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Club-atelier d'utilisateurs de logiciels libres dans l'administration (projet)

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3 pages

par Jean-Paul Baquiast

5-9-1998

Vos commentaires à Dominique Brocard dbrocard@april.org

réunion chez Jean-Paul Baquiast avec des représentants de APRIL
Frédéric Couchet, président fcouchet@april.org , Alain Forcioli, aforcioli@april.org , Tony Bassette,
tbassette@april.org
Pour Admiroutes, Dominique Brocard et Anne Bedel

Pourquoi des logiciels libres dans l'administration?

L'intérêt de promouvoir l'utilisation de logiciels libres n'est plus dorénavant contesté en France. Rappelons les avantages de ceux-ci:

- fiabilité, stabilité, perennité.
- respect des standards publics et ouverts
- disponibilité des codes sources et des spécifications
- utilisation de formats publics de données (HTML, MIME) assurant la pérennité du patrimoine documentaire numérisé. Il s'agit là d'un point très important auquel l'on pense rarement. Perdre tous les documents en mémoire du fait d'un changement de logiciel, ou s'obliger à de coûteuses conversions, représente un risque inadmissible.

Tout ceci tient au fait que les logiciels libres sont gérés par les utilisateurs eux-mêmes, ou de petites sociétés proches d'eux, qui refusent la politique de produits des grands éditeurs. Ceux-ci visent à maximiser leurs profits  en commercialisant des logiciels insuffisamment testés, souvent instables,  aux standards propriétaires afin de "fidéliser" le client, en constante évolution afin d'entretenir un flux permanent d'achat.

Pour les administrations qui doivent accélérer leur passage à la société de l'information, outre ces avantages, dont bénéficient tous les utilisateurs, les logiciels libres en présentent d'autres de type économique et culturel, auxquels le service public se doit de ne pas rester insensible:

- un coût dérisoire par rapport aux logiciels propriétaires, complété du fait que les dépenses à consentir néanmoins le sont au bénéfice de l'emploi national et européen de proximité. Ceci est important, à un moment où la nécessité d'équiper et connecter tous les fonctionnaires impose une politique d'achat favorisant les économies sans porter atteinte à la qualité.
- la totale indépendance par rapport à des fournisseurs dont la croissance monopolistique, dans le monde entier, inquiète les pouvoirs publics.
- l'aptitude à favoriser, non seulement et par définition, le travail coopératif en réseau aux standards Internet, mais l'autonomie et la formation permanente des utilisateurs. Ce point essentiel mérite un développement. Un utilisateur de logiciel libre ne peut être un consommateur passif et docile. Il doit faire des choix, réagir, s'informer, bref rester éveillé et alerte. C'est l'ensemble de son attitude face au travail qui en bénéficie. Cela ne veut pas dire que les logiciels libres soient plus compliqués à utiliser que les autres. La complexité et les mutations souvent inutiles des logiciels propriétaires se traduit seulement par le fait que les utilisateurs, bien que dotés de processeurs de plus en plus puissants, se limitent à n'employer, d'une génération à l'autre, qu'un petit pourcentage , toujours le même, des fonctionnalités théoriquement offertes. En ce cas, simplicité d'utilisation ne signifie qu'utilisation peu intelligente - ce que l'on ne saurait encourager.

Les obstacles à lever.

Les arguments contre les logiciels libres sont à connaître et réfuter, car ils sont aujourd'hui encore très répandus - d'autant plus, comme toujours, que ceux qui les utilisent n'ont jamais eux-mêmes pratiqué les logiciels libres:

- Internet est déjà compliqué, restons en à ce que nous connaissons déjà. Nous avons assez de travail avec l'an 2000, l'euro, pour ne pas nous donner des contraintes supplémentaires.
- en cas de difficulté, et si nous avons fait le choix de logiciels libres, la responsabilité en sera attribuée à ces derniers. Il nous sera reproché de les avoir choisi. Les mêmes difficultés arrivant avec un logiciel du marché seront facilement excusées.
- les grands éditeurs de logiciels propriétaires ont la main longue. Il peut être dangereux de paraître s'opposer à leur politique de produits.
- il faudrait être formé aux logiciels libres, et les avoir testés, avant de basculer. Or, il n'y a pas de bancs d'essais ou d'ateliers disponibles (au moins au sein des ministères, c'est-à-dire hors universités).

La démarche proposée.

En fait, en dehors de l'administration, les utilisateurs, souvent passionnés, de logiciels libres, se sont donné en France des structures  voisines de celles existant dans d'autres pays. Plusieurs associations dynamiques existent, organisant des sites internet de référence, des journées de formation et de sensibilisation, un travail coopératif entre utilisateurs. L'on citera en particulier l'AFUL <http://www.aful.org> et l'APRIL <http://www.april.org>.

Ces associations, travaillant essentiellement sur le mode du bénévolat (ce qui n'empêche pas la participation de sociétés innovantes désireuses  de participer au développement du marché), peuvent participer avec les administrations à des actions de décollage.

Il faut en contrepartie que les administrations manifestent clairement, avant des acquisitions massives, une volonté de s'informer et d'expérimenter.

Nous proposons, en liaison avec les deux associations précitées, et avec les responsables administratifs ayant déjà engagé des réalisations concrètes (Intranet des DRIRE au MEFI par exemple), de mettre en place un Club/Atelier d'utilisateurs de logiciels libres dans l'administration. Ce club aurait pour mission, dans un premier temps:

- de former concrètement ses membres, en les aidant à se doter de matériels utilisant les logiciles libres, connectés en réseau. Seule la pratique individuelle permettra, dans un premier temps, de lever les réticences.
- d'évaluer les sites existants et promouvoir de nouvelles applications.
- d'organiser des journées de sensibilisation et de formation, assorties de communications avec les médias.

Les moyens nécessaires, hors le matériel, qui peut être constitué en partie de machines anciennes de type 486, ne demanderont initialement que du bénévolat.

Pour obtenir dès le début l'efficacité "politique" nécessaire, nous envisageons de saisir de ce projet le ministre de la Fonction Publique, de la réforme de l'Etat et de la déconcentration, qui a plusieurs fois manifesté son intérêt pour la question, ceci en dernier lieu à Hourtin où il a demandé à Jean Paul Baquiast, en présence de Gilbert Santel, chargé de mission interministériel pour la modernisation d el'Etat, de lui faire une proposition.

Il serait souhaitable que le ministre inaugure la démarche lors d'une journée nationale, dans le courant de l'automne, comportant des débats avec des experts français et étrangers de l'Internet et des logiciels libres.

photo de groupe

http://admiroutes.asso.fr/espace/logilib/logilib.htm