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Europe puissance scientifique
et technologique

Europe as a scientific and technological power
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Manifeste
Version du 14 février 2004

Nous invitons ceux qui approuvent les grandes lignes de ce texte à le signer et à le diffuser, notamment par Internet. Pour adresser votre signature, éventuellement vos titres et vos commentaires, envoyer un message à mani.europepuissancescientifiquelaposte.net
Important : provisoirement, la liste des signataires ne sera pas diffusée sur le site, non plus que les commentaires, mais archivée. Vous nous indiquerez si vous NE SOUHAITEZ PAS, en cas de publication ultérieure, que vos noms et éventuels commentaires soient rendus publics.


Pour une Europe indépendante par le développement
des sciences et technologies de souveraineté

par Automates-Intelligents et PanEurope.France

Résumé

Les gouvernements et les opinions européennes ne semblent pas avoir encore suffisamment compris que l’Europe ne deviendra pas une puissance autonome dans les prochaines années, si elle ne se dote pas des programmes scientifiques et des équipements, civils et militaires, sur lesquels les Etats-Unis quant à eux ont décidé depuis déjà longtemps et à juste titre de fonder leur propre puissance.

Plusieurs grands domaines émergents nécessitent des investissements et des moyens de fonctionnement bien supérieur à ce qu’y consacrent les pays européens, seuls ou dans le cadre de l’Union. Il s’agit de l’informatique et des réseaux des prochaines décennies, des biotechnologies, des nanotechnologies, de la robotique intelligente et des sciences cognitives. Aux Etats-Unis, ces domaines, en parallèle avec ceux plus classiques intéressant la défense, l’espace ou l’énergie, bénéficient de crédits publics très importants et d’un accompagnement permettant au secteur privé d’en tirer tous bénéfices.

Les Européens ignorent encore trop souvent les enjeux qui sont derrière ces diverses émergences, ou ne sont pas prêts à consentir les sacrifices permettant à l’Europe de rattraper son retard. Mais, plus gravement, il semblerait que fidèles à une conception historiquement dépassée de l'alliance atlantique, ils n’osent pas affirmer la nécessité d'assurer pour eux-mêmes la maîtrise des technologies de souveraineté qui assurent le développement économique et le progrès social ainsi que le maintien de la diversité culturelle.

Ce manifeste inaugure un certain nombre d’initiatives par lesquelles ses auteurs espèrent contribuer à sensibiliser les opinions sur la nécessité d’arrêter le mécanisme de décadence engagé depuis trop longtemps. Il faut de toute urgence définir des politiques de puissance scientifique et technologique ambitieuses. Elles intéresseront l’ensemble des 25 membres de l’Union et s’appuieront sur des coopérations avec d’autres pays souhaitant participer à la construction d'un monde multipolaire.


Le manifeste

Pourvue d'une monnaie, de nouvelles frontières, d'une ébauche de politique extérieure, d'un embryon de défense commune, et bientôt d'une constitution, l'Union européenne, cinquante ans après sa naissance, est en train de se doter des principales institutions sur lesquelles pourrait se fonder une souveraineté politique.

Mais dans le même temps les Européens ne se sont pas encore décidés à engager les programmes de recherche scientifique et de développement technologique qui sont dorénavant les clefs de la souveraineté, celle qui façonne le monde et qui changera radicalement son avenir.

La plupart des scientifiques, de toutes disciplines, le constatent chaque jour avec un découragement croissant. Ils voient s'en aller vers les Etats-Unis, le Japon, la Chine et bientôt les autres pays asiatiques, les meilleurs des jeunes chercheurs formés non sans mal dans nos universités. Il en est de même des industriels, ceux du moins qui cherchent encore à maintenir en Europe des centres de décision et des laboratoires de recherche avancée.

Les acquis incontestables des anciennes politiques industrielles et scientifiques font encore illusion. On se félicite, à juste titre, de l'Airbus, du TGV, de compétences certaines dans les sciences de la vie et dans la recherche médicale, de grands équipements comme ceux du CERN ou des observatoires astronomiques.

Mais ceci aveugle l'opinion, qui ne perçoit pas qu'aujourd'hui la guerre se livre sur d'autres terrains, terrains où nos concurrents ont décidé de se donner une maîtrise absolue, ce qui par définition exclue la coopération sur un pied d'égalité avec d'autres. Ces terrains sont ceux des sciences que la National Science Foundation américaine a nommé en 2002, dans un rapport devenu un véritable acte de foi en l'avenir, les sciences "émergentes et convergentes". Le terme de sciences émergentes se comprend de lui-même, sauf à préciser qu'aux Etats-Unis elles ont émergé depuis au moins 15 ans. Celui de sciences convergentes traduit un phénomène nouveau : elles se fécondent les unes les autres dans un enrichissement de type exponentiel.

De quoi s'agit-il plus précisément ? D'abord des super-calculateurs et des super-réseaux intelligents qui sont les outils de base, non seulement de toutes recherches, mais aussi de la guerre de l'information (information war) laquelle aspire au profit de la puissance dominante les ressources scientifiques, industrielles et culturelles du reste du monde. Viennent ensuite les biotechnologies, sources de pratiquement toutes les recherches en matière de santé humaine, de biologie et pour l'exploitation-conservation des milieux naturels. Les nanotechnologies, qui coopèrent très étroitement avec les biotechnologies, débouchent sur l'ingénierie, c'est-à-dire la modification, des molécules et bientôt des atomes, en ouvrant à la pratique industrielle le vaste champ du quantique (que l'on pense à l'ordinateur quantique). La robotique évolutive, dite aussi des machines pensantes, s'attache pour sa part à réaliser des entités artificielles qui seront des auxiliaires ou même des précurseurs de l'homme, dans tous les domaines où les moyens physiques et les capacités de réaction intellectuelle de celui-ci trouvent leur limite, comme en ce qui concerne l'exploration planétaire Enfin, les sciences de la connaissance et de l'apprentissage étudient la façon de valoriser le cerveau humain associé aux réseaux, notamment sur les plans de l'invention individuelle et collective (au sein des organisations dites évolutives ou "smart"). Elles travaillent évidemment très étroitement avec les neurosciences, lesquelles explorent dorénavant systématiquement ce "continent" qu'est le cerveau humain.

En support des recherches nécessaires à ces sciences, les Etats-Unis ont préparé un programme à 20 ans de grands équipements (utilities) qui fourniront les ressources au calcul et à l'expérimentation, ainsi qu'à la mise en réseau des connaissances, dans la perspective de la convergence. On en trouve la liste dans le rapport au Président remis par le secrétaire au Commerce fin 2003. (voir http://www.science.doe.gov/Sub/Facilities_for_future/20-Year-Outlook-screen.pdf).

Dans la plupart des cas, il s'agit de sciences et technologies duales, c'est-à-dire utilisables tant au plan civil que militaire. Encore ne mentionne-t-on là que ce qui fait l'objet d'une large communication, notamment sur Internet. Mais parallèlement des programmes sous contrôle du Pentagone, couverts par le secret (classified), visent à réaliser les systèmes d'armes du futur. On soupçonne actuellement l'existence d'un tel programme dans le domaine des assembleurs moléculaires, capables de générer des entités physiques nanométriques dotées d'une forme de vie proche de celle des virus, et bien plus agressives potentiellement.

Dans toutes ces recherches, le travail des scientifiques est étroitement associé avec celui des industriels qui se chargent de réaliser et mettre sur le marché, dans des délais courts, des produits et savoir-faire disposant de plusieurs années d'avance. On n'en fera pas la liste ici. Toutes les industries et tous les services sont pratiquement concernés.

Ce qu'il faut retenir, c'est que ces développements sont toujours peu productifs de bénéfices à court terme. Ce ne seront donc pas les entreprises qui feront l'essentiel des investissements, même s'il sera de leur intérêt à moyen et long terme d'y contribuer. Ceux-ci ne seront réalisés que dans le cadre d'une volonté géopolitique, militaire mais aussi et très largement civile, impulsée et financée par les Etats et par l'Union européenne. Il faut donc faire appel aux financements publics visant le long et parfois le très long terme, sans perspective de retour direct immédiat. C'est la position des Etats-Unis qui, confrontés au reste du monde s'en trouvent constamment renforcés, ce qui leur permet aussi de continuer à drainer la matière grise et les valeurs ajoutées produites sur les autres continents.

L'Europe se rend-elle compte de tout ceci ? A-t-elle un horizon ou tout simplement offre-t-elle une perspective collective dans ces domaines?

L'Europe semble souffrir de deux handicaps majeurs :

- le premier est l'insuffisance de la sensibilité scientifique des personnels politiques et des décideurs économiques, qui se répercute sur les citoyens et notamment les contribuables. On ne comprend généralement même pas ce que signifient les sciences et technologies émergentes auxquelles nous venons de faire allusion. Quand certains en ont une vague intuition, ils n'en parlent que sous l'angle des dangers possibles, exaspérant le désormais inévitable principe de précaution qui sert principalement d'excuse pour ne pas se remettre en cause. Les nouveaux entrants dans l'Europe des 25 sont paradoxalement mieux informés des enjeux. Mais comme nos laboratoires et industries de l'ouest européen ne leur offrent pas de perspectives, ils se tournent de plus en plus vers l'Outre-Atlantique.

- le second handicap est d'un autre ordre mais sans doute plus grave : les décideurs et les opinions européennes n'ont pas encore compris qu'il leur fallait remettre en cause la facilité de la subordination de fait qui a fondé pendant 50 ans l'alliance atlantique. Face aux dangers venant de l'ex-URSS, le parapluie américain a été effectivement indispensable. Que l'on nous comprenne bien. Il ne s'agit pas de remettre en cause l'alliance historique entre l'Europe et les Etats-Unis, et moins encore de reprocher à ceux-ci les efforts considérables et légitimes qu'ils accomplissent pour être les meilleurs. Mais le monde est devenu très différent. De nouveaux dangers sont apparus, résultant notamment de la dégradation des environnements et de l'accroissement des inégalités, dont le terrorisme n'est qu'un sous-produit. Parallèlement, de nouveaux liens peuvent être explorés, avec la Russie et les pays asiatiques en particulier, comme avec les pays du Tiers-monde. Si les européens renoncent à gérer de façon autonome les risques et les opportunités, laissant les Etats-Unis définir seuls les valeurs communes, ils n'existeront plus aux yeux du reste du monde. Bien pire, devenus le ventre mou de l'Occident, ils seront les premiers à subir les réactions aux abus de position dominante de celui-ci.

Pourtant, aucune décadence n'est irréversible, si elle est traitée à temps. Dans le domaine des sciences, des techniques et de l'industrie, l'Europe peut encore sortir de la dépendance atlantique, pour s'affirmer comme puissance autonome. Il ne s'agira pas, comme souligné ci-dessus, de s'opposer aux américains, mais de ne plus les laisser conserver, dans tous les domaines stratégiques, une avance telle qu'aucune coopération équilibrée ne devient possible. Puissance et indépendance scientifiques seront le terreau qui nourrira demain, si les générations du vingt et unième siècle le comprennent, l'indispensable énergie qui mobilisera l'espérance européenne. Mais la puissance et l'indépendance ne se décrètent pas. Elles se construisent.

Ce manifeste, contrairement à ce que l'on pourrait penser, n'est pas en premier lieu un plaidoyer de plus pour l'augmentation des crédits de la recherche, que ce soit aux plans nationaux ou européens. Cette augmentation s'impose évidemment, mais elle ne pourra seule assurer le décollage. On verra se poursuivre l'émiettement des ressources connu depuis bientôt trente ans. L'Europe doit désormais adopter des principes de développement radicalement différents, tenant compte de la variété de ses ressources intellectuelles et humaines.

Seuls, sur le modèle de ce que font pour leur compte les Etats-Unis, de grands programmes scientifiques, soutenus par de grands équipements, montreront à tous que l'Europe veut compter encore dans le monde de demain. Ces programmes devront exploiter systématiquement les possibilités de l'intelligence internationale en réseau, au plan intra-européen comme avec les pays voisins de l'Europe et ceux du Tiers-monde - ainsi bien entendu dans le cadre transatlantique, sur la base d'un authentique partenariat.

C'est dans cet esprit de coopération qu'ont déjà été obtenus les succès de l'industrie aérospatiale et satellitaire européenne ou ceux de la physique des hautes énergies. C'est dans cet esprit qu'il faut dorénavant mener les grands programmes du 21e siècle, la mise au point des énergies de fusion, la reconquête du domaine des super-calculateurs et la mise au point de l'ordinateur quantique, l'envoi sur la Lune et sur Mars de missions habitées européennes, la réalisation de la machine pensante, la poursuite de l'inventaire des génomes et protéomes, le grand "Atlas" du cerveau humain, - et parallèlement une meilleure compréhension de ce que sont la vie sur Terre et les exigences de sa conservation.

Comment procéder dorénavant ? Les difficultés que rencontre actuellement le programme ITER sont significatives de ce qu'il ne faut plus faire, car l'Europe à elle seule ne peut s'affirmer face aux Etats-Unis dès lors que ceux-ci ont décidé qu'ITER ne pouvait leur échapper. Mais l'Europe, comme d'ailleurs la Russie, ne peuvent accepter de renoncer à un savoir-faire d'excellence, acquis depuis trente ans, ni aux retombées espérées. Une solution distribuée internationalement serait viable (comme le montre dans un autre domaine la fabrication des avions Airbus). Chacun des ensembles géopolitiques ou des pays voulant participer au projet mobiliserait ses ressources, dans le cadre d'un programme réparti sur la Terre entière. Les pôles de compétence régionaux qui en résulteraient, en Europe, en Russie, en Asie et aux Etats-Unis entretiendraient les relations à la fois de concurrence et de coopération indispensables à des découvertes intéressant l'humanité tout entière. Si ce n'est pas possible au niveau mondial, il faut au moins le faire à l'échelle européenne.

Pour ce qui concerne l'Europe, il lui faudra se résoudre à investir significativement dans les domaines jusqu'ici délaissés. Mais il lui faudra aussi apprendre à collaborer en interne, pour éviter de perdre des années en négociations oiseuses, comme ce fut le cas concernant le lancement du programme de positionnement satellitaire Galiléo, destiné à ne pas laisser aux Etats-Unis le monopole du GPS dans un domaine aux multiples retombées (ce que les Etats-Unis continuent d'ailleurs à contester).

On peut penser que les outils de la coopération européenne, bien que différents au cas par cas, pourraient s'inspirer du modèle de ces agences dont la réputation d'excellence n'est plus à faire : le Centre Européen de Recherche Nucléaire ou l'Agence Spatiale Européenne. D'autres agences sont en cours de mise en place où s'imposeront très vite: pour l'armement, pour la recherche scientifique fondamentale, pour la protection de l'environnement...Par ailleurs, les exemples réussis de la coopération industrielle, dans le cas de EADS, Airbus précité ou d'Arianespace, sont aussi à reprendre - notamment quand il s'agira de réaliser les grands programmes militaires nécessaires à l'indépendance de l'Europe.

Certains nous reprocheront de ne pas avoir mentionné la grave crise de vocations scientifiques parmi les jeunes européens, et l'insuffisance des structures de formation universitaire. C'est un problème très important, qui mériterait un second manifeste. Mais nous pensons qu'il se résoudrait, au moins en partie, si l'Europe se dotait de grands programmes de recherche-développement, avec les crédits correspondants. A cette occasion pourraient se mettre en place des plates-formes internationales d'excellence, sur le modèle préconisé par le Commissaire à la Recherche Busquin, où chercheurs, industriels et étudiants de toutes origines apprendraient à travailler ensemble.

On demandera : qui paiera pour tout ceci ? Mauvaise question répondant à un mauvais réflexe. L'Europe, deuxième puissance économique du monde, peut payer. Si des volontés politiques fortes s'exprimaient au contraire en faveur des grands projets évoqués ci-dessus, ou d'autres analogues, l'argent affluerait de partout, y compris du reste du monde.

Nous voudrions par ce Manifeste commencer à créer un mouvement d'opinion, qui pourrait s'appuyer sur des propositions puis des dossiers susceptibles de montrer à tous la faisabilité et l'intérêt d'une politique de puissance européenne dans les domaines scientifiques, technologiques et industriels.

février 2004


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Manifesto
14/02/04

We kindly ask those approving this manifesto to sign and if possible to diffuse it (especially on the Internet) . For signature and possible comment, mail to mani.europepuissancescientifiquelaposte.net
Important : Presently, we do not expect to edit your names and messages on this site. They will be archived. However, tell us if you DO NOT want your name and message to be éventually published later on, on this website or elsewhere.



Enhancement of sciences and technologies
for european independance and sovereignty

by Automates-Intelligents and PanEurope France

Provided with a specific currency, new borders, a beginning of a foreign policy, a common embryo of defense and soon a Constitution, the European Union, fifty years after its birth, is slowly acquiring the institutions of political sovereignty.

But meanwhile the Europeans do not try to invest in the scientific and technological programs which are the key to a true sovereignty, the one that shapes the world and will radically change its future.

Most of the european scientists of all disciplines note it every day with a growing discouragement. They can't prevent their best young researchers, trained in european universities, from emigrating toward the United States, Japan and soon other Asian countries. The same phenomenon is observed in industry, at least in those firms which try to maintain in Europe some centers of decision and advanced laboratories.

The obvious industrial and scientific achievements of the past 30 years cannot make illusion. Indeed, we have in Europe Airbus and Arianespace, a true expertise in biology and medical research, some impressive facilities (for instance particule colliders or astronomical observatories). But this prevents us from seeing today's fight for survival attached to new domains, from which our competitors have decided to exclude European Union.

These domains are related to the Sciences named by the American National Science Foundation in its famous 2002 report "Emergent and Convergent Sciences". The term emergent is easy to understand (provided one realizes that these sciences emerged in the United States at least 15 years ago). Convergent means something quite new: emergent sciences interact, cooperate and converge in a common exponential type of development.

What are we precisely talking about? First we have super-computers and intelligent super-networks which are basic tools, not only for laboratories, but also for the political so-said "information war" which pumps the best of scientific, industrial and cultural resources of the world. Then we have biotechnologies, sources of practically all discoveries concerning human health as well as environment conservation. Nanosciences and nanotechnologies cooperate very closely with biotechnologies and offer specific astonishing promises in molecular and atomic physics, soon opening to industrial practice the vast field of quantum world. The evolutionary robotics is now developing "cognitive systems" which means entities with artificial brains and may be artificial mind and consciousness similar to ours. Such entities will be man's compulsory auxiliaries or precursors, in civil or military explorations, for instance in the cosmos. Finally, last but not least, we have to consider the various sciences of knowledge management, training and smart organizations which expect to valorize the human brain associated to networks, especially for enhancing individual and collective invention. These sciences cooperate closely with neurosciences, now exploring a new "continent", human brain.

In order to support the related researches, the United States (Department of energy) have decided a 20 year program of scientific and technological advanced utilities which will provide computation, networking and common experimentations resources, especially for the so-said emergent and convergent sciences. More generally, the Federal Administration clearly express the intention of being 5 to 10 years ahead of the rest of the world in practically all domains. (See http://www.science.doe.gov/Sub/Facilities_for_future/20-Year-Outlook-screen.pdf) . Of course, the idea is to provide dual technologies, which means they are operational both for civilian and military applications. In the same time, classified researches are carried on under the Pentagon and Darpa (scientific agency or the department of defense) command, but we have no information about them.

What we must keep in mind is that we are here considering investments which are mainly not producing short-term profits. So they will never be funded by private firms, even by the most dynamic ones. Of course private sector is closely associated with the public programs. But what is at stake here is geopolitical sovereignty, which means public financing and support aiming at the long term and sometimes the very long term, without perspective of immediate direct return on investments.

Is Europe aware of this? Has it an horizon or simply a real common perspective in sciences and technologies? Of course not! The political and economic decision-makers of the "old Europe" don't really understand what emergent sciences and technologies are about. When they do, it is to agitate scarecrows like the unavoidable principle of precaution which is mainly an excuse for protecting obsolete interests. Probably the new European members from central and eastern Europe are paradoxically better aware of these issues. But as our laboratories and industries in the western Europe don't offer them clear opportunities, they are strongly tempted to cross the Atlantic.

What to do? How to prevent european decadence? In fact, it is still possible to react. But Europe has to decide to become a truly autonomous power in scientific, technological and industrial domains. This will not mean a permanent war with the States. Our american friends are perfectly entitled to develop as much as they can their own assets. But that does not mean, as far as Europe is concerned, accepting passively letting them acquire a definitive leadership in strategic sectors. We quite agree to cooperate with them, but as equal partners and not subordinates. Only scientific independence and ambitious visions will substantially provide what young generations are looking for, a great European ambition.

But independence and strength cannot be enacted. They have to be constructed. This manifesto, contrary to what one could think, is not an advocacy for the increase of research funds in the national or European structures. This increase is obviously necessary, but alone it won't be able to assure the takeoff. One will see to continue the crumbling of resources that we have observed since thirty years. Presently, it is necessary for Europe to have ambitious meaningful projects, supported by enthousiastic public opinion, able to provide dreams for the future of our children and immediate economic and cultural returns. These projects and the corresponding utilities will probably have to be developed by existing or new European Agencies, on the model of ESA and CERN whose excellency is recognized the world over. They will have in the same time to promote an international network between developed and developing countries, on the model proposed by Europe for the Iter project (International Thermonuclear Experimental Reactor) and the Galileo project (satellite positioning).

It is not necessary here to list what those new projects could be about: reconquering computing tools and developing quantum computer, sending european crews on Moon and Mars, realising cognitive artificial systems, promoting Earth observation and protection, genomic and proteomic exploration, atlas of the brain, … Everybody may easily imagine what will be the priorities.

Some will ask why we don't mention here the lack of interest of many european students for scientific carrers, and the inadequacy of academic structures. This is of course a very important problem, but we consider that if Europe were able to promote ambitious programes for R&D, young people would be happy to join, and academic world would evolve. Especially if those programs, as does prescribe the european commissaire Philippe Busquin, favour the implementation of international scientific platforms where researchers and students could cooperate freely with developers.

The problem is, who will pay for all this?

Our answer is simple. This is a wrong question. Europe, presently second economic power, can pay. But money is to be transferred from 19th and 20th centuries sectors to the 21th century ones. The conservative interests lobbying at governmental level will be strong and efficient opponents. So transfer of resources supposes a permanent political will. This in turn supposes extended citizen awareness.

Our manifesto cannot expect to produce by itself such a result. But it can contribute. If we are able for instance to collect signatures and supports in order to publish scientific and political papers, we could perform a successful work.

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Manifest
Version vom 14. Februar 2004

Wir möchten alle, die im Grossen und Ganzen mit dem Inhalt dieses Textes einverstanden sind, bitten, diesen zu unterschreiben und ihn vor allem über das Internet weiterzuverbreiten.
Eine Mail mit Ihrer Unterschrift, eventuell auch mit Ihren Titeln und Kommentaren, schicken Sie, bitte, an :
mani.europepuissancescientifiquelaposte.net
Vorläufig wird diese Unterschriftensammlung nicht über die oben genannte Internet-Adresse verbreitet, auch die Kommentare nicht, sondern zunächst einmal archiviert.
Im Falle einer Veröffentlichung zu einem späteren Zeitpunkt, bitten wir Sie, es uns wissen zu lassen, wenn Sie es nicht wünschen, dass Ihre Namen und eventuellen Kommentare bekannt gegeben werden.



EUROPA als wissenschaftliche
und technologische Macht

Automates-Intelligents und PanEurope France

Zusammenfassung

Die europäischen Regierungen und die Öffentlichkeit sind sich offenbar noch nicht bewusst genug, dass Europa keine autonome Macht werden kann und in den kommenden Jahren auch als Macht gar nicht existieren wird, wenn man sich nicht, sowohl im zivilen, als auch im militärischen Bereich, durch Einführung grosser wissenschaftlicher Programme und Einrichtungen versieht, denn das haben die Vereinigten Staaten für sich, mit Recht, schon lange beschlossen, um ihre eigene Macht zu gründen.

Mehrere wichtige, hervorragende Bereiche benötigen sehr viel höhere Investitionen und Haushaltsmittel, als es die europäischen Länder, sowohl im Einzeln, als auch im Rahmen der Union bisher beschlossen haben.
Es handelt sich dabei um Komputertechnik, die Netz-Entwicklung in den kommenden Jahrzehnten, um Biotechnologien, Nanotechnologien, sowie die Intelligenz der Robotertechnik und die Kognitionswissenschaften.
In den Vereinigten Staaten profitieren alle diese Gebiete, parallel zu den, eher klassischen, die die Verteidigung, die Raumforschung oder die Energieforschung betreffen, von besonders wichtigen, öffentlichen Unterstützungen und einer Begleitung, die es der Privatwirtschaft erlaubt, alle daraus hervorgehenden Vorteile zu nutzen.

Die Europäer ignorieren noch viel zu oft, wie viele, wichtige Einsätze sich hinter diesen verschiedenen, vorragenden Bereichen verbergen, auch sind sie nicht bereit die entsprechenden Massnahmen zu treffen, die es Europa erlauben würden, seine Verspätung einzuholen. Oder aber schlimmer noch : einer historisch veralteten Konzeption der atlantischen Allianz die Treue haltend, wagen sie nicht für sich selbst die Herrschaft und die Souveränität über diese Technologien in Anspruch zu nehmen, obwohl sie damit die wirtschaftliche Entwicklung und den sozialen Fortschritt, sowie auch das Beibehalten einer kulturellen Diversität sichern könnten.

Dieses Manifest steht am Anfang einer Reihe von Initiativen, von denen sich ihre Autoren erhoffen, dass sie zu einer Sensibilisierung der Öffentlichkeit beitragen werden, sie überzeugen sollte, dass es höchste Zeit ist, den Mechanismus der Dekadenz zu stoppen, der schon zu lange in Bewegung ist.
Ohne Zeit zu verlieren, sollten wichtige, ehrgeizige Politiken der wissenschaftlichen und technologischen Macht definiert werden. Diese Politiken werden die 25 Mitglieder der Union interessieren und durch ihre Zusammenarbeit mit anderen Ländern, welche ebenfalls an der Konstruktion einer multipolaren Welt teilnehmen möchten, wird man bei ihnen auch Unterstützung finden.


Ausgestattet mit einer gemeinsamen Währung, neuen Grenzen, einem Entwurf von Aussenpolitik, einem Embryo von gemeinsamer Verteidigung und bald auch mit einer Verfassung, ist die europäische Union dabei, sich mit den wichtigsten Institutionen zu versehen, auf denen eine politische Souveränität ihr Fundament finden könnte.

Gleichzeitig aber sind die Europäer noch unentschieden, die wissenschaftlichen und technologischen Forschungsprogramme anzustreben, die die zukünftigen Schlüssel einer weltbestimmenden Souveränität sind und die diese Zukunft radikal verändern werden.

Die meisten Wissenschaftler aller Fachbereiche stellen es jeden Tag mit wachsenden Entmutigung fest.
Sie sehen immer mehr junge Forscher, die nicht ohne Schwierigkeiten an unseren Universitäten ausgebildet wurden, in die Vereinigte Staaten, nach Japan oder sogar und das immer mehr, auch nach anderen asiatischen Ländern, auswandern.
Ebenso geht es den Industriellen, wenigstens denen, die es versuchen in Europa auch weiterhin Entscheidungszentren und fortschrittliche Labors aufrecht zu erhalten.

Der, mit den alten, industriellen Politiken erworbene Erfahrungsschatz, trägt offensichtlich auch jetzt noch zur Illusion bei.
Mit Recht, begratuliert man sich gegenseitig zu dem Air-Bus, dem TGV (Hochgeschwindigkeitszug), den erreichten Kompetenzen im Bereich der Lebenswissenschaften und der medizinischen Forschung, den grossen Forschungseinrichtungen, wie den CERN (Europäische Organisation für Kernforschung) oder den grossen Sternwarten.

Aber dies alles verblendet die Öffentlichkeit, denn sie nimmt offensichtlich den Krieg nicht wahr, der heute schon auf anderen Gebieten ausgetragen wird, Gebiete von denen unseren Konkurrenten schon beschlossen haben, sich die alleinige Herrschaft zu sichern, was natürlich eine ebenbürtige Kooperation automatisch ausschliesst.
Bei diesen Gebieten handelt es sich um die, von der amerikanischen National Science Foundation in einem Bericht aus dem Jahre 2002 zitierten Wissenschaftsbereiche, die für sich alleine schon ein wahres Glauben- und Zukunftsbekenntnis für die „herausragenden" und „in die gleiche Richtung weisenden Wissenschaften", darstellen.
Der Ausdruck „herausragende Wissenschaften" versteht sich von selbst, nur dass man dazu sagen sollte, dass sie in den Vereinigten Staaten schon vor mindestens 15 Jahren aufgetaucht sind.
Das Gebiet der, „in die gleiche Richtung weisenden" Wissenschaften bringt ein neues Phänomen mit sich, denn diese Wissenschaften befruchten sich gegenseitig, im Sinne einer exponentiellen Bereicherung.

Worum handelt es sich im Einzelnen ? Um die Super-Rechner und die super-intelligenten Netzsysteme, die nicht nur die grundlegenden Werkzeuge aller Forschungen bilden, sondern auch den Informations-Krieg (information war) bestimmen, der zum Profit der dominanten Macht beiträgt und der die wissenschaftlichen, industriellen und kulturellen Ressourcen der übrigen Welt, an sich saugt.
Danach kommen die Biotechnologien und praktisch alle Quellen der Forschungen auf dem Gebiet des menschlichen Gesundheitswesens, sowie die Biologie für die Nutzung und Erhaltung des natürlichen Milieus.
Ebenso die Nanotechnologien, eng mit den Biotechnologien kooperierend und auf ein Engineering hinzielen, d. h., auf eine Veränderung der Moleküle und auch bald eine der Atome, indem sie, in der industriellen Praxis, das weite Feld der Quanten eröffnen (man denke an die quantischen Computer).
Die evolutive Robotertechnik, die man auch als die, der „denkende Maschinen" bezeichnet, bemüht sich künstliche Einheiten zu realisieren, die die Hilfskräfte, oder sogar auch schon Vorläufer des Menschen sein werden werden und das in allen Bereichen, wo seine körperlichen Mittel und die Kraft seiner intellektuellen Reaktionen ihre Grenzen finden, wie es z. B. bei der Erforschung des Weltraums der Fall ist.
Zum Schluss noch die Kenntnis- und Lern-Wissenschaften, die erforschen, wie man eine bessere Wertsteigerung des menschlichen Gehirns erreichen könnte, besonders im Hinblick auf eine Verbindung mit den Netzen und der individuellen und kollektiven Erfindung (im Rahmen der sog. evolutiven oder „smart" Organisationen).
Sie arbeiten natürlich sehr eng mit den Neuro-Wissenschaften zusammen, die dabei sind, systematisch den "Kontinent" des menschlichen Gehirns erforschen.

Als Grundlage der nötigen Forschungen auf diesen Wissenschaftsgebieten, haben die Vereinigten Staaten ein 20-Jahres-Programm der grossen Forschungseinrichtungen (utilities) vorbereitet, die für die Kalkulationen und für die Experimentationen die nötigen Ressourcen spenden werden, aber ebenso dabei das Ziel der Konvergenz, im Hinblick auf die Netzverbindungen der Erkenntnisse berücksichtigen wird.
Man findet eine Aufstellung davon in dem Bericht, den der Kommerz-Secretär, Ende 2003, dem Präsidenten übergeben hat.
(siehe : http://www.science.doe.gor/Sub/Facilities_for_future/20-Year-Outlook-screen.pdf).

In den meissten Fällen handelt es sich dabei um duale Wissenschaften oder Technologien, d.h. man kann sie sowohl auf zivilen, wie auch auf militärischen Gebieten anwenden.
Aber man wird an dieser Stelle aber vor allen Dingen nur auf diejenigen aufmerksam, die schon durch eine grosszügig angelegte Kommunikation, besonders über das Internet, gefördert wurden.

Parallel dazu verlaufen aber, unter Kontrolle des Pentagon, „geheime" (classified), verdeckte Programme, die die Rüstungssysteme der Zukunft betreffen.
Man vermutet derzeitig die Existenz eines solchen Programmes auf dem Gebiet der Molekular-Verbindungen, die fähig sind, kleine nanometrische Einheiten zu produzieren, die mit einer virusähnliche Lebensform versehen sind, sich aber potientiel als sehr viel agressiver erweisen.

Bei allen diesen Forschungen ist die Arbeit der Wissenschaftler, eng mit der der Industriellen verbunden, die es sich zur Aufgabe machen, in einer kurzen Zeit diese Produktionen und ihr Können (know-how) auf den Markt kommen zu lassen und das alles mit mehreren Jahren Verfrühung.
Man wird davon hier keine Liste aufstellen, aber alle Industrienbereiche und Service-Leistungen sind praktisch davon betroffen.

Was man beachten sollte ist, dass diese Entwicklungen immer wenig produktiv für kurzfristige Gewinne sind.
Es sind aus diesem Grund nicht die Firmen, die die hauptsächlichen Investitionen machen werden, selbst wenn es auch in deren Interesse ist, auf mittlere oder längere Zeit hin dazu beizutragen.
Diese Investitionen werden sich nur im Rahmen eines geo-politischen Willens realisieren lassen, gefördert und unterstützt von den einzelnen Ländern und der europäischen Union und das sowohl auf militärischem Gebiet, als auch sehr stark im zivilen Bereich.
Aus diesem Grund muss man zu einer öffentlichen Finanzierung aufrufen, die auf eine lange und oft sogar auf eine sehr lange Sicht hin geplant werden muss, ohne eine schnelle und direkte Wiederleistung.
Dies ist für die Vereinigten Staaten schon der Fall, da sie sich dem Rest der Welt gegenüber, in einer ständig verstärkten Position befinden, was ihnen auch weiterhin erlaubt, ihre graue Substanz und ihre Mehrwerte über die anderen Kontinente zu verbreiten.

Ist sich Europa dessen alles bewusst ? Sieht Europa für sich einen Horizont anzeichnen ? Bietet es eine kollektive Perspektive auf diesen Gebieten an ?

Europa leidet unter zwei grossen Handicaps :

Das erste ist eine unzureichende wissenschaftliche Sensibilität der Politiker und der wirtschaftlichen Entscheidungsträger, was sich auf die Bürger und Steuerzahler auswirkt.
Im Allgemeinen versteht man gar nicht, wobei es sich bei diesen „herausragenden" Wissenschaften und Technologien handelt, von denen hier gesprochen wurde.
Die, in das Europa der 25, neu Eintretenden, sind paradoxerweise besser über diese Einsätze informiert.
Aber da unsere westeuropäischen Laboratorien und Industrien ihnen keine Perspektiven bieten, wenden sie sich immer mehr nach der anderen Seite des atlantischen Ozeans.

Das zweite Handicap, kommt zwar aus einer ganz anderen Richtung her, ist aber zweifellos noch sehr viel ernster zu nehmen :
Die europäischen Entscheidungsträger und die Öffentlichkeit haben immer noch nicht begriffen, dass sie die Leichtigkeit der faktischen Subordination, die während der letzten 50 Jahre die atlantische Allianz begründet hat, nun in Frage stellen müssen.
Den Gefahren gegenüber, die von der Ex-Sowjet-Union ausgingen, war der amerikanische Schutz-Schirm damals sicher unvermeidbar.
Wir möchten richtig verstanden werden.
Es geht nicht darum, die historische Allianz zwischen Europa und den Vereinigten Staaten in Frage zu stellen und es handelt sich auch nicht darum, ihnen ihre wichtigen und legitimen Bemühungen, nämlich die, die Besten sein zu wollen, vorzuwerfen.
Aber die Welt hat sich sehr verändert.
Neue Gefahren zeichnen sich ab, ein Resultat der Verschlechterung der Umwelt und der Vermehrung der sozialen Ungleichheit, von denen der Terrorismus nur ein Neben-Produkt ist.
Parallel dazu könnten neue Verbindungen ausgenutzt werden, besonders mit Russland und den asiatischen Ländern, sowie mit den Ländern der Dritten Welt.
Wenn die Europäer aufgeben, die Risiken und Gelegenheiten autonom zu regeln, und sie die Vereinigten Staaten alleine die gemeinsam gültigen Werte definieren lassen, werden sie in den Augen der Welt nicht mehr existieren.
Und schlimmer noch : den schlaffen Bauch des Okzidents darstellend, werden sie die Ersten sein, die unter den Reaktionen zu leiden haben werden, die auf das Ausnützen einer dominierenden Position zurückzuführen sind.

Nur gibt es keine Dekadenz, die unwiderruflich ist, wenn sie zur rechten Zeit bearbeitet wird.
Im Bereich der Wissenschaften, der Technik und der Industrie hat Europa noch die Möglichkeit aus der atlantischen Abhängigkeit auszusteigen, um sich als eigenständige Macht zu behaupten.
Wie schon oben unterstrichen, geht es nicht darum, den Amerikanern oppositionnell gegenüber zu stehen, sondern darum, sie nicht länger auf allen strategischen Bereichen einen solchen Vorsprung haben zu lassen, dass keine ausgewogene Zusammenarbeit mehr möglich sein kann.

Die notwendige Energie, die die europäische Hoffnung mobilisieren wird, wenn es die Generationen des 21. Jahrhunderts nur richtig verstehen, wird den Nährboden für Macht und Unabhängigkeit bilden.
Nur lassen sich Macht und Unabhängigkeit nicht durch Erlasse herstellen, man muss sie aufbauen.

Auch wenn man das Gegenteil denken könnte, ist dieses Manifest nicht nur noch ein Plaidoyer mehr, für eine Erhöhung der Forschungsmittel auf nationalem oder europäischem Niveau.
Natürlich wird diese Erhöhnung verlangt, aber alleine kann sie den Start nicht gewährleisten.
Man wird einem Zerfall der bisherigen, seit bald 30 Jahren bestehenden Ressourcen zusehen müssen.
Europa muss, von nun an und unter Berücksichtigung seiner intellektuellen und menschlichen Möglichkeiten, radikal verschiedene Entwicklungsprinzipien annehmen.

Genau nach dem Model, welches die Vereinigten Staaten sich angeeignet haben, d.h. durch Einführung grosser, wichtiger, wissenschaftlicher Programme, unterstützt von den grossen Forschungseinrichtungen, wird allen gezeigt werden, dass Europa in der Welt von morgen, noch mitzählen möchte.

Diese Programme müssen systematisch alle Möglichleiten der internationalen Intelligenz der Netzverbindungen ausnutzen, sowohl im inter-europäischen Raum, als auch mit den Nachbarländern und den Ländern der Dritten Welt.

Im Sinne einer solchen Zusammenarbeit hat man schon Erfolge in der Raumfahrtindustrie (Aérospatiale) erzielt oder auf dem Gebiet der hochenergetischen Physik.
Im gleichen Sinne sollten die grossen Programme des 21. Jahrhunderts geführt werden, mit der Entwicklung der Fusions-Energien, mit einer Wieder-Eroberung auf dem Gebiet der Super-Rechner, mit der Entwicklung des quantischen Komputers, der Verschickung von bemannten europäischen Missionen auf Mond und Mars, der Realisierung der „denkenden" Maschine, der Weiter-Verfolgung der Genom- und Proteom-Inventur, mit dem grossen „Atlas" des menschlichen Gehirn - und parallel dazu laufend - ein besseres Verständnis dessen, was das Leben auf der Erde bedeutet und die Ansprüche auf seine Erhaltung.

Wie sollte man mit all diesem, auch weiterhin umgehen ?
Die Schwierigkeiten, mit denen momentan das ITER-Programm zu kämpfen hat, sind bezeichnend dafür, wie man es nicht mehr machen sollte, denn Europa alleine, ist, den Vereinigten Staaten gegenüber, nicht mehr in der Lage, sich zu behaupten, wenn diese für sich schon beschlossen haben, dass ITER ihnen nicht weglaufen sollte.
Aber für Europa, wie übrigens auch für Russland, ist es nicht akzeptabel, auf ihr ausgezeichnetes Fachwissen verzichten zu müssen, welches sie sich in den letzten 30 Jahren angeeignet haben und auch auf die, dadurch erhofften Erträge.
Eine international verteilte Lösung wäre sicher lebenskräftig (wie es auf einem anderen Gebiet, die Fabrikation der AIRBUS Flugzeuge zeigt).
Die Projekte, an denen sich die anderen Länder, im Rahmen eines, über die ganze Erde verteilten, Programms, beteiligen möchten, würde auch seine Erwerbsquellen mobilisieren.
Die regionalen Kompetenz-Pole, die in Europa, in Russland, in Asien und in den Vereinigten Staaten daraus entstünden, sollten dazu beitragen Verbindungen zu pflegen, die zwar aus Konkurrenz, aber auch aus Zusammenarbeit bestehen würden. Sie trügen unvermeidlich zu Entdeckungen bei, an der die ganze Menschheit interessiert wäre.
Wenn es nicht auf einem weltweiten Niveau möglich ist, sollte man es wenigstens auf einer europäischen Basis machen.

Europa betreffend, so muss man sich dazu entschliessen, auf den bisher vernachlässigten Gebieten, in einer sehr entscheidenden Form zu investieren.
Um zu vermeiden, dass wieder wertvolle Jahre durch wenig produktive Verhandlungen verstreichen, muss Europa aber auch lernen intern zu kollaborieren, so wie es bei der Einführung des Programms für das europäischen Satellitennavigationssystems GALILEO der Fall war, ursprünglich dazu bestimmt, den Vereinigten Staaten, in einem Bereich der vielseitige Nebeneffekte mit sich bringt, nicht das Monopol zu überlassen (was die Vereinigten Staaten auch weiterhin noch in Frage stellen).

Man kann der Meinung sein, dass die Werkzeuge der europäischen Kooperation, obwohl sie, Fall für Fall betrachtet, verschieden sind, sich von dem Model der Agenturen inspirieren könnten, deren ausgezeichneter Ruf nicht mehr zu machen ist, wie z. B. : das europäische Kernforschungs-Zentrum CERN oder die europäische Weltraum-Agentur ESA.
Andere Agenturen sind dabei sich zu organisieren oder werden bald erforderlich sein : für die Rüstung, für die Grundlagen-Forschung, für den Umweltschutz...
Ansonsten sollte man auch die erfolgreichen Beispiele industrieller Zusammenarbeit wieder aufnehmen, wie z. B. EADS, den schon genannten AIRBUS oder Arianespace, besonders wenn es darum geht, grosse, militärische Programme zu realisieren, die für die Unabhängigkeit Europas nötig sind.

Einige werden uns vorwerfen, nicht die schwere Krise erwähnt zu haben, die bei den jungen Europäern im Bereich der wissenschaftlichen Berufungen vorhanden ist und die unzureichenden Strukturen der Universitäts-Ausbildungen.
Es handelt sich dabei um ein sehr wichtiges Problem und gäbe genug Anlass zu einem zweiten Manifest.
Aber wir denken, dass dieses Problem, wenigstens partiell, eine Lösung finden würde, wenn Europa sich mit den grossen Forschungs- und Entwicklungs-Programmen versähe und mit den dazu nötigen Krediten.
Bei dieser Gelegenheit könnten sich internationale Spitzenleistungs-Plattformen bilden, nach dem Model, das der europäische Forschungs-Kommissar, Philippe Busquin, befürwortet, bei dem Forscher, Industrielle und Studenten verschiedener Herkunft lernen, zusammen zu arbeiten.

Man wird sich fragen, wer das alles bezahlen wird ?
Eine falsche Frage, die aber die logische Folge eines falschen Reflexes ist, denn Europa, als zweite wirtschaftliche Welt-Macht kann zahlen.
Wenn ein starker politische Wille zu Gunsten der oben genannten grossen Projekte, oder ähnlichem, ausgedrückt wird, werden die nötigen Mittel von überall herkommen, den Rest der Welt mit einbegriffen.

Wir möchten mit diesem Manifest eine Meinungs-Bewegung hervorzurufen, die sich zunächst einmal auf Vorschläge stützen könnte und danach auch auf Unterlagen, die allen ihre Durchführbarkeit zeigen könnten, aber gleichzeitig auch damit das Interesse bekunden, das an einer europäischen Macht-Politik in den wissenschaftlichen, technologischen und industriellen Bereichen besteht.

MANIFIESTO
14/02/04

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MANIFIESTO : EUROPA, POTENCIA CIENTÍFICA Y TECNOLÓGICA

Por una Europa independiente a través del desarrollo de las ciencias y tecnologías de soberanía
Por Autómatas-Inteligentes y PanEuropa.Francia
traduction du français par Mme Marta Pilar Torres Herrero, sous directrice de l'Institut Ciencia y Sociedad

Resumen

Los gobiernos y las sociedades no parece que hayan comprendido todavía que Europa no será en los próximos años una potencia autónoma si no se dota a sí misma de programas científicos y de equipos, civiles y militares, sobre los que Estados Unidos fundó su propia potencia hace mucho tiempo.

Algunos e importantes campos de investigación emergentes necesitan mayores inversiones y recursos que los que actualmente son dedicados por los países europeos, ya sean solos o en el marco de la Unión. Se trata de la informática y de las redes de los próximos decenios, de biotecnologías, de nanotecnologías, de robótica inteligente y de las ciencias cognitivas.

En Estados Unidos, estos campos de investigación, paralelamente a otros campos más clásicos relacionados con la defensa, el espacio o la energía, se benefician de créditos públicos muy importantes y de un seguimiento que permite al sector privado obtener importantes beneficios.

Con frecuencia, los europeos ignoran todavía los retos que se esconden detrás de estos campos emergentes o no están dispuestos a hacer sacrificios para que Europa se ponga al día de su retraso. Es más, y quizás todavía más grave, da la impresión de que, manteniéndose fieles a una desfasada concepción histórica de la Alianza Atlántica, los europeos no se atreven a afirmar la necesidad de asegurar por ellos mismos el dominio de las tecnologías de soberanía que garantizan el desarrollo económico, el progreso social y el mantenimiento de la diversidad cultural.

Este manifiesto lanza por primera vez un cierto número de iniciativas a través de las cuales, sus autores esperan contribuir a sensibilizar a la opinión sobre la necesidad de frenar el mecanismo de decadencia en el que hemos entrado desde hace bastante tiempo. Es muy urgente definir políticas científicas y tecnológicas ambiciosas. Estas políticas interesarán al conjunto de los 25 miembros de la Unión y contarán con el apoyo y cooperación de otros países que deseen participar en la construcción de un mundo multipolar.


Manifiesto

Provista de una nueva moneda, de nuevas fronteras, de un esbozo de política exterior, de un embrión de defensa común, y próximamente de una Constitución, la Unión Europea, cincuenta años después de su nacimiento, está dotándose de los principales instrumentos que le permitan fundar su propia soberanía política.

Sin embargo, al mismo tiempo, los europeos todavía no se han decidido a acometer programas de investigación científica y de desarrollo tecnológico que constituirán las claves de la soberanía, la cual modela el mundo y puede cambiar radicalmente su porvenir.

La mayor parte de los científicos, de todas las disciplinas, lo constatan cada día con un desánimo creciente. Ven como los jóvenes investigadores, formados no sin pocos inconvenientes en nuestras universidades, se van a países como Estados Unidos, Japón, China e incluso a los países asiáticos. Lo mismo ocurre con los industriales, por lo menos con aquellos que pretenden conservar en Europa centros de toma de decisión y laboratorios de investigación avanzada.

Los incontestables logros obtenidos por las políticas tradicionales industriales y científicas todavía son un motivo de ilusión para todos ellos. Nos podemos felicitar justamente por el Airbus, por el TGV, por nuestras competencias en materia de ciencias de la vida y de investigación médica, así como por nuestros grandes equipamientos como el CERN o los observatorios astronómicos.

Pero todo esto ciega a la opinión pública, que no percibe que la guerra se está librando en la actualidad en otros terrenos, en los cuales nuestros competidores han decidido tener un dominio absoluto, lo que por definición excluye la cooperación dentro de un marco de igualdad.

Estos terrenos son aquellos que la National Science Foundation americana denominó en 2002, en un informe que constituyó un verdadero acto de fe en el futuro, "ciencias emergentes y convergentes".

El término ciencias emergentes se comprende en sí mismo, si bien hay que matizar que Estados Unidos lleva emergiendo desde hace más de 15 años. El de ciencias convergentes traduce un fenómeno nuevo: las ciencias que se engendran las unas a las otras creando una riqueza excepcional.

¿De qué se trata exactamente? Primeramente de super-calculadores y de super-redes inteligentes que constituyen los instrumentos de base, no únicamente de todas las investigaciones, sino también de la guerra de la información (information war) que aspira, en beneficio de la potencia dominante, a hacerse con los recursos científicos, industriales y culturales del resto del mundo.

Después vienen las biotecnologías, fuente de prácticamente todas las investigaciones en materia de salud humana, de biología y de explotación - conservación de los medios naturales. Las nanotecnologías, que cooperan de forma muy estrecha con las biotecnologías, desembocan en la ingeniería, es decir, en la modificación de las moléculas y muy pronto de los átomos, abriendo a la práctica industrial el vasto campo de lo cuántico (que nos hace pensar en el ordenador cuántico).

La robótica evolutiva, dícese también de las máquinas pensantes, se encarga por su parte de realizar entes artificiales que serán ayudantes o incluso precursores del hombre, en todos los campos donde los medios físicos y las capacidades de reacción intelectual humanas encuentren su límite, como por ejemplo lo relativo a la exploración planetaria

En fin, las ciencias del conocimiento y del aprendizaje, estudian la forma de potenciar el cerebro humano asociado a redes, especialmente en el plano de la invención individual y colectiva ( en el seno de organizaciones denominadas evolutivas o "smart"). Trabajan de forma muy estrecha con las neurociencias, las cuales van a explorar en lo sucesivo de forma sistemática este "continente" que es el cerebro humano.

Para apoyar las investigaciones necesarias que se realizan sobre estas ciencias, los Estados Unidos han preparado un programa a 20 años de grandes equipamientos (utilities) que abastecerán de recursos tanto al cálculo y a la experimentación, como a la puesta en red de los conocimientos, dentro de una perspectiva de convergencia. Podemos encontrar la lista en el informe al Presidente realizado por el Secretario de Comercio a finales de 2003. (Ver http://www.science.doe.gov/Sub/Facilities_for_future/20-Year-Outlook-screen.pdf).

En la mayor parte de los casos, se trata de ciencias y tecnologías duales, es decir, que se pueden utilizar tanto en el terreno civil como el militar. Sin mencionar aquí todo lo que es objeto de una importante difusión, especialmente por Internet.

Contrariamente, y de forma paralela, existen programas bajo el control del Pentágono, encubiertos por el secreto (classified), que están encaminados a hacer realidad los sistemas de armas del futuro. Actualmente sospechamos de la existencia de un programa de estas características en el terreno de los ensambladores moleculares, capaces de generar entidades físicas nanométricas dotadas de una forma de vida próxima a la de los virus, y potencialmente mucho más agresivas.

En todas estas investigaciones, el trabajo de los científicos está íntimamente ligado al de los industriales, quienes se encargan de realizar y poner en marcha, en cortos espacios de tiempo, productos y saber - hacer y que tienen varios años de adelanto con respecto a nosotros. No vamos a relatar la lista aquí. Todas las industrias y servicios están prácticamente implicados.

Lo que es necesario destacar es que estos progresos son siempre poco productivos en términos de beneficios a corto plazo. Las empresas no serán las que realicen el grueso de las inversiones, aunque sea de su interés contribuir a medio y largo plazo. Las inversiones sólo serán realizadas en el marco de una voluntad geopolítica, militar y también eminentemente civil, impulsada y financiada por los Estados y por la Unión Europea.

Es necesario, por tanto, hacer una llamada a las inversiones públicas que prevean el largo, y en ocasiones, el muy largo plazo, sin perspectiva de retorno directo inmediato. Esta es la posición de Estados Unidos que, enfrentados al resto del mundo, se encuentran así constantemente reforzados, lo que les permite seguir haciéndose con la materia gris y el valor añadido producido en otros continentes.

¿Es consciente Europa de todo esto? ¿Tiene una perspectiva de futuro o simplemente ofrece una perspectiva colectiva en este tipo de temas?

Se puede decir que Europa se encuentra con dos obstáculos importantes:

El primer obstáculo es la falta de sensibilidad científica por parte de las personalidades políticas y de los que toman las decisiones en materia económica, que repercute sobre los ciudadanos y de forma especial sobre los contribuyentes. Por lo general ni siquiera se comprende lo que significan las ciencias y tecnologías emergentes a las que venimos haciendo alusión.

Cuando algunos tienen una vaga intuición al respecto, lo único de lo que hablan es de los posibles peligros que pueden existir, exasperando el principio inevitable de precaución que sirve principalmente de excusa para no plantearse nada. Los nuevos miembros que se van a incorporar a la Europa de los 25, paradójicamente están mejor informados de lo que está en juego. Pero como nuestros laboratorios e industrias de los países de Europa Occidental no les ofrecen ningún tipo de perspectivas, se dirigen cada vez más hacia el otro lado del Atlántico.

El segundo obstáculo es de distinto orden y sin duda más grave: los dirigentes y las sociedades europeas todavía no han comprendido que es necesario replantearse la facilidad de la subordinación que en la práctica ha sido la base de la Alianza Atlántica durante 50 años.

Frente a los peligros procedentes de la antigua Unión Soviética, el paraguas americano era, efectivamente, indispensable. Pero es necesario que este mensaje sea bien entendido. No se trata de cuestionar la alianza histórica entre Europa y Estados Unidos, y todavía menos de reprochar a este país los considerables y legítimos esfuerzos realizados para estar entre los mejores.

Pero el mundo ahora es diferente. Han aparecido nuevos peligros, resultado sobre todo de la degradación de los entornos y del crecimiento de las desigualdades, de las que el terrorismo no es más que un sub-producto. De forma paralela, se pueden explorar nuevos lazos de unión, con Rusia y con los países asiáticos en particular, así como con todos los países del Tercer Mundo.

Si Europa renuncia a gestionar de forma autónoma los riesgos y las oportunidades existentes, permitiendo que los Estados Unidos defiendan ellos solos los valores comunes, los europeos dejaremos de existir para el resto del mundo. Todavía peor, convertidos en la marioneta de Occidente, seremos los primeros en sufrir las reacciones a los abusos de posición dominante de aquel país.

Por tanto, ninguna decadencia es irreversible, si se le trata a tiempo. En el terreno de las ciencias, las técnicas y la industria, Europa todavía está a tiempo de salir de la dependencia atlántica, y afirmarse como potencia autónoma. No se trata, como ya hemos dicho anteriormente, de oponerse a los americanos, sino de no dejarles conservar durante más tiempo, y en todos los temas estratégicos, un adelanto tal con respecto a nosotros que sea imposible cualquier forma equilibrada de cooperación.

Potencia e independencia científicas serán el abono que alimentará mañana, si así lo comprenden las generaciones del siglo XXI, la energía indispensable para movilizar la esperanza europea. Pero la potencia y la independencia no se decretan. Se construyen.

Este manifiesto, contrariamente a lo que se pudiera pensar, en primer lugar no es una llamada más para aumentar los créditos destinados a la investigación, ya sea a nivel nacional como europeo. Es evidente que se impone este aumento de inversión, pero por sí mismo no podrá asegurar el despegue definitivo. Incluso produciría un nuevo derroche de recursos como el que ya estamos sufriendo desde hace treinta años. Europa debe adoptar principios de desarrollo radicalmente diferentes, que tengan en cuenta la variedad de sus recursos intelectuales y humanos.

Basándose en el modelo de lo que ya están haciendo por cuenta propia los Estados Unidos, y a través de grandes programas científicos, apoyados con grandes equipamientos, se podrá demostrar que Europa todavía quiere tener un sitio en el mundo del mañana.

Estos programas deberán explotar sistemáticamente las posibilidades de la inteligencia internacional en red, dentro de un plan intereuropeo que abarque también a los países vecinos de Europa y los del Tercer Mundo, en un marco transatlántico bien entendido que se fundamente sobre la base de un auténtico partenariado.

Es dentro de este espíritu de cooperación que se han obtenido los éxitos de la industria aerospacial y de satélites, o los de la física de las altas energías. Este es el espíritu que debe presidir los grandes programas del siglo XXI, la puesta al día de las energías de fusión, la reconquista en el terreno de los super-calculadores y la puesta a punto del ordenador cuántico, el envío a la Luna y a Marte de misiones humanas europeas, la realización de la máquina pensante, la perseverancia en el inventario del genoma y de los protomas, el gran Atlas del cerebro humano, - y al mismo tiempo una mejor comprensión de lo que significa la vida sobre la Tierra y la necesidad de su conservación.

¿Cómo proceder en adelante? Las dificultades que actualmente está encontrando el programa ITER son significativas de lo que no hace falta hacer, puesto que Europa por ella misma no se puede imponer frente a Estados Unidos, ya que este país ha decidido que el ITER no se le podía escapar.

Pero Europa, como Rusia, no pueden renunciar a las excelentes habilidades adquiridas durante treinta años, ni aceptar recaídas más que esperadas. Sería viable una solución distribuida internacionalmente (como lo demuestra en otro terreno la fabricación de aviones Airbus).

Cada uno de los conjuntos geopolíticos o de los países que quieran participar en el proyecto tendría que movilizar sus recursos, dentro del marco de un programa repartido por el mundo entero. Los polos de competencia regional que resultarían en Europa, Rusia, Asia y Estados Unidos, mantendrían a la vez relaciones de competencia y de cooperación que son indispensables para los descubrimientos que interesan a toda la humanidad. Si no es posible a nivel mundial, es necesario hacerlo, por lo menos, a escala europea.

En lo que respecta a Europa, será necesario decidirse a invertir en los campos hasta ahora olvidados. También será necesario aprender a colaborar internamente, para evitar perder años en negociaciones interminables, como fue el caso del lanzamiento del programa de posicionamiento de satélites Galileo, destinado a no permitir el monopolio de los Estados Unidos de los GPS en un campo con numerosas repercusiones (algo que todavía hoy contestan los Estados Unidos).

Se puede pensar que los instrumentos de cooperación europea, aunque sean bien diferentes según cada caso, podrían estar inspirados en el modelo de estas dos agencias cuya reputación de excelencia ya está demostrada: el Centro Europeo de Investigación Nuclear o la Agencia Espacial Europea. Otras agencias se están poniendo en marcha en la actualidad o se van a lanzar muy rápidamente: para armamento, para investigación científica fundamental, para protección del medio ambiente.... Además, los éxitos obtenidos en la cooperación industrial, como el EADS, Airbus precipitado o Arianespace también hay que tenerlos en cuenta, en especial cuando se trate de diseñar los grandes programas militares necesarios para la independencia de Europa.

Ciertas voces pueden reprocharnos el no mencionar aquí la grave crisis de vocaciones científicas entre los jóvenes europeos, y la falta de estructuras de formación universitaria. Se trata de un problema muy importante que merecería un segundo manifiesto. Sin embargo, nosotros pensamos que este problema se podrá resolver, al menos en parte, si se dota a Europa de grandes programas de investigación y desarrollo con inversiones adecuadas. Podrían ponerse en marcha plataformas internacionales de excelencia, basadas en el modelo preconizado por el Comisario de Investigación Busquin, donde investigadores, industriales y estudiantes de diferentes orígenes aprenderían a trabajar juntos.

Nos gustaría con este Manifiesto comenzar a crear un movimiento de opinión, que podría apoyarse en proposiciones y en informes capaces de demostrar a todos la posibilidad real y el interés de crear una política de potencia europea en los campos científico, tecnológico e industrial.

 

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