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La Gazette N° 61 du 31 mai 2002

Par Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr


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29 mai
Automates Intelligents. Dossier Stephen Wolfram. A new Kind of Science (signalé)

29 mai
Sciences. Pour un projet éditorial d'un nouveau type, par J.P. Baquiast, C.Jacquemin et A.Cardon

23 mai
Réduction du temps et organisation du travail pour les cadres dans la fonction publique
par Agnès Arcier

Le blocnet (index)

Eurostat entre la faute professionnelle lourde et la manipulation des données

On se souvient que Eurostat (direction statistique de la Commission Européenne) avait provoqué la consternation de la majorité gauche plurielle en annonçant en janvier 2002 que la France était tombée de la 3e place en 1992 à la douzième (sur 15) en 2001, concernant le Produit Intérieur Brut par habitant. Le Président Chirac qui ne manquait pas une occasion de mettre le gouvernement Jospin en difficulté devant l'opinion mondiale (ah, la cohabitation!) en avait fait, si je puis dire, tout un fromage. Or Sciences et Avenir de Juin 2002, p. 13, dans un entrefilet trop discret, nous prévient que les chiffres d'Eurostat étaient faux. Ils ont été repris et corrigés depuis par des experts français, qui nous ont remontés au 5e rang. Vu le nombre de voix que le résultat faux de Eurostat a fait perdre à la gauche, on peut se demander s'il s'agissait d'une simple faute professionnelle lourde, ou si quelque part...(je plaisante, rassurez-vous). Mais il est trop tard pour revoter le 1er tour des présidentielles. 31/05/02

PS: le site d'Eurostat ne dit rien sur cette affaire, évidemment http://europa.eu.int/comm/eurostat/Public/datashop/print-catalogue/FR?catalogue=Eurostat Je ne peux donc vérifier les assertions de notre confrère Sciences et Avenir. Mais ce sont des gens sérieux, en général.


Rapport du Conseil Economique et Social

Jacques Dermagne, président du Conseil économique et social, a présenté à la presse, le jeudi 30 mai, un document de réflexion sur ''la représentation institutionnelle de la société civile''. C'est une contribution au débat en cours sur la participation de la société civile à l'élaboration et à la mise en oeuvre de la décision publique. Il analyse notamment la composition et les structures de la société civile, et vise à préciser les fonctions du CES comme instance de représentation des organisations de la société civile et de médiation entre la société civile et les pouvoirs publics.

Ce document fera l'objet d'un débat public en séance plénière du CES, le mercredi 18 juin 2002. Chaque groupe s'exprimera et se positionnera à > partir de ce document de réflexion. On peut le consulter sur le site du CES http://www.ces.fr/presidence/manifestation/MA022501.htm 31/05/02


Faut-il que l'Europe partage le bouclier anti-missiles de Bush?

Dans un article bien argumenté, Bernard Lavarini (Le Monde du 28 mai 2002, p. 19) va à contre-courant de l'opinion générale, en recommandant que l'Europe se rapproche des Etats-Unis pour partager la mise en place du bouclier anti-missiles dont l'actuelle administration américaine poursuit le développement, dans le cadre de la défense à long terme et tous azimuts du territoire nord-américain. A l'horizon 2020, la nouvelle posture stratégique proposée notamment par Donald Rumsfeld combinerait un " glaive nucléaire " reconfiguré et ledit bouclier. Celui-ci serait dans l'intervalle, en disposant de trois niveaux complexes de défense, devenu imperméable aux attaques simultanées de 100 missiles.

Pour Bernard Lavarini, qui fut rappelons-le expert pour les questions de défense auprès du Premier ministre de 1997 à 2002, si la Russie semble avoir perdu son caractère menaçant, plus d'une vingtaine d'Etats seraient d'ici 2020 capables d'attaquer (de détruire) les Etats-Unis et l'Europe, sans compter d'éventuelles menaces de la Chine et de l'Inde qui pourraient vouloir jouer le rôle de puissances dominantes. Il faudra donc se défendre, au moins préventivement. Le bouclier serait inopérant face à des attaques terroristes individuelles, mais non face à des menaces d'Etats.

Par ailleurs, les recherches et investissements nécessaires à la mise en place de tous les systèmes envisagées auraient un rôle moteur important pour les industries non seulement de l'armement mais du secteur civil. Il serait désastreux d'en laisser les retombées aux seuls Etats-Unis. On voit bien s'exprimer là les intérêts de notre propre lobby militaro-industriel. Mais après tout…

On objectera que si l'Europe dépensait les mêmes sommes en faveur du développement durable et de l'aide au tiers-monde, les risques de tension internationales diminueraient. Mais, plus le temps passe, plus on peut douter que de telles politiques, à supposer qu'elles voient le jour, si elles ne sont pas adossées à un solide appareil de défense, suffisent à nous faire des amis.

Quant à supporter au seul niveau européen l'effort militaire nécessaire, cela paraît une illusion. Pouvons nous pour autant espérer coopérer avec les Etats-Unis sans nous faire encore plus dominer par eux que nous ne le sommes déjà ?

Voici des questions intéressantes à discuter collectivement dès que le nouveau gouvernement sera en place. 29/05/02


France 2 déraille

Quelle mouche continue à piquer les télévisions avant les élections, à propos du sécuritaire ? Citons notamment France 2 le 28 au soir, qui interroge complaisamment de grands et petits dealers, lesquels nous expliquent comme il est facile de gagner de l'argent avec la drogue dans le climat de permissivité générale. Faire à ces êtres l'honneur de passer à la télévision ne pourra que les rendre encore plus célèbres dans les quartiers, sans parler du renfort apporté à l'hystérie sécuritaire et raciste. Aurait-on admis que le même Journal télévisé demande à un pédophile blanc d'expliquer comme il est agréable et facile de violer de petits garçons ? Le rédacteur en chef de Télérama, journal dont on apprécie souvent les positions courageuses, s'est à juste titre élevé, sur le 13h. de France-Inter le 29, contre de telles dérives en cette période pré-électorale. La télévision est de nouveau emportée par le désir de faire de l'audience facile, sinon manipulée par des intérêts plus obscurs. On aurait attendu mieux du sieur Pujadas 29/05/02


France d'en haut et France d'en bas

Ce slogan à la mode signifie en général, pour ceux qui l'utilisent, la volonté de faire participer à la vie démocratique les citoyens ordinaires, avec toutes leurs difficultés, plutôt que réserver le pouvoir politique à différentes catégories supérieures supposées ignorer ces difficultés et décider à la place des autres : états-majors des appareils politiques, technocrates parisiens, conseils d'administration, France des châteaux, etc. Mais ces formules sont toujours un peu simplificatrices. La liste serait longue, si on voulait la faire sérieusement, de ceux qui constituent cette France d'en haut dominante symboliquement et dans les faits. De même, qui compose exactement la France d'en bas ?

Pour ceux d'entre nous qui se situent entre les deux, on peut rappeler quelque chose. Le rôle de la France d'en haut, dans l'ambition généreuse de la révolution de 1848, des débuts de la 3e République, de la Libération et de 1968, était de faire partager le savoir des gens ayant bénéficié de l'éducation et de la culture. A cet égard, le rôle de la France d'en haut n'était pas de se mettre à la remorque de la démagogie et de l'étroitesse d'esprit présentes dans la France d'en bas, sous l'influence d'ailleurs de ceux qui en haut trouvaient avantage à l'abaissement des masses. Il était de proposer de grandes ambitions et de grands projets où chacun pouvait trouver sa place.

Ceci ne fut sans doute pas réussi tout le temps. Aujourd'hui pourtant, l'ambition demeure. Aux " élites ", notamment intellectuelles et scientifiques, de s'engager pour tirer la France toute entière en dehors du populisme. 27/05/02


La Banque d'échanges de savoir-faire Apronet

Cette initiative développée par l'Association des professionnels internet des collectivités publiques locales, dans le cadre du réseau Créatif, est désormais operationnelle. Il s'agit d'un outil de mutualisation des connaissances destiné aux agents des collectivités territoriales participant à des projets TIC, services en ligne, téléprocédures, quel que soit leur métier d'origine (informatique, communication, organisation etc...). Elle s'appuie sur les concepts du Knowledge Management et des réseaux d'échanges de savoirs. http://www.apronet.asso.fr

L'accès est gratuit pour les agents des collectivités territoriales, après inscription et délivrance d'un code d'accès. Nous aurions aimé pour notre part un peu plus d'ouverture, notamment aux tables des matières et à un certain nombre de fiches-types, ne fut-ce que pour encourager de telles initiatives dans d'autres secteurs de la Fonction Publique et des services publics. Mais l'idée est bonne et mérite d'être encouragée. Il sera utile à terme de mettre en ligne une évaluation des dépôts et des consultations, pour apprécier l'utilisation effective de l'outil. 29/05/02:

L'Apronet est présidée par Jean-Jacques Heilaud jjhld@wanadoo.fr
Créatif creatif-membres@enst-bretagne.fr


Criminalité automobile et politique pénale.

Je ne sais de quel extrémisme on fera le jeu, avant les élections, en dénonçant la déplorable démission de l'Erat face à la " montée " de la criminalité routière, qu'elle émane de jeunes trafiquants des banlieues ou d'abominables beaufs " bien de chez nous ". Mais il faut le faire. Laisser les juges, sous prétexte de ne pas intervenir dans le fonctionnement de la justice, continuer à doser au jour près les retraits de permis de conduire ou de prison avec sursis, alors que les prévenus ont provoqué la mort de gens qui ne demandaient qu'à vivre tranquilles, est véritablement honteux. Si le gouvernement, en attendant de saisir la Parlement de la nécessaire aggravation de l'échelle des peines pour ce genre de délit, n'annonce pas haut et fort qu'il demandera aux tribunaux de poursuivre la criminalité automobile avec la plus extrême sévérité, les chauffards pourront continuer à se croire libres de faire ce qui leur paraître bon, sans rendre de compte à personne. Nous avons là un des rares exemples où le gouvernement, impuissant dans d'autres domaines, pourrait agir immédiatement et avec quelque espoir de succès. 28/05/02


Amis des pêcheurs et amis des poissons

Chacun sait, quand il fréquente les milieux de la pêche maritime, que les ressources continuent à se raréfier dans les eaux européennes, sauf peut-être dans certaines zones côtières très limitées où précisément une réglementation un peu plus sévère des prélèvements a été mise en place d'un commun accord entre professionnels et administration. C'est pourquoi il est triste de voir que la France, et son gouvernement actuel, se rangent par électoralisme dans le rang des amis de la pêche, face aux amis du poisson au sein de l'Europe. Il n'y a qu'à continuer à surpécher, dans des conditions exposant d'ailleurs les équipages à des risques de plus en plus grands, et dans quelques années, ceux qui ne veulent pas désarmer actuellement seront obligés de le faire, avec moins de facilités de reconversion que celles proposées actuellement par la Commission européenne. 28/05/02


Casser les ghettos.

Cette expression, entendue dans le bon sens, signifie que la collectivité, en payant le prix qu'il faut, doit investir des dizaines de milliards dans la destruction ou réhabilitation radicale des parcs immobiliers (si on peut parler de parc et d'immeubles) où vivent actuellement des millions de gens, sans aucun espoir d'en sortir. Ce n'est pas être naïf que voir dans la persistance de ces ghettos une source constamment renouvelée de révolte et parfois de criminalité. On parle aussi de " plan Marshall " des banlieues. Mais qui reprend cet idée aujourd'hui, notamment à l'occasion des législatives ? Il faut se rappeler que ces immeubles devenus taudis avaient été construits dans les années cinquante pour résorber les bidonvilles sur le mode des favelas qui proliféraient à l'époque autour des villes. L'argent nécessaire avait été trouvé, même si dès le début des économies sordides, pour ne pas parler de malversations, avaient fait le désespoir des concepteurs des résidences HLM.

Inutile de dire qu'un tel programme, financé sur fonds publics (eh oui) devrait être conçu aussi pour donner du travail, à la reconstruction et dans l'entretien, aux actuels habitants des quartiers concernés. 28/05/02


Agir pour la réforme de l'ENA
(Communiqué)

Je reçois le communiqué suivant, que je rediffuse à votre intention, bien que trop tardif. Il n'est pas inintéressant de connaître l'activité de cette association, sur le terme plus que jamais à l'ordre du jour, de la réforme de l'ENA. Souhaitons que la question des TIC dans l'administration ne soit pas oubliée par les intervenants (27/05/02): .

"Nous serions très heureux de pouvoir compter avec la présence de vos membres, malgré le délai très court, et avant, j'espère, une rencontre entre nos deux associations. Chaleureusement Antoine Michon

Agir pour la réforme de l'ENA, Association loi 1901, Invitation

Dans le cadre d'un cycle de débats sur la réforme du secteur public, l'association "Agir pour la réforme de l'ENA" organisera un premier débat le 28 mai 2002 de 19h à 21h au Webbar, 32 rue de Picardie 75003 Paris

sur le thème Dialogue social, dialogue de sourds? Quelles réponses pour les réformes dans le secteur public?

Avec M. Jacques Fournier, Conseiller d'État honoraire, ancien président de Gaz de France et de la SNCF, Auteur du Livre blanc sur "Le dialogue social dans la fonction publique"; M. Jacky Lesueur Secrétaire général de la fédération finances de Force Ouvrière ,Auteur de plusieurs articles sur la réforme de Bercy; M. Pierre Giorgini, Directeur général adjoint chargé des ressources humaines à l'Agence nationale pour l'emploi.

Contact: Agir pour la réforme de l'ENA a/s Antoine Michon 4 rue Livingstone 75018 PARIS
email : aprena@mangoosta.fr tél : 06 14 71 30 08
"


Enseignement par Internet dans l'administration américaine

Notre collègue Québécois Nicolas Charest (Observatoire de l'administration publique - ENAP) nous signale qu'un site web de l'administration fédérale américaine, The Transportation Virtual University, vient d'être transformé en portail plein temps pour la formation en ligne des fonctionnaires fédéraux, à l'initiative de l' Office of Personnel Management. Il s'agit dorénavant du National Learning Center, qui offre déjà un grand nombre de cours, dont certains seront obligatoires (en matière d'éthique et de lutte contre le harcèlement sexuel). Les autres, on le verra, sont en majorité orienté vers les nouvelles technologies et le management.

Certains de ces cours semblent produits par des fournisseurs de l'administration dans le domaine des TIC. Ils sont payants. Mais le site ne précise pas si les ministères prendront eux-mêmes en charge les coûts de formation de leurs agents, ou si ces coûts resteront à la charge des bénéficiaires.

De toutes façons, voici une initiative dont l'administration française ferait bien de s'inspirer, quitte à en adapter les modalités. 23/05/02

http://www.tvu.dot.gov/main.cfm?show_sub=1


Barre anti-encastrement

M6, dans une excellente émission consacrée à l'insécurité routière, a évoqué le millier d'accidents dont la plupart mortels ou gravement paralysants, provoqués par le fait que la législation française n'a pas jugé bon d'imposer aux poids lourds la barre anti-encastrement rendue obligatoire en Allemagne et dans d'autres pays européens. Cette barre évite que les voitures, en cas de collision, ne passent sous la remorque ou le tracteur, ce qui décapite les passagers. Les transporteurs routiers auraient argué de difficultés dans l'accès aux quais de chargement pour refuser le dispositif.

On a beaucoup dit ces jours-ci, lorsque le chiffre de 8.160 morts par accidents de la route a été publié, que les autorités et le public feraient mieux de déplorer l'insécurité routière que l'insécurité dans les banlieues. Mais les gens prétendent avoir peur de rentrer chez eux le soir. Ils n'ont pas peur de prendre leur voiture ou simplement de traverser à pied un passage piéton doté d'un feu rouge qui ne sera pas respecté. Pourquoi le gouvernement serait-il plus royaliste que le roi?

Ce qui est particulièrement scandaleux dans l'affaire de la barre anti-encastrement, c'est qu'il suffirait en ce cas d'une mesure simple pour éviter des centaines de morts (le choc resterait destructeur, on l'imagine, mais les probabilités de mort certaine tomberaient sensiblement). Cette mesure, l'administration et le ministre des transports pouvaient l'imposer, mais ils n'ont pas osé le faire par électoralisme (ce qui n'a pas empêché M. Gayssot de retourner planter ses choux). On a tout lieu de penser que l'actuel ministre ne sera pas plus sévère que son prédécesseur vis-à-vis des routiers.

Si l'Internet-citoyen pouvait servir à quelque chose, ce serait par exemple de faire pression sur les ministres pour que de telles mesures de bon sens soient décidées, malgré les lobbies. Il existerait semble-t-il une association pour l'imposition de la barre anti-encastrement, mais elle ne parait pas connaître l'existence de l'Internet. 23/05/02


La cohabitation

Il est quand même étonnant de voir la haine qu'inspire l'idée de la cohabitation, alors qu'elle est, sauf erreur, admise de fait par la constitution. Celle-ci prévoit un Président, qui a son rôle, et un Premier ministre, qui a le sien. Il n'est dit nulle part qu'ils doivent appartenir au même parti. C'est pour des raisons de tactique électorale que le PS avant avril et la droite aujourd'hui s'en prennent à la cohabitation. On ne fera croire à personne que celle-ci puisse être cause du manque d'idées et d'initiatives de l'exécutif. Si MM Chirac et Jospin avaient eu de grandes idées et grands projets, susceptibles de mobiliser les foules, la cohabitation ne les aurait pas empêchés de les exprimer. On peut penser au contraire qu'une saine rivalité entre les deux têtes de l'exécutif auraient poussé celles-ci à se surpasser.

Aujourd'hui, on comprend bien que ceux qui font assez confiance au Président pour conduire les affaires du pays pendant 5 ans, sans dévier et en concentrant tous les pouvoirs, veuillent éviter la cohabitation. Mais d'autres pourraient souhaiter trouver dans un Premier ministre s'appuyant sur une majorité de front républicain une ouverture plus grande aux exigences de la société civile. En ce cas l'élection d'une majorité de députés ne provenant pas du seul parti du Président serait plutôt une bonne chose. Les initiatives et les participations citoyennes ne se développeront que si les Pouvoirs perdent un peu de leur superbe. 22/05/02


Politique de la ville

France Culture a consacré une partie de son émission du mercredi matin, 22 mai, Métropolitains, à la politique de la ville. Il s'agit d'un sujet considérable, généralement minimisé. L'Etat s'en occupe assez peu, malgré les efforts des ministres en charge, trop peu soutenus par les gouvernements. Les collectivités locales le font inégalement, mais généralement avec des moyens insuffisants, tenant en grande partie à ce que les quartiers difficiles sont situés dans des villes qui ne sont pas particulièrement riches. Malgré les aides de l'Etat et éventuellement de l'Europe, les simples coûts de fonctionnement des équipements nouveaux dépassent en général les possibilités de leurs budgets. Un autre point apparaît de plus en plus préoccupant, les inégalités de performance dans la gestion des organismes de HLM, qui constituent un domaine de l'administration essentiel mais peu considéré et souvent peu contrôlé. 22/05/02

Il faut lire sur ce sujet le Rapport de la Cour des Comptes: Politique de la ville février 2002,  334p .pdf. Synthèse 35p.pdf  http://www.ccomptes.fr/FramePrinc/frame18.htm


Energies Démocrates de Christian Blanc

Peut-on encore aujourd'hui créer de nouveaux partis politiques, sans contribuer à la dispersion des voix et des forces? Si on répondait par la négative, on renoncerait à tout renouvellement du paysage. Aussi devons-nous, en démocratie, nous informer des initiatives originales et étudier ce qu'elles proposent.  On suivra donc avec intérêt, même si on ne partage pas toutes ses idées, le développement du parti ou mouvement baptisé Energies Démocrates par Christian Blanc, son fondateur, dans la suite de l'action de l'Ami public.

Nous lisons sur le site que " La réforme de l'Etat, l'instauration d'une démocratie participative, la rénovation de l'administration, la libération de l'initiative économique et l'élaboration d'une vision européenne sont des enjeux qui n'appartiennent à aucune chapelle. Entre les partis de l'immobilisme et les tenants du passé, nous voulons proposer une voie de l'avenir."  Mais le site n'en dit guère plus pour le moment. http://www.energiesdemocrates.com/


Autour du Libre
(communiqué)

"Après trois années à l'ENST Bretagne, "autour du libre" se décentralisedans les écoles du GET (Groupe des Ecoles des Télécommunications) et seraaccueillie du 29 au 31 mai 2002, à l'INT à Évry (91), en coopération avec le CNDP,pour aborder le thème "Libre et Contenus".
AL2002 permettra d'aborder la question de la transférabilité du modèlede liberté introduit par le mouvement "Logiciel Libre" dans le domaine informatique vers d'autres domaines. Cette année la réflexion centrale portera sur les "Contenus Libres", en particulier la liberté de partage et d'accès aux contenus éducatifs sera abordée.

Les "Contenus Libres" seront abordés de manière historique, économiqueet juridique, mettant en avant les relations conflictuelles entre partage des savoirs et propriété intellectuelle. Ils seront déclinés sur le mode du partage des savoirs et en particulier dans le cadre de la publication scientifique, de l'édition scolaire, à laquelle une journée entière organisée par le CNDP est consacrée, de l'enseignement à travers les réseaux (e-learning), et des domaines artistiques.

Les thèmes des 3 jours sont :
- Libre, approche économique, historique et juridique
- Libre et contenus éducatifs
- Libre et contenus artistiques et culturels

Vous trouverez toutes les informations et pouvez vous inscrire en ligne:
http://www.autourdulibre.org/  "

Voir aussi sur le site de l'ATICA, à propos du e-learning  http://www.atica.pm.gouv.fr/dossiers/documents/KM_elearning.shtml et http://www.atica.pm.gouv.fr/evenements_ateliers/KM/km25avril.shtml


Le manque d'intérêt pour les élections législatives

On attribue généralement au désintérêt des Français pour la politique les forts taux d'abstention aux élections. Le 2e tour des présidentielles a montré que cet intérêt pouvait se réveiller face à un enjeu majeur. Mais le phénomène va-t-il se renouveler lors des législatives? La dramatisation provoquée par la présence presque générale de candidats FN va-t-elle pousser les gens à voter. Souhaitons-le. Mais il n'est pas interdit de se poser la question du sens que peuvent avoir pour beaucoup de citoyens de telles élections. Ce n'est pas l'intérêt des Français pour la politique qu'il faudrait alors interroger, mais l'intérêt des élections législatives pour les Français, fussent-ils mobilisés par la vie politique.

C'est alors toute la question de la démocratie représentative qui se trouve à nouveau posée, du moins dans la version qu'elle a prise en France. Si je me mets à la place d'un électeur moyen, il me faut beaucoup de vertu pour aller voter aux législatives. En général, les jeux sont déjà faits. Le député sortant se représentera et sauf séisme sera reconduit, car les équilibres entre partis semblent figés dans le béton d'une élection à l'autre. Le député se représentera quel que soit son âge et son usure intellectuelle. On voit des Maixandeau et des Pons briguer à plus de 75 ans les suffrages, sans avoir modifié une ligne d'un discours sclérosés depuis des décennies.

De toutes façons, entre et a fortiori avant les élections, peu de députés se font connaître des électeurs par des positions courageuses et neuves, sauf ceux appelés à se mobiliser par des crises majeures dans leur circonscription. Je suis bien incapable, ainsi, de dire qui est mon député, ce qu'il a fait et dit, ce qu'il fera ou dira à l'avenir. Si certains députés voulaient se singulariser, leur entourage locale les empêcherait de prendre des initiatives qui risqueraient de bouleverser les fameux équilibres acquis. Si certains députés et certains entourages locaux voulaient pourtant par extraordinaire avoir des idées originales, les appareils régionaux et nationaux de leurs partis les en empêcheraient, pour la même raison : ne pas prendre de risques politiques. C'est-à-dire que, sauf pour éventuellement m'aider à obtenir une infime faveur de l'administration, mon député n'a aucun sens ni aucun intérêt pour moi.

Irai-je pour autant voter en faveur de l'opposition, si le député élu dans ma circonscription n'appartient pas à ma famille politique. Là encore, je le ferai pas devoir, mais sans motivation aucune, sauf si le député sortant est dans une position fragile et que mon vote puisse aider un candidat jusque là minoritaire à l'emporter. Mais en général, pour la raison indiquée ci-dessus, ce n'est pas le cas. Les jeux sont faits depuis longtemps, par la grâce des appareils. J'aurais pu cependant m'intéresser à tel ou tel candidat sollicitant ma voix, s'il avait posé des questions, ouvert des débats pouvant se révéler fructueux, bref, s'il avait animé un peu le paysage politique, au moins localement. Mais combien l'auront fait ?

En fait, pour moi, les législatives seront la répétition des présidentielles. Je voterai dans les deux cas pour un parti (plus d'ailleurs que pour un programme) parce que je voudrai rester fidèle à la ligne politique de ce parti.

Ces considérations ne visent pas à proposer une réforme des institutions ou quoique ce soit d'ambitieux, mais simplement à dire que, si les citoyens que nous sommes veulent voir évoquer dans la vie politique, que ce soit au plan national ou local, les problèmes qui les intéressent, ils ne doivent pas attendre que les partis et les hommes politiques en place le fassent. Ils doivent poser les questions, ouvrir les débats, faire les propositions qui leur paraissent bonnes, et s'efforcer ensuite d'y intéresser leurs représentants politiques. Tout attendre de ces gens est puéril. Il faut prendre soi-même les initiatives, et voir ensuite comment réagissent les politiques. La vie associative, les engagements militants, l'Internet citoyen et bien d'autres moyens existent aujourd'hui pour ranimer la vie politique. Si les électeurs s'en saisissent, ils seront étonnés de voir que les candidats aux législatives se croiront obligés de leur répondre et de sortir de leur prudent anonymat. 21/05/02


Le flash-ball

La question de l'armement dont disposent les forces de l'ordre et celle de la façon dont elles sont autorisées à s'en servir n'a pas fini de poser des problèmes de conscience. Le mieux serait que dans la vieille tradition britannique (de moins en moins respectée semble-t-il face aux violences de rue, pour ne pas mentionner l'IRA) les policiers ne soient armés que de leur autorité morale, appuyée de fortes sanctions pénales à l'égard des délinquants usant d'armes.

Mais une fois que lesdits délinquants ont pris l'habitude de faire usage d'armes, quelle que soit d'ailleurs la catégorie de celles-ci (on oublie quelquefois que les battes de base-ball peuvent tuer), faut-il que les policiers restent désarmés ? L'escalade alors est lancée. Agressions et répressions s'enchaînent avec des armes de plus en plus meurtrières, comme on le voit aux Etats-Unis (j'en parle, non pas d'expérience, on le devine, mais en tant que spectateur de leurs films policiers, qui comme chacun sait créent la réalité s'ils ne la reflètent pas). Les guerres de rues ne sont plus loin, et il y aura toujours plus de fous pour s'y complaire.

Sans aller jusque là, les flash-balls posent la question, qui s'était déjà posé à propos des bombes de gaz lacrymogène portatives. On peut craindre que les policiers étant autorisés à en porter (et à s'en servir), les petits caïds de rue ne manquent pas de le faire, pour rançonner les gens ou pour s'affronter entre eux. Mais peut-on accepter de voir les policiers prendre des briques sur la tête sans autre recours que leurs pistolets ? 18/05/02

Pour info: voir le site d'un fabricant de flash-balls: http://www.verney-carron.com/flash-ball/pages-fr/a_flash-ball.htm


Symbiose, égoïsme et altruisme

Le monde symbiotique ou en réseau n'encourage pas particulièrement la coopération pacifique. Il fut et reste régi par la compétition darwinienne pour l'accès à des ressources toujours rares par définition (puisque les demandes croissent spontanément jusqu'à atteindre les limites de la ressource telle qu'elle existe ici et maintenant). La lutte pour la vie est donc encore et plus que jamais à ce jour la règle fondamentale. Mais les êtres biologiques, à titre individuel ou en groupes, ont le choix entre deux attitudes pour affronter la compétition. Ces choix, dans la nature, résultent du jeu " aveugle " (l'horloger aveugle de Richard Dawkins) de la sélection naturelle. Dans les sociétés dotées de conscience, ou de ce que l'on désigne par ce nom, les individus ou les groupes peuvent faire des choix délibérés. Mais les comportements en cause sont très proches. Les biologistes les résument par les termes d'égoïsme ou d'altruisme.

Les " égoïstes " sont ceux qui disposent d'une dynamique propre suffisamment forte (souvent par ce qu'ils résultent eux-mêmes du regroupement antérieur d'êtres plus faibles) pour pouvoir se passer de coopération. Ils se conduisent généralement en prédateurs simples, prélevant dans l'environnement ce dont ils ont besoin pour survivre et se renforcer. Les " altruistes " au contraire sacrifient une partie de leurs intérêts propres pour participer à la défense d'un organisme plus grand auxquels ils participent et qui les aident à survivre. Il y a des altruismes mettant en œuvre des individus, comme les termites soldats qui se laissent tuer pour défendre la termitière, et des altruismes collectifs, ceux qui donnent naissance notamment aux symbioses évoquées ci-dessous. Evidemment, ces concepts sont un peu artificiels et tous les comportements vivants résultent d'un mélange d'égoïsme et d'altruisme. Ce mélange est particulièrement visible dans les groupes humains, où telle personne est altruiste au sein d'un groupe qui lui est proche, et férocement égoïste à une échelle plus large.

La difficulté, en ce qui concerne les humains, est que ceux-ci sont les terrains d'affrontement entre entités darwiniennes qu'ils ne maîtrisent pas en général, notamment les gènes et les mèmes, dont on a dit qu'ils luttaient souvent égoïstement pour leur survie propre sans se soucier des intérêts des hommes qui leur servent de véhicules. Ceci veut dire que si consciemment (nous reviendrons plus bas sur la signification de ce terme de conscience), certains hommes se voulaient altruistes (par exemple en privilégiant le dialogue et la paix entre tous les peuples) les entités génétiques et mémétiques qui les agissent en sous-main sur le mode égoïste les pousseraient à la compétition, voire à des affrontements destructeurs.

Mais, plus généralement, est-il réaliste d'envisager un monde apaisé, où les compétitions darwiniennes ne régneraient plus, ni entre les hommes, ni d'ailleurs, (comme le voudraient peut-être certains écologistes naïfs) entre les espèces vivantes ? Une sorte de jardin d'Eden ? Cela paraît évidemment impossible car en ce cas, selon ce que nous dit aujourd'hui la science, l'histoire du monde s'arrêterait, tout au moins sur la terre.

Pourrait-on au moins envisager que ces compétitions darwiniennes s'atténuent progressivement ? Cela ne semble pas non plus possible, car l'accroissement de ce que l'on peut appeler l'individuation ou l'agentification multiplie l'apparition d'individus ou de petits groupes au sein des grands ensembles, qui revendiquent à leur tour des espaces propres de parole et d'action. Il s'agit d'une excellente chose, génératrice de désordre au sens systémique, c'est-à-dire provoquant une accélération et une diversification des évolutions. Il en résulte sans doute une meilleure adaptation globale de l'humanité à son environnement, et du super-organisme à son environnement cosmique.

On peut par contre rêver d'un monde où des cohabitations temporaires ou durables seraient négociées entre entités en compétition. Ces cohabitations viseraient à la survie de l'ensemble en éliminant les conflits potentiellement destructeurs de ce même ensemble. C'est l'ambition de toute politique internationale mondialiste digne de ce nom. Nous serions alors à la fois dans un monde de compétitions, souvent très âpres, mais où par contrat ou consensus social, certains comportements seraient exclus (par exemple les affrontements armés ou ceux faisant appel à des armes de destruction massive) et certains autres seraient encouragés, par exemple ceux relatifs à la coopération scientifique internationale.

Le phénomène global de la compétition ne signifie pas que les organismes dominants ne cherchent pas à éliminer la compétition à leur profit, c'est-à-dire à éliminer ceux susceptibles de s'opposer à eux. Mais jusqu'ici, de telles stratégies, toujours recommencées, n'ont jamais réussi. L'évolution a toujours vu surgir de nouveaux compétiteurs, parfois partis de positions très fragiles, mais ayant bénéficié par effet " aile de papillon " de faiblesses dans les systèmes dominants. C'est sur ce facteur que les opposants aux pouvoirs en place peuvent compter. Encore faut-il qu'ils sachent trouver la faiblesse des positions adverses. La symbiose permettant le regroupement des faibles en nouvelles unités plus fortes ou plus mobiles constitue évidemment la solution la plus facilement envisageable pour remettre en cause les empires les mieux installés. 16/05/02


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