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Messagerie "gouvernementale",
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| 3 pages | Par Jean-Paul Baquiast et Denis Dahan | 23 octobre 1997 |
La question d'une messagerie interministérielle commune (courrier électronique et échange de documents Attachés) se pose en priorité dans le domaine gouvernemental (cabinets ministériels et directeurs d'administrations centrales ou équivalents). La messagerie sera complétée de l'accès à des documents et informations communes disponibles sous forme d'un ou plusieurs intranets.
Il s'agit de permettre aux membres des cabinets de travailler en commun, avec un niveau de sécurité adéquat, tout en communiquant par Internet avec le monde extérieur.
Pour répondre à cette priorité, l'on peut être tenté de mettre en place des solutions spécifiques. Après le discours du Premier ministre à Hourtin, il faut cependant se placer dans la perspective, tout aussi urgente, de la conversion de l'administration à Internet. Ceci signifie, en termes de messagerie, des objectifs dont la formulation à elle-seule constitue un programme politique au sens noble du terme (un E.Mail pour chaque fonctionnaire, dans X années, et corrélativement, une adresse E.Mail pour chaque Français).
L'objectif s'élargit alors. Il s'agit de permettre à tous les fonctionnaires de travailler ensemble, indépendamment des frontières hiérarchiques et de services. Il s'agit aussi de permettre aux citoyens de dialoguer avec les fonctionnaires en utilisant les outils simples de la messagerie Internet.
Les administrations ont déjà développé des solutions dans ce sens, mais elles restent hétérogènes. Si, dès maintenant, des orientations cohérentes, simples à formuler et économiques à réaliser, ne sont pas adoptées, pour l'ensemble de l'administration, y compris au niveau " gouvernemental ", l'objectif du Premier ministre exposé à Hourtin sera manqué. La situation actuelle s'aggravera: îlots aux normes différentes, inégalement distribués et diversement dotés, coûteux, communiquant mal entre eux et plus mal encore avec le reste de la société.
La difficulté est qu'il faut prendre en compte les réalisations actuelles des administrations, et plus généralement leur autonomie. L'on ne peut mettre en place une messagerie unique régie par une autorité dictatoriale. La coordination doit rester minimum, tout en assurant l'essentiel, l'interopérabilité.
Voyons d'abord ce que pourraient être les orientations à proposer à l'ensemble de l'administration, avant de revenir au problème de la démarche à suivre pour respecter ces orientations.
Chacune de ces orientations, sous un aspect innocent, recouvre en fait une véritable révolution culturelle, et soulève de nombreuses résistances, prenant la forme d'arguments se présentant comme rationnels. Si débats il doit y avoir, ces débats ont intérêts à être aussi ouverts que possible, et portés devant l'opinion. L'activité des forums sur ces questions, la vivacité des réactions, montre aujourd'hui que l'administration ne peut plus décider toute seule dans ces différents domaines.
L'administration doit adopter Internet dans les meilleurs délais (Internet au sens général, c'est-à-dire messagerie et courrier électronique, forums, intranet, Internet).
Pour qu'Internet pénètre en profondeur, il faut que chaque fonctionnaire ait la possibilité de s'en servir, c'est-à-dire soit équipé et formé, selon des conditions à définir service par service. Même si cet objectif est loin d'être atteint, notamment pour des raisons budgétaires, il doit être affiché sans ambiguïté. Ceci, entre autres, conditionnera la motivation qu'auront les citoyens et les entreprises à se doter de moyens Internet, pour communiquer avec l'administration.
Qui dit Internet dit d'abord standards Internet: (URL, HTM, HTTP, WWW, TCP/IP... SMTP). Ces standards doivent dorénavant être présentés comme incontournables, sinon obligatoires. Les standards Internet évolueront, il faudra évoluer avec eux.
Au delà des standards, il faut définir le poste de travail (matériels et logiciels) de chaque fonctionnaire, ainsi que les fonctions autorisés. Tous ne seront pas équipés tout de suite, les matériels et les logiciels évolueront, les responsabilités des agents seront elles-mêmes très différentes et évolutives, mais là encore des principes communs peuvent être arrêtés dès maintenant.
C'est là que se trouve la plus grosse difficulté, les services pouvant afficher des besoins fonctionnels différents. Néanmoins, la gamme des outils nécessaires, en dehors d'exigences encore peu répandues comme la visioconférence, n'est pas très différente de celle de tous les utilisateurs d'Internet, par exemple en matière de commerce électronique.
D'une façon générale, au delà d'une fonction de base (micro-ordinateur connecté à un réseau local, assurant la communication interne, courrier électronique, travail en groupe, intranets, mais ne s'ouvrant pas vers l'univers extérieur), seront progressivement rajoutés des passerelles vers Internet, avec des sécurités plus ou moins grandes selon les responsabilités des agents ou le contenu des messages.
En matière de sécurité, il est possible de proposer, entre groupes d'utilisateurs aux exigences communes, des options techniques faisant appel aux solutions existantes: carte à mémoire, cryptologie, infrastructure durcie. Celles-ci ajoutent des contraintes, mais ne changent rien aux fonctions d'échange proprement dites.
Signalons qu'apparaissent sur le marché, pour les utilisateurs d'Internet, des Services à Valeur Ajouté analogues à ceux qu'offrent les SVA comme TEDECO d'Atlas 400 sur X4OO . (par exemple Net-dox, http://www/net.doc.com). Le commerce électronique, la communication interadministrative ou avec les administrations, leur offrent de vastes débouchés.
Rappeler à toutes les administrations que, quel que soit le type de solution retenue, il leur incombera de mettre impérativement en place, chacune pour ce qui les concerne, outre la formation, des services communs indispensables: maintenance et assistance, gestion des adresses et des applications communes (agendas, etc), modalités de travail en groupe et d'archivage, modes de présentation et d'édition des documents sur intranet et Internet, etc.
Faire le lien avec la mise en place de serveurs intranet ou extranet qui sont l'outil indispensable à la conservation et à la mise à disposition de documents nécessaires au travail en commun. Ce point ne sera pas développé ici.
Les ministères, nous l'avons dit, sont déjà largement dotés de messageries internes, débouchant parfois sur des services déconcentrés ou à l'étranger: MSMail, CCMail et autres. Des milliers de postes sont actuellement en service.
A partir de ces messageries, ils ont commencé à installer des passerelles entre eux, via Transpac par Atlas 400 ou utilisant des liaisons spécialisées. Il faut rappeler qu'X 400 a été jusqu'à l'année dernière imposé par le ministère de l'Industrie, pour d'excellentes raisons, notamment la nécessité de communiquer avec la Commission européenne, celle de supporter les EDI à la norme TEDECO, etc.
Ils commencent également à déployer des passerelles SMTP vers Internet, soit à partir des passerelles Atlas, soit en direct.
Dans ces conditions, que peut-on faire pour hâter la mise en place d'une messagerie gouvernementale, telle que définie en introduction, sans compromettre la transition vers Internet, et sans remettre en cause les divers investissements?
Une première priorité consiste à terminer le câblage des départements qui ne sont pas complétement cablés et d'établir entre eux des liaisons spécialisées point à point (provisoirement X 400) entre eux. Les mails entre messageries ministérielles emprunteront ces voies dans l'immédiat. Des lignes plus ou moins durcies selon les besoins pourront être installées ou empruntées.
Parallèlement, l'on demandera aux ministères d'établir tous, à horizon de 6 mois environ, des passerelles SMTP. Diverses solutions de sécurisation, outre l'infrastructure, seront ajoutées en fonction des besoins (cartes, cryptage, etc).
Dans le même temps enfin, l'on mettra en place un service commun, indépendamment des solutions retenues, pour gérer et administrer le réseau: constitution et mise à jour des annuaires, logistique de surveillance, maintenance et interventions.
Conclusion en forme de boutade:
Une procédure simple permet, et permettra toujours, quelque soit l'évolution technique et les choix propres à chacun, de vérifier et de maintenir l'interopérabilité du réseau interministériel: Tel mail envoyé de A arrive-t-il à B? Et si non, que fait-on?
http://www.admiroutes.asso.fr/espace/melinter/melinter.htm
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