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Le point sur les téléprocédures.
Le projet NET-Entreprises |
Téléguichet-
téléprocédures |
3 pages |
Jean-Paul
Baquiast |
23 décembre 1998 |
Le point sur les téléprocédures. Avancement du projet
NET-Entreprises dans le domaine social. Perspectives concernant les autres
télédéclarations et téléprocédures
sappliquant aux entreprises.
Le ministère de lemploi et de la solidarité et
le secrétariat dEtat aux PME, au commerce et à
lartisanat ont annoncé le 18 novembre 1998 le service
NET-Entreprises, visant à offrir à ces dernières la
faculté daccomplir lensemble de leurs formalités
déclaratives destinées aux organismes de protection sociale
ainsi que les paiements, au moyen de lInternet. Louverture en
sera progressive. En 1999, il est prévu dexpérimenter
en EDI la DUCS et la DADS, de réaliser un prototype de service nominatif
(ELP-net), et de permettre à la DUE et à la DUCS de fonctionner
en EFI.
DUCS : déclaration unifiée de cotisations
sociales
DADS : déclaration annuelle de données sociales
DUE : déclaration unique dembauche
Un ensemble de tables-rondes de concertation a été organisé
en décembre 1999, avec les organismes de protection sociale (ACOSS,
AGIRC, ARRCO, CNAV, UNEDIC dans une première phase), dautres
administrations ou organismes envisageant ou pratiquant des programmes de
télédéclarations, ainsi que des experts.
La société ORESYS-LYSIS est chargée de piloter la
concertation.
Comme suite à cette importante avancée, qui sinscrit
en priorité dans le PAGSI, je propose de retenir les conclusions
suivantes, qui sont ressorties des débats, concernant la
dématérialisation des procédures sappliquant aux
entreprises, et notamment aux PME/PMI.
La prise de conscience des enjeux reste insuffisante, au niveau de beaucoup
dorganismes partenaires de ladministration, ainsi que
dentreprises ou de leurs représentants. Ladministration
nest donc pas suffisamment secondée dans ses efforts de
modernisation.
Beaucoup de personnes nont pas perçu lampleur de la lame
de fond que représente Internet. Les questions posées par la
dématérialisation de telle ou telle déclaration sont
encore approchées avec un état desprit hérité
du passé : intérêt de poursuivre lexploitation
à partir du minitel, nécessité de simplifier la
réglementation avant de dématérialiser (ce qui retarderait
indéfiniment le passage à la dématérialisation),
manque dintérêt prétendu des PME pour Internet,
etc.
Ceci traduit une réalité qui reste préoccupante
(soulignée notamment dans le dernier rapport de lAFTEL), le
retard français en matière de passage à la
société de linformation, tant dans les esprits que dans
les faits. Il nest pas certain que ce retard soit toujours le fait
des PME, peut-être plus averties que dautres des
réalités, mais plutôt de ceux qui parlent en leur nom
ou travaillent avec elles.
Rappelons quelques évidences :
-
dans les 2/3 ans, les plus petites PME se seront toutes familiarisées
avec Internet, soit à titre personnel, soit à titre professionnel.
Elles auront découvert les services en ligne offerts par le secteur
privé et naccepteront plus la charge de procédures manuelles,
au cas où les administrations ou organismes sociaux ne leur offriraient
pas de solutions Internet.
-
les téléprocédures ne seront pas pour elles des
démarches isolées, nintéressant que quelques
déclarations par an. Elles sinséreront dans un ensemble
de relations dématérialisées liées au
développement du commerce électronique (notamment BtoB), au
passage à leuro, à la nécessité dadopter
des modalités de gestion économiques et informatique (progiciels)
leur permettant de faire face à lalourdissement de la concurrence,
comme aussi à la conquête de nouveaux marchés.
-
dune façon générale, les
téléprocédures permettront des économies importantes,
et à très court terme, en compensation de leffort
dimplémentation et de changement de mentalité quelles
imposent.
-
il existe dailleurs, et existera de plus en plus, une offre française
très complète de solutions logiciels standards et bon marché
rendant lutilisation de lEDI et de lEFI, ainsi plus
généralement que linsertion dans un front office ou
téléguichet normalisé, transparente aux yeux de
lentreprise.
-
les administrations françaises, appliquant notamment les consignes
du PAGSI, auront dans le même temps mis en oeuvre des programmes de
dématérialisation touchant la part la plus importante des
procédures simposant aux entreprises : le social, le fiscal
(TVA), la commande publique et la gestion électronique de son
exécution, notamment. On rappelle que par ailleurs, dans le domaine
spécifique de la santé, le réseau RSS est désormais
opérationnel.
-
ceci veut dire que, très prochainement maintenant (espérons
dans lannée 1999), les questions préjudicielles mises
souvent en avant comme argument pour retarder les décisions, auront
été résolues de façon cohérentes
(cest-à-dire sur la base de standards communs à
lensemble des acteurs privés et publics) : signature
électronique, cryptologie, adaptation des textes autorisant la
dématérialisation des signatures, des pièces justificatives,
de la preuve, etc. Ces solutions résulteront dune nécessaire
concertation préalable entre les travaux des organismes les plus
intéressés (Emploi et solidarité, MEFI, Premier ministre)
, ainsi quavec les opérateurs du secteur privé, travaux
qui devront être immédiatement suivis des mesures législatives
et réglementaires correspondantes.
-
dans la mesure où la totalité des entreprises françaises
na pas encore pris conscience de lurgence de sadapter à
la société de linformation et à la mondialisation
de léconomie, les Pouvoirs Publics ont le devoir impératif
de les y inciter en accélérant la dématérialisation
des procédures administratives, tout en veillant à adapter
celle-ci aux besoins spécifiques des PME/PMI et des jeunes créateurs
dentreprises. Il nest donc plus temps de traiter sur le mode
académique de lintérêt dInternet face au
minitel ou au fax. Même si la dématérialisation nest
pas présentée comme une obligation absolue, différentes
mesures dencouragement (discriminations positives et aides) devront
entraîner leur généralisation à grande échelle.
-
cest ce que font dailleurs tous les grands Etats modernes. Seul
le manque douverture à linternational, confortée
par labsence de la pratique du bench-marking, caractérisant
encore beaucoup dacteurs institutionnels français, leur permet
déviter de sen rendre compte.
Les différents programmes des Pouvoirs Publics visant à
la dématérialisation des procédures sappliquant
aux entreprises doivent convenir de principes communs, afin de faciliter
la conversion des entreprises .
Il ne faut pas chercher en ce domaine la perfection, mais le pragmatisme.
Certains de ces principes semblent faire dorénavant lobjet de
consensus entre les divers acteurs publics et privés. Citons :
-
le respect absolu des standards IP. Lorsque ceux-ci nexistent pas (par
exemple en matière dinterface avec la carte à puce) le
choix de standards du marché.
-
la nécessite de commencer tout de suite, améliorer lexistant
chemin faisant, adopter des délais courts entre " points de
contrôle ".
-
la nécessité du bench-marking vis à vis du secteur
privé, de linternational, etc - ceci dans lobjectif
didentifier et recommander les " meilleurs pratiques ".
-
la nécessité de rechercher (et de mettre en évidence)
des rapports gagnant-gagnant entre partenaires publics et privés.
-
la nécessité, pour les organismes ou services intermédiaires
entre entreprises et administrations (par exemple les organismes sociaux)
dont le rôle était de faciliter laccomplissement des
procédures manuelles, de trouver de nouveaux domaines de service,
dans la mesure où la dématérialisation pourrait rendre
inutile certaines de leurs interventions. Ces organismes ne doivent pas en
effet, faute dune reconversion en temps utile, freiner le passage à
la dématérialisation.
-
lintérêt de séparer lapproche
" dématérialisation et transfert électronique "
, à réaliser immédiatement, de lapproche
" simplification " qui prendra nécessairement plus de temps,
voire changera de dimension du fait de réingénierie en profondeur
de certaines pratiques .
-
lintérêt, sinon lobligation, de travailler avec
des groupements dentreprises sur le terrain, acceptant dêtre
les partenaires de lEtat, en proposant delles-mêmes et
sans attendre toutes mesures destinées à faciliter la
réalisation des programmes, en assurer le débugging, etc. Avec
ces mêmes entreprises, il conviendra détudier les conditions
de maintenance et dévolution des réseaux et des applications,
qui supposent lintervention demplois de proximité à
prévoir demblée. Cest également sur le terrain,
au cas pas cas selon les régions et les professions, que pourront
se préciser, en toute économie concurrentielle, lapport
des conseils des entreprises, experts-comptables, SSII, etc.
-
la nécessité enfin, déjà soulignée, du
bonne coopération entre administrations en charge des différents
programmes de dématérialisation des
télé-procédures. Il serait inopérant de vouloir
mettre en uvre, sous tutelle interministérielle, un programme
densemble. Mais une démarche commune et, au minimum, une bonne
concertation, dans les domaines notamment de la signature électronique,
de la sécurité et des adaptations réglementaires,
simpose aux acteurs publics et à leurs partenaires du secteur
privé.
-
pour tout ceci enfin, la nécessité dune politique de
communication et de diffusion systématique, faisant notamment appel
à toutes les ressources de linternet et des médias. Chaque
programme en particulier devra être doté dune structure
permanente et dun budget en assurant la visibilité à
lextérieur.
http://www.admiroutes.asso.fr/teleguichet/teleproced.htm