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La Gazette N° 63 du 30 juin 2002

Par Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr


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24 juin
Automates intelligents Science en danger, Europe en péril

20 juin
Automates-intelligents. Editorial: Urgence pour les nanotechnologies en France

Le blocnet (index)

La Bourse

L'espèce de Krack larvé qui affecte les Bourses du monde devrait, si ledit monde était géré intelligemment, être l'occasion de s'interroger, non seulement sur le capitalisme libéral lui-même, dont les défaillances deviennent assez monstrueuses (encore qu' inhérentes à ce système, comme le montre l'histoire des deux derniers siècles) mais sur le concept de croissance. Les environnementalistes nous disent qu'il faudrait pour éviter l'effondrement de l'éco-système devant les folies du " progrès ", afficher d'urgence des objectifs globaux de croissance zéro, tant au plan démographique qu'au plan économique général. Ceci voudrait dire que les pays occidentaux, pour leur part, devraient mettre au service d'un tel objectif leurs ressources managériales, scientifiques et gouvernementales. Comment continuer à lutter contre les inégalités, à éduquer et soigner les populations, à maintenir un minimum d'enthousiasme créateur et surtout de capacités évolutionnaires dynamiques, tout en modifiant en profondeur tous les mécanismes de développement connus à ce jour ? Il y a certainement des solutions, mais il ne faut pas les demander aux grands patrons des firmes privés, ni aux marionnettes qu'ils mettent au pouvoir pour défendre envers et contre tout leurs intérêts immédiats, sur le modèle du triste George Walter Bush.


L'Australie, grande pollueuse

On ne dira jamais assez que, si de des défenseurs sincères de l'environnement et du développement durable se trouvent aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande et en Australie, les gouvernements et les firmes dans ces pays ne l'entendent pas de cette oreille. C'est ainsi qu'on apprend (Le Monde, 26 juin, p. 4) le refus du Premier ministre australien, annoncé lors de la Journée mondiale de l'environnement du 5 juin (sic) , de ratifier les accords de Kyoto. " Signer ce protocole nous coûterait des emplois et nuirait à notre industrie ". Ceci ne fait que traduire la politique d'ensemble de l'Australie, qui se situerait parmi les plus gros pollueurs de la planète, par tête d'habitant, et pas seulement en matière de gaz à effets de serre. Ils sont donc bien placés pour donner des leçons à l'univers entier. Il y a encore beaucoup de travail à faire pour les environnementalistes. 26/06/02


Les missions de service public des chaînes publiques

Il paraît que le gouvernement s'interroge sur la façon de recentrer les chaînes de télévision publique vers des missions de service public, plutôt que les laisser dériver dans le sillage de TF1 et autres coureurs à la recherche d'une audience facile (à supposer que le gouvernement prenne le risque de mécontenter TF1). Il est certain que la liste des émissions démagogiques est devenue

longue sur France-Télévision. Inutile de la dresser ici. Ceci dit, s'interroger sur ce qu'il faudrait faire ne devrait pas demander des mois de réflexion. Il suffit de constater les grands besoins en informations documentaires et scientifiques pour comprendre. De même il existe certainement une demande non majoritaire mais qu'il faudrait satisfaire, en contenus de formation sur le modèle de ce que fait l'Open University en Grande Bretagne. On devra explorer aussi l'univers des relations entre les ondes et les sites Internet éducatifs et scientifiques, où tout reste à faire en France compte-tenu de la méfiance des gens de l'audio-visuel vis-à-vis d'un média qu'ils ne maîtrisent pas.

Ceci dit, faut-il attendre que le gouvernement ait des idées pour faire des propositions et prendre des initiatives. Certainement pas ?

Quant à l'objection selon laquelle de telles orientations feraient fuir l'audience, il faudra voir. La France du bas est peut-être preneuse d'émissions intelligentes. Il est de toute façon plus utile à la collectivité d'intéresser de façon constructive une personne en mal de formation que d'en distraire 10 autres, lesquelles vont peut-être d'ailleurs à la télé-bécasse parce qu'elles ne trouvent pas mieux ailleurs. 26/06/02


Nucléaire et énergies renouvelables

Un article intitulé " La guerre de l'électricité n'aura pas lieu " a été publié dans la page Débats du Monde (26 juin 2002), montrant qu'il est possible et nécessaire à la fois, en France mais aussi dans les autres pays, de faire appel simultanément aux énergies renouvelables et à un nucléaire convenablement géré (en père de famille, si l'on peut dire) pour satisfaire aux besoins d'énergie électrique - laquelle devra se substituer progressivement à l'énergie des combustibles fossiles. Les auteurs en sont André Antolini et Bernard Brun, présidents respectifs du syndicat des énergies renouvelables et de l'Union française de l'électricité. Les Verts démagogues verrons là des faux-nez du lobby des nucléocrates. Je ne le crois pas. En tous cas, ces auteurs argumentent le débat en termes qui peuvent être discutés par chacun. Encore faudrait-il que l'opinion prenne l'habitude de tels débats, fondamentaux pour l'avenir de l'humanité, et que les gouvernements y incitent - ce qu'ils sont loin de faire, à la remorque qu'ils sont de leurs électeurs influents.26/06/02

 Syndicat des énergies renouvelables http://www.ser-fra.com/ - site de l'UFE http://www.lettrelec.com/index.htm


L'informatique administrative en péril

Il paraît (Le Monde du 25 juin, p. 15) que l'informatique de la ligne C du RER parisien est à bout de souffle. Mais on devra tenir jusqu'à 2005, dit un responsable. Il faudrait 10 millions d'euros pour remplacer le matériel.

C'est triste pour les usagers de cette ligne dont je suis. Mais l'opinion ne se rend pas assez compte que l'informatique de la ligne C n'est pas seule à menacer de s'effondrer. D'après les informations (fiables) que j'en ai, c'est le cas de très nombreux autres services informatiques du secteur public, à commencer par ceux des administrations d'Etat. Souvent mis en place il y a plus de vingt ans, jamais refondus, surchargés d'appendices ajoutés de bric et de broc à la demande de décideurs incompétents, aux mains enfin d'informaticiens non motivés et non rajeunis, les systèmes vont probablement lâcher tous à peu près en même temps dans les prochaines années. Ceci d'autant plus qu'arrivent de nouvelles générations de matériels et de logiciels fort peu compatibles avec l'existant. Les dépenses à consentir pour les moderniser se chiffreront en centaines de millions, que l'on refusera évidemment d'inscrire aux budgets *.

Pourquoi ce phénomène n'attire- t-il pas l'attention ? On a cassé le thermomètre, c'est-à-dire renoncé depuis bientôt 10 ans à tout inventaire précis du parc, mis en place au début des années 1970. Personne ne connaît les données techniques et économiques qui seraient indispensables pour un diagnostic d'ensemble, même pas la direction du budget, dont ce n'est d'ailleurs pas le métier.

Vous me direz que les administrations sont moins sensibles que les transporteurs aux réactions des usagers. L'informatique administrative tombera en morceau, mais on fera sans elle. A la main, si on peut. Personne ne s'en apercevra. Pendant ce temps là, les fraudeurs et maffias continueront à prospérer. S'il y a des problèmes, les libéraux s'en réjouiront en proposant une nouvelle fois d'externaliser la gestion publique.

* Je précise qu'il y a, comme toujours, de rares exceptions à cette situation désastreuse.


The Future of Life

Les écologistes et environnementalistes français ont intérêt à lire et utiliser  dans leurs argumentaires le tout dernier livre de Edward O. Wilson, le grand naturaliste américain autrefois critiqué par les mouvements de gauche pour l'importance qu'il attribuait à la génétique dans l'évolution. Converti depuis quelques années à la protection de la nature et des espèces menacées, mais restant avant tout un scientifique matérialiste épris de raison, il devrait certainement être mieux écouté et compris par tous ceux de par le monde luttant contre les excès du libéralisme et du profit. Bien qu'américain, il n'hésite pas à dénoncer la pression inadmissible que son pays fait peser sur la nature. Il croit cependant, avec une grande naïveté diront beaucoup de gens, aux possibilités de la science de demain pour sauver le monde, pour peu que les humains se persuadent de l'impasse dramatique dans laquelle ils s'enfoncent actuellement. Je suppose que le livre ne sera pas traduit en français prochainement. C'est dommage, car il mériterait d'être connu de toute urgence. Nous en ferons prochainement une recension plus complète.

On notera que Hubert Reeves mène en France, comme président de la ligue pour la préservation de la faune sauvage, un combat un peu semblable. Il avait publié dans Le Monde du 11 mai 2002 un article intitulé SOS-Terre, montrant, selon son expression, que tous les clignotants sont au rouge vif. Mais à cette date l'article n'avait eu, semble-t-il, aucun écho. Le jeu politique avait d'autres soucis. 24/06/02
- Edward O. Wilson The Future of Life, Alfred A. Knopf, NY. 2002 .
- Voir aussi du même E.O.Wilson Consilience http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2001/mar/e_wilson.html


L'ENA et la gestion des grandes entreprises

Mon commentaire sera un peu facile, j'en conviens, mais voyez-y la hargne rentrée d'un ex-simple administrateur civil ayant avalé toute sa vie les couleuvres abondamment prodiguées par ces messieurs des grands corps issus de l'ENA. Quant on voit les exploits de ces derniers à la tête des entreprises françaises dans notre système de capitalisme libéral d'Etat, depuis le Crédit Lyonnais jusqu'à Vivendi, sans mentionner ce qui s'est passé au Gan où des mises en examen sont annoncées ces jours-ci, on peut se demander si l'Inspection Générale des Finances ne ferait pas mieux de s'intéresser exclusivement à l'inspection des finances plutôt qu'au grand capitalisme. On me dira qu'aux Etats-Unis, qui n'ont pas d'ENA, les gestionnaires sur le modèle de ceux d'Enron et de Worldcom ne sont guère des références. Pour moi, je ne vois pas de différence. Quand règne la non-transparence et l'ubris managériale, où que ce soit, adieu la compétence et adieu l'honnêteté. 24/06/02


Les incohérences de l'économie mondiale

On peut facilement montrer les incohérences du libéralisme, en dénonçant par exemple, comme le font les Verts, la dérégulation du transport routier européen qui permet de gagner de l'argent en pêchant des crevettes au nord de l'Europe, en les faisant conditionner au Sud afin de les revendre au Nord - ou l'inverse selon les produits -, le tout en encombrant les routes et les tunnels de convois routiers polluants et meurtriers, au lieu de traiter les matières premières sur place.

Mais lorsque la dérégulation se conjugue avec l'interventionnisme, sous la pression d'une hyper-puissance, l'absurde atteint des limites. On en a vu un exemple éclatant après la réunion de la FAO à Rome début juin. Il est apparu que les subventions américaines à l'agriculture permettent d'exporter dans les pays du sud des céréales à prix anormalement bas qui ruinent les agricultures locales en poussant les populations dans les villes, c'est-à-dire dans le chômage et la misère, sans pour autant enrichir l'agriculture américaine, qui rapporte de moins en moins en termes de revenu net et voit ses effectifs continuer à diminuer, les fermiers travaillant pour beaucoup à la limite de la faillite, dans une course épuisante à l'hyper-productivité. Dans ce cas, si on laissait les paysanneries régionales alimenter leurs marchés de proximité, sans viser à exporter, tout le monde se porterait mieux. Les prix seraient un peu plus élevés, dans les pays du Sahel, aux Etats-Unis et en Europe, mais personne n'en mourrait, c'est le cas de le dire.20/06/02


Ambivalence du football

Les journaux, en ces temps de Coupe du monde de football, abritent de nombreux articles démontrant que ce sport est un outil merveilleux pour le dialogue entre les peuples, contre-balancés par autant d'articles le dénonçant comme encourageant le tribalisme et le racisme. Ils ont tous raison. Mais les gens ont du mal à concevoir l'ambivalence ou même la multivalence des phénomènes sociaux et politiques. Mieux vaut faire simple pour être compris. 20/06/02


Le porte-monnaie électronique

Petit détail qui peut apporter beaucoup de facilités : le consortium BMS, regroupant les banques et La Poste, vient d'annoncer - enfin - la généralisation du porte-monnaie électronique (PME) à l'ensemble du territoire français pour fin 2003, la région parisienne étant desservie à l'automne 2002. Il a fallu rendre compatible les cartes bancaires ordinaires avec cette solution, qui remplace la petite monnaie pour les paiements inférieurs à 30 euros. Les acheteurs devraient plébisciter l'usage d'une telle solution, mais sait-on jamais combien de temps persistent les vieilles habitudes. 20/06/02 Monéo : http://www.moneo.net/


Ce que j'attend d'un parti politique ?

Il paraît que le PS est en train de se refonder.. Voilà une bonne initiative. Que disparaissent les gens et les idées usés. On a beau dire, je n'espère pas grand chose d'un Jack Lang, malgré sa popularité. Quant à la pauvre Martine Aubry, elle s'était semble-t-il un peu trop ossifiée dans ses certitudes, n'écoutant pas ceux qui lui disaient qu'il fallait rajeunir le programme (en l'ouvrant notamment vers les sciences et les technologies). De leur côté, beaucoup de  bons esprits au sein de la droite ou du centre sont persuadés qu'il faudra malgré le succès récent rajeunir un peu les thèmes, ne fut-ce que pour remobiliser le parti des abstentionnistes. Un naïf comme moi s'imagine donc que voici venu le moment de formuler ce qu'il attend vraiment d'un parti politique. Peut-être aura-t-il une chance d'être entendu.

Il faut tenter de parler pour soi, avant de parler pour les autres. Je ne sais ce que voudraient mes voisins. Avec quelques difficultés d'ailleurs je peux essayer de préciser ce que je voudrais, moi, en toute première priorité. Il faut commencer par cela, me semble-t-il.

Je me pose donc la question: quelles sont les choses qui m'ont motivé ou me motivent le plus au plan collectif (je laisse de côté les "grands sujets" sur lesquels chacun a sans doute sa petite idée) ? C'est ma vie professionnelle, les développements qu'elle n'a pas pris ou pourrait prendre, la discussion ou l'avenir des enjeux qui s'y rattachent (NB: il y a quand même plus de gens qui travaillent que de chômeurs). Or nul ne m'a jamais interrogé , ni moi ni mes collègues, sur ce que nous souhaiterions, non pas seulement pour améliorer notre situation personnelle, mais pour voir le secteur économique auquel nous consacrons presque tout notre temps être mieux organisé, plus efficace, plus reconnu, s'inscrire finalement dans des perspectives européennes et mondiales (pourquoi pas ?) plus grandioses. J'estime avoir des choses à dire là-dessus. Rien ne m'empêche certes de le faire au sein d'organisations ou associations ad hoc, voire simplement en ouvrant un site Internet pour en discuter avec qui voudra bien me rejoindre. J'aimerais bien pourtant que le parti politique auquel vont mes préférences organise des débats sur ce sujet et autres homologues intéressant les autres professions, mette en place de véritables Etats Généraux des activités, qui me permettront éventuellement de m'exprimer, mais qui me permettront aussi de mieux connaître et apprécier les perspectives de ces autres professions. Là encore, Internet pourrait servir à quelque chose, quoiqu'en pensent avec une touchante unanimité les secrétaires généraux des divers partis.

Afin d'éviter de se transformer en Bureaux des pleurs, ces Etats Généraux devraient être conçus d'une part pour faire émerger les initiatives et procédures me permettant, à moi et à mes semblables, de nous engager dans l'amélioration de nos métiers, mais aussi pour obliger mon parti politique favori à préciser ce qu'il ferait concrètement, au pouvoir ou dans l'opposition, dans le but de réformer les dysfonctionnement que lesdits Etats Généraux auront mis en évidence.

On objectera que de telles discussions tourneraient à la cacophonie générale. Peut-être. Mais les théoriciens des systèmes dynamiques diront que du désordre peut naître de nouvelles organisations mieux adaptées. Ne pas parler en termes politiques de ce qui ne va pas en France dans la cinquantaine d'activités professionnelles qui font la force d'un pays ne sera jamais la bonne façon d'intéresser les gens au militantisme - à moins de limiter ce dernier à la course aux grands et petits avantages que procure le pouvoir, y compris quand on est dans l'opposition. 19/06/02


Il y a dames et dames

Je ne devrais peut-être pas, comme on dit, faire de personnalités. Mais si affichage il y a, on ne peut empêcher le citoyen de commenter. Les scientifiques et les électeurs en général ne peuvent que faire crédit à Claudie Haigneré. Tous lui souhaiteront sans arrière-pensée un parcours fructueux dans la lourde tâche de représenter, défendre et soutenir la recherche française. Quand on voit par contre le parcours tortueux de la dame à qui est confiée la non moins lourde tâche de défendre et illustre les affaires européennes, on ne peut qu'être triste pour l'Europe. 19/06/02


Les faux-nez du FN

La liste des députés membres de l'UMP ayant soit flirté soit conclu dans le temps des alliances avec le FN au plan local est plutôt longue. Elle est dressée  (sur Internet, merci à eux) par des électeurs à juste titre incrédules quand on leur dit que le FN est définitivement neutralisé. Certes, à tout péché miséricorde. Nous devrions peut-être ne pas accuser ces repentis d'être de faux-nez de l'extrême droite dans l'actuelle majorité. Vive l'UMP qui les a récupérés. En voyant pourtant le parcours politique des gaillards en question, le doute s'installe. Alors que de nombreux jeunes candidats (et candidates) à un renouveau de la vie politique s'étaient portés volontaires pour représenter la droite aux élections, voir que les appareils ont choisi ces chevaux de retour n'est pas bien exaltant. On me dira qu'ils ont leurs clientèles, leurs amis et que sans eux les socialistes seraient passé. Oui mais ce sont de tels arguments qui encouragent l'abstentionnisme.

A gauche, sans abriter d'anciens amis du FN, on n'a guère encouragé non plus les jeunes, notamment les femmes. Ce fut aussi le triomphe des chevaux de retour. Tant pis pour la politique. Espérons que la nation retrouvera ces jeunes dans des activités plus constructives ailleurs. 19/06/02


Aiguilleurs du ciel

La grève ce jour des aiguilleurs du ciel dans la plupart des grands pays européens est exemplaire, mais de quoi ? On y verra , au choix - un premier mouvement social pan-européen préliminaire à l'espace syndical européen que beaucoup souhaitent - une nouvelle preuve du conservatisme de travailleurs qui ne veulent rien perdre de leurs particularismes générateurs de droits acquis indus alors que l'harmonisation de l'espace aérien européen s'impose depuis longtemps - une nouvelle tentative du néocapitalisme libéral pour mettre la main sur un des derniers bastions des services publics - une intervention (utile ou dangereuse, selon les points de vue) de la Commission européenne dans les compétences nationales.

Avant de s'enflammer dans un sens ou dans l'autre, il serait utile de s'informer. Qu'est exactement ce projet d'harmonisation du contrôle aérien ? Le Monde daté du 18, soit la veille de la grève, n'en dit rien.

Le site Internet radio-France.fr est plus disert, à la date du 19. Il précise entre autres, je cite : " ''Ciel unique'' (le nom du projet, bien venu) est donc censé améliorer la gestion des flux aériens avec une uniformisation des règles. Celle-ci s'accompagnera d'un redécoupage des zones allouées aux contrôleurs de chaque Etat membre. Dans un soucis d'efficacité, ces zones seraient définies en tenant moins compte des frontières nationales, et plus des flux de trafic. Le projet prévoit également le contrôle des redevances payées par les compagnies aériennes ''et leur cohérence par rapport aux principes d'équité, de comptabilité, de transparence et d'incitation à la bonne performance'', selon la Commission. Un ''Comité ciel unique'' basé à Bruxelles sera créé avec pour charge de gérer ce nouveau dispositif.

Problème : les syndicats de contrôleurs estiment que cette évolution va créer les conditions d'une privatisation. Réponse de Loyola de Palacio : le ciel unique permettra tout à fait aux Etats membres de conserver un système de monopole public et n'exige pas l'ouverture à la concurrence de ces services. Et le ministre français des Transports Gilles de Robien de surenchérir que ''la France restera arcboutée'' sur la défense des notions de service public et de sécurité. "

Nous apprenons donc grâce à France Inter que Ciel unique n'est pas une décision de la Commission, mais du conseil des ministres des transports. Comme toujours on attribue à la Commission des projets acceptés conjointement par les Etats. Par ailleurs, l'harmonisation ne devrait pas être l'amorce de dérégulation et de privatisation cause d'insécurité, mais au contraire devrait créer une sécurité accrue, sans parler d'économies, en unifiant la gestion des couloirs aériens et des infrastructures. Bref pas de quoi se mettre en grève. Les contrôleurs expliqueront qu'une grève préventive n'est pas inutile pour décourager d'éventuelles dérives libérales. Si on veut. Mais pour ma part, je pense que Ciel Unique  et le Comité ad hoc, convablement surveillés par les opinions publiques, seront une excellente chose. Il y aura bien d'autres domaines à unifier en Europe de cette façon, à commencer par le transport maritime et routier. Si je me trompe, si des enjeux et manoeuvres m'échappent, qu'attendent les syndicats pour le dire clairement 19/06/02


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