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La Gazette N°27 du 15 septembre 2000

Par Jean-Paul Baquiast jp.baquiast@chello.fr


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Quelques articles mis en ligne sur Admiroutes durant la précédente quinzaine:

14 septembre
GOLEM, ou comment créer des robots évolutifs qui se fabriquent eux-mêmes, par Christophe Jacquemin

13 septembre
Le télétravail dans l'administration
, dossier actualisé, par Jean Paul Baquiast, en vue d'un séminaire en préparation

10 septembre
Starlab, premier constructeur de cerveau électonique
par Christophe Jacquemin

8 septembre
Editorial: Démocratie virtuelle  Virtual democracy par Jean Paul Baquiast

7 septembre
Admiroutes souhaite se renouveller. Nos nouveaux objectifs
.  Admiroutes wishes to change. Our new targets

6 septembre
Contribution au Congrès du PS du groupe de travail "technologies de l'information"
, communiqué par TemPS réels

4 septembre
Editorial. Referendum et consultation par Internet par Jean-Paul Baquiast
Intelligence and consciousness in governments. Message from Roger Amgot

1er septembre
Le mulot d'honneur d'Admiroutes pour le mois de septembre 2000
est attribué au fournisseur d'accès XXX

Le blocnet (index)
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l'index des thèmes

cette quinzaine:

Société: retour sur la TIPP Oil taxation

Il semble que le gouvernement et les Verts en particulier veuillent relancer une politique d'économie d'énergie et de soutien aux énergies renouvelables. Très bien. Tout le monde convient que cela supposera un énorme effort de conviction (ou d'éducation) en direction de l'électeur-citoyen. Internet aura un grand rôle à jouer, répétons-le. Mais il ne faut pas attendre pour en discuter. D'importantes questions liées à la réforme de l'Etat et des politiques publiques  se posent déjà, qu'il faut aborder. Exemple: l'impôt doit-il avoir un simple rôle fiscal, ou être un outil d'intervention économique? L'opinion à la mode ces derniers temps rejetait cette dernière solution, pour de bonnes raisons d'ailleurs. Cependant, dans le cas du pétrole, le débat doit être repris. Pour faire simple, je dirais ceci: maintenons la taxe sur les carburants (TIPP) à son niveau actuel, lorsqu'il s'agit de produits pétroliers. Subventionnons et détaxons au contraire , avec les produits de cette taxe notamment, les carburants dits verts, véhicules électriques, etc.  qui actuellement sont trop chers pour être compétitifs. Dans le même esprit, le ministre des finances aurait expliqué que la suppression de la vignette auto s'imposait pour tous (on ne pouvait continuer à ennuyer des millions d'automobilistes payant des vignettes de bas de gamme pour quelques milliers de possesseurs de grosses voitures). Voilà un argument qui, sauf le respect du à l'auguste administration des finances, et à son chef, ne tient pas. Il aurait été très facile (et peu coûteux administrativement) de maintenir les vignettes pour les grosses cylindrées, 4/4, etc. Les constructeurs n'auraient pas aimé, mais est-ce à eux de faire la loi? 13/09/00

Why not maintain high level of taxation on fuel, and use the money for subsidizing "green" fuel, electric cars and so on, which presently are too expensive for being competitive? Internet fora should be usefull for such a discussion.


Le local associatif se développe

Ce n'est pas un scoop, mais quand même. Signalons deux nouveaux sites associatifs locaux qui vous intéresseront:
- le Réseau Idéal http://www.reseau-ideal.asso.fr/ axé sur le conseil en développement, environnement et aménagement local, plus particulièrement en Ile de France.
- @Pronet @ssociation des professionnels Internet et Webmestres territoriaux.http://perso.wanadoo.fr/jjhld/apronet/


Commission Mauroy et débat sur la décentralisation

Je suis personnellement scandalisé par la façon dont sont menés les travaux de la Commission Mauroy, mise en place  par le Premier ministre il y a quelques mois pour lancer "l'acte II de la décentralisation". Ce n'est pas au président Mauroy que j'en veux, mais à l'absence de démocratie de ces travaux, acceptée dès leur origine. Non seulement ils ont duré des semaines et des mois, bien inutilement, puisqu'ils n'ont pas encore abouti. Non seulement, les décisions sur la Corse sont venues, sans liens avec lesdits travaux, apporter de nouveaux éléments de discussion, sinon de perturbation. Non seulement maintenant les élus de l'opposition se mettent en suspension de participation. Mais encore il nous faudra attendre encore un nombre indéterminé de semaines ou de mois avant de se faire une idée des questions et solutions envisagées.

Dans le même temps, on nous consulte sur le quinquennat - question qui, selon les points de vue, est sans rapport avec la décentralisation, ou au contraire, tout à fait liée. Nous aimerions bien savoir si ces liens existent ou non. Pour éclairer le tout, la Sofres fait des sondages sur la décentralisation, à partir de bases trop générales pour être bien utiles (39% des sondés voudraient "aller un peu plus loin". Comprenne qui pourra).

Qu'est-ce qui vous scandalise, brave homme, me direz-vous? Il s'agit, ajouterez-vous, de questions difficiles, controversées. Le gouvernement et Pierre Mauroy recherchent le maximum de consensus. Il n'est pas possible par ailleurs de faire connaître, avant de les avoir soumis au gouvernement et au Parlement, les solutions envisagées. Attendez donc patiemment que les choses aillent leur bonhomme de chemin. Il y a déjà assez de patates chaudes qui circulent pour ne pas en lancer d'autres.

C'est là précisément que je vous arrête. Ce qui nous intéresse en priorité, en tant que citoyen, ce n'est pas de savoir ce que le gouvernement ou le parlement vont décider - en nous mettant devant le fait accompli. Ce sont les travaux préparatoires, les solutions envisagées, fussent-elles contradictoires, les positions prises par tel ou tel représentant.

Bref, une Commission comme celle-ci n'a pas de sens, aujourd'hui, à l'heure de la société de l'information, si elle ne publie pas en temps réel, sur Internet, les procès verbaux complets de ses travaux, brut de décoffrage. Aujourd'hui, la démocratie, selon moi ( et beaucoup d'autres) c'est d'abord cela 11/09/00


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Société: le citoyen et l'entreprise Citizens and corporate power

Selon Business week daté du 11 septembre, http://www.businessweek.com/2000/00_37/b3698001.htm cité par Le Monde du 9, p. 36, le citoyen américain commencerait à revendiquer plus de transparence et de démocratie dans le fonctionnement des grandes entreprises. En un sens, ce n'est pas nouveau, puisque les mouvements alternatifs ou consuméristes sont déjà puissants aus USA, utilisant massivement Internet. Mais dans le cas présent, il semble que la revendication citoyenne à l'égard du big businness est voisine de celle s'adressant aux gouvernements: vous êtes trop arrogants, vous décidez seuls sur des questions qui concernent notre present et notre avenir. Il faut que cela change. Changer comment, c'est la question. L'utilisation d'Internet au service de la citoyenneté jouera certainement un rôle. 10/09/00

Business Week, in its copy of 11/09, mention  (Too much corporate power?) that US citizens consider that big business (as governments incidentally) do not consult them enough. They make important decisions, having heavy repercussions for all , without any democratic debate. How this could change? That is the question. But surely internet will offer some solutions.


Société: les taxis et le prix du carburant Taxis and oil prices

La décision gouvernementale en date du 8 septembre autorisant les taxis à répercuter les hausses des carburants dans leurs tarifs me parait exemplaire. C'est au client final de supporter le coût du pétrole, et non à la chaîne des producteurs intermédiaires. Ceci aidera par ailleurs à rechercher des solutions alternatives ne faisant pas appel au pétrole: transports en commun électriques, voire vélos ou rollers. Je simplifie, mais l'idée est là, reprise d'ailleurs en partie par la proposition faite aux transporteurs routiers d'utiliser des contrats-types répercutant sur les chargeurs les modifications des prix du gaz-oil. 10/09/00

It is a good solution to authorize taxi-drivers to increase their tariff when oil prices are rising. The end-consumer must pay, and not middlemen. This solution is good too for alternative solutions. If you are not satisfied by the cost of taxis, why not take your bike or rollers - or vote for political parties supporting electric transportation.


Retour sur le problème du prix du pétrole. Oil price rise

Ce matin 8 septembre, sur France Inter, Stéphane Paoli interrogeait Mme Loyola de Palacio, commissaire européen aux transports. Celle-ci, dans un français parfait, rappelait que la Commission européenne n'a pas hélas de mandat pour une politique commune de l'énergie, qui demeure de la compétence nationale. Par contre, il y a une politique européenne des transports, qui recommande plus ou moins les transports de substitution à la route: ferroroutage, voie fluviale et maritime, transports routiers moins consommateurs et moins polluants. Très bien. Mais tous les participants au débat de s'étonner: pourquoi ne parle-t-on pas de tout ceci, pourquoi n'y a- t-il pas d'espace(s) d'information et d'échange où ces grandes questions seraient non seulement présentées, mais discutées publiquement. Or personne, Stéphane Paoli le premier,  n'a, évidemment, évoqué Internet. Faisons le une minute à sa place.

Si j'étais les Verts, par exemple, il y a longtemps que j'aurais ouvert un site  et un forum Internet sur le thème, mettons, du gaz-oil à 10 FF le litre et les conséquences à prendre pour éviter de pénaliser ceux qui, actuellement encore, roulent et se chauffent avec ce carburant.

Le site comporterait un grand tableau. A gauche, je mettrais les avantages de l'augmentation du prix du pétrole: encouragement aux économies d'énergie et aux énergies de substitution (y compris, osons-le dire, au nucléaire nouvelle génération), moindre dépendance à l'égard du dollar et des pays producteurs de pétrole, diminution des gaz à effets de serre, relance des industries travaillant au service des transports non routiers ou moins consommateurs en pétrole, mise en réserve de gisements pétroliers pour les industries chimiques et pharmacologiques des prochaines décennies, etc.

A droite, je mettrais les inconvénients: hausse de divers prix, mise en difficulté de certaines professions, éventuel ralentissement temporaire de la croissance, en attendant l'effet de relance des industries alternatives.

Enfin, j'en viendrais aux solutions (c'est là que l'on m'attendrait, évidemment). Il est évident que l'on ne peut brutalement augmenter les prix du pétrole sans permettre aux entreprises qui s'en servent, en attendant une reconversion vers des solutions plus économiques en pétrole, de répercuter sur la chaîne des clients l'augmentation de coût qu'elles subissent. Il y a là une vaste éducation du consommateur final à faire, ainsi que des circuits d'intermédiaires. Le client doit payer le transport à son prix, comme d'ailleurs les produits provenant de secteurs gros consommateurs en énergie, comme ceux de l'agriculture. Si l'on veut des navires sûrs, des transports ferroviaires plus efficaces, des camions, des taxis et des tracteurs  consommant moins, exploitant moins le salarié et le petit patron, et à terme marchant à autre chose qu'au gaz-oil - si l'on veut enfin moins de gaz à effet de serre, moins de pollution et moins de morts sur les routes, il faut le payer. Quelques simulations rapides ont d'ailleurs montré, si je ne m'abuse, que l'augmentation à l'unité de valeur du produit final consommé ne serait que de quelques %, amortis d'ailleurs sur 10 à 20 ans.

Pour terminer, et toujours si j'étais les Verts, au lieu de menacer de quitter le gouvernement tout en y restant, je ferais discuter le brave citoyen que je suis sur l'opportunité, à long terme, de la politique ci-dessus résumée, et, à court terme, de certaines mesures récemment prises ou envisagées: notamment la suppression de la vignette auto et la baisse de la Taxe sur les produits pétroliers.

Je dis: si j'était les Verts, je ferais ce qui précède, avec l'aide d'Internet. Mais je pourrais dire la même chose de tous les partis politiques, syndicats, et finalement du gouvernement. La démocratie, c'est bien cela: informer le citoyen des choix possibles et discuter avec lui de l'intérêt de telle ou telle option. Vous me direz qu'Internet n'est pas l'outil adéquat pour ce faire. Mauvais prétexte pour continuer à refuser la transparence. C'est vrai qu'Internet est une vraie brouette, aujourd'hui encore, mais il faut dès maintenant mettre en place des outils beaucoup plus modernes que l'Internet actuel, rentrant dans le domaine de la gestion des connaissances, de la réalité virtuelle, et permettant une vraie interactivité. C'est une autre histoire, dont nous allons bientôt j'espère discuter avec vous sur Admiroutes. 08/09/00

This morning on France Inter, Mrs de Palacio, european commissaire in charge of transports, was mentioning the european policy aiming to promote substitutions to road transport:  tramways, ferroroutage, maritime and fluvial transports, economies of energy, etc. Apparently, she was surprised that such solutions were not enough known, discussed and supported in France. The point is that we have not yet in this country public agora or fora using the modern methods of the Internet for promoting new ideas and solutions.

For instance, it is quite surprising that the Greens, however discontented they appear to be with government policy confronted to road transporters, have not yet propose public forum explaining the various advantages of high-price and high taxation of fuel oil, especially for promoting alternative solutions in the domain of transport, energy, agriculture and new non polluant technologies.

Of course, to-day, Internet is a bit slow and clumsy for permitting big enough democratic discussions. But, if there is really a will for enhancing democracy, new technologies in the domain of knowledge management, 3D simulations and agoras are now available. We shall try to give later on this site some exemples of their possible uses 08/09/00 .


Enfin un journaliste qui cite l'adresse Internet de ses sources! Written press and URL of sources

Nous avions regretté que celui que nous appellions le journaliste-papier (qui publie ses articles dans les journaux traditionnels) nous étonne à peu de frais en manifestant une science souvent copiée-collée à partir de sources Internet, dont il ne donne pas l'adresse URL - nous privant du même coup de la possibilité de compléter nous-mêmes l'information en consultant les-dites sources. Beaucoup de nos correspondants ont réagi dans le même sens. Il faut donc saluer ceux des journalistes qui ont compris que cette démarche ne les grandissait pas, et finalement ne trompait plus grand monde.

Donnons donc ici une grosse médaille en chocolat à Hervé Kempf, qui publie dans le Monde du 5 septembre un article, au demeurant excellent, sur "Le pétrole et la planète", et qui nous donne les références sur le web des rapports qu'il a consultés (par exemple le rapport Energy outlook 2000 du département américain de l'énergie www.eia.doe.gov). Hervé Kempf a su, à partir de ces données de base, poser pour nous le vrai problème qui se cache derrière toutes les discussions sur le prix du pétrole, la taxation, les énergies de remplacement. Ce problème est: si l'on veut lutter contre le risque majeur menaçant la planète, à relativement court terme, qui est le réchauffement climatique et l'augmentation des gaz à effet de serre, il faut accepter un pétrole cher. Les gouvernement ne font pas leur devoir en ne préparant pas l'opinion à cette perspective. Supprimer la vignette automobile et ne pas expliquer tous les avantages économiques annexes que pourrait produire un recours aux énergies de remplacement et aux économies d'énergie, s'appelle vraiment piloter à courte vue.  La pauvreté du site de l'ADEME (http://www.ademe.fr/) Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, le silence des Verts sur ces questions, procèdent de la même politique, que de mon jeune temps on appelait celle du chien crevé au fil de l'eau.*

* Ce dossier est très important. L'utilisation d'Internet pour la sensibilisation de l'opinion s'impose. Nous y reviendrons prochainement. Merci à Hervé Kempf d'avoir soulevé - ou re-soulevé le lièvre. 05/09/00

French journalists for the written press and the radio use more and more internet sources for their articles, but they generally forget to give the URL of these sources. It is a pity for readers who cannot supplement their information, and not very nice for web authors and editors. But a few of papermen are now changing, and it is fair to notice it.


Internet, les instituteurs et les agrégés

Vous avez peut-être remarqué, à l'occasion des nombreux interviews faits par les médias à l'occasion de la rentrée scolaire, combien les instituteurs comprennent mieux le rôle pédagogique d'Internet que toutes les autres catégories d'enseignants. L'un de ces instituteurs, dans le 7/9 de Stéphane Paoli du 5 septembre, rappelait cette parole très juste de Joël de Rosnay: "il ne faut dire* "connecter les écoles à Internet", mais "connecter les écoles entre elles grâce à Internet". Notre instituteur avait tout compris, et mérite de ce fait les palmes académiques, s'il ne les a pas encore. Mais pourquoi les agrégés, par exemple (que la corporation me pardonne) ne disent-ils pas la même chose, font les délicats, s'interrogent et finalement, en restent pour le plus grand nombre d'entre eux, aux vieilles méthodes? Avançons une explication: les instituteurs ne croient pas tout savoir et sont donc à l'affût des moyens leur permettant de se perfectionner et d'améliorer le service rendu aux enfants. Ce n'est pas le cas des agrégés ou autres diplômés qui, quoiqu'ils en disent, considèrent de haut les solutions pédagogiques utilisant Internet, qu'ils appellent parfois entre eux (j'ai entendu le mot) le tableau noir du pauvre...tableau noir du pauvre (ou de l'exclu) au sens propre, car le couple Internet-multimédia est souvent la seule façon de redonner le goût d'apprendre à des élèves parlant mal le français, pas aidés par leurs familles, et rejettés par la scholastique des établissements des beaux quartiers.

* comme les ministres successifs de l'éducation nationale

L'opération-vérité de Claude Allègre

Quelle que soit l'estime relative que l'on porte aux talents réformateurs de Claude Allègre, force est de reconnaître que, tant dans son dernier livre (Toute vérité est bonne à dire, entretiens avec Laurent Joffrin, Robert Laffond-Fayard) que dans les nombreux interviews qui l'ont suivi; il dit quelque chose de gênant pour les naïfs thuriféraires de la réforme administrative que nous sommes: l'on ne peut rien faire en France contre les "corporations" de fonctionnaires qui s'approprient le service public pour la défense de leurs propres intérêts. L'ancien ministre a l'habileté de ne pas viser seulement les enseignants, mais les postiers (ouvrir les bureaux de poste le samedi après-midi) et les services déconcentrés des finances (fusionner assiette et recouvrement des impôts). Toutes les administrations se trouvent donc mises sur la sellette.

Le plus exaspéré des administrés, s'il veut se donner la peine de réfléchir,  aura cependant du mal à accepter une affirmation aussi simpliste. Les tendances à la corporatisation par grandes administrations, et la défense spontanée des situations acquises (qui ne sont pas toujours des avantages) existent certes, mais elles ne sont propres ni à la fonction publique ni à la France. De plus, il est impossible d'admettre que rien ne puisse changer. Claude Allègre propose bien un remède, la déconcentration, remède auquel d'ailleurs il n'avait guère fait appel étant ministre, à une époque où ses collaborateurs se plaignaient de devoir tout faire passer par lui . Mais il se hâte d'expliquer que, précisément, la déconcentration est impossible, du fait des corporations. Alors que faire?

Pour notre part, nous restons persuadés que, si la déconcentration, accompagnant d'ailleurs la décentralisation, est une solution, elle ne se fera pas par voie administrative autoritaire, mais en généralisant l'accès de tous les acteurs de la vie sociale à des réseaux et modes de travail coopératif obligeant chacun à s'informer, puis à tenir compte, des besoins, des desiderata et des réalisations des autres. Ceci va dans la ligne des études récentes sur le fonctionnement de la conscience dans les cerveaux humains, que nous citons dans les articles et références consacrés par Admiroutes à ce que nous appelons les automates intelligents. Il n'y a pas de raisons de considérer que la formation et la mise à jour d'une conscience collective ne puisse de faire, mutatis mutandis,  de la même façon que celles de la conscience d'un individu raisonnablement intelligent et informé.

Mais, dira-t-on, que peut faire l'Etat pour favoriser l'émergence de cette conscience collective renouvellée des nouveaux besoins et des nouvelles solutions?  La réponse est simple: brancher systématiquement, et à grande vitesse, les gens et les institutions, en les encourageant à utiliser le plus libéralement possible ces nouveaux moyens de travail en commun. C'est en principe, avec le Programme d'action pour la société de l'information, la politique gouvernementale actuelle. Il y a malheureusement encore loin des principes aux réalisations. L'accueil consterné fait, m'a-t-on dit, à Hourtin, aux fonctionnaires expliquant les grands bénéfices de ces nouveaux paléosauriens que semblent être à l'usage les SIT, ADER et autres SOLON concoctés par des experts de la communication administrative, ne rassure pas sur la façon dont les gens du terrain vont se trouver mobilisés pour échapper à l'emprise prétendue mortelle des corporations. 04/09/00.


Le service de la redevance télévisuelle

A l'occasion de la proposition, aujourd'hui rejettée, faite par le rapporteur du budget à l'Assemblée Nationale, et visant à supprimer la redevance télévisuelle, la presse fait circuler des chiffres assez effrayants: 1.400 fonctionnaires des finances s'occuperaient du recouvrement de cette taxe. Première question du naïf mal informé: ce chiffre est-il exact? Deuxième question: l'utilisation de technologies modernes pour l'exécution d'une opération techniquement simple, ne permettrait-elle pas de remplacer, sinon tous, du moins une grande partie de ces agents? Si ceux-ci étaient affectés à d'autres tâches, tout aussi utiles au budget, comme l'amélioration de l'assiette et du recouvrement d'autres impôts, le montant de la redevance, et donc supposons-le, la qualité du service public de l'Audiovisuel, pourraient en être abondés d'autant. Bon, voilà que je fais de la démagogie facile, à mon tour. C'est de la faute aux chiffres. Il vaudrait mieux rester toujours dans le flou. 29/08/00


Le Haut Conseil de la Coopération Internationale et Internet International cooperation and internet

Le ministère des affaires étrangères, dans des pages bien faites, consacrées à la réforme du dispositif de coopération internationale, publie le Memorandum de la France pour mieux répondre aux enjeux du développement ttp://www.france.diplomatie.fr/cooperation/developpe/memorandum/02.html>

On y trouve la présentation du Haut Conseil de la Coopération Internationale, ainsi décrit: " il permet d’associer des représentants de la société civile à la définition de la politique de coopération internationale pour le développement. Il a été installé par le Premier Ministre le 26 novembre 1999. Présidé par M. Jean-Louis Bianco, ancien Ministre, le Haut Conseil est composé de 60 représentants d’associations de solidarité internationale, de collectivités territoriales, de fondations, de groupements professionnels ainsi que d’universitaires, d’experts et de personnalités qualifiées. Le Haut Conseil a pour but de permettre une concertation régulière entre acteurs publics et privés de la coopération internationale, dans un souci de cohérence de leurs actions. Il doit également favoriser l’adhésion du public à ces différentes actions. A cet effet, il émet des avis et des recommandations sur l’ensemble des questions de coopération internationale. ..etc."

Tout cela est très bien. Mais; compte-tenu de son ouverture déclarée vers la société civile, le HCCI se devrait d'avoir un site Internet très interactif; non seulement pour informer qui de droit de ses actions, mais recueillir toutes suggestions venant de ladite société civile. . A quand ce site, Mr Bianco? Je l'ai cherché en vain. Mais peut-être existe-t-il quelque part, sans que j'ai su le trouver? Il faut regarder par exemple ce que fait le British Council http://www.britishcouncil.org/, dont les attributions ressemblent un peu, me semble-t-il, à notre HCCI29/08/00

Ministry of foreign affairs, in France, has now a Council for International Cooperation. Very well. But where is the web site of this council. I have not  yet found its URL. Do they expect to promote international cooperation without internet? Have a look for instance at what is doing the British Council.


La revue des sites
Consulter le répertoire des sites

Le  11 septembre

Institut national d'études démographiques INED http://www.ined.fr/
New ! Ined site in english http://www.ined.fr/englishversion/index.html

L'INED vient de publier (Le Monde du 10/11 septembre, p. 10) un bilan des évolutions de la population en France, qui montre un record de natalité en 1999, plaçant la France au 2e rang européen après l'Irlande. Le rapport est rempli d'autres informations intéressantes, notamment sur la mortalité et ses causes. Bref, nous sommes allés aux sources sur le site de l'INED. L'on y trouve beaucoup de données, de quoi documenter de nombreuses études et articles. Mais, pas trace visible de ce rapport du 8 septembre. Peut-être est-ce trop tôt, mais pourquoi ne pas prendre la bonne habitude de publier les nouveautés sur Internet en même temps qu'elles sont présentées à la presse. Il est clair que le lecteur a immédiatement besoin de se référer au texte original, la presse jouant le rôle d'alerte et de commentaire critique par ailleurs indispensable.  

Autre observation, le site n'est pas interactif et ne permet pas aux lecteurs de poser les questions, souvent controversées, que suscite la démographie. Le Comité de rédaction du site tient à préciser que les données fournies sont "officielles". Très bien, mais cela n'empêcherait pas des débats d'idées, d'ailleurs essentiels à une publication scientifique. Fidèle lecteur de la chronique d'Hervé le Bras dans La Recherche, je sais personnellement que les sujets de discussion ne manquent pas.

Notons également une version anglaise du site, ce qui est une excellente initiative. Tout n'est pas encore traduit, mais beaucoup d'informations le sont, notamment en matière de terminologie. Voilà quelque chose que les sites administratifs et scientifiques français devraient faire systématiquement désormais. C'est du travail en plus, bien sûr, mais quel gain en communication. Baquiast

We are very happy to find here http://www.ined.fr/englishversion/index.html an english version of the INED site. Such solution should be now adopted by all french administrative and scientific sites.

Le 6 septembre

logo radon L'Atlas des concentrations de radon en France http://www.ipsn.fr/informations/radon/mesureradon/index.html

L'Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN) publie le premier atlas des concentrations du radon en France. Celui-ci émane de quelque 12641 mesures collectées depuis dix-huit ans à l'intérieur d'habitations et de bâtiments tant publics que privés (données recueillies dans le cadre de la campagne nationale de mesure du radon conduite en collaboration avec les pouvoirs publics et tout particulièrement, depuis 1992, avec la Direction Générale de la Santé (DGS) et les Directions Départementales des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS).
Le site permet de visualiser par département les niveaux moyens  de ce gaz mesurés dans l'habitat, ainsi que les niveaux moyens dans les quelque 10013 communes où ils ont été mesurés. Les données seront enrichies et mises à jour tous les deux ans.
Très bonne initiative que de les rendre ici accessibles au plus nombre puisque le radon a été reconnu comme agent cancérigène pour le poumon. Rappelons que ce gaz peut s'accumuler dans les espaces clos, notamment les maisons et que le meilleur moyen de lutter contre cette concentration est d'assurer une bonne ventilation des locaux. Provenant de la désintégration du radium et de l'uranium présents dans la croûte terrestre, il se concentre surtout dans les régions granitiques (concentration moyenne qui ne dépasse pas 22 béquerels/mètre-cube à Paris, tandis qu'elle peut atteindre 264 Bq/m3 en Lozère). Christophe Jacquemin.

Le  4 septembre

Nouvelle Calédonie http://www.etat.nc/

Il faut sans doute être une ile éloignée de la Métropole pour disposer d'un site administratif aussi complet que celui mis en place par le Haut commissariat de la République en Nouvelle Calédonie, que bien des départements ou régions pourraient envier. Il me semble que tout y est ou presque. Sans doute faudrait-il interroger les habitants eux-mêmes, y compris évidemment les Canaques, pour savoir s'ils trouvent sur le site toutes les informations dont ils ont besoin. Quelques adresses électroniques manquent encore. Cependant , par exemple, la rubrique Ecrivez-nous est d'une grande richesse http://www.etat.nc/Haussariat/ecrivez-nous___.htm. Bref, vu d'ici, c'est très très bien. Baquiast

Le  1er septembre

Logo Faunaeuropeaea Faunaeuropaea. Un site pour répertorier les animaux multicellulaires terrestres et d'eau douce vivant en Europe http://www.faunaeur.org

Aujourd'hui en construction, et prévu pour être achevé en 2004, le site Fauna Europaea vise notamment à élaborer une gigantesque base de données des noms scientifiques de l'ensemble des animaux multicellulaires terrestres et d'eau douce vivant en Europe.Piloté par l'Université d'Amsterdam, ce programme européen est soutenu à hauteur de 2,96 millions d'euros par l'Union européenne. Il groupe quelque trente partenaires issus d'établissements scientifiques ou d'institutions de plus de quinze pays, dont -pour ce qui concerne les français-  le Museum national d'histoire naturelle et le laboratoire d'écobiologie des insectes parasitoïdes (université de Rennes 1). Christophe Jacquemin.

Le  30 août

ifg

International Forum on Globalization http://www.ifg.org/

"The International Forum on Globalization (IFG) is an alliance of sixty leading activists, scholars, economists, researchers and writers formed to stimulate new thinking, joint activity, and public education in response to economic globalization. Representing over 60 organizations in 25 countries, the International Forum on Globalization associates come together out of a shared concern that the world's corporate and political leadership is undertaking a restructuring of global politics and economics that may prove as historically significant as any event since the Industrial Revolution. This restructuring is happening at tremendous speed, with little public disclosure of the profound consequences affecting democracy, human welfare, local economies, and the natural world."

L'IFG se présente  http://www.ifg.org/about.html comme un Think tank ou groupe de réflexion représentant une cinquantaine d'associations de par le monde, souhaitant proposer des alternatives à la globalisation, conçue comme le libre-échange généralisé. Fortement inspirée par des points de vue (et sans doute des intérêts) américains, elle présente cependant l'intérêt de ne pas défendre des attitudes irresponsables ou inapplicables, comme celle de certains mimlitants de l'anti-Seattle ou anti-OMC. Il semble qu'une véritable réflexion sur des alternatives politiques crédibles soient menées en son sein. C'est ainsi qu'une des orientations actuellement proposée est de remettre en selle l'ONU plutôt que l'OMC, pour régler les conflits économiques entre pays et groupes. La proposition parait saine, même si elle rencontre les obstacles que l'on imagine. Il faudra bien en venir à mieux utiliser l'ONU pour le futur et indispensable "gouvernement du monde". Une conférence sur ce sujet aura lieu le 5 septembre 2000 à New-York, dont il sera intéressant d'étudier les conclusions.

La liste des associés est instructive, car très diversifiée et très internationale. On y trouve, pour la France, Agnès Bertrand, Observatoire de la Globalisation Economique 14 Grande Rue Sauve, 30610 Tel: 33-04-66-770704 (pas d'e-mail?) et Jean-Pierre Page, Confération Générale du Travail, 263 Rue de Paris 93516 Montreuil cedex internat@cgt.fr Un commentaire: c'est bien que ces personnes et organismes nous représentent, mais ce serait peut-être une bonne chose que d'autres se joignent à eux, et que l'on parle un peu plus ici de se qui se discute à l'IFG. Baquiast

Le  29 août

Cyberpapy.com: soutien scolaire http://www.cyberpapy.com

Le N° 1200 de VSD en date du 30 août fait une présentation qui nous a paru très sérieuse, assortie de conseils judicieux, des sites webs francophones destinés aux jeunes enfants. Nous en extrayons un site particulièrement exemplaire, celui de la Fondation Boulanger, qui regroupe notamment des retraités de l'enseignement. Ce site, Cyberpapy, reçoit les questions des élèves en panne et s'efforce de leur répondre. Un soutien est dispensé à l'occasion. Le tout gratuitement. Voici une façon exemplaire de poursuivre une activité utile et désintéressée même longtemps après l'âge de la retraite. De telles sites devraient s'épanouir partout, et dans tous les domaines, tellement les besoins sont grands.  A quand un portail des initiatives de cette nature. Signalez-les nous si vous en connaissez. Baquiast

http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/00-2709/index.htm