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Réponse de l'AFUL à Microsoft-France.
Avantages des logiciels libres

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3 pages

par S. Fermigé

22-10-1998

Vos commentaires à Dominique Brocard dbrocard@april.org

Nous publions, au delà d'une polémique instructive, parce que montrant l'intérêt croissant de Microsoft pour Linux, la réponse de l'AFUL, qui présente un bon résumé des avantages des logiciels libres.
Signalons que l'AFUL a signé le 28 octobre 1998, un accord avec le ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie portant sur le déploiement des logiciels libres dans le système éducatif. L'AFUL aidera à la mise en place de plates-formes, et fournira une assistance à la formation des maîtres. L'on peut penser que d'autres ministères suivront progressivement cet exemple, en coopération avec AFUL et APRIL. Voir www.aful.org/education/accord.html
Baquiast

Auteur : <aful-ca@aful.org > à INT

Date : 22/10/98 01:14

 Vous le savez sans doute, Mr Chardon, directeur général de Microsoft France, a écrit une lettre ouverte (http://www.mmedium.com/misc/courrier/00057.html) qui contient un passage particulièrement insidieux (FUD) sur Linux.

Je publie la réponse qui suit. Voir aussi la version Web (http://www.aful.org/presse/chardon.html)

Réponse de l'AFUL à Marc Chardon

Dans une lettre ouverte datée du 19 octobre 1998, Marc Chardon, directeur général de Microsoft France, se livre à une assez surprenante étude sur le système d'exploitation libre Linux. Surprenante, car il y a à peine quelques mois, Linux était ``absent des écrans radar de Microsoft''.

Surprenante aussi parce qu'elle est truffée d'erreurs factuelles et d'approximations peu judicieuses, ce qui est étonnant quand on sait que Mr Chardon était encore il y a peu cadre chez Digital Equipment, une société dont le soutien actif au développement de Linux remonte à 1994.

Surprenante enfin, et c'est le plus malheureux, parce qu'elle relève d'une profonde méconnaissance à la fois des possibilités actuelles du système et de son mode de développement.

Il nous apparaît donc utile de faire les mises aux points suivantes:

1) Le développement de Linux ne s'est pas, comme il l'affirme, ``considérablement ralenti'' depuis deux ans. Linus Torvalds joue plus que jamais son rôle de ``chef de projet'' pour l'équipe de développement de Linux, dont le noyau a vu sa taille (en nombre de lignes de code) doubler en deux ans, et qui supporte maintenant 8 familles différentes de microprocesseurs. Le soutien direct de constructeurs comme Apple, Digital, Corel Computer ou Intel est une garantie parmi d'autres que ce travail n'est pas près de s'arrêter du jour au lendemain. Un travail considérable a également été consacré aux procédures d'installation, qui ne prennent plus qu'une dizaine de minutes sur les machines récentes, et aux interfaces utilisateurs qui rivalisent avec celles de systèmes commerciaux comme MacOS, NeXTStep ou Windows.

2) Contrairement à ce qu'affirme Mr Chardon, tous les logiciels de bureautique sous Linux ne sont pas comparables à ``Microsoft Write de 1985''. Bien au contraire, les meilleurs d'entre eux sont au niveau de leurs équivalents actuels sous Windows. On peut citer par exemple les suites bureautiques complètes StarOffice et Applix, ou le système de traitement de texte WordPerfect de Corel. On peut aussi citer la suite de communication Communicator de Netscape.

3) La ``transparence'' des logiciels libres est un critère pertinent pour la majorité des utilisateurs. Le respect des standards ouverts permet l'interopérabilité de Linux avec les autres systèmes d'exploitation et avec les réseaux, notamment le réseau Internet. La disponibilité des sources est quant à elle le coeur du modèle de développement des logiciels libres. Bien qu'elle ne concerne directement que les utilisateurs qui sont aussi programmeurs, elle bénéficie finalement à toute la communauté des utilisateurs car les logiciels produits selon ce modèle sont, c'est maintenant un fait acquis, stables, sécurisés, performants et ouverts.

4) La gratuité du système est pertinente pour un grand nombre d'utilisateurs. Elle concerne particulièrement les ordinateurs multimédia personnels d'entrée de gamme, où le prix d'un système d'exploitation commercial peut représenter de 10 à 40 % du prix du matériel, et les systèmes embarqués dans les produits électroniques grand public. Elle concerne également les pays émergeants ou les institutions (écoles, associations) qui souhaitent tirer le meilleur parti de matériels relativement anciens.

5) Contrairement à l'opinion de Mr Chardon, nous maintenons que la mise à disposition permanente des codes sources des logiciels est, pour tous les usagers, la garantie absolue d'indépendance vis-à-vis des éditeurs. Citons Mr Desvignes, chef du Service Central de la Sécurité des Systèmes d'Information: ``On ne peut écarter l'hypothèse d'une tentation d'hégémonie: certaines "curiosités" techniques découvertes récemment dans les logiciels d'un grand fournisseur laissent à penser que l'heure est plus que jamais à la vigilance. [...] En matière de logiciels, nous sommes confrontés au problème de l'accès au code source de ces produits.'' (Informatiques Magazine, 15 octobre 1998).

Monsieur Chardon reconnaît à un système comme Linux des mérites certains en tant qu'outil de travail pour chercheurs et universitaires, mais le juge inapte à conquérir les entreprises et les particuliers. Or, dans le domaine des sociétés de services liées à Internet, un secteur que l'on peut classer parmi les plus innovants, Linux représente déjà, selon plusieurs études, entre 25 et 30 % du marché des serveurs. Grâce au soutien de tous les principaux éditeurs de systèmes de bases de données (à l'exception de Microsoft), Linux est en passe de s'imposer à moyen terme sur le marché des petits et moyens serveurs d'entreprises.

Le grand public sera plus long à conquérir, il lui est déjà possible de se faire une opinion en installant Linux en ``double amorçage'', c'est-à-dire avec le choix entre Linux et un système commercial (Windows ou MacOS pour n'en citer que deux) au démarrage. Après une certaine période de transition, le temps que les éditeurs de logiciels, notamment multimédia, se décident à proposer des produits qui soient indépendants des plates-formes, nous sommes convaincus que le système Linux finira par convaincre par ses erformances, sa stabilité et la qualité des logiciels libres qui lui sont généralement associés.

Stefane Fermigier, pour l'AFUL.
Stéfane Fermigier, MdC à l'Université Paris 7. Tel: 01.44.27.61.01 (Bureau).
<www.math.jussieu.fr/~fermigie/>, <www.aful.org>, <www.linux-center.org
Aful-ca maillist - Aful-ca@aful.org
http://www.aful.org/mailman/listinfo/aful-ca

http://admiroutes.asso.fr/espace/logilib/microsof.htm