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La Gazette N° 51 du 25 décembre 2001

Par Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr


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17 décembre

Automates intelligents:  Robotique autonome en France. Etat des lieux par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
Automates intelligents: Les problèmes administratifs bientôt résolus par une découverte mathématique originale par le Pr Ilbas

4 décembre

Suite du dossier gestion des risques: A quand les sciences de la complexité au service de l'Etat, par Christophe Jacquemin

Le blocnet (index)

cette quinzaine:

Service public gratuit d'accès au droit

On trouvera sur le site du Sénat le rapport de Thierry Foucauld devant la Commission des finances de cette assemblée, faisant le bilan de l'activité de la direction du Journal Officiel au regard des obligations de service public gratuit d'accès au droit découlant des décisions du Pagsi. Les observations de la Cour des comptes sont également rappelées. J'avoue ne pas tirer de conclusions claires du rapport, notamment à la pertinence des solutions prises pour l'application du principe de gratuité. http://www.senat.fr/rap/l01-087-338/l01-087-338.html 23/12/01


Les lycées français de Kaboul

France Culture a pris la bonne initiative de faire appel à la générosité nationale pour reconstruire et entretenir les lycées français de Kaboul (qui ne sont pas mixtes). Ceux-ci pourront contribuer à relancer les relations culturelles entre l'Afghanistan et la France, qui ont toujours été fructueuses. On peut penser que dans cette démarche, les ressources de l'Internet francophones devraient être mobilisées. Non seulement ces lycées devraient être dotés de sites Internet, mais il faudrait qu'à partir de ces derniers, une animation regroupe les afghans, connectés ou non (cela va venir, espérons-le) autour d'un certain nombre d'échanges où nous pourrions dialoguer avec eux. Il y a des initiatives à prendre. Réfléchissons-y, si ce n'est déjà fait. On pourra participer à partir de ttp://www.radio-france.fr/chaines/france-culture/lycees_kaboul/ Voir aussi un article de presse sur le lycée français de Kaboul http://www.lavoixdunord.fr/vdn/journal/dossier/attentats/0930/ART1.shtml 23/12/01


Le terroriste restera-t-il un homme?

Certains indices montrent que, de plus en plus, l'homme occidental policé, attachant beaucoup de valeur à la vie humaine, à la connaissance et à tout ce qui fait son environnement intellectuel et moral, tendra à rejetter le terroriste de l'humanité. On ne le considérera pas seulement comme un animal, ce serait faire un mauvais procès à ce dernier, mais comme une espèce d'homme divergeant progressivement du modèle standard, et donc à rejetter. L'incident relatif à l'attentat évité du 22 décembre, sur le vol Paris-Miami, parait significatif. L'auteur (dont une photo à l'arrière d'une voiture de police était terriblement parlante, montrant une espèce de monstre autant traqué que redoutable) a été décrit comme d'une force herculéenne, d'une férocité incroyable. Il a "mordu profondément" l'hôtesse qui l'avait détecté. Il a fallu le "charger de liens", le "maîtrisier par une piqure de sédatif" comme l'on fait d'un fauve échappé. Verra-t-on à l'avenir ces êtres comme des déviants de l'espèce humaine, comparables aux tueurs en série, par exemple, ou comme les mutants représentant une nouvelle espèce (ou la résurgence de certains traits archaïques disparus de l'espèce) dont il faudra absolument se protéger? On se demandera évidemment qui devra être tenu responsable de cette fracture dans le sacro-saint universalisme de l'humanisme? Les terroristes ou bien notre sens moral mis en défaut par le caractère nouveau de la menace terroriste, si celle-ci du moins se généralise? 23/12/01


Relier et fédérer les institutions internationales

Dans un interview sur France Culture présenté le 23 décembre, le Commissaire européen au Commerce Pascal Lamy a souligné l'importance que l'Union européenne doit attacher non seulement à l'ONU mais à l'ensemble des institutions internationales s'efforçant d'apporter un peu d'ordre dans un monde de plus en plus turbulent: OMS, FAO, OIT, OMC, etc. Il est allé plus loin en proposant une idée que nos candidats à la présidentielle se devraient bien de reprendre. Les pays européens devraient d'abord militer pour la création d'une Agence Mondiale de l'Environnement, qui n'existe pas encore (nous ne nous demanderons pas pourquoi, quand on voit l'attitude des USA face au protocole de Kyoto). Mais la suggestion de va plus loin. Il faudrait, nous a-t-il dit, que des actions politiques horizontales relient entre eux ces diverses institutions, et l'ensemble des pays du monde, afin de donner une cohérence et une crédibilité aux amorces de politique mondiale qui s'amorcent. Voici une conception de la mondialisation institutionnelle qui nous parait pleine d'avenir. Décidément, nous verrions bien, pour notre part, le moment venu, Pascal Lamy dans les habits d'un candidat à la présidence de la République. 22/12/01


Quel mot d'argot pour l'euro?

Un intéressant sujet d'études linguistiques a été lancé dans divers nournaux, notamment Le Monde. Comment l'euro sera-t-il désigné en argot, dans les divers pays de l'euroland? Que deviendront les anciennes appellations? T'as pas 100 balles sera-t-il converti en euro? Question mineure, direz-vous. Pas du tout. Tout doit être matière à étude. 22/12/01


Exception culturelle et e-learning

On s'est beaucoup excité sur l'offensive de Jean Marie Messier contre l'exception culturelle française, en fait le système d'aide au financement du cinéma. Malheureusement, nul n'évoque le désastre culturel et économique qui se prépare du fait de  la dramatique absence de la France dans le e-learning ou enseignement par Internet. Ni les institutions académiques, ni les entreprises de formation du secteur privé, ni, bien évidemment le gouvernement (pour ne pas mentionner les enseignants) n'évoquent la démission généralisée qui nous caractérise face à l'inondation des contenus américains ou canadiens (sans parler de ceux provenant d'autres pays) en matière d'éducation et de formation à distance. On pourrait très bien imaginer que les quelques enseignants qui ne se sentent pas la force de continuer à s'imposer à des élèves totalement désocialisés soient affectés à écrire les cours électroniques dont l'Education Nationale a besoin. Mais encore faudrait-il que ce besoin soit admis par l'opinion et l'institution. On entend le lobby des réalisateurs et auteurs de films français, mais non celui du e-learning français, pour une raison simple, c'est que ce dernier lobby n'existe pas.

 Rappelons que dans la tradition française du service public, e-learning ne veut pas nécessairement dire enseignement payant. 22/12/01


De la Loi sur la présomption d'innocence et autres réformes

On ne peut que s'étonner, voire s'indigner, de constater avec quel mépris des réalités de terrain les administrations centrales, ministres puis parlementaires qui décident de "réformes" le font à partir de leur cabinet, sans expérimenter ces réformes dans les services territoriaux, avec ceux qui seront chargés de les appliquer. On me dira qu'avec une telle pratique, aucune réforme ne verrait le jour, car lesdits services territoriaux se feraient un devoir d'expliquer, ab initio, que la réforme est inapplicable. Mais l'objection n'est qu'à demi valable. De toutes façons, ce qui est décidé en haut lieu (souvent sous la pression d'intérêts extra-administratifs qui ne veulent pas dire leur nom) a tout autant de chances d'aller à l'échec, en multipliant les problèmes. Pendant mes années de service au ministère des finances, j'ai ainsi connu de nombreuses réformes fiscales ou administratives qui, faute de concertation, n'ont conduit qu'à des échecs. On se demandait alors à quoi pouvait bien servir les directions générales et l'Inspection des finances. Ne pouvaient-elles pas mieux informer le politique? Encore aurait-il fallu qu'elles daignassent prendre le train et se rendre dans un bureau de province.

Dans l'affaire de la loi sur la présomption d'innocence, il a fallu en catastrophe qu'un missi dominici du monde politique, Julien Dray, fasse ce travail, travail dont les média ont d'ailleurs montré, par des reportages très pertinents dans les services de police et les tribunaux, qu'il était très facile à faire. Avec un magnétophone et une webcam, un administrateur civil issu de l'ENA, même des plus bornés, aurait pu informer efficacement le gouvernement des risques qu'il courait en n'étudiant pas un peu mieux les conséquences de ses supposées bonnes intentions. 20/12/01


Colloque sur les nouveaux défis de la société de l'information à l'Assemblée Nationale

La conférence tenue sous ce titre le 19 décembre, à l'initiative des deux députés militants depuis longtemps pour la société de l'information, Patrick Bloche et Patrice Martin-Lalande, n'a pas apporté de vision bien nouvelle dans ce domaine, mais a permis néanmoins de faire le point sur l'avancement de réalisations et des idées que l'on s'en fait. J'ai pour ma part retenu quelques points :

- le ministre de l'industrie Christian Pierret nous a expliqué que la loi sur la société de l'information, adoptée en conseil des ministres le 13 juin, sera présentée à la prochaine session de l'Assemblée, mais ne sera pas discutée, faute de temps. Elle le sera après les élections, c'est-à-dire on ne sait quand ? On peine à croire que si le ministre (ou le gouvernement) trouve cette loi aussi importante, dont paraît-il toute l'Europe s'inspirera car c'est le seul texte global existant, il n'ait pas été possible de l'insérer dans le prochain ordre du jour de l'assemblée.

- Toujours selon Christian Pierret, 107 millions d'euros seraient affectés en 2002, tous programmes réunis, à la promotion de l'Internet dans les PME/PMI.

- Joël de Rosnay, président de la première table-ronde, a fort bien fait d'attirer l'attention du ministre sur la nécessité de réfléchir à deux fois avant de cautionner la politique européenne visant à faire breveter les logiciels sur le mode américain. Il a également regretté le peu de présence de l'Europe sur le " marché " des logiciels de formation (e-learning), ce qui aura des conséquences très graves en termes de créativité et d'indépendance dans les domaines scientifiques et culturels. Il ne m'a pas paru que le ministre, pressé de s'en aller, ait écouté. En tous cas, il n'a pas réagi.

- Michel Sapin, ministre de la fonction publique et de la réforme administrative, a annoncé la 2e étape de la politique dite de l'administration électronique. Cette deuxième étape comportera 5 objectifs, dont l'ouverture avant 2005 d'un site personnalisé et sécurisé pour chaque citoyen, lui permettant d'assurer, s'il le souhaite, ses formalités administratives en téléprocédures. Le site conservera les pièces administratives dudit citoyen, permettant à celui-ci d'avoir un aperçu global de ses relations avec les administrations - sans que les administrations puissent faire de ce site un moyen d'inquisition renforcé à l'égard de l'administré. Ce sera une réforme importante, mais on mesure les changements intellectuels et organisationnels qu'elle imposera aux administrations comme aux administrés. Quand se mettra-t-on à l'expérimentation de telles solutions ? En attendant Michel Sapin n'a pas parlé de ce qui n'a pas été fait et auraient pu l'être : dématérialisation de la commande publique, équipement convenable des services de police et de contrôle fiscal et douanier, etc. C'est dommage que ces importants domaines ne semblent plus faire partie des préoccupations gouvernementales, sauf quand les gendarmes descendent dans la rue pour réclamer un micro-ordinateur personnel.

Nous souhaitons que les actes de ce colloque  soient prochainement disponibles sur le site de l'Assemblée. Ce serait bien utile aux députés, car le nombre de ceux-ci présents dans l'amphithéâtre m'a permis assez réduit. P. Bloche et P. Martin-Lalande semblent encore bien seuls en première ligne, dans la bataille pour la société de l'information dans le monde parlementaire.

On lira un discours de Michel Sapin sur ces sujets à l'adresse http://www.fonction-publique.gouv.fr/leministre/lesdiscours/discours-2001111 20/12/01


US-GPS versus EuroGaliléo

On sait que le GPS ou système de localisation mondial par satellites est devenu indispensable à d'innombrables activités et services. Mais il demeure sous la dépendance des autorités américaines. On image mal que celle-ci, sauf circonstances exceptionnelles, décide d'en restreindre l'accès aux intérêts non-américains, voire de le rendre payant. Certains pays européens, cependant, ont décidé de mettre en place un système européen propre, Galiléo (qui devrait d'ailleurs être payant), visant à être opérationnel vers 2008/2010 - ce qui n'est pas pour bientôt malheureusement. 100.000 emplois seraient crées. Or ce projet déplait à nos amis américains, qui multiplient, directement et via l'OTAN, les pressions indécentes pour que nous abandonnions ce projet. Ils donnent des arguments techniques (risques d'interférence) qui selon les spécialistes n'ont aucun caractère sérieux. En fait ils veulent conserver leur monopole et leur domination dans ce secteur vital. La France réagit, les autres pays européens plus mollement. Mais qu'en résultera-t-il ? Dans la meilleure des hypothèses, de nouveaux retards et délais. Dans la pire, une déculottée qui serait de bien mauvais pronostic quant à l'autonomie de décision technologique de l'Europe. Sur ce sujet on pourra consulter les sites du Cnes http://www.cnes.fr/ et de l'Agence européenne de l'Espace Esa http://www.esa.int/export/esaCP/index.html 20/12/01


L'effondrement d'Enron, produit de la dérégulation mondiale ?

L'effondrement d'Enron, courtier en énergie américain, devrait montrer aux yeux mêmes des défenseurs radicaux de la dérégulation mondialisée, les risques de la non-transparence résultant de la disparition de tout contrôle externe et même interne sur le fonctionnement des sociétés transnationales. Les parlementaires américains ont crée des commissions pour comprendre un mécanisme fragilisant les institutions et les règles financières du pays, américaines, notamment le rôle de la SEC, Security Exchange Commission. Arthur Andersen, qui était chargé du contrôle comptable, n'avait évidemment rien vu des manœuvres frauduleuses ou quasi-frauduleuses de Enron et de ses filiales, et plaide l'innocence. De nombreuses autres grandes sociétés américaines relèveraient de la même situation. On observera avec intérêt ce que les autorités américaines concluront de cela. Mais il serait dommage que l'Europe n'en profite pas (qui et comment ?) pour négocier avec les Etats-Unis un minimum de coordination dans ces domaines du contrôle des activités transnationales. 20/12/01


Le préfet évaluateur

On s'est souvent demandé, notamment au sein de notre association, si les préfets avaient encore un rôle utile à jouer, en ce siècle de la société de l'information et de la décentralisation. Ceci alors que nos partenaires européens semblent se passer fort bien de cette institution. Les évènements du 11 septembre et le renforcement des menaces de toutes natures apportent une réponse difficilement contestable. L'autorité et l'unité de l'Etat doivent impérativement être renforcées, par la présence d'un fonctionnaire (doté d'ailleurs de moyens suffisants - voir à cet égard notre dossier Sécurité) au niveau départemental ou régional. Ce n'est pas pour autant que ces fonctionnaires doivent être encouragés à se comporter en proconsuls. Or la tentation de la paranoïa administrative vient vite à ceux devant qui tout le monde a tendance à s'incliner. D'où l'intérêt du préfet évaluateur institué par le ministre de l'Intérieur. La tâche est actuellement confiée au préfet Yves Mansillon. Il sera intéressant que celui-ci, progressivement, dote sa fonction d'un certain nombre de processus permettant de rendre la démarche aussi scientifique que possible - tout en conservant, c'est indispensable, le côté " humain " qu'aucune procédure ne peut remplacer. 20/12/01


L'Argentine et les fruit de la vassalisation

L'Argentine en plein crise économique et politique donne aux pays européens et aux autres le triste exemple de ce que rapporte l'acceptation de la dépendance à l'égard des Etats-Unis. Une économie déjà traditionnellement soumise, du fait de la spéculation séculaire de ses élites contre sa monnaie, à l'influence du capitalisme américain, a dénationalisé et dérégulé à outrance, aligné le peso sur le dollar et accepté que les marchés financiers se substituent à l'Etat pour tout ce qui concerne les décisions politiques et économiques impliquant l'intérêt national. On en peut pas dire que les politiques publiques précédentes étaient pertinentes car la corruption les minait de l'intérieur. Mais ce qui a suivi est bien pire. L'Argentine et ses voisins sud-américains engageront-ils une grande réforme sur le modèle de la construction européenne?

Au fait, il me vient une idée que je vous confie, en toute naïveté. Il parait que beaucoup d'Argentins, émigrés européens d'origine, demandent actuellement à revenir dans leur pays natal, notamment l'Italie. Mais pourquoi la Convention pour l'avenir de l'Europe ne proposerait-elle pas plutôt à l'Argentine d'envisager son adhésion à l'Union européenne. Ce pays est fondamentalement tout à fait du niveau nécessaire pour y jouer un rôle fort utile aux deux partenaires. 20/12/01


Giscard et la Convention pour l'avenir de l'Europe

C'est sans doute une bonne chose que Giscard ait été nommé président de la Convention pour l'avenir de l'Europe. Dans le 7-9 de France Inter du 20/12, il a expliqué que son programme consistera d'abord à faire préciser deux points, la demande d'Europe et les systèmes possibles pour répondre à cette demande. Il compte travailler avec le plus de transparence possible. Si nous pouvons nous permettre un conseil à Giscard (les écoute-t-il?) et aux autres internautes de France et d'ailleurs, ce serait d'utiliser abondamment Internet pour faire des propositions et organiser des discussions. Quand aurons-nous l'adresse Internet de la Convention? En attendant, et c'est bon signe, Giscard nous propose de nous adresser à lui via son site Internet http://www.giscarddestaing.com/ et son adresse électronique giscard@giscard-destaing.com 20/20/01


Le développement des Ad hoc Networks

Il est intéressant de noter le développement foisonnant des réseaux très hauts débits en boucle locale radio à courte distance dit WiFi ou Ad hoc Networks. Ceux-ci répondent à la norme 802.11b. Ils peuvent être installés de proche en proche en utilisant de courtes antennes implantables partout (en principe). De tels réseaux court-circuiteront ceux des opérateurs, pour des coûts infiniment réduits. Mais leur installation et leur mise en oeuvre suppose des utilisateurs avertis, organisés en communautés militantes (sauf quand ces réseaux sont déployés par les militaires sur le champ de bataille). Les serveurs sont protégés par des pare-feux encryptables. 17/12/01

Pour en savoir plus
Article de Gerry Blackwell dans ISP-Planet http://isp-planet.com/fixed_wireless/business/2001/mobilestar.html et http://www.isp-planet.com/fixed_wireless/business/2001/wifi_freenets.html


La Télévision Numérique Terrestre

René Trégouët dans son bulletin Flash n° 173 du 15 au 21 décembre 2001 regrette de voir la France se préparer à consacrer des milliards pour la mise en place de la Télévision Numérique Terrestre, qui pérennisera au détriment des initiatives citoyennes le mode de diffusion "Un vers Tous " propre à la télévision, laquelle fait surtout l'affaire des manipulateurs d'opinion ?

Cela me parait assez pertinent. Qu'en pensez vous? A-t-on vraiment besoin de voir Drucker en numérique? Ne faudrait-il pas au contraire faciliter avec des capitaux publics le déploiement d'un visiophone multimédia portable inspiré du standard japonais FOMA (freedom of mobile multimedia access) - pour ne pas parler de l'UMTS, qu'il aurait fallu concéder presque gratuitement aux opérateurs, à condition que ceux-ci fournissent le service à des prix accessibles à tous.

Ceci dit, beaucoup de gens répondent à cela qu'il faut laisser le marché libre de ses choix. Si certains préfèrent la TV ou disposent du temps et de l'argent suffisants pour pratiquer TV et Internet, pourquoi pas? 15/12/01


Les gendarmes en colère

Retour sur un arbitrage. Le gouvernement a concédé aux gendarmes un ordinateur pour deux. Geste magnanime. Quand on pense que ces pauvres gendarmes ont du se mettre quasiment au ban de l'armée, en faisant grève, pour obtenir des ordinateurs et des voitures en nombre et qualité suffisantes. C'est la première fois, à ma connaissance, que des fonctionnaires font grève pour des ordinateurs...Ceci dit, un ordinateur pour deux, cela équivaut presque à pas du tout d'ordinateur. Aujourd'hui un utilisateur ne peut travailler utilement que s'il dispose en propre de sa machine. Mais sans doute le ministère (ou le budget) sont-ils trop loin des réalités pour le savoir. 14/12/01


Patrick Lagadec et la gestion des risques

Le Monde du 11 décembre 2001 donne la parole à Patrick Lagadec, directeur de recherches à l'Ecole Polytechnique , et spécialiste de la gestion des risques, notamment les risques industriels majeurs. Ceux qui s'intéressent à cette question - qui doivent être en priorité tous les responsables de collectivités publiques - devraient connaître les nombreux travaux de ce spécialiste et de son équipe. Dans l'article du 11 décembre, il signale un point essentiel, bien caractéristique de l'attitude de l'administration française face au citoyen. Dans ce domaine comme dans de nombreux autres, les Etats-Unis "font plus confiance aux citoyens qu'on ne le fait en France, où on est porté spontanément à considérer que le public va paniquer". Sur Patrick Lagadec, voir notamment http://ceco.polytechnique.fr/CHERCHEURS/LAGADEC/P-LAGADEC.html  12/12/01


Sites signalés

Le 21 décembre

La grande école d'ingénieurs virtuelle http://www.cgm.org/themes/gev/index.html

Ces pages publiées sur le site du Conseil Général des Mines ont l'intérêt de montrer une réflexion bien avancée sur le sujet de l'enseignement en réseau des sciences de l'ingénieur, notamment à l'étranger. On pourra le consulter en détail, ainsi que les quelques exemples de réalisation mentionnés. Il s'agit d'une exception, intéressante par sa valeur exemplaire, à l'ignorance des enjeux du e-learning que nous dénoncions ci-dessus. On peut cependant craindre que les techniques utilisées ou envisagées en France ne soient pas encore au top de ce qu'ont mis en place les universités américaines.

http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/01-5112/index.htm