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Europe puissance scientifique
et technologique

Europe as a scientific and technological power
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Projet de programme à 15 ans pour atteindre à la souveraineté scientifique et technologique de l'Europe


On trouvera ici une liste de mesures qui devraient selon nous être décidées rapidement par les pouvoirs publics européens, afin de permettre à l'Europe d'accéder dans les 15 ans à une authentique souveraineté dans les sciences et les technologies. L'objectif principal est de permettre à ce Continent de partager la responsabilité de définir le monde de demain, à égalité avec les Etats-Unis et éventuellement d'autres puissances géopolitiques à venir. L'Europe doit être un partenaire autonome et non dépendant. L'autonomie n'exclut pas la coopération, mais suppose que cette dernière se fasse sur un pied d'égalité.

Aujourd'hui, les gouvernements européens ne sont pas conscients de cette nécessité. C'est aux représentants de l'opinion publique responsable de les obliger à changer. Nous posons clairement la question: " L'europe est-elle décidée à lancer de tels programmes, ou renoncera-t-elle définitivement à disputer la maîtrise du monde aux Etats-Unis et aux puissances qui, comme la Chine, entendront les rejoindre? "

Nous estimons que l'effort financier à consentir devra être couvert aux 3/5 par des fonds publics. Les contribuables et les citoyens européens bénéficieront en retour d'une augmentation de la croissance économique et de l'influence culturelle et diplomatique. L'effort est important, mais pas hors de portée de l'Europe, 2e puissance économique du monde. Nous avons estimé qu'il pouvait être chiffré à 100 milliards d'euros supplémentaires par an sur la période de 15 ans, toutes dépenses civiles et militaires confondues.

Le programme proposé ici repose sur des prises de décisions convergentes et coordonnées, destinées à provoquer un effet de seuil. Il faut proscrire la dispersion des ressources observée depuis trente ans. Les investissements publics et privés doivent être fédérés dans des programmes de grands équipements et de grands projets clairement visibles.

Evidemment, il sera nécessaire aussi d'adopter de nouvelles procédures budgétaires et de gestion des ressources humaines, adaptées à ce qui, bien que pacifique, pourra être comparé à la conduite d'une guerre.

NB : Nous ne prenons pas ici en considération les développements industriels et technologiques qui seront par ailleurs nécessaires pour continuer à moderniser la société européenne, en matière de transports, énergies renouvelables, nouveaux matériaux, agriculture durable, alimentation responsable, etc.

De même, nous ne distinguons pas entre civil et militaire, partant du principe qu'il s'agit de technologies duales, c'est-à-dire utilisables dans l'un ou l'autre domaine.

Grands équipements

La science aujourd'hui est très largement le produit du travail interdisciplinaire d'équipes multinationales travaillant sur de grands équipements. Ces équipes doivent être interconnectées au plan mondial grâce à des réseaux modernes d'échange. Mais l'autonomie scientifique ne peut être garantie si on dépend des ressources que les concurrents accepteront de dégager sur leurs propres équipements. Un effort européen spécifique est indispensable.

A première vue, mais ceci devra être discuté avec les scientifiques, les priorités d'équipement sont les suivantes :

- Un système de réacteurs thermonucléaires pour prendre en charge les recherches européennes dans le domaine de la fusion (Iter) Un ou plusieurs sites européens devront être équipés, si le consortium international Iter ne s'entend pas sur la localisation en Europe (Cadarache) du premier réacteur expérimental. En ce qui concerne l'éventuel remplacement des centrales actuelles par des centrales à eau pressurisée (PWR), nous pensons qu'il faudra laisser la décision aux gouvernements nationaux.

- Un réseau de super-calculateurs répartis en de multiples sites. L'objectif est de faire face avec succès à l'inflation des besoins de calculs indispensables à toute recherche se voulant autonome. Le Japon s'est donné de telles ressources. Les Etats-Unis s'efforcent de rattraper un retard momentané. L'Europe est cruellement démunie. La question qui se posera ici concernera la possibilité de coopérer avec les vendeurs d'ordinateurs, qui sont tous généralement sous le contrôle politique des Etats-Unis.

- Un réseau d'équipements permettant l'identification, la production et le marquage des protéines, indispensables pour le développement des bio-technologies. L'objectif sera de produire en masse des dizaines de milliers de protéines par an, définir des étiquettes permettant de les identifier et mettre les résultats de ces travaux à la disposition de l'ensemble des chercheurs européens.

- Un réseau d'équipements permettant de caractériser et de visualiser par imagerie les machines moléculaires opérant dans les cellules, à partir des résultats fournis par les équipements précédents. Ultérieurement l'analyse des protéomes entiers (résultant de l'activité des gènes) permettra de comprendre la façon dont les bactéries s'adaptent au changement grâce à des mobilisations à la demande de leur potentiel protéomique.

- Le renforcement des ressources en accélérateurs-synchrotron actuellement disponibles ou en construction en Europe, qui paraissent déjà très inférieures aux besoins potentiels.

- L'accélération des travaux de mise en place du Grand collisionneur à protons du Cern, puis développements ultérieurs de tels équipements, dont la contribution, non seulement à la connaissance de l'univers mais à la solution de problèmes physiques plus immédiats est fondamentale.

- La mise en place d'un Simulateur de la Terre sur le modèle japonais. Il s'agit d'un super-ordinateur permettant de tirer parti de toutes les observations de l'environnement où l'Europe détient une expertise non négligeable. Un tel simulateur est indispensable pour la définition de politiques de développement durable et de conservation.

- Un réseau de plates-formes interconnectées permettant le test et la production de nano-matériaux, nano-machines et éventuellement d'assembleurs moléculaires.

Important : la localisation de ces grands équipements privilégiera la formule des sites répartis interconnectés, pour éviter les débats entre Etats-membres souhaitant participer à de tels programmes.

NB : cette liste ne tient pas compte des équipements qui seront nécessaires pour mener à bien les grands programmes spatiaux conduits principalement par l'Agence Spatiale Européenne, mentionnés ci-dessous.

Grands projets scientifiques

Il s'agit d'identifier et financer de grands projets scientifiques aptes à permettre la coopération entre la recherche publique et la recherche privée, avec une évaluation permanente des résultats, et dédiés à des objectifs capables de générer l'enthousiasme populaire.

A première vue, mais ceci devra être discuté avec les scientifiques et les responsables politiques, les priorités nous apparaissent être les suivantes :

- La mise en place d'un programme européen coordonné pour la réalisation des technologies de calcul du futur: super-calculateurs (1 petaflops et plus), ordinateur quantique, ordinateur à ADN. Les software correspondants seront réalisés, sur la base de l'Open Source.

- Des programmes d'exploration spatiale visant la Lune, Mars et diverses sondes se développant en parallèle avec ce qu'annoncent aujourd'hui les Etats-Unis et que très probablement, des puissances asiatiques tenteront ultérieurement d'entreprendre. Ces programmes s'appuiront majoritairement sur l'Agence Spatiale Européenne, renforcée par les établissements spatiaux nationaux.

- Un ensemble de projets convergents visant à réaliser des robots de plus en plus autonomes, débouchant sur des machines intelligentes et conscientes susceptibles d'acquérir, à échéance de 15 ans à 20 ans, comme le visent les Japonais, les capacités cognitives d'un enfant de 5 ans. Ces machines trouveront de multiples usages en recherche scientifique et dans les applications industrielles et domestiques.

- Un ensemble de projets convergents visant à développer les sciences cognitives, celles de l'éducation et de l'apprentissage, celles des organisations adaptatives et plus généralement les sciences humaines, sociales et culturelles intégrant les nouvelles approches scientifiques. Il s'agira de valoriser par mise en symbiose les différents réseaux de compétence existants en Europe et dans le reste du monde.

- Un ensemble de projets convergents visant à la réalisation, suite aux travaux de recherche en sciences de la vie, d'Atlas de références intéressant la génomique, la protéomique, les espèces animales, etc. On y ajoutera l'Atlas du cerveau permettant de ne pas laisser aux neurosciences américaines l'exploration de ce nouveau " continent ". Ces Atlas seront rendus disponibles à tous chercheurs, sur le modèle de l'Open Source, afin d'éviter les risques de privatisation des résultats qui menacent aux Etats-Unis.

- Un important effort dans la recherche médicale permettant de lutter contre les grandes maladies et pandémies actuellement en activité ou prévisibles à plus ou moins courte échéance. On développera aussi des modèles mathématiques et informatiques de physiologie intégrative permettant d'aider les diagnostics et la recherche pharmaceutique.

- L'Europe devra proposer aux scientifiques des pays en développement le souhaitant d'accéder, autant que possible gratuitement, à ces programmes, notamment en vue d'acquérir une expertise universitaire de haut niveau (signalons à ce sujet les écoles doctorales qui s'installent actuellement en Afrique avec l'appui de l'Institut Français de recherches pour le développement (IRD).

NB: Nous ne mentionnons pas les recherches militaires et de sécurité civile spécialisées qui seront à mener en parallèle.

Nouvelles procédures de financement et de gestion pour de grands investissements et projets à l'échelle de l'Europe.

On n'approfondira pas ici les solutions possibles à cet important problème. Indiquons seulement que pour financer l'effort considérable qui sera nécessaire, il faudra modifier profondément les procédures budgétaires, fiscales comptables et de contrôle actuellement pratiquées - ceci que ce soit au niveau de l'Union, des Etats-membres et des collectivités territoriales.

Les investissements publics et privés à long terme devront être soustraits aux obligations du Pacte de stabilité et fiancés par des systèmes adéquats de prêts bancaires à longue échéance, garantis par les gouvernements.

La gestion des projets européens sera avantageusement confiée aux agences existantes (Esa, Cern) dont la réputation d'excellence est reconnue, ou à d'autres créées sur ce modèle. D'autres seront à créer. On étudie actuellement la mise en place d'une Agence européenne de la recherche fondamentale. Le besoin d'une Agence européenne en matière d'environnement et de développement durable a été souvent aussi exprimé. Dans l'industrie, l'encouragement à la création de groupes associant des partenaires aux cultures différentes, sur le modèle d'Airbus ou d'Arianespace, devra être fortement encouragée par les gouvernements.

Enfin, il sera nécessaire de créer, sous l'autorité directe du Conseil européen ou de ce qui en tiendra lieu à l'époque, d'un Conseil des ministres pour la coordination scientifique et technologique et probablement aussi d'un ministre fédéral de la science.

février 2004

 


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A 15-year outlook for a true European scientific sovereignty (proposals)

 


Here is a list of measures that in our opinion would have to be decided soon by European governments in order to establish in Europe a true sovereignty in sciences and technologies for the next 15 years and later. The main issue is being able to share the responsibility of shaping the next century with US and other future geopolitical entities, as an autonomous and not dependant partner. Autonomy does not exclude cooperation, but suppose equality in the level and quality of attainments and aims.

To day, European authorities are not conscious of this necessity. It is to responsible public opinion representatives to oblige them to change. We clearly ask the question: "Are we, european citizens, decided to accept the challenge?"

Our estimates are that 3/5 of this program will be due to public funding. But European taxpayers and citizens will receive value for their investment in the growth of European economy, culture and diplomatic influence. We consider that the increase of expenditures should be of euro 100billions per year during at least 15 years. It is important, but not out of reach of the second economic power in this planet.

The road map here proposed includes converging decisions. The idea is to prevent the crumbling of resources that we have observed since thirty years and to federate public and private investments by financing clearly visible facilities and projects. Of course, it will be simultaneously necessary to adopt new procedures for collecting money and managing human resources. Europe will have to consider itself as mobilized in a new kind of war.

NB: we do not include here industrial and technological developments which will be necessary for modernizing European economy and society generally speaking, as transports, renewable energies, new materials, responsible agriculture, food, etc.


Facilities

Science is mainly today the product of large interdisciplinary teams working on big facilities. These teams have to be internationally interconnected through modern networks. But scientific autonomy cannot be guaranteed when you are depending of what resources your concurrents will accept to allow you on their own equipments.

At a first glance, to be discussed with scientists, priorities are:

- Fusion energy contingency (in Europe with partners accepting to cooperate with European scientists if an international agreement on the European location at Cadarache is not possible).

- Ultra scale scientific capability, located at multiple sites. The idea is to compete successfully with the computation resources presently implemented in Japan (Earth simulator) and in the US. Generally speaking, in Europe, computation resources are to day definitely non sufficient. The problem will be: with which vendors cooperate, if necessary? All of them appear to be under US control.

- Protein production and tags. This is absolutely necessary for enhancing biotechnologies. The idea is to mass-product and characterize tens of thousand of proteins per year, create tags to identify them and make the products available to researchers all over Europe.

- Characterization and imaging of molecular machines. The idea is to build on facilities provided by Protein production facilities to characterize and create images of the thousands of molecular machines operating inside a cell. Later, a whole proteome analysis facility will provide ability to investigate how microbes adapt to change in their environment by specific mobilization of their proteome resources.

- Upgrades to synchrotron accelerators presently in operation or planned in Europe, of which estimated resources appear definitively insufficient compared with European researchers requirements.

- Acceleration of the completion of the Large Hadrons Collider of Cern, completed if necessary by other high-energy facilities required.

- Earth simulator and modelling facilities supporting observations of the global environment and adequate politic decisions for protecting it. European expertise in this domain is important and has to be valorized by proper equipments.

- Development of interconnected platforms for testing and producing nano-materials, nano-machines and eventually molecular assemblers.

NB: this list do not include facilities required by the enhancement of European Space Agency projects (see below)

Important: One will systematically prefer distributed interconnected facilities between member-states willing to participate, to centralised ones, of which location is always difficult to decide.

Major scientific programs and projects


The idea is to identify and fund large projects able to oblige academic researchers and industry to cooperate, with a permanent evaluation of results, in issues supported by converging civic enthusiasms.

At a first glance, to be discussed with scientists and politics, priorities are:

- Development of truely european next generations of computers: maxi and mega calculators (1 petaflops and more), quantum computers, DNA computers. Adequate Open Source software will be realised correlatively.

- Space exploration programs (Moon, Mars, probes) developing in parallel with the american and probable asiatic programs.

- Various converging projects for realizing more and more performant autonomous robots and later intelligent and conscious machines, having in 15 to 20 years, as the Japanese say they will do, the cognitive abilities of a 5 years-old child. These machines will allow multiple applications, in scientific, industial and domestic uses.

- Various converging projects for enhancing cognitive sciences, education and learning, smart organizations and cultural achievements. The projects will valorise and "europeanize" resources of knowledge networks all over Europe and the world.

- Various converging projects for valorising through open Atlas the results of researches in genomic, proteomic, brain, environment, on the model of the Open Source. The idea is to become as far as possible independent of the studies already successfully engaged in the US, with public and essentially commercial funding, of which results will probably not be freely available.

- Enhancement of medical researches, in actually prevalent or later emergent diseases and pandemies. Integrative physiology models will have to be developed with computing and mathematic resources.

- Participation to these programs will have to be proposed (practically free of charge) to developing countries accepting to cooperate with Europe in order to attenuate the development gap.

NB: Military and security scientific researches and applications are not mentionned in this paper.

New procedures for financing and managing Europe-wide scientific investments and projects.

We do not develop here this essential issue. Let's just say that, in order to finance this considerable effort, it will be necessary to drastically change budgeting, taxation, expenditures and audit procedures, as well as at European Union, national and local levels.

Long terms public and private investments will have to be disconnected from the Pact of stability obligations and financed by adequate long term banking system, with the guarantee of governments.

The management of multi-european projects will be advantageously delegated to existing or future agencies working on the model of Esa, of which excellency is generally recognised. Other agencies will be necessary; one for the promotion of Scientific Research, as presently discussed in Dublin, or for Environmental protection. In the private sector, the creation of European multicultural groups, as today Airbus or Arianespace, will have to be strongly encouraged by governments.

A council of ministers and a federal European minister for scientific and technological coordination will have to be established, directly under the responsibility of the European Council.

February 2004

 

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