire en ses diverses figures : liant le Livre à la révolution future, le Père à l’héritage commun ou la Taupe à la trahison qui guette, ces 25 fragments convoqueront l’internationalisme comme impératif catégorique, le stalinisme comme traversée du désert… ou l’entrisme comme obsession d’en sortir.

Avec, entre autres, Pierre Lambert, Fred Zeller, Dina Vierny, Jean-René Chauvin, Maurice Nadeau, Michel Lequenne, Laurent Schwartz, Paul Parisot, Simone Minguet, Pierre Avot, André Fichaut, Lili Bleibtreu, Claude Lefort, Martine Maso, Alain Krivine, Wang Don Tri, Michel Rodinson, Pierre Dardot, Arlette Laguiller, Gilbert Marquis, Edwy Plenel, Pierre et Michel Broué, Yvon Rocton, Olivier Besancenot, Jean-Paul Gady, Daniel Gluckstein, Gérard Filoche, Daniel Bensaïd, Roland Szpirko, Jeanette Habel, Benjamin Stora, Boris Fraenkel, Mohammed Harbi, Jean-Jacques Marie, Michael Löwy, François Sabado, Jacques Kirsner, Max Théret, Stéphanie Chauvin, André Essel…"

Qu'en dire en deux mots? Après avoir craint de voir répéter à saturation des thèmes simplistes comme ceux de la candidate Laguiller, j'ai été agréablement surpris par la diversité, l'humanité et finalement la pertinence de beaucoup des interventions. Ceci ne veut pas dire que je sois devenu troskyste et  que j'aille de l'entrisme via cette modeste gazette.  Peut-être les émissions ont-elles été un peu naïves face à des gens qui sont sûrement plus retors et calculateurs qu'ils ne le disent. Bornons-nous à approuver la réflexion d'un des derniers intervenants de ce jour: "les députés, même de gauche, ne discutent plus jamais de rien avec les électeurs et n'ont qu'une idée en tête, aller dans le sens de ce qui permettra leur élection (ou réelection) . Les troskystes, eux, ce n'était pas pareil".

Aujourd'hui, il faut discuter et surtout inventer, dans la perspective notamment de la mondialisation. Je ne sais si l'extrème-gauche traditionnelle le fera, ou le fera plus ou moins bien que les autres organisations s'opposant à la mondialisation libérale. Je ne sais si ses propositions seront toutes acceptables par une quantité suffisante d'électeurs. Mais il est certain qu'aborder l'avenir de la politique sous cet angle devrait être plus motivant pour ces derniers qu'assister  aux réglements de comptes entre courants ou entre chefs historiques qui sévissent dans les partis traditionnels. 30/08/02


Administration Electronique

Henri Plagnol, secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat devrait annoncer (je ne sais si cela a été fait, n'ayant pas d'information en ce sens sur le site de la Fonction Publique) le lancement d'une mission dont le rôle sera de déterminer la place des nouvelles technologies dans la réforme de l'Etat.  Selon le communiqué de presse: "Il s'agit d'évaluer les forces et les faiblesses de l'administration électronique française et de formuler des propositions claires pour accélérer son développement" "Je pense que la France reste à la traîne en matière de communication directe avec les usagers et de services pratiques à apporter via Internet", souligne le secrétaire d'Etat. "En accord avec Jean-Paul Delevoye (ministre de la fonction publique et de l'aménagement du territoire), le chargé de cette mission devra trouver des solutions pour l'ensemble du territoire".

Ce serait (là encore sous réserve de confirmation) Pierre de la Coste, conseiller technique au cabinet du ministre de l'Industrie, de la poste et des télécommunications de 1995 à 1997 qui serait chargé de cette mission. Il devrait rendre un rapport d'étape à la mi-novembre.

Si beaucoup de choses ont été faites, il reste effectivement beaucoup encore à faire. J'en profite pour signaler que Berger-Levrault, l'éditeur de mon ouvrage de 1999, Internet et les administrations, la grande mutation, en a réalisé une 2e édition, en vente depuis février 2002. Je me suis borné dans cette édition à refaire l'introduction. Tout le reste demeure (malheureusement si je puis dire) encore valable. Il est vrai que j'avais en ma naïveté placé la barre peut-être un peu haut. 30/08/02


Commercequitable.com

Dans l'actualité du sommet de la Terre à Johannesbourg, l'entreprise un peu particulière Commer-Equitable me demande de signaler son existence. Je le fais bien volontiers, en reprenant simplement les indications données sur le site relative à l'objectif recherché:

"Commercequitable.com est un projet qui existe depuis le 1er mai 2000 et qui a été crée autour d'une synergie et d'un objectif commun : créer un catalogue de vente de produits "éthiques" pour promouvoir le commerce équitable et offrir des débouchés commerciaux aux populations exclues de la mondialisation.Le projet commercequitable.com s’articule autour de 3 axes principaux :
# La mise en place de nouveaux projets de commerce équitable comme alternatives à la destruction des économies locales des pays du Tiers-Monde
# La mise en oeuvre de projets de Développement Durable avec pour souci de sensibiliser l’opinion public a la conservation des traditions et des écosystèmes naturels
# La mise en oeuvre de partenariats (ingénierie de projet, communication, évenementiel) basés sur la responsabilité sociale et environnementalea ligne de sommet de la Terre "

Les sceptiques comme moi (voyez le naufrage actuel de la Fondation pour la Protection des Animaux, FPA) s'interrogeront toujours sur la façon dont de telles démarches, certainement bien intentionnées, pourront survivre à la concurrence, et éviter de n'avoir plus d'équitable que le nom. Mais c'est à ceux qui croient dans les valeurs et les objectifs proposés de les aider. 30/08/02

Commerce Equitable http://www.commercequitable.com/


Face à l'Amérique, l'Europe n'est-elle pas finalement plus puissante que ne le croient les Européens?

Les Français qui s'intéressent à la politique internationale déplorent souvent que l'Europe ait démissionné face aux Etats-Unis. Non seulement l'Europe n'a pas, croient-ils, le poids économique et l'influence culturelle de ce pays, mais face au dernier des grands Etats-nations super-puissants, elle ne se comporte pas en " puissance ". Elle s'est privée des moyens de la puissance en décidant une réduction continue de ses dépenses militaires, en n'ayant pas de politique étrangère commune et finalement, en acceptant d'être la vassale des Etats-Unis dans les rapports avec d'autres anciennes ou futures Puissances : la Russie, la Chine, l'Inde et le Pakistan notamment. Il n'est pas évident que tous les Européens soient aussi sensibles que les Français à la perte de puissance du continent européen. Beaucoup trouvent très confortable d'être sous l'aile des Etats-Unis. Mais on peut penser cependant que certaines des diplomaties européennes, comme les représentants de l'Union européenne, déplorent, à un moindre degré que les Français et de façon plus intermittente, le fait que l'Europe n'ait pas encore appris à se comporter en puissance dans le concert international.

Ceci dit, il est curieux de lire sous la plume de certains politologues américains des hommages inattendus à la subtilité européenne, qui préfèrerait la discussion diplomatique multilatérale, notamment dans le cadre des institutions internationales, à l'affirmation unilatérale de puissance. Il s'agirait selon eux d'une autre façon de s'affirmer, moins voyante mais tout aussi efficace. Certains de ces politologues voient là pour l'Europe un choix obligé découlant de la faiblesse où elle s'est mise elle-même en renonçant à être une grande puissance militaire et impériale. Quand on ne peut s'affirmer par la force, on est bien forcé de négocier. D'autres, comme récemment Francis Fukuyama (Le Monde du 16/08/02) nous créditent d'une intelligence supérieure, celle qui plutôt que se référer aux structures obsolètes de l'Etat-nation, reconnaît l'émergence d'une légitimité démocratique dans une communauté internationale encore bien fragile mais qu'il appartient aux hommes de bonne volonté d'aider à édifier. La construction européenne, exemple réussi quoiqu'on dise d'un dépassement de la légitimité de l'Etat-nation par une structure fédérative originale, pourrait alors servir de référence à la réalisation d'une communauté mondiale plus vaste.

Préférer la diplomatie à la politique de la canonnière ne consisterait pas à baisser pavillon devant d'éventuelles agressions (comme il est inévitable qu'il y en ait de plus en plus à l'avenir), mais consisterait à refuser de voir des Etats-voyous ou des terroristes dans tous ceux qui ne s'alignent pas immédiatement derrière les intérêts du capitalisme libéral sous pavillon étoilé.

Ce faisant, l'Europe pourrait à la fois défendre son existence en tant qu'entité indépendante mais aussi, aux yeux des pays du tiers-monde (lesquels regroupent déjà les 4/5 des effectifs de l'humanité, ce qui constitue une forme de puissance en soi, mère il est vrai de toutes les catastrophes futures) montrer qu'elle le fait en prenant en compte l'intérêt plus général de la planète.

Nous ne pouvons ici qu'apprécier la clairvoyance de Francis Fukuyama et souhaiter que l'avenir lui donne raison. La question du développement durable, abordée on peut l'espérer au sommet de Johannesburg avec plus de sérieux qu'à celui de Rio, devrait ainsi permettre à l'Europe de marquer avec clarté qu'elle sait se désolidariser des égoïsmes d'un capitalisme hyper-consommateur et gaspilleur, en favorisant non seulement la décroissance des activités de consommation occidentales les plus destructrices de l'environnement mais en encourageant les transferts de ressources et de compétences en faveur du tiers-monde. On le dit et le répète en effet avec raison : c'est actuellement la misère de populations incapables de contrôler leur taux de reproduction et d'assurer la survie de centaines de millions de personnes qui menace le plus directement l'éco-système, c'est-à-dire finalement l'humanité toute entière.

Si l'Europe prenait la tête de la lutte pour le développement durable, non pas seulement en parole mais par des changements substantiels dans ses propres choix politiques, elle se ferait sans doute des amis précieux dans le monde tout entier, notamment dans les pays musulmans et latino-américains, tandis que les Etats-Unis, sous la direction brutale de l'actuelle administration républicaine, continueront au contraire à accumuler les frustrations et les ennemis. Or aucune puissance ne peut survivre durablement si elle n'a plus que des ennemis.

En lisant entre les lignes l'article cité de Francis Fukuyama ou ceux d'autres observateurs politiques provenant de la gauche libérale américaine, on croit même y déceler - à notre grande surprise d'Européens éternels complexés devant la puissance des Etats-Unis - une sorte de peur de voir l'Europe, finalement plus peuplée et aussi forte potentiellement en ressources que les Etats-Unis, se découpler de l'Amérique et affirmer, d'abord une indépendance accrue, peut-être à terme une franche hostilité. C'est-à-dire que l'anti-américanisme, déjà présent dans certains milieux, pourrait devenir un ressort important de l'action diplomatique et économico-culturelle de l'Europe. Celle-ci, bien que ne disposant pas d'une puissance militaire sérieuse lui permettant de se confronter directement aux Etats-Unis, pourrait alors contrer victorieusement sur bien des terrains l'Empire américain.

Nul ne gagnerait en Europe à affaiblir inutilement les Etats-Unis, dans la mesure où ils restent porteurs de nombreuses valeurs dans lesquelles nous nous reconnaissons aussi, notamment au plan du dynamisme de la création scientifique et technologique. Mais échapper à leur influence et contribuer à freiner celle-ci pour la rendre plus raisonnable, en accord avec les autres représentants de la communauté internationale, ne pourrait faire que du bien, non seulement au monde non américain, que l'entêtement d'un Bush et de ceux qui le soutiennent met en péril, mais aux citoyens américains eux-mêmes qui seraient ainsi délivrés de certains de leurs démons. 26/08/02

- Voir aussi nos deux articles précédents, dans le même numéro, sur le développement durable: le développement durable et la gauche, le développement durable et la science


Le développement durable, seule perspective de refondation pour la gauche

Le PS, mais aussi les Verts et sans doute d'autres mouvements de la gauche politique ou syndicale, sont actuellement à la recherche d'une refondation. Celle-ci est indispensable. Encore faut-il qu'elle se débarrasse des idées du passé. Ce ne sera pas en essayant de ranimer les thèmes ayant mené la gauche plurielle à l'échec que l'on se donnera de nouveaux électeurs et militants. Mais ce ne sera pas non plus par un " coup de barre à gauche " qui ne serait qu'un retour à des stratégies d'opposition déjà dépassées dans les années cinquante que se trouvera le salut. On le voit dans le creux absolu des propositions du tandem Emmanuelli-Mélanchton, comme dans les idées défendues sous l'étiquette trotskiste.

Des partis qui n'ont plus de programmes crédibles et qui par ailleurs se trouveront confrontés à une droite bien établie au pouvoir et sans doute plus habile qu'elle ne le fut, n'ont qu'une ressource, se projeter dans l'avenir et proposer des alternatives que les mouvements de droite, en France et dans le monde, seront moins à l'aise que la gauche pour défendre.

Or quel est le problème majeur, disons même dramatique, qui se pose au monde tout entier dès maintenant, exigeant des solutions immédiates. C'est celui évoqué par le sommet de Johannesburg, sous le terme de développement durable. Il s'agit d'assurer aux milliards d'humains du tiers-monde, actuels et à naître, des perspectives minima de croissance (en fait de survie) ne mettant pas davantage en danger l'équilibre déjà très compromis des éco-systèmes. Si cela n'est pas fait, les prévisions les plus pessimistes sur l'effondrement des civilisations se réaliseront vraisemblablement, dans les cinquante années à venir, c'est-à-dire avant même que les jeunes enfants d'aujourd'hui aient atteint l'âge de la retraite.

En quoi cela peut-il concerner les partis de gauche, en France comme dans les autres pays occidentaux, notamment aux Etats-Unis ? Tout simplement parce que cet objectif de survie ne sera pas possible sans inverser radicalement le mode de croissance des pays occidentaux, croissance reposant sur un gaspillage éhonté de l'énergie et des ressources mondiales. Or les forces économiques dites libérales (ou néo-libérales, pour reprendre le jargon à la mode), qui soutiennent les gouvernements de droite, s'opposent résolument à toute réduction de leur liberté d'action à la recherche du profit immédiat. La position scandaleuse du gouvernement des Etats-Unis, dont le président ne juge même pas utile de faire acte de présence à Johannesburg, n'en est que l'illustration la plus voyante. Pour quelques grandes firmes qui commencent à parler à mi-voix de développement durable, tous les entrepreneurs capitalistes du monde, y compris dans le tiers-monde, refusent encore de voir entraver par des politiques publiques de protection des ressources rares  et de reconversion-redistribution leurs perspectives de bénéfices.

Dans ces conditions, beaucoup de gens commencent à considérer que la marche au désastre est inéluctable. Nous serions selon eux les jouets de machines (ou super-organismes) incontrôlables par ce que l'on appelle encore la volonté humaine. Mais le pire n'est jamais sûr, car on ne sait pas au fond comment évoluent ces super-organismes qui nous emportent apparemment vers la catastrophe. En tous cas, si des parades pouvaient être envisagées, elles reposeraient sur l'appel à l'opinion publique, soutenant des interventions étatiques ou coopératives négociées au plan international et partagées avec le tiers-monde. Il faudrait remplacer la consommation-gaspillage par l'investissement en faveur de sciences et technologies créant de nouvelles sources d'énergie et de production protégeant l'environnement tout en répondant aux besoins de survie des milliards d'humains du monde sous-développés, existant ou encore à naître. Mais pour que de telles politiques puissent être financées, elles devraient être compensées par des économies drastiques dans les consommations du monde développé.

Pour les mouvements politiques et citoyens en Occident, cela reviendrait à prêcher dans nos pays non pas une croissance zéro ou négative dans l'absolu, mais une croissance négative dans la consommation des biens matériels, compensée largement et au delà par une croissance forte dans les domaines de l'éducation, de la culture et plus particulièrement des connaissances scientifiques et technologiques. L'existence des réseaux de communication permettrait d'ailleurs de proposer aux peuples du tiers-monde qui ne refuseraient pas cette approche sous la pression d'idéologues conservateurs, d'en partager les perspectives, en contre-partie de la réduction de leur natalité explosive.

Ceci étant, il faut être réaliste. Qui osera en Occident, et plus particulièrement en France, demander aux électeurs de ralentir la consommation de biens matériels - tels que l'automobile - en la taxant et en financement en contrepartie des activités de recherche et de transfert de connaissances au profit du tiers-monde ? Qui osera s'en prendre à l'agriculture productiviste en acceptant une petite hausse des prix à la consommation en contre-partie d'une agriculture ménageant l'environnement ? Qui osera affronter les lobbies de toutes sortes qui s'opposent au changement des processus de production et de vente favorisant le gaspillage et la pollution ?

Sans doute pas la droite, particulièrement à l'écoute des grands intérêts économiques conservateurs, qui la financent et l'appuient dans l'opinion…Des religions prônant l'ascèse et la charité pourraient y aider, mais le temps de telles croisades paraît bien passé.

Ceci étant, la gauche ne paraît pas mieux placée que la droite pour inscrire dans ses programmes une participation active au développement durable. Elle aura trop peur, vis-à-vis des " consommateurs ", d'apparaître comme recommandant une austérité et une stagnation économique dont on prétendra que les plus pauvres seront les premières victimes, tandis que les riches pourront continuer à dilapider les ressources collectives.

Il reste que, même si les objectifs du développement durable peuvent être défendus par de bons esprits à droite, comme on peut l'espérer, c'est quand même dans la culture de gauche ou même d'extrême-gauche qu'ils devraient trouver leurs meilleurs supports. C'est là - sauf à ce que les mots et les idéaux aient perdu tout sens - que les idées d'éducation populaire, de recherche scientifique désintéressée, de partage entre les favorisés et les démunis, de protection de l'environnement, d'interventions publiques internationales pour sauver la planète, devraient trouver le plus d'échos.

On peut donc en conclure que cela devrait être dès maintenant l'axe essentiel, sinon unique, de la recomposition des programmes et des partis de gauche, en France comme en Europe. Aucun diagnostic, aucune solution ne seront simples, mais il faut dès maintenant en faire un sujet de discussion collective, de proposition politique et d'actions militantes. Il ne s'agit pas de simplement courir sur les brisées des anti-mondialisateurs, mais d'élaborer des projets globaux dans lesquels les jeunes de tous les pays, notamment, pourraient reconnaître des pistes d'avenir méritant que l'on se batte pour elles.

Si la droite faisait de même, alors tant mieux. La compétition droite-gauche prendrait alors tout son sens...

Nous n'en sommes pas encore là en France, mais cela pourrait peut-être venir plus vite que l'on imagine, si les idées que nous résumons ici étaient reprises à plus grande échelle par des militants convaincus - parmi lesquels devraient se trouver un grand nombre de scientifiques qui pourraient ainsi donner à leurs travaux une perspective de dépassement et un  sens philosophique qui à leurs yeux manquent parfois. 26/08/02


Régine Robin et l'Internet

France-Culture, le 26 août à 9h, a donné la parole à Régine Robin, écrivain et historienne. Depuis la fin de la 2e guerre mondiale et plus particulièrement depuis la chute du mur de Berlin, elle recueille tous les documents privés ou publics intéressant plus particulièrement la mémoire des juifs allemands disparus ou dispersés, sous l'Allemagne nazie puis sous le régime communiste. Elle tient boutique à Paris et peut être facilement contactée. L'intérêt particulier de cette démarche est que Régine Robin utilise systématiquement Internet pour entrer en contact dans le monde entier avec les personnes intéressées. Voici un usage de l'Internet qui pourrait se développer considérablement, dans la rubrique de l'histoire immédiate. Voir http://www.er.uqam.ca/nobel/r24136/ 26/08/02


Les Verts...et Internet

Noël Mamère, dans Le Monde du 23 août 2002, explique sans ambages que les Verts n'ont pas progressé comme ils auraient du  le faire, faute au gouvernement d'avoir pris la mesure de tous les grands problèmes de notre temps, liés à la mondialisation libérale et aux menaces sur l'environnement. Il appelle à un renouveau. Très bien. Mais pour ce faire, il faudrait peut-être commencer par renouveller le site Internet du parti, particulièrement peu engageant et politicard. Les quelques documents en ligne sont vieux de plusieurs mois sinon d'années. Aucun champ de travail en commun ni de propositions n'est offert. Or les électeurs et militants Verts devraient être particulièrement sensibles aux possibilités offertes par l'Internet, comme le sont leurs collègues dans les autres pays. Il est certain qu'ils ne s'attarderont pas sur le site dans son état actuel. Peut-être qu'entreprendre sa refonte radicale autour des nouveaux débats du siècle permettrait à la doctrine Verte de reprendre un peu de vitalité, et à de nouveaux militants d'émerger? 25/08/02

Voir http://www.les-verts.org/


L'Union européenne intervient contre les blocages dans la technologie du sans fil
Retransmis par nous à la demande de l'Union européenne

La Commission européenne met la pression sur cinq Etats membres qui retardent la mise sur le marché d'une nouvelle technologie de sans fil qui pourrait concurrencer la troisième génération de portables (3G).

Cette technologie, connue sous le nom de Wi-Fi ou "wireless fidelity", permet aux utilisateurs d'ordinateurs portables d'accéder à Internet par le biais de connexions sans fil beaucoup plus rapides que le 3G. Le Wi-Fi est déjà implanté aux Etats-Unis. Le but est de créer des bornes d'accès dans des lieux de passages tels que des gares, aéroports et hôtels.

Toutefois, la France, l'Espagne, l'Italie, la Grèce et le Luxembourg contrôlent la régulation de l'utilisation publique de cette technologie, ce qui, selon la Commission, pourrait entraver la concurrence. Bruxelles tente actuellement de pousser ces pays à accepter la technologie en question.

Le problème réside dans les 120 milliards d'euros investis par des sociétés européennes dans la technologie du 3G, touchée par une série de retards d'ordre financier et technique. La Commission et d'importants pans de l'industrie des télécommunications estiment que le Wi-Fi est complémentaire au 3G et essentiel pour Bruxelles qui vise à développer des services à large bande afin d'améliorer la concurrence.

En juillet prochain, la Commission sera dotée de nouveaux pouvoirs lui permettant de ne pas tenir compte des régulateurs nationaux des télécommunications et a bien précisé que toute restriction déloyale de l'utilisation de la technologie du Wi-Fi pourrait constituer une violation du droit communautaire.
Source: www.cordis.lu/news/fr/

Ajoutons que cette position ne peut que satisfaire ceux qui estiment vital pour la démocratie de multiplier les accès à haut débit et à bas coûts, nonobstant la rentabilité d'investissements plus lourds faits dans la précipitation. Ceci dit, le Wi-fi demande des précautions, notamment en matière de protection contre les intrusions. La nécessité de nouvelles bornes ne sera pas non plus accueillie par tous avec plaisir. 25/08/02

Voir sur le sujet : Adminet http://www.admi.net/cgi-bin/wiki?WiFi


Université d'été d'ATTAC-France

ATTAC tient actuellement son Université d'été. Il faut remarquer que, dans l'atonie des partis politiques français, y compris PS et Verts, face aux questions de la mondialisation et du développement durable, cette organisation représente un lieu de contestation et de proposition intéressant. Ceux qui se contentent à son égard d'une moue dédaigneuse feraient mieux de s'y intéresser. Toutes les thèses ne sont pas acceptables sans discussions, mais qui empêche de discuter ou proposer des alternatives.

ATTAC est d'autant plus crédible en France qu'il s'agit de la seule organisation ayant une présence internationale, dans un monde où la contestation du capitalisme libérale et de l'omniprésence américaine rassemble des centaines d'acteurs, ayant tous plus ou moins d'ailleurs des sites Internet, en anglais il est vrai. Il faut être présent dans ce concert si on veut être pris au sérieux.

Regrettons peut-être à ce sujet que le site d'ATTAC ne soit guère encore organisé pour favoriser de larges échanges et débats en ligne. L'information est assez bien assurée, mais pas encore la discussion. Il est vrai que cela supposerait des investissements humains considérables. Mais la formule d'un vaste réseau décentralisé entre les associés, sur le mode du Global-Mind, pourrait être envisagée. La encore, le retard français fait des ravages. Beaucoup de gens d'ATTAC, notamment venus de l'ineffable Monde Diplomatique, n'ont pas encore compris la portée de la révolution des TIC. http://www.attac.org/fra/asso/doc/doc93.htm 23/08/02


Le grand gaspillage

France Culture a consacré son débat du samedi 13h, le 24 août, à la présentation du livre de Jacques Marseille, Le grand gaspillage (Plon 2002). Jacques Marseille, professeur d'histoire économique et sociale à l'université Paris-1, s'appuie sur des comparaisons avec ce que font d'autres Etats Européens en matière de politiques publiques, pour montrer que l'action de l'Etat en France est plus coûteuse qu'ailleurs, sans rendre plus de services. Il faut bien reconnaître que tous les exemples cités par le livre sont affligeants : manque de transparence, mauvaise gestion, incapacité de réformer même marginalement, démagogie face aux intérêts organisés…le défenseur le plus convaincu de la nécessité du rôle de l'Etat dans le monde moderne aura du mal à trouver des arguments dans les pratiques françaises.

Ceci ne veut pas dire que la gestion privée soit toujours meilleure. Les interlocuteurs de Jacques Marseille n'ont pas manqué de rappeler les errements d'Enron et autres grandes firmes, pourtant soumises, en principe, à la concurrence et au contrôle des actionnaires.

Ce serait finalement le modèle d'administrations comme celles des pays nordiques ou de la Suisse que les réformateurs devraient imiter. Mais ces modèles ne tiennent que parce que la société civile, dans ces pays, est autrement disciplinée et civique qu'en France.

De tels débats sont toujours intéressants, mais également frustrants. Les critiques sont pertinentes, les propositions de réforme sont judicieuses, mais nul n'aborde la question de savoir qui prendra le risque de s'attaquer aux changements nécessaires, et selon quelles méthodes on le fera. Autrement dit, comme l'a demandé un des participants, où peuvent bien être les réformateurs, et, ajoutons, de quelle façon comptent-ils s'y prendre pour réformer ?

On ne peut pas attendre d'une majorité parlementaire de politiques bien audacieuses ou bien habiles. Ce ne peut être, pensons-nous, que l'exécutif qui puisse engager de tels changements, en acceptant de prendre les risques nécessaires. L'expérience montre malheureusement que, de gauche comme de droite, aucun gouvernement français récent n'a jamais entrepris de réforme en profondeur. Peut-on espérer que l'actuel le fera, en dehors de mesures cosmétiques visant à cacher une volonté bien ancrée de ne provoquer aucune vague ? Personnellement, je n'y crois absolument pas.

Il faudrait en effet conjuguer la volonté gouvernementale de réformer et la participation active des agents publics comme celle des citoyens-usagers des administrations - le tout en utilisant systématiquement les ressources des technologies de l'information. Dans le rapport (http://www.admiroutes.asso.fr/mission/index.htm) que j'avais présenté en 1998 au Premier ministre de l'époque, rapport qui n'eut guère de suites, j'avais indiqué que doter chaque fonctionnaire d'un moyen de communiquer facilement avec ses collègues comme avec les usagers aurait pu être le premier pas vers l'établissement de la transparence et de la déconcentration dont tout le monde parle mais qui se fait toujours attendre.

Dans un monde administratif trop complexe pour être maîtrisé du sommet, il faut en effet compter sur les initiatives de la base, même désordonnées. Il faut donc les encourager, à la fois par des outils techniques et par des incitations politiques. Mais nous sommes encore loin de tout cela en France.

On remarquera par exemple que le débat de France-Culture autour du livre de Jacques Marseille n'a pas fait la moindre allusion aux TIC. Il est vrai qu'y participait aussi un certain M. Picq, dont le rapport, tombé dans l'oubli aujourd'hui, était un catalogue de mesures sur le mode du il-n'y-a-qu'à, parmi lesquelles lesdites TIC étaient tout à fait ignorées. 25/08/02


Human rights watch

Le Monde du 23 août p.2, signale le rapport de Human Rights Watch, ONG consacrée à la défense des droits de l'homme, relatif à la façon dont les institutions chinoises traitent les opposants politiques de malades mentaux, avec la coopération des psychiatres de ce pays. Robin Munro, responsable de la coordination de ce rapport, indique que l'Association mondiale des Psychiatres, pour des raisons diverses, ne peut intervenir efficacement. Il est effrayant de penser qu'un pays sur lequel repose une grande part de l'équilibre futur du monde est gouverné de cette façon.

Le site HRW http://www.hrw.org/ comporte de nombreuses autres informations intéressantes. Certains en France critiquent cette organisation, qu'ils soupçonnent d'être manipulée par divers intérêts étatiques ou économiques occidentaux, notamment américains. C'est possible. Mais elle permet cependant de prendre une vue réaliste du monde dans lequel nous sommes, qui n'a rien d'idéal au regard de notre conception de la démocratie. 25/08/02

- Lire le rapport http://hrw.org/reports/2002/china02/. Voir aussi http://www.hrw.org/press/2002/08/china081302.htm
- World Psychiatric Association : http://www.wpanet.org/home.html


Sionistes radicaux et Internet

Le Monde du 23 août, p. 4, dénonce l'activité de sites Internet d'origine française, aux mains de sionistes radicaux et de groupuscules d'extrême droite, qui se livrent à des incitations à la violence relevant du droit pénal. Inutile de donner ici leurs adresses. Notons cependant que l'Internet offre à ces minorités violentes un moyen d'action efficace, qu'elles n'auraient peut-être pas sans cela. La constatation n'est pas nouvelle. Mais elle appellerait à des contre-mesures actives, toujours sur Internet, d'organismes ne partageant pas ces points de vue. C'est le principe de la contre-manifestation. Si le web est uniquement aux mains des extrêmes et des fous, où va-t-on ? Les organisations démocratiques n'envisageraient pas de laisser la rue à des démonstrations prônant la violence, me semble-t-il. Il n'y a pas de raison de laisser sans réagir le champ de l'Internet ouvert aux mêmes appels. L'Etat, quant à lui, ne peut pas faire grand chose, pour le moment, loi Gayssot ou pas, contre des sites off-shore. Il pourrait à la rigueur poursuivre des personnes identifiées comme auteurs. Mais on peut penser qu'il ne le fera pas, pour diverses raisons d'opportunité. C'est donc à nous de réagir. 25/08/02


La science et le développement durable

Un certain Amartya Sen, prix Nobel d'économie en 1998 et professeur à Trinity Collège, pose la question, dans Le Monde du 23 août p.1, de la définition du concept de développement durable. Tout le monde en parle (du moins dans les cercles de la lutte contre la mondialisation libérale) mais y met des objectifs bien différents. La tenue du sommet mondial de Johannesburg consacré au développement durable exigerait un peu de clarification, ne fut-ce que pour évaluer les résultats de ce sommet, qui risque une nouvelle fois de n'accoucher que d'une souris. L'expérience de son prédécesseur le sommet de la Terre à Rio il y a 10 ans, nous incite à la prudence, sinon au pessimisme le plus noir.

Le rapport Brundtland de 1987 (http://www.doc.mmu.ac.uk/aric/eae/french/Sustainability/Older/Brundtland_Report.html) a donné du développement durable une définition sans doute acceptable mais qui ne mobilisera pas les foules : " répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre à leurs propres besoins ".

La Banque mondiale propose un guide sur le développement durable, destiné notamment aux jeunes, qui n'est pas sans intérêt http://www.worldbank.org/depweb/french/. Mais son Rapport sur le développement 2003 remis à Johannesburg (non encore publié sur le site de la Banque au 25/08/02), présenté par le président de celle-ci, James D. Wolfensohn sur le site http://web.worldbank.org/ n'est guère encourageant. On y prévoit 9 milliards d'humain vers 2050 (soit une croissance, non encore stabilisée, de 50%) et un PIB quadruplé (sans compter les activités de survie de populations non enregistrées en statistiques). Ceci veut dire que les tensions sur l'environnement auront, bien avant la moitié du siècle sans doute, dépassé le supportable. La BM se veut néanmoins optimiste, en recommandant aux gouvernements du monde la prise de mesures audacieuses destinées à limiter les dépenses et pollutions du Nord, assurer un meilleur transfert de ressources du Nord vers le Sud et plus généralement, élever la conscience commune relative aux besoins d'une gestion démocratique de la planète.

Tout cela semble très irréaliste. Les égoïsmes des pays occidentaux, à commencer par les Etats-Unis, ne s'inclineront pas de sitôt. Quant aux exigences de développement des pays pauvres, elles ne diminueront pas, même si l'effondrement des équilibres naturels fait de ces pays les premières victimes des catastrophes à venir. Par ailleurs, rien ne sera fait vraisemblablement pour contrôler la natalité - la bombe démographique - encore considérée comme une arme de puissance par des pays s'engageant de plus en plus dans des affrontements armés.

Dans ce panorama extrêmement inquiétant, il est certain que les programmes proposés par les ONG du monde, dont on trouve un reflet dans le portail judicieusement consacré à Jonannesburg par le collectif Jo'burg 2002, offrent des solutions ayant l'intérêt de mobiliser dans des initiatives de terrain des militants du Nord et du Sud, utilisant notamment les ressources des réseaux pour coopérer. On peut craindre cependant que ces solutions ( à encourager) restent marginales face aux grands déséquilibres qui sont en train de s'accélérer.

Nous pensons pour notre part que le développement durable ne deviendra une réalité que si les pays du Nord, en coopération avec ceux du Sud, mettaient en œuvre dès maintenant des programmes scientifiques et technologiques de grande ampleur, capable d'explorer et développer toutes les possibilités qu'offrent actuellement les sciences " propres ". Mais il faudrait d'abord que les Etats, seuls capables de financer de telles recherches, se convainquent que là serait la solution. Il faudrait aussi que les opinions publiques cessent de voir dans ces sciences et techniques des dangers possibles. Ceux-ci sont infiniment moindres que ceux résultant du laisser-faire actuel. Mais pour éviter les dérives technicistes dévoyées par des intérêts à court terme, il faudrait que le développement scientifique ne soit pas laissé sans contrôle à des firmes privées visant le profit immédiat, mais soit réintégré dans le domaine des politiques publiques démocratiquement décidées et contrôlées. Voilà qui devrait alimenter les discussions de ceux qui, notamment en Europe et à gauche, s'interrogent sur le rôle de l'Etat et sur la coopération entre celui-ci et les associations militantes. 25/08/02

- ONU : le Sommet de Johannesburg (en français) http://www.un.org/french/events/wssd/
- Johannesburg Summit 2002 (Le site officiel complet du sommet de l'ONU sur la terre) http://www.johannesburgsummit.org/
- Collectif Jo'burg 2002 (Portail Internet d'ONG et associations françaises) http://www.collectifjoburg2002.org/
- La science au service d'un développement durable, rapport réalisé à la demande de la ministre chargée de la Recherche par 16 organismes, sous la responsabilité de Jean-François Girard, président de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) http://www.recherche.gouv.fr/rapport/devdurable/default.htm.


La mémoire d'Internet

Emmanuel Hoog, Pdg de l'Institut National Audiovisuel, s'interroge dans Le Monde du 17 août 2002 p.1 sur l'intérêt et la possibilité de mémoriser tout ce qui est publié sur l'Internet, dont il nous rappelle qu'il est immatériel, volatil, instable technologiquement, immense, multi-média, hyper-textuel, toujours remis à jour, effaçable, non-référencé collectivement, manipulable, soumis aux intérêts privés, délocalisé, etc.…Le défi est effectivement immense, pour les organismes tels les Bibliothèques en charge des dépôts légaux ou l'INA. Mais il n'est pas insoluble. Il faut seulement disposer des équipes et des moyens matériels adaptés pour l'archivage et le ré-archivage numérique, l'indexation et la restitution aux demandeurs éventuels. La priorité dans chaque pays s'attache aux productions de chaque communauté nationale ou linguistique, mais elle suppose aussi des conventions internationales et, pour ce qui nous concerne, européennes. On ne concevrait pas de ne plus pouvoir accéder à des œuvres valables qu'un pays mal équipé aurait laissé perdre.

Ajoutons ici que c'est aussi à chaque site éditorial d'assurer un minimum de pérennité à ce qu'il produit, si ses responsables estiment que les contenus en valent la peine. Différentes formules sont possibles pour ce faire, en liaison si besoin était avec les organismes publics. Je n'estime pas pour ma part que la conservation ad aeternam de notre site Admiroutes soit indispensable à l'humanité, mais peut-être ai-je tort. La question se pose en tous cas pour notre autre site Automates-intelligents.com, qui intéresse beaucoup plus de lecteurs soucieux de conserver les références qu'il fournit. 25/08/2


Diminution de 8% du budget de la recherche scientifique française

Les médias ont annoncé de façon persistante, à partir de la fin de juillet, que le budget de la recherche scientifique allait devoir supporter en 2003 une diminution globale de 8%. Elle serait destinée à participer à la réduction du déficit budgétaire attendu pour les prochains exercice. Cette mesure envisagée lors de la présentation du collectif budgétaire au Parlement a été démentie ce matin 7 août par le cabinet de la ministre de la recherche, en ces termes:

"Le Ministère chargé de la Recherche et des Nouvelles Technologies dément formellement que le projet de Budget Civil de Recherche et Développement 2003 soit établi sur une base de réduction rapportée de manière erronée par certains organes de presse" http://www.recherche.gouv.fr/discours/2002/budget.htm

S'il en est ainsi, tant mieux. Mais le communiqué reste ambigu. Une réduction demeure possible. Quoiqu'il en soit, nous ne pouvons ici que répéter ce que bien d'autres voix autorisées ont dit avant nous. Il ne s'agit pas de soutenir le lobby (s'il existe) des chercheurs, mais simplement de rappeler que la recherche scientifique est la seule façon dont un Etat dispose aujourd'hui pour préparer intelligemment l'avenir. C'est particulièrement vrai quand il s'agit de la recherche sur fonds publics, qui contrairement à la recherche-développement financée par le secteur privée, porte sur les domaines du long terme. Combien de laboratoires pratiquant la recherche fondamentale, déjà en situation précaire, devraient stopper leurs équipements, licencier ou ne pas recruter de jeunes chercheurs ? Comment par ailleurs s'inscrire de façon efficace dans les programmes européens de recherche, qui supposent des participations nationales importantes ?

Il ne serait pas digne d'un gouvernement responsable de s'en prendre par facilité à un secteur qui malheureusement n'intéresse guère les intérêts les plus influents au plan électoral. Voudrait-on que le retard scientifique et technologique français, déjà sensible au regard des autres pays européens et des Etats-Unis, continue à s'accroître. Est-ce ainsi que la société de l'intelligence, pourtant recommandée au plan européen, pourra progresser chez nous. Nous voudrions pouvoir compter sur la ministre de la recherche pour que des mesures aussi négatives, dans le fond comme dans la forme, ne soient pas finalement décidées? 07/08/02


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/02-6608/index.htm