Les Conseils Généraux et
Internet |
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par Jean-Paul Baquiast jpbaquiast@compuserve.com | 29/04/99 |
Les troisièmes Assises des Conseillers Généraux de France, organisées par l'Assemblée des Départements de France (http://www.departement.org), se sont tenues à Deauville du 7 au 9 avril 1999. Elles ont rassemblé 1500 élus et décideurs départementaux, sur les questions les plus diverses intéressant les compétences et le fonctionnement des Assemblées départementales.
La question, pourtant de très grande actualité, de l'attitude
à adopter face aux nouvelles technologies de l'information et de la
communication (NTIC), n'a cependant été abordée que
très marginalement, lors d'une des séances introductives et
dans un atelier.
Nous pensons personnellement, compte tenu de toutes les informations
qui nous parviennent, que le thème de l'Internet et de la
société de l'information doit devenir l'une des
préoccupations prioritaires des Conseils Généraux. Plusieurs
raisons le justifient. Les attributions propres de ces derniers, dans le
domaine de la gestion administrative, en relation le plus souvent avec d'autres
administrations, locales ou de la sphère étatique, ne peuvent
échapper aujourd'hui aux impératifs de la
dématérialisation et de la simplification permises par
l'utilisation systématique de l'Internet. Le département, par
ailleurs, peut jouer un rôle important dans la promotion, directe ou
indirecte, de l'utilisation des NTIC par les écoles, les hôpitaux,
les organismes culturels et, bien entendu, par les entreprises (commerce
électronique, télétravail, création de nouveaux
emplois) ou les simples citoyens. Ajoutons qu'à l'époque où
l'on s'interroge sur le rôle des circonscriptions administratives
sous-régionales, départements et arrondissements, il est facile
de montrer que les réseaux, loin de justifier de nouvelles concentrations,
permettent au contraire de réintroduire près des citoyens,
à peu de frais, une médiation administrative indispensable,
que ce soit dans les zônes rurales ou dans les banlieues. L'Internet
permettra, si l'on peut dire, aux départements de mieux assumer leur
rôle, d'en envisager de nouveaux, tout en allégeant leurs
coûts de fonctionnement.
Tous les Conseils Généraux et hommes politiques
locaux ne l'ont pas encore bien perçu, il faut le reconnaître.
L'on constate en France sur ces questions un retard certain, tant dans les
réalisations que dans les esprits. Ceci est vrai aussi en ce qui concerne
le passage à Internet des communes et des régions. Une
véritable compétition est en train de s'organiser entre les
collectivités qui ont compris les nouveaux enjeux, et se donnent les
moyens d'y faire face, non seulement dans les discours, mais dans les
réalités de l'investissement et du travail quotidien, et les
autres. Les collectivités locales qui laisseront leur retard
s'accroître pénaliseront indéniablement les entreprises
et les citoyens ressortant de leur compétence territoriale.
Les exemples de collectivités locales utilisant plus
ou moins complètement toutes les potentialités de
développement offertes actuellement par Internet, sont beaucoup plus
fréquents dans des pays proches tels l'Italie, la Hollande, le Royaume
Uni, etc. L'on ne peut transposer exactement en France ce qui se fait dans
ces pays, mais des schémas d'ensemble communs peuvent aujourd'hui
être définis. Internet en offre d'ailleurs de nombreux exemples,
pour qui sait explorer les ressources du Web. Lors d'une des séances
introductives, l'un des intervenants, ignorant sans doute Internet ou craignant
la concurrence intellectuelle, qualifiait ce dernier de poubelle
informationnelle. Ce parti-pris, qui ne se trouve plus guère qu'en
France, et encore chez de moins en moins de gens, est inacceptable. La chose
a d'ailleurs été relevée par le Président René
Monory, présent dans la salle.
Dans les colloques de plus en plus nombreux consacrés
à ces questions, la question est souvent posée: face à
la révolution de l'Internet, quel cheminement, quelle priorités
conseiller à un élu local type - prenons à titre
d'exemple le président d'un Conseil général
" ordinaire " ou le maire d'une commune " moyenne ",
disposant de quelques activités agricoles, industrielles et de service,
mais sans atouts particuliers face à la concurrence nationale
et internationale ? Toutes choses égales, le même discours
pourrait s'adresser à un président de région.
Essayons de répondre le plus pratiquement possible à ce type
de question.
1. La première condition à remplir est
évidemment que cet élu local soit bien informé des
possibilités et contraintes d'Internet. S'il ne l'était pas,
il y aurait de grandes chances pour que nul à sa place ne puisse tenir,
ou même prendre au sérieux, un discours mobilisateur autour
d'Internet et de ses possibilités. L'on ne parle bien que de ce que
l'on a pratiqué soi-même. Supposons donc cette première
condition remplie - nous laisserons de côté le difficile
problème de savoir comment aider à la prise de conscience des
élus, quand elle n'existe pas.
2. Il semble qu'antérieurement à toute action
concrète, le responsable local doit tenir, sans hésiter -
c'est-à-dire sans craindre d'effrayer les immobilismes qui se rencontrent
partout - un discours de mise en garde. Il doit faire prendre conscience
aux différents acteurs de la circonscription, acteurs économiques
mais aussi administratifs et particuliers, qu'avec la société
de l'information, l'euro, la mondialisation accrue, ceux qui ne prendront
pas à temps, c'est-à-dire dès maintenant, le train de
la modernisation par Internet, risqueront de rester sur place, voire de
disparaître, même si leurs positions actuelles semblent solides.
Cette mise en garde, à nuancer selon la nature des activités
représentées, ne doit pas être considérée
comme alarmiste, mais au contraire comme favorisant un large effort de
mobilisation ou remobilisation, - dans la bonne direction - des forces vives
locales.
3. Il faudra ensuite entrer dans le concret, c'est-à-dire envisager des actions prioritaires de terrain. Or celles-ci, quelle que soit leur importance, supposent toutes un peu de moyens: crédits d'équipement et de fonctionnement , formation, études et communication. Comme il ne serait pas raisonnable d'espérer - sauf marginalement - trouver ces ressources dans des financements externes ou du sponsoring - sauf peut-être les contrats de plan Etat-régions, mais le processus de prise en compte des projets y est long - il faudra envisager d'emblée les actions de redéploiement susceptibles de les dégager rapidement. Des économie sur certains postes de dépense, la voirie, les frais de fonctionnement courant, par exemple, s'imposeront pour faciliter le démarrage d'activités dans le domaine des services de la société de l'information, et crédibiliser la nouvelle démarche, notamment aux yeux de jeunes entreprises éventuellement intéressées.
Cette question des jeunes entreprises entraîne
immédiatement une observation. Dans beaucoup de collectivités
locales, la prise de conscience des besoins est favorisée par le marketing
de sociétés de services, plus ou moins importantes, espérant
en tirer de légitimes contrats. Très bien, mais s'il s'agit
d'intervenants habitués à traiter avec de grands clients
n'hésitant pas à passer des contrats importants, la petite
collectivité risque de consacrer ses faibles ressources à des
travaux payés très cher, qu'elle aurait pu faire réaliser
par de juniors entreprises locales moins compétentes peut-être
- encore que cela soit à vérifier - mais surtout moins
coûteuses, et plus convaincues de la nécessité de s'investir
et réussir sur le terrain, y compris en assurant tout le temps
nécessaire la maintenance des dispositifs. Dans certains cas d'ailleurs,
la collectivité dispose dans son personnel de jeunes agents tout à
fait capables eux-mêmes de participer aux développements, en
équipe avec la junior entreprise - à laquelle il faudra
néanmoins éviter de se substituer totalement, si l'on veut
qu'elle se donne des références pour trouver une base de
clientèle privée.
4. Les actions elles-mêmes prendront la forme de
réalisations ou d'encouragement à réalisations.
Par réalisations, nous entendons celles qui consistent
à introduire les TIC dans la gestion de la collectivité proprement
dite, afin d'en moderniser l'exercice. Les citoyens pourront ainsi juger
concrètement de l'intérêt d'Internet. Classiquement,
les conseillers généraux et les divers responsables politiques
et administratifs commenceront par se doter d'une adresse électronique.
Ils l'utiliseront personnellement et systématiquement pour communiquer
avec leurs services, leurs correspondants administratifs des services
déconcentrés de l'Etat, comme avec les citoyens. Ils s'en serviront
aussi dans le travail administratif quotidien: convoquer les réunions,
diffuser les comptes-rendus.... Ils ne se contenteront pas de le faire, mais
ils le feront savoir à tous: photos en situation à l'écran,
etc. Viendra ensuite la mise en place d'un ou
plusieurs réseaux locaux et intranets (serveurs internets accessibles
seulement par mot de passe, à partir d'un réseau
local).
Le site web Internet de la collectivité -
inévitable - sera consacré à la diffusion de
renseignements courants, à la mise en ligne du plus grand nombre
d'informations administratives susceptibles d'améliorer le jeu
démocratique et le contrôle des citoyens sur la gestion
départementale: délibérations, budgets, appels d'offres,
contrats, subventions, comptabilités d'exécution, etc. De
même toutes les informations sensibles (par exemple études
réalisées par les services du département sur l'eau,
les déchets, l'environnement, etc.) seront communiquées
sans restrictions aux citoyens pour éclairer les choix de
politique locale : implantation d'un barrage de retenue d'eau, d'une
usine d'élimination des déchets, etc. Ces études,
réalisées avec des crédits publics, fussent-ils locaux,
n'appartiennent pas à l'équipe départementale, mais
à la collectivité. Des forums seront ouverts pour dialoguer
avec les électeurs intéressés.
Jouer ainsi la transparence apparaîtra risqué,
voire politiquement impossible à certains élus. Mais qu'ils
ne se fassent pas d'illusion. D'ici quelques mois , les collectivités
qui ne publieront pas d'informations de cette nature seront montrées
du doigt par les associations de citoyens qui ne manqueront pas, elles aussi,
de se développer sur le web et d'ouvrir des sites off ou
pirates.
L'utilisation de l'Internet pour réaliser des consensus
locaux est encore récente en France. Elle relève d'études
de sociologie politique qui n'ont pas encore leurs lettres de noblesse dans
les universités. Généralement les administrations
impliquées oublient de le faire. Donnons-en un exemple récent.
La mission interministérielle d'évaluation des contrats locaux
de sécurité regrette, dans un rapport publié par Le
Monde du 28 octobre 1998, que ces contrats locaux, quand ils existent, ne
soient pas davantage mis en ligne et discutés par Internet. Outre
l'avantage de mieux responsabiliser les citoyens face à cette question
de la sécurité, une telle publication donnerait un avantage
moral aux collectivités locales (actuellement peu nombreuses) qui
ont véritablement joué le jeu de la concertation avec les
administrations de l'Etat et les associations, au regarde de celles qui ne
l'ont pas fait.
Toujours dans le domaine de l'utilisation directe des TIC
par la collectivité viendra la mise en place de
téléprocédures ou procédures assistées
au sein de téléguichets, pour ce qui concerne les
formalités où la collectivité joue un rôle principal
ou exclusif. Beaucoup de ces procédures se présentent
épisodiquement pour les citoyens, et l'on pourrait penser que leur
réalisation par réseau n'apportera pas un avantage
considérable aux entreprises ou particuliers. Mais si, comme il se
doit, leur dématérialisation s'accompagne de celle des
procédures conjointes imposées par les services de l'Etat,
et d'études sérieuses de simplification (voir par exemple le
cas de l'étude entreprise dans la DRIRE Nord-Pas-de-Calais
concernant la gestion des établissements classés). L'ensemble,
outre son aspect exemplaire, apportera ainsi un véritable gain aux
agents économiques et aux citoyens.
Dans le domaine de la dématérialisation des
procédures, l'expérience montre que la simple mise en ligne
sur Internet des formulaires à fournir, ne représente qu'un
tout premier pas dans le bon sens. Il faut en réalité, comme
le montre l'exemple de la Préfecture de Grenoble, commencer à
organiser une véritable chaîne à valeur ajoutée,
associant des professionnels de l'échange dématérialisé,
le déclarant (entreprise ou particulier), et l'administration qui
reçoit et traite les déclarations. Le thème concerne
en priorité les services de l'Etat, mais les collectivité locales
sont aussi concernées.
Les projets mis en uvre dans le cadre du Programme
d'Action Gouvernemental pour la Société de l'Information
intéressent en priorité les ministères. Mais les
réalisations territoriales, telles les SIT ou Intranets dits
Systèmes d'informations territoriales, devraient s'ouvrir aussi, dans
certaines conditions, aux collectivités locales, dans les domaines
de compétence mixte et de travail en réseau. Lesdites
collectivités peuvent jouer un rôle pilote quant à la
mise en place rapide des SIT, en demandant aux services de l'Etat (le
Préfet en premier lieu) une possibilité de raccordement.
Un premier maillon de cette chaîne sera l'agent de
médiation au téléguichet, , que certains n'hésitent
plus à nommer du vieux nom d'écrivain public (multimédia).
L'écrivain public facilitera l'accès aux procédures
et téléprocédures, à l'attention des
administrés connaissant mal les nouvelles pratiques
administratives. Dans le domaine social, il sera
ainsi possible d'organiser de véritables guichets sociaux uniques
de proximité, permettant aux personnes en difficultés
d'accéder à l'ensemble des aides auxquelles elles peuvent
prétendre La profession d'écrivain public n'est guère
reconnue. Il faudra que les collectivités locales l'encourage.
En ce qui concerne les entreprises, pour atteindre les synergies
nécessaires, il sera utile qu'au sein de grandes circonscriptions
locales, département ou régions, les élus s'organisent
pour favoriser le regroupement des entreprises désireuses de s'investir
dans la dématérialisation des procédures administratives,
et poussent les service publics à leur assurer l'accueil nécessaire.
De nombreuses procédures s'imposent aux
collectivités dans leurs relations avec les services de l'Etat
et d'autres service publics, territoriaux, nationaux et européens.
Ce ne sont pas les plus, puisque jusqu'à aujourd'hui encore les textes
permettant l'utilisation d'une signature électronique et donnant valeur
probante aux documents numériques, n'ont pas fait l'objet d'une
approbation législative. Le Premier ministre a annoncé lors
du Comité Interministériel de janvier 1999, que les lois
nécessaire seraient soumises "dans les mois qui viennent" au Parlement.
L'on peut donc espérer que ces obstacles seront prochainement
résolus. Les solutions techniques ne manquent pas, et de grands
ministères sont prêts à les appliquer en ce qui concerne
leurs procédures propres, ouvrant ainsi la voie aux autres utilisateurs.
Chaque fois qu'elles le pourront, les collectivités
devront se porter demanderesses pour la dématérialisation partielle
ou totale des procédures destinées aux services de l'Etat,
non seulement à cause des avantages qu'elles y trouveront, mais pour
contribuer à l'évolution en parallèle des services
déconcentrés auxquels elles ont affaire: préfectures
et sous-préfectures, directions départementales de l'agriculture,
de l'équipement, rectorat, trésorerie générale,
etc. Face à des élus et responsables locaux désireux
de se moderniser, les services de l'Etat auront de plus en plus de mal à
faire admettre leurs propres retards, quand il y en aura.
Par ailleurs, un certain nombre de procédures locales,
ou concernant des partagées avec l'Etat, supposent l'utilisation de
références géographiques ou l'appel à des cartes
ou plans. C'est le cas des permis de construire, des études de
pluviométrie, de certaines études économiques
ou statistiques. Dans ce cas les collectivités doivent aujourd'hui
faire appel à des systèmes d'information géographiques
(SIG) malheureusement encore peu utilisés ou rudimentaires en France,
faute de la prise de conscience d'une politique nationale adéquate.
Il faut attirer l'attention des Pouvoirs Publics et des opérateurs
de réseaux physiques sur les besoins, ainsi que sur l'intérêt
de la mutualisation des investissements, notamment en matière de fonds
de carte et de repérages géodésiques..
5. A côté des réalisations directes, les encouragements à réalisation offrent une vaste sphère d'initiative aux Conseils Généraux. La palette est très vaste. Les circulaires concernant la préparation des contrats de plan Etat-régions, en donnent d'ailleurs une liste. Il ne fait plus aujourd'hui de doute pour personne que, parallèlement aux investissements informatiques liés directement à la gestion locale, les collectivités se doivent d'investir pour favoriser la pénétration d'Internet et de nouveaux comportements compétitifs dans l'ensemble de la population. Nous citerons sous cet angle deux types d'actions: celles qui contribueront à la mise en place de conditions favorables à l'exercice d'activités de type service, que l'on peut qualifier globalement d'infrastructures, et celles jouant un rôle incitatif et d'entraînement plus général.
Nous ne reviendrons pas ici sur la question du degré
d'initiative des départements ou communes en matière
d'équipement en infrastructures de haut débit. Même si
la doctrine de l'Agence de Régulation des Télécommunications
n'apparaît pas toujours claire, le besoin est tel que les
collectivités qui prendront l'initiative de tels investissements de
rattrapage, là où les réseaux existants sont insuffisants,
n'en auront que des avantages. Mais, ce faisant, il leur faudra se comporter
en maîtres d'ouvrage avisés, c'est-à-dire en mesurant
soigneusement les coûts et les avantages, ainsi que les choix techniques,
dans des domaines où s'impose une veille technologique attentive et
constamment actualisée.. Concrètement, face à une demande
des administrés, le responsable départemental doit pouvoir
se donner des éléments de décisions. La première
chose à faire en ce cas consisterait à élaborer des
scénarios à plusieurs choix anticipant le développement
de la demande et la réponse souhaitable en termes de réseaux
et services. Comme indiqué plus haut, ceci pourrait se faire, notamment
mais non exclusivement, dans la préparation des contrats de
plan Etat Régions, en se limitant d'ailleurs aux 2 ou 3 prochaines
années. L'on prévoira des investissements de rattrapage dans
les zones où manifestement ni l'investissement des opérateurs,
ni la solvabilité des utilisateurs, ne permettront de mettre ces zones
au diapason de celles plus favorisées. Il s'agira en ce cas
de contributions élémentaires à la lutte contre le
désenclavement informationnel et l'inégalité des
possibilités d'accès à la société de
l'information. Si cette orientation était retenue, les dispositions
adéquates devraient être prises rapidement, au plan national,
sous forme de propositions aux Préfets.
D'autres investissement indirects susceptibles d'être
pris en charge par les collectivités porteront sur les ressources
de formation disponibles: formation des spécialistes - dont
l'on connaît la rareté croissante - et formation des utilisateurs,
c'est-à-dire des PME et des particuliers. Les collectivités
locales, quelles que soient leur taille, devraient aujourd'hui s'engager,
avec d'autres acteurs si possible, dans des opérations de
sensibilisation-formation à grande échelle, notamment en
informaticiens, maîtres d'ouvrages, webmestres, etc., sans lesquelles
les déficits en ressources humaines ne seront pas comblés à
temps.
Viendront par ailleurs des actions d'entraînement
destinées à provoquer la prise de conscience et le regroupement
en synergie des acteurs locaux. C'est dans le domaine du commerce
électronique et plus généralement de l'amélioration
de la compétitivité des entreprises que des dispositions s'imposent
en priorité. Dans une ville aussi petite que Parthenay, l'on a pu
voir les bénéfices d'un encouragement au commerce
électronique pour le commerce et les activités locales.
Aujourd'hui, il n'est pas de région, département ou ville d'une
certaine importance qui ne devrait provoquer la sensibilisation à
grande échelle des entreprises, les actions fédératives
entre les plus dynamiques d'entre elles, l'appui à la création
de nouvelles activités ou entreprises, la lutte pour la
réinsertion économique, etc. Les initiatives viendront souvent
des entreprises et des associations elles-mêmes. Mais dans d'autres
cas, elles pourront être incités par les collectivités,
en partenariat avec les représentants de l'Etat (voir le Club
de l'intelligence économique dans la région de Basse
Normandie).
Tous les autres domaines de la création, débouchant
eux-mêmes éventuellement sur de nouvelles activités,
seront à encourager de la même façon incitative. Citons
le domaine du culturel et de la création (voir le Forum des Arts de
l'Univers Scientifique et Technologique - FAUST - de la ville de Toulouse),
celui du tourisme, celui du télétravail et des télé
activités , etc. L'aspect ludique de telles actions ne sera pas à
négliger. D'où l'intérêt que présentent,
comme générateurs d'évènements susceptibles de
déboucher sur un développement durable, les Fêtes de
l'Internet, prises en charge dorénavant par l'Association pour les
Fêtes de l'Internet, AFI, avec le soutien de l'Etat, et s'étendant
à l'échelle européenne.
Terminons par la remarque d'usage. Lorsque l'on aborde les
champs possibles d'initiative des collectivités locales, l'on se heurte
immédiatement au particularisme de ces dernières, à
la compétition politique ou géographique entre elles, à
leur inégalité de taille et de moyens, à leur crainte
de coopérer avec d'autres administrations, notamment les services
déconcentrés de l'Etat...Il ne s'agit pas de facteurs favorisant
l'utilisation rationnelle des outils et services de la société
de l'information, qui supposent dialogue et partage. Mais il serait vain
d'espérer vaincre de telles réticences par décret. C'est
l'exemple, l'appel au bon sens, la pression également des électeurs,
si du moins ceux-ci à leur tour prennent conscience des besoins de
coopération, qui vaincra les
résistances.
Les associations d'élus, les partis politiques et
les syndicats, mais aussi l'Etat, le Parlement, les associations citoyennes,
ont un rôle à jouer, en favorisant la diffusion des bons exemples,
et en généralisant, par Internet, la mise en relation des acteurs
émérites.
Notes :
Aux élus locaux et citoyens qui s'interrogent sur l'intérêt d'Internet pour les départements et régions françaises, nous conseillons d'étudier attentivement l'expérience de la région de Wallonie. Le gouvernement Wallon a décidé la mise en place d'une infrastructure à haut débit (La Belgique ne dispose pas d'ART ni de Conseil d'Etat se préoccupant de ces questions). Sur cette base, de nombreux services, à commencer par l'éducation, sont mis en place. Une question fait parfois l'objet de discussions: l'importance du rôle délégué au concessionnaire, la société WIN. Mais l'ensemble de la réalisation place indiscutablement nos voisins Wallons à la pointe des applications Internet en région.
http://www.wallonie.be
http://win.wallonie.be
http://www.admiroutes.asso.fr/espace/proxim/consgene.htm