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La Gazette N°40 du 15 mai 2001

Par Jean-Paul Baquiast jean-paul.baquiast@wanadoo.fr


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15 mai
Les services sociaux à l'épreuve de l'informatique
, présentation d'un livre par Gérard Chevalier

12 mai
Attribution du Mulot d'honneur d'Admiroutes
pour le mois de mai 2001 à François Hollande
Pour ou contre: Internet peut-il remplacer les livres scolaires? Christophe Bouscaut pense que non.

9 mai
Automatesintelligents: Le Starlab, une idée révolutionnaire en Europe http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2001/12/starlab.htm
Automatesintelligents: Langage afficheur et politique http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2001/12/democratie.htm

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cette quinzaine:

Ne pas désenchanter les internautes

La gauche, et singulièrement le parti socialiste, devraient prendre garde à ne pas créer une nouvelle catégorie de désenchantés, les internautes. De plus en plus de ceux-ci, autant que l'on puisse juger, ont l'impression d'être traités avec désinvolture par le pouvoir. Les propos du secrétaire national du PS, qui lui ont valu notre dernier mulot d'honneur, sont significatifs. On ne doit pas considérer comme un gadget l'ouverture d'un forum appelant les citoyens à s'exprimer sur un sujet politique d'importance. Où ces citoyens pourraient-ils autrement faire connaïtre leurs points de vue? Certainement pas lors des cocktails du tout-Paris politique. De même, les différés accumulés de la loi sur la société de l'information sont reçus comme autant de camouflets par ceux à qui on a dit que cette loi était indispensable. Personnellement, je reçois de plus en plus d'appels de gens qui voudraient que nous puissions ici prendre l'initiative d'un livre blanc sur la persistance du retard français. C'est beaucoup espérer de nous,  et nous ne le ferons certainement pas, mais c'est significatif.14/05/01


Mme Nicole Fontaine et l'avenir de l'Europe

Sur France Inter du 11 mai, à 8h20, Mme Nicole Fontaine, présidente du Parlement Européen, a eu les mots qu'il fallait, tant dans la forme que dans le fond, pour défendre le projet d'une Europe Fédérale regroupant tous les pays volontaires. Sa position de présidente du Parlement ne lui a pas permis de le dire ouvertement, mais il était clair que dans l'ensemble elle adhérait aux propositions du Chancelier Schröder et regrettait le flou et les contradictions des Autorités Françaises. Voilà une femme politique comme on les aime, au parler simple et volontariste. Je vous le dis tout bonnement, elle se présenterait aux présidentielles avec ce programme européen, elle aurait ma voix. 11/05/01


L'Elysée, l'Europe et l'Internet

Tout le monde parle et se réjouit, à juste titre, de l'initiative internetesque du Président. Inutile donc de noircir du papier, comme l'on disait dans la presse paléolithique, sur ce sujet. Bornons-nous à reprendre ici l'adresse du forum consacré par l'Elysée à la question européenne. Il faut incontestablement s'y exprimer, notamment les fédéralistes à tous crins, dont je suis, qui apparaissent finalement plus nombreux qu'il ne semblait.  Malheureusement, la question européenne est posée avec une telle complication que l'on peut craindre beaucoup d'abstentions (sur le forum) 09/05/01 http://www.elysee.fr/europe/index.htm


Claude Allègre à nouveau

Décidément, Claude Allègre semble se poser en recours, face à ce qu'il appelle le manque de grands projets de la gauche et du gouvernement. Ses interventions à Trans-Europe express de France 3; le 6 mai, ne manquaient pas d'intérêt. On en retenait à nouveau un appel à renforcer les services publics et les interventions de l'Etat. Il a dénoncé, non sans raisons, le manque d'équipements (radio, ordinateurs) des administrations, comme l'insuffisance des infrastructures publiques et des grands travaux. Son appel, notamment, à des programmes de prévention des inondations, glissements de terrain, pollutions chimiques, était assez convaincant. Mais il est clair que de tels programmes supposeraient, outre un état d'esprit ingénieur qui manque certainement à nos ministres et élus, des transferts substantiels de crédits publics, à partir de dépenses d'intervention qui bénéficient d'une clientèle électorale décidée à ne pas lâcher un sou. Qui aura le courage, non plus de le dire, mais de le faire. Nous aurions aimé aussi entendre Claude Allègre proposer une augmentation substantielle des crédits publics affectés à la recherche fondamentale. 0705/01


Les langues régionales...et les autres

Il semble que le projet du ministre de l'Education, visant à promouvoir l'enseignement des langues régionales dans les établissements du secondaire, se heurte à des difficultés. C'est l'aspect du bilinguisme obligatoire qui heurte. On le conçoit. Comme l'a dit Claude Allègre à la télévision, on verrait mal les mathématiques enseignées systématiquement en catalan ou en basque, comme en français. Tout l'argent mis là n'irait pas ailleurs, c'est-à-dire préparer les jeunes aux confrontations européennes. Nul ne doute que, concernant les langues régionales, on ne puisse trouver un compromis, faisant appel à des financements régionaux plutôt qu'au budget de l'Etat. Ajoutons qu'avec Internet, rien  n'empèche les amateurs d'ouvrir des sites en langues régionales, sans oublier le latin et le grec ancien...

Il y a en contrepartie une mesure que le gouvernement devrait véritablement adopter d'urgence: rendre l'allemand obligatoire dès la 6e, contre réciprocité négociée par traité (sans exclure l'anglais, évidemment). Ce serait certainement apprécié outre-Rhin, et fort utile à la cohésion européenne. Avec les méthodes du multimedia, les langues s'apprennent beaucoup plus facilement que jadis. Mon regret est de ne pas suffisamment parler allemand pour traduire ces modestes propos, systématiquement, dans la langue de Goethe. Quelle allure cela aurait! 07/05/01


Claude Allègre et les services publics

Dans son manifeste "Changer de politique, changer la politique" (Libération, 4 mai 2001, p.6), Claude Allègre entend sans doute se situer politiquement en recours, à l'approche des élections de 2002. Son message esquisse un programme qui semble plus inspiré des thèses de l'opposition que de celles de la majorité. Il débute cependant en reprenant tous les arguments en faveur de la défense des services publics, arguments qui sont ceux des syndicats mais aussi de beaucoup de citoyens. Il critique la volonté de réduire les impôts, qui se répercutera principalement sur le bon fonctionnement des administrations. Il rappelle que ces dernières, dans l'ensemble (administrations centrales exceptées), manquent d'effectifs et de moyens, notamment informatiques. Il propose des réformes dans le rédéploiement des effectifs, par un mécanisme dont personnellement je ne vois pas bien la faisabilité pratique, destiné à stabiliser les effectifs globaux tout en créant des emplois dans les secteurs le nécessitant. Il s'agit d'un "contrat pluriannuel d'embauche à flux constant".

L'article, que je n'analyserai pas davantage (voir http://www.liberation.fr/quotidien/debats/mai01/20010504b.html) se termine par un appel à une vision politique plus grandiose que celle inspirant les "gestionnaires" actuels, dont il impute, non sans arguments sans doute,  la cécité politique à leur origine commune, l'ENA. Claude Allègre veut des idées. Il a raison. Espérons que d'autres initiatives lui fourniront de quoi réfléchir. Nous avons déjà signalé ici celle de l'Ami Public, de Christian Blanc http://www.amipublic.com/. L'intérêt de cette dernière est qu'elle n'hésite pas à utiliser Internet pour se faire connaître. A quand www.claude-allegre.asso.fr? 05/05/01


Déconcentrer et décentraliser

La région Poitou-Charentes, en liaison avec la mission Ecoter, a organisé le 27 avril une journée intéressante sur le thème "Les TIC au service du développement régional". J'y ai participé et je vais essayer le plus vite possible de vous en donner un  compte-rendu. Beaucoup de sujets d'actualité ont été abordés, qui concernent pratiquement d'ailleurs toutes les régions de France. Comme on peut s'y attendre, les débats dans de telles instances sont sous-tendus par le thème de la déconcentration et de la décentralisation. Le président du conseil de Région Jean-Pierre Raffarin insiste pour demander que cette question soit au coeur des projets politiques dans la prévision des élections de 2002. Il est à craindre que, comme en parallèle le débat sur une Europe fédérale, elle soit éludée par les conservatismes de tous bords. Je pense personnellement que les ministres devraient s'y préparer, au plan technique de la gestion, en ouvrant un dialogue public, y compris sur leurs sites Internet, relativement aux attributions des administrations centrales qui pourraient être déléguées en tout ou en partie aux services déconcentrés et aux collectivités locales. Cette délégation ne devrait pas se traduire par une perte totale de compétence, mais par une administration en réseau obligeant à faire évoluer vers plus d'ouverture de nombreux circuits administratifs. 04/05/01
Le site du Conseil de Région Poitou-Charentes  http://www.cr-poitou-charentes.fr
La mission Ecoter http://www.ecoter.org


Le chancelier Schröder et l'Europe fédérale

Nous sommes loin de l'Internet, mais comment ne pas saluer comme historique, le projet d'Europe fédérale présenté par le chancelier Gerhard Schröder devant le Parti Social Démocrate allemand. Les jeunes français, j'en suis persuadé, lui en sauront gré, qui vivront dans cette Europe là. Mais quel dommage que face à l'enjeu majeur qu'est l'organisation de l'Europe, la France laisse dorénavant à l'Allemagne le rôle enviable de promoteur d'une Europe fédérale. A tout le moins faudrait-il que ses Pouvoirs Publics rattrapent le train, en proposant plus activement les multiples contenus dont notre pays est riche pour que cette même Europe ne se fasse pas sans nous. Nous en sommes loin. L'approche des élections semblent au contraire provoquer chez les principaux leaders politiques un repli accru sur soi - une sorte de Loft story politique? 04/05/01

PS: On suivra aussi avec intérêt le contenu du "projet global pour l'Europe" proposé par la Belgique en vue de sa présidence, et l'accueil qui lui sera fait par les "Autorités françaises". Voir Reuters, Guy Clarisse http://fr.news.yahoo.com/010502/2/18uf6.html 


Rapport de la COB pour l'année 2000

La Commission des Opérations de Bourse vient de publier son rappport annuel pour l'année 2000. Certains y voient un véritable aveu d'impuissance, face aux événements d'une véritable annus horribilis (Le Monde, Adrien de Tricornot, 4 mai 2001, p. 10). Félicitons-nous que ce rapport soit publié en ligne dès sa sortie. Il y a là au moins un effort de transparence à saluer. Chacun pourra ainsi se faire une opinion. http://www.cob.fr/frset.asp?rbrq=actu 04/05/01 


La corruption au quotidien

Sous ce titre un rien racoleur, Challenges de mai (http://www.challenges.fr) n'annonce rien de bien nouveau, ni de très grave, en ce qui concerne tout au moins les administrations de l'Etat. Au contraire, les reporters notent plutôt la sévérité de nombreuses administrations à l'égard des dérives, toujours possibles évidemment, de fonctionnaires isolés, agents des douanes, des impôts, policiers. Ce qu'ils auraient pu décrire, mais ils ne l'ont pas fait, aurait pu être la bienveillance, sinon l'espèce de connivence tacite, existant souvent entre les hiérarchies administratives et les "puissants" du monde économique ou culturel. Mais là il s'agit d'une autre histoire. La chose a toujours existé, elle est sans doute difficilement évitable et, malheureusement, elle reste en général invisible du public. C'est ce que les marxistes, aux temps héroïques, appelaient l'alliance entre le capital et l'Etat contre les travailleurs. 03/05/00


Débâcle municipale pour les communes branchées

Notre excellent confrère Olivier Devillers a consacré un article de Net-Local à ce sujet: "C'est une véritable litanie funéraire : Parthenay : Michel Hervé out, Marly-le-Roi, exit Bernard Longhi, Castres, adieu Arnaud Mandement…" En revanche, le journaliste signale que certains maires ont traversé la tempête: "Alain Risson à Gluiras, André Santini à Issy-les Moulineaux et Michèle Marquet à Chooz ont tous les trois été réélus".

Ce que vous pouvez constater comme moi, indépendamment de la question du résultat des élections, c'est que ce sont, pratiquement depuis 3 ou 4 ans, toujours les mêmes maires qui représentent la communauté des communes dites branchées. D'autres communes, dont on ne parle pas, font aussi l'effort de passer à Intenet, autremeent que de façade. Mais sur 33.000 collectivités, le pourcentage reste de toutes façons microscopique. http://www.netlocal.net/edito/2001/mar/edito18.html 02/05/01


La revue des sites
Consulter le répertoire des sites

Le  30 avril

Education.fr, le portail de l'Education http://www.education.fr/

Ce site a l'ambition de donner accès à toutes les informations en ligne intéressant l'éducation nationale. La tâche est immense, convenons-en. Nous nous interrogeons cependant sur la méthode retenue. Autant il n'y a rien à dire à la liste des services et organismes fournie en bas de la page d'accueil , autant le haut de celle-ci laisse perplexe. Le visiteur est incité à s'identifier (au sein de 5 catégories: parents, élèves, personnels, etc.) puis à préciser ce qu'il cherche (répertoires, programmes, carrières, etc.). Ceci est fait, je suppose, dans la louable mais naïve intention d'optimiser l'accès. Une telle pratique place finalement l'internaute dans un site "goulot d'étranglement". Et d'ailleurs, comment être sûr que les pages proposées correspondront effectivement à l'attente de l'internaute. Le résultat serait plutôt d'angoisser le requérant: "et si j'avais oublié une rubrique, choisi un mauvais embranchement". Nous sommes à l'opposé de la culture de l'hypertexte, reposant sur la sagacité de l'internaute. Notre querelle paraîtra de détail. Il nous semble cependant qu'elle pose une question importante: faut-il prendre en main le citoyen, en lui distillant l'information par bribes, ou lui donner l'accès à l'ensemble, à partir de pages d'ailleurs plus faciles à gérer et mettre à jour par l'administrateur du site?

Un conseil de notre part: espérons que ce genre de formule -qui semble être la dernière panacée proposée par les sociétés conseils- ne va pas s'étendre à l'ensemble des sites de l'administration. Ce serait par exemple le comble pour un chercheur qui, par définition, aime bien se rendre compte des choses par lui-même, de subir ce genre de chose en voulant consulter le site du ministère de la Recherche. Baquiast

http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/01-4005/index.htm