Mise en place d'un Système d'information territoriale en Corse
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29 pages |
par Marie Mancini mmarini@infonie.fr |
27-07-2000 |
Ce rapport passionnant émane de Marie Marini, qui nous l'a adressé avec les mots suivants, en nous autorisant à le publier:
"Bonjour, je viens de terminer la soutenance de mon rapport de stage concernant la mise en place d'un Système d'Information territoriale en Corse.Je vous en fait parvenir une synthèse mais je pense que vous reconnaitrez certains passages.... Vous en souhaitant bonne réception."
Il s'agit effectivement d'un point de vue très concret, et plein de foi dans l'intérêt des TIC pour la modernisation des administrations de terrain. Il faut le lire en entier si l'on veut comprendre ce qui peut se passer dans un département confronté au changement du à la société de l'information.Un regret de l'éditeur que je suis: le texte reçu est encore plein de petites scories d'édition, dues à la conversion d'un document .doc en .htm. J'ai essayé d'en réparer quelques unes, mais faute de temps, j'ai renoncé. Nous nous en excusons auprès de nos lecteurs. Ceci n'empêche pas la compréhension du rapport, Dieu merci. Par contre, je suggère à Marie Mancini, quand elle en aura le temps, de reprendre son document à partir d'un bon éditeur htm, de façon à lui donner une forme impeccable. Nous ferons le changement dès réception de la nouvelle version. Bonne lecture. Baquiast
SOMMAIRE
I. vers une e-administration ? *
- A. En quoi lIntranet peut il modifier le mode de fonctionnement de ladministration ? *
- B. De nouvelles attentes à légard de lEtat *
II. La reforme de lEtat et la mise en place des S.I.T. *
La nécessité dune gestion de projet adaptée aux nouvelles technologies *
I. La realisation du S.I.T. de CORSE *
II. La gestion dun projet intranet ne peut simproviser! *
- A. Le management et la reponsabilité individuelle sont indispensables *
- B. Quelle méthodologie adopter ? *
III. Maitriser les risques des projets N.T.I.C *
- A. .Les principaux facteurs de risques relatifs à la mise en place de ces projets *
- B. Méthodologie de gestion des risques *
- C. Comportements humains associes à des situations a risques *
IV. Les risques dun projet Intranet : comment les bonifier ? *
LADEQUATION DES INITIATIVES MINISTERIELLES ANTICIPATRICES AUX BESOINS REELS *
I. Les obstacles a la mise en place de lIntranet dans ladministration *
- A. Freins techniques et materiels *
- B. Freins " humains " :les betabloquants *
- C. Une mauvaise connaissance dInternet *
II. LES ASPECTS POSITIFS DU SIT ET DES NOUVELLES TECHNOLOGIES *
LA MISSION
Lobjet de la mission était de participer à la mise en place dun Système dInformation Territorial (S.I.T.), et plus précisément den déterminer le contenu.
Un SIT est un système dinformation réunissant les services de lÉtat au niveau déconcentré, dans une même région ou un même département. Il permet d'établir des échanges transversaux, un partage dinformations ainsi quun travail coopératif.
Ces fonctionnalités ont pour but daméliorer le fonctionnement des administrations et les services rendus aux usagers.
Concrètement, cela signifie que lensemble des services connectés à ce système dinformation peut mettre en ligne et rendre accessible à lensemble des autres services des informations qui, jusque là nétaient disponibles quasiment quen interne.
Jusqu'à présent les informations sont partagées et échangées à partir de demandes écrites ou orales. Le fait de pouvoir les mettre en ligne simplifierait ces démarches.
Déterminer le contenu dun S.I.T. suppose donc de définir quelles fonctionnalités devront être mises en place mais aussi quelles seront les données mises en ligne.
Cette mission peut revêtir, par conséquent, différents aspects, notamment en ce qui concerne la collecte, le tri des données et surtout la gestion des demandes des différents acteurs.
Cependant ce nest pas cet axe qui a été privilégié dans la mesure où il a déjà été largement traité.
Participer à ce type de projets peut amener à orienter sa réflexion sur des thèmes tout aussi intéressants, surtout si lon tient compte de la double spécificité du projet :
Il touche le domaine particulier des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication.
Il ne résulte pas dune volonté de ses principaux acteurs mais dune obligation et, par conséquent, sa mise en uvre prend une forme contrainte.
L'origine du projet trouve sa justification dans le fait que ladministration a engagé un processus de réforme dans le but daméliorer la qualité du service rendu aux usagers.
Or, les démarches centrées autour du service rendu aux usagers sont indissociables des actions de modernisation internes. En effet, améliorer le fonctionnement interne, le rendre plus efficace, semble être l'objectif de toute réforme.
Lintroduction des technologies de linformation contribue à la transformation de lÉtat, de ses méthodes et de létat desprit des agents. Elles apportent une rapidité dans léchange et le traitement de linformation, et réduisent le caractère formel et lent des procédures.
Mais elles sont à la fois un révélateur et un amplificateur de ces transformations.
Elles agissent en tant que révélateur dans la mesure où elles mettent en exergue les dysfonctionnements liés à la lenteur de circulation de linformation.
Leur rôle amplificateur, quant à lui, vient du fait quen introduisant de nouvelles méthodes de travail et déchanges, le processus de réforme de lEtat est mis en avant
- Si la technologie constitue le point de convergence des savoirs concrets et des spéculations théoriques, la politique est justement lart déquilibrer les deux. "
Marceau Felden, " La démocratie au XXIème siècle ", Lattès, Février 1996,p.120
Une période de rupture se caractérise, en général, par le passage rapide dun ancien contexte à un nouveau. Or nous sommes précisément confrontés à cette situation particulière.
Les technologies et les connaissances se renouvellent à un rythme plus rapide que les générations : lhomme est devenu le point fixe et le plus stable de notre environnement. Les technologies semblent se développer plus vite que notre capacité à les utiliser.
De plus, émerge un nouveau territoire immatériel -celui de léchange et du partage de linformation- et de la connaissance- qui se superpose, sans le remplacer, au territoire marchand sur lequel sopère cette transaction des biens matériels.
Si, sur cet espace marchand nous avons nos repères pour pouvoir circuler et décider, tel nest pas encore le cas sur le nouveau territoire de linformation et de la connaissance pour lequel les dispositifs de mesure et de repérage ne sont pas encore précisés.
Ce passage à un monde construit sur le binôme information/communication nous oblige à repenser des pans entiers de nos pratiques, de nos processus de décision et de nos dispositifs organisationnels notamment dans ladministration
Lallocution du Premier Ministre à Hourtin, en 1997, sonnait pour la mise en place dune cyber-administration comme le " A man on the Moon ", prélude au programme technologique et organisationnel adressé par son Président à la nation américaine pour le premier vol habité sur la Lune .
Même cause, même effet ? Pourquoi pas ? " Where there is a will . "
Cette volonté ambitieuse de développer laction de ladministration en plaçant le citoyen et lusager au cur des actions et des processus administratifs butte souvent, sur une série de difficultés.
Ces difficultés sont, dailleurs, davantage liées aux conséquences quont les technologies sur les modes actuels dorganisation et de fonctionnement des administrations quaux technologies elles-mêmes.
En quoi lIntranet peut il modifier le mode de fonctionnement de ladministration ?
Toute structure ou même tout responsable de ladministration tend à organiser la défense de son territoire ou de son pouvoir en gardant pour lui les informations quil acquiert ou quil produit.
- La combinaison de deux outils tels quune messagerie et un Intranet permet dinciter les fonctionnaires de tous grades à découvrir quils ont intérêt à travailler ensemble.
- Ils découvrent également quils disposent de beaucoup dinformations, jusquici non utilisées, auxquels ils peuvent faire appel pour améliorer lefficacité de leur travail.
- Limportance des changements quapporteront la généralisation dIntranet et de la messagerie est telle que beaucoup defforts sont faits par ceux qui refusent ces changements, pour en limiter la portée
- Or cette volonté de réforme résulte avant tout dune initiative politique, et se fonde sur une double prise de conscience.
- Tout dabord, ladministration se doit de suivre les évolutions de la société et ne peut se permettre de conserver un mode de fonctionnement privilégiant le support papier comme base de toute procédure.
- Elle se doit daméliorer, au moins dans un premier temps les modes de circulation de linformation.
- Ensuite, lÉtat est " multiple " dans ses attributions et dans ses modes daction et cest lassociation de plusieurs services ou ministères qui caractérise désormais laction de lÉtat.
- En termes opératoires, pour de nombreuses missions relevant de lÉtat, la concertation entre les départements ministériels puis laction coordonnée des services de terrain constituent désormais la norme.
- Les secteurs dactivité concernés par ces décisions et actions en commun vont dailleurs croissant en nombre et en complexité.
- En effet, la recherche dune meilleure satisfaction des attentes des usagers a pour conséquence la multiplication des interactions entre les décisions à prendre.
- Les aspirations en matière denvironnement, de politique de la ville ou plus largement dans le champ vaste des affaires sociales attestent de ce phénomène.
- Cette diversité des niveaux et des structures administratives de lÉtat ne doit pas freiner sa modernisation.
- Il devient impératif que la décomposition classique de laction administrative entre niveau dadministration centrale et services déconcentrés dune part, et entre lÉtat et les établissements publics bénéficiant du principe de lautonomie dautre part, puisse se concilier avec lexigence dune réactivité maximale.
- Tout cela doit se faire sans sacrifier à la cohérence de lensemble, indispensable à la qualité de laction.
- Un premier pas a consisté, au sein des départements ministériels eux-mêmes, à reconnaître que la complexité et limbrication croissante des missions obligent à faire une priorité du décloisonnement des directions dadministration centrale.
- Au niveau déconcentré, il est clair que lapprofondissement de la déconcentration constitue une des réponses pertinentes à ces difficultés.
- Mais il est également légitime que celle-ci saccompagne dune véritable évaluation régulière par ladministration centrale de laction déconcentrée.
- Or les modalités traditionnelles de remontées de linformation ne permettent au mieux, lorsquelles existent, que létablissement de bilans a posteriori, privant ainsi laction administrative dun instrument majeur defficacité.
- Avec la montée en puissance des programmes daction (et des financements correspondants) relevant de lUnion européenne, avec la décentralisation conférant aux collectivités locales des compétences étendues, lÉtat est, le plus souvent, devenu un État-partenaire.
- Les technologies de linformation et de la communication apportent à lensemble de ces questions des éléments de réponse qui en font une véritable opportunité que lÉtat ne doit pas manquer dexploiter.
- LÉtat ne travaille pas seul : Europe, collectivités locales, associations, partenaires sociaux.
- Au-delà du polymorphisme de laction de lÉtat, limpossibilité dune action solitaire apparaît également comme une donnée majeure dans de nombreux domaines.
- Par conséquent, le phénomène Internet sapprête à bouleverser les conditions dexercice des missions du service public, dans la mesure où il crée une convergence entre les différents acteurs.
- Ce phénomène va également conduire à une modification, en profondeur, des attentes de la société à légard de lEtat lui-même.
De nouvelles attentes à légard de lEtat
Ladministration doit également, montrer comment, au-delà de la technique, elle sait se réorganiser : redéploiement, ré-ingénierie des structures et des procédures, meilleure communication entre systèmes dinformations, réorganisation du travail quotidien, nouvelles formes dactivités, dévaluation, de compte-rendus.
Ladministration, pour éviter des décalages et des déséquilibres qui la discréditeraient, doit, proposer et surtout adopter de nouveaux rythmes, en privilégiant la réactivité.
Les difficultés sont nombreuses car, en France, les habitudes sont plutôt de se fier soit à la tradition, soit à limprovisation.
Internet oblige à étudier et optimiser les méthodes de travail :
- Comment éviter de perdre du temps ou gaspiller des ressources techniques?
- Comment maintenir la nécessaire autorité hiérarchique sans imposer des carcans?
- Comment encourager les initiatives sans susciter lirresponsabilité ?
Il sagit alors, de rénover , voire de changer complètement les méthodes de coordination.
Linformatique administrative traditionnelle, coûteuse et à cycle dévolution lent, justifie des procédures de planification et de contrôle centralisés, tant au niveau ministériel quinterministériel.
Désormais, Internet, qui touchera lensemble des fonctions, des postes de travail des agents, ne pourra être centralisé et " coordonné " par des méthodes lourdes et bureaucratiques.
En effet, si le rôle des cabinets est utile pour initialiser les procédures de passage de la société de linformation, ou en contrôler les résultats, il ne peut être substitué durablement à celui des services, dès quil sagit de la gestion quotidienne.
Ainsi, la mise en place du programme AdER (Administration en Réseau) doit conférer aux administrations une certaine autonomie dans la gestion de leurs réseaux.
Au-delà de lautomatisation des procédures existantes, les N.T.I.C. offrent des opportunités de modernisation.
Mais, ces nouveaux outils créent également des attentes auxquelles les services publics doivent répondre.
On peut, en particulier citer :
- Une transparence accrue de laction administrative dans la préparation et la mise en uvre des décisions
- Un service aux usagers adapté à leurs demandes et de qualité comparable à celle apportée par le secteur concurrentiel
- Permettre la mise en uvre de nouvelles méthodes de travail fondées sur une responsabilité accrue des agents
- Le développement de la déconcentration, de linterministérialité et du décloisonnement des structures
- Une gestion efficace des interfaces entre lEtat et ses nombreux partenaires (collectivités locales, Commission européenne, Chambres consulaires )
Cest en effet à léchelon déconcentré que la pertinence dune mise en uvre interministérielle des politiques publiques apparaît le mieux.
Les technologies de linformation et de la communication sont nécessaires pour assurer cette nécessaire collaboration entre services (notamment par le biais des SIT).
Au plan local, les acteurs déconcentrés doivent pouvoir contribuer à la qualité de la prise de décision au niveau supérieur en apportant les informations quils détiennent sur les performances des processus quils sont chargés de mettre en uvre.
Cet effet " restitution ", de plus en plus recherché dans les organisations complexes, peut être obtenu par des technologies du type Intranet.
Chacune de ses raisons vient justifier le rôle initiateur de l'Etat dans la mise en place du programme AdER et de la réalisation des S.I.T.La reforme de lEtat et la mise en place des S.I.T
- Pusieurs décisions du Gouvernement sont de nature à favoriser le développement dune administration en réseaux
- Pour ces multiples raisons, le recours aux technologies de linformation et de la communication pour développer le travail en réseau dans ladministration figure en bonne place dans les politiques gouvernementales de modernisation de lÉtat.
- Des décisions ont notamment été prises à trois reprises : lors du Comité interministériel pour la société de linformation (CISI), en janvier 1998 et 1999, et au cours du Comité interministériel pour la réforme de lÉtat (CIRE), en juillet 1999.
- Le Programme daction gouvernemental pour lentrée de la France dans la société de linformation (PAGSI).
- Ce programme déterminant pour louverture des administrations à la société de linformation comporte un volet spécifiquement consacré à la modernisation des services publics.
- Ce volet met en avant à la fois louverture de ladministration aux usagers par Internet et la modernisation du fonctionnement interne de celle-ci.
- À ce dernier titre, la mise en réseau de ladministration est expressément mise en avant, comme lillustre lextrait suivant :
- "Mettre ladministration en réseaux, cest ainsi affirmer une volonté de décloisonner lÉtat en le dotant doutils indispensables à ses échanges, mieux responsabiliser les agents, mais aussi rendre plus efficace le travail quotidien de ladministration.
- Les messageries et la mise en commun dinformations sont loccasion dimaginer de nouvelles organisations du travail plus collectives, plus souples et plus réactives. En particulier, des compétences dispersées sur plusieurs sites ou dans plusieurs services peuvent être mises en synergie. "
- Sur le plan pratique, le Comité interministériel pour la société de linformation (CISI) de janvier 1998 a décidé la généralisation des messageries compatibles avec les standards de lInternet, leur interconnexion, le développement des Intranets et des systèmes dinformation territoriaux.
- Un an plus tard, le second CISI a complété ces orientations en décidant le déploiement de linfrastructure de communication interministérielle AdER (pour " administration en réseaux ") et la généralisation dici la fin de lannée 2000 des systèmes dinformations territoriaux (SIT) à lensemble des départements et régions.
- En juillet 1999, le Comité interministériel pour la réforme de lÉtat (CIRE) a arrêté plusieurs décisions complémentaires destinées à développer lusage des technologies de linformation et de la communication par ladministration.
- En particulier, la généralisation des SIT a été confirmée et un plan daccompagnement a été approuvé.
En outre, le lancement dune réflexion sur les modifications de travail et des services induites par lusage des technologies de linformation et de la communication a été annoncé, avec notamment deux sujets à approfondir : les règles dusage à définir en accompagnement des messageries et la préparation dune séparation progressive des fonctions de back-office et de front-office.Le cadre général du projet AdER
- Lobjectif du projet AdER (Administration en Réseau), dont la maîtrise douvrage a été confiée à la Mission interministérielle de soutien technique pour le développement des nouvelles Technologies de lInformation et de la Communication (MTIC), est dassurer cette interconnexion entre les réseaux fédérateurs des ministères. Ces derniers ont la charge dirriguer les services déconcentrés qui leur sont rattachés.
- Lensemble réseaux ministériels-AdER permettra à tous les agents de lEtat :
- De communiquer entre eux par courrier électronique dans des conditions optimales de services et de sécurité .
- Daccéder, en fonction de ses droits daccès, à des applications de travail interministérielles hébergées par dautres ministères ou par un hébergeur ad hoc.
- AdER nassurera que les transferts dinformations de ministère à ministère, chacun deux gardant la maîtrise totale de son (ou ses) Intranets.
La mise en uvre des politiques publiques par les services territoriaux de l'Etat, que ce soit au niveau régional, départemental, implique de plus en plus déchanges et de partages dinformations entre les différents services, notamment pour la conduite dactions interministérielles.
Confronté à des enjeux de complexité croissante et à des attentes plus exigeantes de la part des usagers, lÉtat doit inscrire son action dans un mode de travail en réseau qui associe des relations verticales entre services centraux et déconcentrés dun même ministère, avec les collectivités locales et la Commission européenne dune part, des relations horizontales dans laction interministérielle ou entre services déconcentrés dautre part, enfin, des partenariats avec des établissements publics, des associations
La construction dun " État en réseaux" constitue alors une dimension essentielle de la politique de modernisation de lÉtat, de nature à transformer en profondeur le fonctionnement de ses services et à renforcer la crédibilité et la légitimité de son action.Les Systèmes dInformation Territoriaux.
Dans cette perspective, les S.I.T. sont censés devenir un outil essentiel au service des procédures interministérielles, de la bonne circulation dinformation entre les services, de la rapidité et de la qualité des échanges et des collaborations.
Cest dans cette perspective que le Comité Interministériel pour la Société de lInformation (C.I.S.I.) a décidé, début 1999, de la généralisation des S.I.T.
LIntranet, doit offrir des espaces et facilités de travail en réseau modulables selon les besoins de chaque type de travail.
Lon est encore loin, pour linstant, dune véritable approche interministérielle de la messagerie et de lIntranet.
- les messageries, quand elles existent, sont limitées à un nombre restreint dutilisateurs et ne sont généralement pas facilement compatibles.
- il nexiste pas dannuaire interministériel
Toutefois, il ne faut pas, non plus, faire de ces problèmes des prétextes pour développer des solutions propriétaires non communicantes.
La règle doit être stricte : les projets doivent exclure tout ce qui sort des normes et produits Internet, y compris en ce qui concerne la sécurité.
La sécurité renforcée, ne devrait concerner, dailleurs, quun faible pourcentage des opérations et des fichiers.
Le SIT tel quil est envisagé par la Préfecture de Corse devrait permettre de :
- communiquer entre services, grâce à une messagerie interministérielle et des forums
- partager linformation existant dans une base de données communales, des fichiers thématiques, un recueil des actes administratifs et la base de données de PRESAGE
- permettre daccéder aux sites gouvernementaux et européens
- rationaliser les procédures interministérielles existantes , et, de là l'organisation des services dans la mesure ou le SIT entraîne l'apparition de nouveaux circuits d'échanges de l'information.
A ce titre, les fonctionnalités prévues dans le S.I.T., en Corse sont réparties selon les lots suivants :
- Le lot " messagerie " sachant que le SGAC ainsi que les autres services déconcentrés sont déjà équipés de leurs propres messageries ministérielles.
- Lannuaire disponible ne sera constitué, dans un premier temps que des agents des services régionaux.
- Le lot " agenda " dont lobjectif est de permettre une gestion des réunions inter-services, de rendre consultable le calendrier de lensemble des réunions et de mettre à disposition leurs compte-rendus.
- Le lot " base de connaissance " qui comprend lensemble des fichiers thématiques que chacun des services connectés estime utile de mettre en ligne. Pour assurer la cohérence des informations en ligne, ces fichiers seront limités à certaines catégories (données conjoncturelles, indicateurs de suivi )
- Le lot "Sécurité " prévoit un accès restreint sur certaines fonctionnalités en fonction du type dutilisation ( consultation, modification des données)
- Le lot " Datawarehouse " qui comprend une base de données communales qui sera fournie par lINSEE, une base de données sur les entreprises ( à partir dun lien vers un site Internet), un recueil des actes administratifs, et enfin, une possibilité dextraction de données à partir de la base Présage ( qui concerne la gestion des fonds structurels)
- Le lot " Forums " qui prévoit la mise en place de forums thématiques ainsi que de forums réservés aux directeurs régionaux (donc avec accès restreint) pour permettre la préparation de réunion et assurer le suivi de certains dossiers.
Les fonctionnalités prévues sont donc, dans un premier temps relativement "basiques".
Cela s'explique par le fait que les utilisateurs ne sont pas encore habitués à ce mode de fonctionnement. Une autre explication vient également du fait que le contenu d'un S.I.T. peut être, dès le départ, très élaboré, comprendre beaucoup de fonctionnalités mais on prend alors le risque de bloquer le système.
Ces deux remarques sont, d'ailleurs, assez représentatives des problèmes posés par la mise en place d'un projet ayant trait aux Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (N.T.I.C.), surtout lorsque l'initiative du projet relève d'une décision des autorités centrales.
C'est pourquoi, dans un premier temps, il convient de présenter les spécificités de la conduite de projet relevant du domaine particulier des N.T.I.C.; dans un second temps, d'envisager de manière plus générale l'adéquation entre les initiatives ministérielles anticipatrices et les besoins réels.
La nécessité dune gestion de projet adaptée aux nouvelles technologies
Un projet, cest un objectif, un délai, un budget et une culture
- La conception nest que le premier versant de la gestion de projet.
- Le second est la planification, qui doit coordonner les efforts, tout en limitant lincertitude, caractéristique de cette activité. " La gestion de projet consiste essentiellement, à dépouiller lun, pour habiller lautre " résume Bernard Broisin-Doutaz, délégué général de lAFITEP.
- En effet, on note que tous les praticiens mettent beaucoup plus laccent sur le consensus, la rigueur individuelle, la motivation, la validation et la communication au sein des équipes, que sur la qualité des outils de planification.
- Bernard Broisin-Doutaz est, on ne peut plus éloquent sur ce point : " Quelle que soit la méthode, si lon na pas quelques grands principes est une culture projet, on se plante"
La mise en uvre du projet SIT a débuté par lintervention dun cabinet de consultants (Société CESIA) chargé deffectuer des entretiens avec les chefs de services, les Groupes de Travail, afin de déterminer le contenu du Cahier des Charges fonctionnelles du SIT.
Le travail effectué par cette société a permis de présenter un premier tri concernant les attentes des différents acteurs sur les thèmes à aborder, dans le domaine des fichiers thématiques.
Lorganisation des Groupes de Travail est la suivante:
Domaine daction
Services concernés
Thème particulier choisi par le Groupe de Travail
Environnement
- Direction régionale de lEnvironnement
- Direction Régionale de lAgriculture et de la Forêt
Eau, Assainissement et Traitement des déchetsSocial et Santé
- Direction Régionale de lIntervention Sanitaire et Sociale
ExclusionUrbanisme et Infrastructures
- Direction Régionale de lEquipement
Communauté dAgglomération du Grand AjaccioEmploi et Formation
- Direction Régionale au Travail, à lEmploi et à la Formation Professionnelle
Emplois-jeunesEurope
- SGAC (Cellule Europe)
Gestion des fonds structurels
Chacun de ces groupes est donc chargé de fournir des données ou des statistiques générales (notes conjoncturelles mensuelles, annuelles, trimestrielles ) et des données concernant le thème particulier quils ont choisi.
Cependant ce cahier des charges fonctionnelles, établi par la Société CESIA, nenvisageait pas laspect technique, doù lélaboration ultérieure dun Cahier des Charges Techniques par une SSII, ( société prestataires de services informatiques), or, et cest là le premier problème rencontré, ces deux aspects sont indissociables.
A la suite de cette phase de conception, la phase de réalisation qui consistait à développer rapidement le prototype, de manière à avoir un aperçu des fonctionnalités, du SIT a pris du retard à cause de contraintes dordre budgétaires.
Ma mission consistant à déterminer le contenu du SIT, il sagissait donc de rencontrer les différents services connectés au système pour connaître leurs attentes et effectuer une synthèse de celles-ci.
Après avoir rencontré chacun des pilotes des Groupes de Travail, il sagissait deffectuer une synthèse des documents qui devaient être mis en ligne en spécifiant, pour chacun deux, les différents attributs.
Ce classement devait permettre à la société chargée de la réalisation du S.I.T. de constituer la base de données
La participation à cette phase de réalisation ma permis de prendre conscience que la gestion dun projet dIntranet ne peut simproviser.
La gestion dun projet intranet ne peut simproviser!
La réussite dun projet Intranet repose en grande partie sur le management de projet et la capacité à dialoguer avec les différentes directions fonctionnelles, à gérer les conflits et à convaincre les plus conservateurs.
LIntranet est un projet complexe qui concerne tous les agents, se déploie rapidement et apporte de nouveaux services aux usagers.Le management et la reponsabilité individuelle sont indispensable
- On parle souvent de projets pour désigner des opérations qui nen sont pas vraiment.
- Classiquement, le projet se définit comme un effort ponctuel et coordonné pour atteindre un objectif unique, incluant une certaine dose dincertitude quant à sa réalisation.
- Dans la pratique, toutes ses caractéristiques posent problème, hormis la notion deffort, sur laquelle tout le monde saccorde volontiers.
- Pour que les membres dune équipe poursuivent un même objectif, il est nécessaire de lavoir défini au préalable avec précision.
- Dans le domaine de linformatique, lexpérience montre que cette exigence de base nest respectée que dans des cas exceptionnels.
- Cette affirmation se vérifie dautant plus dans le cadre particulier de projets dont la mise en uvre est contrainte.
- Même si les acteurs perçoivent réellement lintérêt de la mise en place dun Intranet, ils ont également à faire face à dautres obligations et ne participent à lélaboration du S.I.T. que parce quil revêt un caractère obligatoire.
- La méthodologie a adopté doit tenir compte de ces spécificités.
Il faut concrétiser cette conduite de projet par un management et un accompagnement appropriés, susceptibles de fixer une ambition et un sens au travail des services en réseaux.
Dans cette perspective, la qualité du service rendu au public doit devenir un objectif même secondaire, et une priorité des cadres et des agents.
Le rôle de lencadrement dans lusage réel des nouveaux outils est déterminant : il lui faut à la fois simpliquer par lui-même
Il lui faut également, faire confiance à ses collaborateurs, cest-à-dire prendre des risques et accepter labandon dune expérimentation avec un retour à la situation antérieure (sans une image négative de nature à dissuader les volontaires).
Il faut toutefois veiller à ne pas multiplier ses retours en arrière .
Linitiative et la créativité des services de terrain doivent être favorisées, avec ensuite une valorisation des actions réussies (et des acteurs!) et lorganisation dune généralisation.
Dans cet esprit, le pragmatisme doit être favorisé; il faut " réfléchir en même temps quon avance " et considérer que les solutions retenues ne seront pas définitives.
Cet aspect se vérifie dautant plus, dans le domaine des nouvelles technologies, que celles-ci évoluent très vite, que les fonctionnalités disponibles peuvent et doivent sans cesse évoluer.
La généralisation des S.I.T. rendue obligatoire pour la fin de lan 2000 implique une réalisation rapide.
Le contenu du S.I.T. sera, donc, dans un premier temps relativement " basique ", ce qui nest pas forcément une mauvaise chose
Dautre part, pour le succès des projets, un dialogue social nourri et lanalyse préalable des conditions de succès (formations, compétences à acquérir, réflexions sur lorganisation du travail, etc.) sont essentiels.
Il sagit, avant tout de construire un cadre favorable au développement du travail en réseau autour de trois thème
- Fixer des objectifs et des étapes
Dans chaque organisation déconcentrée des objectifs quantitatifs et qualitatifs daccès aux nouvelles technologies, et surtout des étapes de sa mise en uvre doivent être mis en place.
De plus, les contraintes de sécurité devraient être abordées avec sérénité.
Il convient déviter la multiplication des " barrages " qui rendent le système peu convivial.
- Associer travail en réseau et projets de modernisation externe
Les projets doivent être tournés vers les " agents-utilisateurs " et non pas uniquement les décideurs.
L'amélioration du service rendu, doit être considéré à terme comme l'objectif et non pas comme un autre volet de la réforme visant à la modernisation de l'Etat.
Pour cela, il s'agit d'expliquer clairement aux utilisateurs l'intérêt du système.
- Une nécessaire préparation des services et une exigence de souplesse
Il convient de préparer les services internes en charge du déploiement des technologies de linformation et de la communication.
Jusqu'à présent, les services n'étaient en charge que de réseaux internes aux structures, ils doivent donc acquérir certaines compétences relevant du domaine de l'Internet.
Ces trois thèmes imposent un style de management inventif.
Privilégier un management inventif
Pour ce faire, il faut tenir compte des impacts organisationnels et de la perception quont les futurs utilisateurs à légard du S.I.T.
Les impacts dont les effets sont directement mesurables concernent les cadres et dirigeants.
Les impacts sur la hiérarchie des pouvoirs issue de la possession de lInformation
Si tous les salariés ont à leur disposition autant, voire plus dinformations que leurs dirigeants, ceux-ci peuvent voir une menace pour leurs emplois.
Toutes les activités de veille ainsi que les activités liées à la circulation de lInformation dans lorganisation sont " sensibles ".
Ces nouveaux modes dacquisition, déchange et de partage de linformation, ont plus généralement des impacts sur le plan du fonctionnement même de lorganisation.
Changements dans lorganisation du travail
Les modifications profondes issues de la mise en place des projets N.T.I.C. induisent une redonne des activités et des responsabilités entre les différents acteurs de lorganisation.
Cette redonne doit, si possible, intégrer les diverses contraintes qui lui sont exprimées : intérêt et motivation des employés.
Cela impose donc dexpliquer les avantages du S.I.T. et surtout de ne pas le présenter comme un " outil complémentaire au fax et au téléphone ".
Il sagit dune nouvelle méthode de travail mais il ne sagit pas non plus dune solution miracle.
La simplicité de mise en uvre, la facilité dutilisation, la puissance daccès à linformation, sont autant de facteurs qui rendent ces projets très motivants dans leur dimension technologique.
Cependant, il faut prendre conscience que les produits navancent pas forcément aussi vite que les médias le prétendent. Il faut donc adopter une démarche réaliste et centrée sur les utilisateurs.
Favoriser le dialogue social et prévoir un accompagnement
Complexité humaine pouvant se transformer en poudrière relationnelle
Les projets N.T.I.C. qui marchent sont gérés comme de véritables projets dentreprise mobilisant tous les métiers.
Lanimation de tels projets nécessite des qualités relationnelles ainsi quune parfaite compréhension des motivations des différents acteurs.
Ces projets héritent également, parfois, des mauvaises relations entre informaticiens et utilisateurs.
Nécessité de sintégrer dans un univers plus vaste
Ces projets ont pour objet la communication.
Aussi faut-il tenir compte des contraintes liées au monde dans lequel le service public évolue.
On distingue plusieurs types de contraintes :
Elles peuvent relever dun aspect technique et relèvent alors
- de problèmes de compatibilité des sources numérisées ou des outils logiciels
- de la complexité de gestion des droits daccès selon les niveaux de pouvoir et dusage
- la gestion des débits
- le niveau déquipement des administrations
- lévolution permanente des standards et techniques.
Ces contraintes peuvent, également concerner un aspect culturel et ont trait alors à :
- Lapparente ou la réelle difficulté des techniques sur certaines applications
- La peur de la nouveauté, surtout dans les administrations déconcentrées
- Le coté ludique du multimédia, qui peut enlever du sérieux au travail fourni en ligne
- Un conflit de générations, les décideurs nétant pas en général, de gros utilisateurs.
Cette dernière affirmation peut être relativisée puisque dans le cadre de ce stage, les personnes métant apparues les plus motivées et les plus conscientes des avantages que lon pouvait tirer dun SIT, étaient des directeurs de services déconcentrés.
Comme toujours, cependant, le fait dêtre conscient des enjeux et des intérêts ne signifie pas pour autant que lon soit motivé.
Leur défaut de motivation découle, en fait, de la difficulté à pouvoir gérer l'ensemble des projets en cours, d'autant que le S.I.T. ne fait pas partie des priorités.
- La contrainte la plus courante reste celle qui fait que lon souhaite maintenir à coté du support informatique, le support papier considéré comme plus " sûr "
- Les contraintes économiques, trouvent leur expression dans divers problèmes tels que :
- Le coût des investissements
- La répartition de ces coûts entre acteurs
- Lapparente importance des coûts " électroniques ", souvent parce que les coûts réels des procédures papiers ne sont pas finement analysés
Enfin les contraintes juridiques que lon peut rencontrer dans ce type de projets concernent les points suivants :
- La valeur juridique de la transmission électronique, la datation de lacte
- La validité et le contrôle, si lusage évolue vers des téléprocédures, de la signature électronique
La confidentialité des contenus et les règles formelles détablissements des fichiers électroniques de données
La prise en compte de ces spécificités conduit à mettre en place un modèle particulier de conduite du changement.
Maitriser les risques des projets N.T.I.C
.Les principaux facteurs de risques relatifs à la mise en place de ces projets
En quoi ces projets peuvent-ils présenter des risques ?
Parce quils mobilisent les divers métiers de lorganisme qui doivent avoir leur rôle à jouer dans ce nouvel espace de communication
Parce que ces projets se situent dans le domaine de la communication et quils récupèrent au passage tous les dysfonctionnements de lorganisme sur ce thème ainsi que les états dâme des personnels
Parce que ces projets sont des projets dorganisation et quils récupèrent de plein fouet les dysfonctionnements de lorganisme en la matière (lexemple des organigrammes sur le Web, est, à ce titre explicite !)
Parce que jusquà présent, on ne demandait quà un seul service, linformation dont on avait besoin, et qui semblait unique et correcte
Parce que ces projets touchent à linformation, et donc au pouvoir dans les organisations.
Ils héritent par ce biais de résistances aux changements de la part des personnels dont la lutte pour le pouvoir est le métier depuis de nombreuses années.
LIntranet et le pouvoir de comparaison rapide et simple quil offre, nous révèle les différents intervenants sur un sujet ainsi que les incohérences éventuelles contenues dans la production éditoriale.
Tout projet informatique présente des risques, même lorsquil est mené par des personnes expérimentées.
Les deux risques majeurs qui doivent toujours être envisagés sont :
- La solution (ou le produit) ne sont pas livrés à temps
- La solution livrée ne correspond pas aux attentes soit parce quelle nest pas conforme au cahier des charges, soit parce que le cahier des charges ne prenait pas suffisamment en compte les attentes des usagers.
Les principes essentiels de la maîtrise des risques dans les projets informatiques sont décrits dans une méthodologie bâtie à partir de retours dexpériences, de situations réelles.Méthodologie de gestion des risques
Cette méthodologie de gestion des risques consiste, donc, à examiner létat dun projet, à identifier les risques qui menacent le bon déroulement et à agir pour les réduire .
Elle se décompose en deux étapes.
Lévaluation des risques
Elle doit se baser sur des faits connus et approuvés par tous. Elle consiste à :
Apprécier la situation : il sagit de faire un constat et denregistrer les faits décrivant létat du projet. Cest un diagnostic.
Analyser les risques : cest un examen des facteurs de risques et de leurs effets cumulés sur le projet
Une fois les risques identifiés, il faut les maîtriser.
La maîtrise des risques
Cette phase permet dagir sur la situation du projet pour lui permettre de garder le cap.
Elle consiste à :
- Prendre conscience de la situation en examinant si linformation, la communication et la responsabilisation des personnes concernées a bien été réalisée.
- Réduire les risques identifiés en prenant les décisions et en mettant en uvre les actions adéquates.
Maîtriser les risques suppose davoir une vision objective de tous les problèmes et de savoir supprimer une fonctionnalité qui, à lusage, savère être bloquante, et de savoir remettre en cause lorganisation du projet.
En effet, certains comportements peuvent être pré-identifiés comme facteurs de risques.Comportements humains associes à des situations a risques
Quatre grands domaines sont retenus pour classer les différents types de comportements :
- Producteurs et Consommateurs
- Organisation et Projet
- Technologies et Informaticiens
- Etude et Stratégie
Ces situations sont présentées sur le schéma suivant en prenant en compte certains aspects :les comportements à risques, les difficultés rencontrées, le diagnostic de la situation et la solution à adopter.
Les risques dun projet Intranet : comment les bonifier ?
Pour parvenir à bonifier les risques dun projet Intranet, il faut procéder à une analyse du projet pour pouvoir en déterminer les impacts, et dautre part, procéder à une évaluation, même si celle-ci peut savérer complexe.
Lanalyse préalable du projet suppose didentifier à quel niveau la mise en place du S.I.T. va avoir des conséquences.
Domaines dimpacts du S.I.T.
Les domaines dimpacts du projet sont, en loccurrence :
- La nature de la prestation qui peut modifier la relation entre ladministration et les usagers ou encore la hiérarchie et les subordonnés, notamment par le biais de la messagerie.
- Le fonctionnement de lorganisation dans la mesure où le projet peut remettre en cause lorganisation interne des services mais également les relations avec les autres services et partenaires externes
- Le management car le projet peut donner lieu à une nouvelle distribution des responsabilités, à de nouveaux processus de contrôle, à ce nouveau mode de relations hiérarchiques.
- Le domaine économique puisque le projet entraînera des effets budgétaires à long terme même infimes.
- Le domaine social avec la mise en place éventuelle de nouvelles conditions de travail, des formations, des mutations, de nouvelles formes demplois,
- Le domaine technique, enfin, dans la mesure où le projet peut nécessiter immédiatement ou à terme de nouveaux équipements, lintégration de nouvelles compétences supplémentaires
Lanalyse de chacun de ces domaines dimpacts doit être considéré au vu des enjeux, des contraintes et des risques mais également des appuis dont bénéficie le projet.
Limpact est encore difficile à mesurer, puisque le S.I.T. nest pas encore utilisé, mais on peut se rendre compte de son aspect positif sur les points suivants :
- Linformation est plus pertinente et mieux structurée : la démarche de projet implique de réfléchir de façon interministérielle sur la pertinence, la structuration et la circulation de linformation.
- Une fluidité accrue de linformation :la messagerie paraît être la fonction la plus propice à générer des gains de productivité.
- La circulation de linformation, plus spontanée et plus rapide en est donc facilitée. Des circulaires ou documents relatifs à la gestion du personnel peuvent être transmis par voie de messagerie aux différents agents de la préfecture et des services déconcentrés.
- Enfin, des applications disponibles sur le SIT sont également de nature à améliorer les procédures existantes. Les délais de préparation des réunions sont par exemple réduits lorsque le SIT est mis à contribution.
- Des moyens mieux partagés : le SIT met à disposition des agents de tous les services de lEtat des informations telles que la revue de presse et des bases documentaires. Il contribue alors à une rationalisation des moyens.
- Des compétences organisationnelles encore peu perceptibles : la mise en place dun SIT entraîne la création de nouveaux circuits de circulation de linformation.
Ces derniers affectent directement les procédures interministérielles existantes, et, de là, lorganisation des services.
La volonté de créer un S.I.T. émane dautorités ministérielles. Cest pourquoi lorsquon étudie les impacts organisationnels du S.I.T., on peut se poser la question de ladéquation de ces initiatives ministérielles anticipatrices aux besoins réels.
LADEQUATION DES INITIATIVES MINISTERIELLES ANTICIPATRICES AUX BESOINS REELSLe thème de ladéquation des initiatives ministérielles anticipatrices aux besoins réels semble découler de ce qui vient dêtre développé.
En effet, cest caractère contraint de la mise en place du S.I.T. que découle certains obstacles à larrivée de lIntranet dans ladministration.
Toutefois, cela ne doit pas occulter les aspects positifs de cette réforme.
Les obstacles a la mise en place de lIntranet dans ladministration
Le succès dIntranet dans les grandes collectivités locales a créé la surprise.
On voit ainsi apparaître des projets appelés demblée " Projet Intranet ". Il y a, à la fois des raisons objectives, et des effets discutables.
On constate, tout dabord, que les grandes collectivités locales utilisent lIntranet comme un réseau informatique sur site.
Sur les sites comportant un grand nombre de postes de travail, il y a des raisons économiques, notamment de coût de communication.
Freins techniques et materiels
(La personne chargée de la gestion du S.I.T)
Internet, cela sert dabord à ouvrir linformation.
Faire de lIntranet pour éviter de faire de lInternet, cest absurde, mais la tentation existe
La mise en uvre de lIntranet est bien plus complexe que de simples connexions.
Il est souvent choisi de permettre un accès généralisé au courrier électronique, mais de limiter laccès au Web à quelques utilisateurs. Doù la nécessité de mettre en ligne de la documentation générale sur le serveur et surtout de la maintenir à jour.
Cest là le rôle du Webmestre.
Ceux qui ont des fonctions dencadrement doivent aussi utiliser lIntranet pour connaître et viser ce que font les services subordonnés.
Cest là que simpose la sécurité la plus grande : il ne serait pas admissible que des tiers simmiscent dans des dossiers et documents en cours délaboration.
De ceci, il résulte que deux fonctions principales apparaissent :
- Lune relève de la fonction éditoriale : Publier le plus vite possible, et le commodément, les informations et documents généraux nécessaires soit au public, soit aux seuls décideurs.
- La deuxième fonction concerne le travail coopératif en réseau. Il sagit dune mission essentielle, dont la moindre défaillance devient paralysante.
Cest à la fois de la plomberie (maintenance des PC, de la connectique et des logiciels), de la gestion intelligente de réseaux dabonnés (annuaires, tracing) et de la gestion documentaire répartie, voire très répartie puisque chaque utilisateur, en est, avec son propre PC, un des pôles.
Dans les grands organismes, il est nécessaire de séparer les deux fonctions, qui exigent des compétences et des prises de décision spécifiques
Il ny a pas dIntranet sans webmestre et sans pouvoir.
Un Intranet se gère obligatoirement en fonction dune entité juridique précise.
Externaliser la fonction de webmestre, cest externaliser le pouvoir !
A cela sajoute le nombre important déchéances, imposées par les services centraux, auxquelles doivent faire face les services.
La multiplication des échéances 1999/2002
Il est nécessaire dinciter les collectivités locales à utiliser plus systématiquement les ressources dInternet, mais il ne faut pas oublier que ces mêmes collectivités locales, comme dailleurs les services déconcentrés de lEtat, doivent affronter dans le même temps, dautres priorités qui pèseront sur leurs services informatiques.
Les entreprises, acquièrent progressivement de nouvelles méthodes de gestion, que le secteur public, moins bousculé par la concurrence, commence seulement à envisager.
En conséquence, une politique publique, visant à accélérer le passage des administrations de toutes natures, à la société de linformation, doit, sans attendre, mettre en place des méthodes de gestion en urgence, permettant aux responsables de linformatique et du management de faire face à leurs contraintes.
Cependant, quatre échéances se superposeront, dici à la fin 2002. Elles seront dautant plus difficiles à surmonter quelles impliquent, parfois, des changements substantiels dans les procédures traditionnellement suivies, et des investissements importants au niveau des services déconcentrés et des administrations centrales.
Ces échéances concernent respectivement :
- Le passage à leuro : dont la première phase est terminée mais elle ne représentait quun faible pourcentage des travaux à réaliser pour le basculement généralisé de janvier 2002. Cette dernière phase implique, en particulier, ladaptation de lensemble des programmes informatiques de toutes les administrations publiques et de leurs satellites.
- Le programme ACCORD inscrit au PAGSI, apportera une modernisation essentielle, à la gestion budgétaire et comptable de lEtat mais aussi aux relations avec les agents économiques, et notamment, avec les entreprises. Même si les collectivités locales ne sont directement concernées, les ministères le sont tous, et par conséquent, leffet dentraînement en résultant intéressera aussi les collectivités décentralisées.
- Ladaptation des administrations aux exigences du commerce électronique. Celui-ci obligera à revoir de nombreuses applications administratives notamment en ce qui concerne la dématérialisation de la commande publique et de la gestion de la dépense.
- Le passage des administrations à la société de linformation, décidé en janvier 98. Les administrations ont à faire face à des contraintes déquipement, de raccordement et de formation des services. Mais, elles devront surtout, adopter une culture radicalement nouvelle de la relation avec les autres administrations, les entreprises et les citoyens qui se heurtera à beaucoup dhabitudes.
Pour faire face à ces échéances, certaines solutions peuvent être envisagées :
- Adapter les méthodes de la commande publique dans le domaine de linformatique, à une innovation technologique que sa rapidité rend difficile à suivre. Il serait souhaitable de réfléchir aux solutions permettant , dassouplir les procédures, de réduire les délais et de privilégier des techniques de financement davantage différenciées.
Aujourdhui les délais imposés, pour des raisons légitimes, (protéger lordonnateur et les fonds publics), semblent inadaptées à lévolution rapide des technologies et des pratiques. Elles imposent, parfois, aux gestionnaires, des détournements de procédures excusables.
- Assouplir la gestion des personnels en charge de linformatique et de la logistique, afin de donner au personnel, des facilités pour adapter les recrutements, carrières et formations aux nouveaux objectifs technologiques et organisationnels.
De surcroît, il faut que lensemble des administrations partenaires de la collectivité locale sengage dans une démarche similaire.
Les blocages relèvent alors des comportements humains.
Freins " humains " :les betabloquants
La mauvaise volonté des hiérarchies et de bureaux à partager linformation et le pouvoir, la difficulté à comprendre, quInternet, cest aussi travailler autrement (avec des partenaires, en temps partagé, en prenant des initiatives, voire des risques ), le manque de pression concurrentielle.
Qui sont les bêtabloquants
Partant du postulat que " le monde de ladministration paraît aux antipodes de celui de lInternet ", Jean Paul BAQUIAST, contrôleur dEtat, créateur de lAssociation Admiroutes, a identifié un genre particulier de fonctionnaires.
Lexpansion dInternet se heurte à des résistances qui est le fait de petits chefs dont le pouvoir se fonde sur la multiplication des formulaires et des tatilloneries et qui craignent le coté direct, très efficace et surtout non hiérarchique du cyberespace.
On les appelle les bêtabloquants " du nom générique donné à certains inhibiteurs pharmacologiques bien connus des gens trop imaginatifs ".
La crainte de la perte du pouvoir
Quand ladministration veut utiliser les ressources dInternet, elle a du mal à ne pas faire appel aux vieilles solutions : décisions prises den haut et mal appliquées, schémas directeurs " ministériels " à cinq ans, " projets informatiques " trop complexes, volonté délibérée de se démarquer du voisin .
Il semble que lon soit encore loin du jour, où chaque citoyen, profitant des bureaux daccueil ouverts dans les lieux publics, mairies, postes, centres commerciaux , aura la possibilité dobtenir son formulaire dun simple clic.
Car, pour linstant, la majorité des hauts fonctionnaires se gargarise toujours du Minitel, ce " merveilleux instrument pour le bêtabloquant permettant de ne pas se sentir concerné par tout le bruit quon fait autour de lInternet. Lespèce dimmunité ainsi acquise vaut évidemment pour le passé mais elle présente aussi lavantage de couvrir aussi le futur. Exemple : " La France nest pas en retard. Elle dispose du Minitel. ""
Le Minitel, lun des obstacles à la percée des N.T.I.C. dans l administration, puisque après tout, explique un haut fonctionnaire, " cest lillustration du souci du service du plus grand nombre, 7 millions de gens lutilisent et il doit garder sa place dans les procédures de dématérialisation. Le Web reste loutil dune élite. "
Au train où vont les choses, il risque de le rester.
Dautant quavec le Minitel, ladministration sest habituée à toucher des recettes indues sur les services proposés aux citoyens (comme le montre lexemple du Journal Officiel).La réduction de lautorité
Autre inconvénient de lInternet : il bouleverse les structures de pouvoir de ce monde très hiérarchisé quest ladministration.
"La hiérarchie, explique Jean-Paul BAQUIAST, a peur de la transparence. Si des informations sont considérées comme confidentielles, elle se les réserve. Lidée même quun subordonné, ou le public puisse y accéder, provoque la crainte de perdre du pouvoir ".
La perte du pouvoir, une crainte qui nest pas spécifique à ladministration est illustrée par la chronique du " galonné tombé dans le Web , dépossédé de son manuel, de son guichet ou de sa secrétaire : comment saura-t-on quil détient un pouvoir, face à ladministré convenablement informé grâce à la mise en ligne de la réglementation du service ?
Nous comptons bien que le galonné poursuivra ses efforts afin dinventer sans cesse de nouveaux galons et protocoles se superposant aux facilités de communication électronique. "
Cela étant, tous les Ministères ont désormais leur site, dotés de plus ou moins dinformations.
Toutefois, chaque administration devrait adopter dans son cahier des charges des normes identiques, afin déviter davoir plusieurs logiciels comme cest actuelle ment le cas avec la messagerie
Il faudrait être cohérent et éviter de faire nimporte quoi pour faire quelque chose.
Pour cela, lEtat a un rôle moteur à jouer, il doit être le catalyseur dune appropriation nationale par les particuliers et les entreprises des N.T.I.C.
Montrer lexemple, dautant que le privé (via le commerce électronique) a pris de lavance.
Il serait notamment envisageable, de mettre en place des paramètres et des normes identiques comme les chartes graphiques,
Alors, lEtat multiplie les schémas directeurs, les circulaires, les déclarations et oublie parfois, comme dans le projet de loi du 24 février portant sur lamélioration des relations entre administrations et administrés de parler du développement des réseaux.
Au fond, " ce quon voit dans ladministration, comme le souligne Jean-Noël Tronc (chargé de mission au Commissariat Général au Plan), nest que le reflet de ce qui se passe en France : la masse en a entendu parler, ne sen sert pas, voire en a peur ; les passionnés, comme Jean-Paul BAQUIAST, ne jurent que par ça ; et les autres sen servent sans être passionnés ".
Ainsi que le résume la chronique du " cyberfonctionnaire et le bêtabloquant ": " Comme notre administration, dans ses profondeurs, est loin dêtre une cyberadministration, les cyberfonctionnaires que lon y rencontre ne sont encore que des espèces de mutants ou, si lon préfère, les premiers touchés par une épidémie qui sévit dans les nations high-tech et qui na pas encore vraiment atteint notre pays. "
Une mauvaise connaissance dInternet
Pour la plupart des responsables administratifs, lapport révolutionnaire dInternet, sil en est, se résume à la possibilité de mettre en ligne des données ou renseignements administratifs concernant les programmes dont ils ont la charge.
Bien peu, se rendent compte que lélément important apporté par lInternet concerne la combinaison des fonctions permises par linstallation dIntranet et de messageries au sein de ladministration.
Mettre en place une messagerie signifie donner aux personnels, la possibilité de communiquer par électronique, soit entre eux, soit avec des correspondants extérieurs.
Mettre en place un Intranet signifie mettre à disposition des personnels, des données et documents internes intéressant lorganisme et ses activités.
Certains confondent les deux fonctions, alors quelles sont complémentaires.
La messagerie permet aux personnels de travailler ensemble, en temps réel, en séchangeant des messages informels ou des documents et fichiers temporaires ; tandis que lIntranet met à leur disposition les données et documents plus stables nécessaires à ce travail en commun, ou produits par lui.
Associé à lune et à lautre se trouve lannuaire, qui présente des données concernant les agents connectés.
Parce que la tradition dans ladministration est de restreindre et contrôler les échanges internes, surtout si ceux-ci dépassent les frontières des hiérarchies et des services.
Laspect positif de la mise en place dun S.I.T. viendra surtout des échanges informels qui pourront sétablir entre fonctionnaires " branchés ", pour se transmettre des informations puis pour traiter des cas plus complexes.
Il sagit donc, de dépasser le stade de la mise en commun de fichiers, de documentations, et envisager une mutualisation informelle du travail.
Cela suppose, avant tout, que les hiérarchies autorisent et soutiennent ces initiatives.
En effet, travailler de manière informelle suppose, avant tout, que lensemble des services, des collectivités et des organismes soient associé au S.I.T.
Cest dans ce sens que le S.I.T. peut être perçu comme un facteur defficacité et de productivité des services publics
Il faut donc , peut-être, dépasser ce stade et envisager les aspects positifs de ce mouvement.
LES ASPECTS POSITIFS DU SIT ET DES NOUVELLES TECHNOLOGIES
Le thème de lamélioration des relations aux usagers nest que très rarement mis en avant par les responsables de projet SIT.
Jusquà présent, les thèmes évoqués relèvent plutôt de lamélioration du fonctionnement des services , de la circulation de linformation interne et du fonctionnement des services administratifs.
Dun site vitrine à un outil fédérateur de communication
Limportance de limplication hiérarchique, au niveau des directeurs
On peut également remarquer les difficultés éprouvées dans la mise en place de services dinformation axés vers les besoins du public, la culture administrative ne favorisant guère la " transformation " de lactivité administrative en produits dinformation.
Dans une société qui a institué le papier comme symbole tout puissant de lorganisation, la procédure papier porte en elle, à la fois sécurité, garantie et confiance.
Elle porte aussi, lourdeur, risque et difficulté de recherche et de stockage.
A ce titre la mise en place de téléprocédures peut modifier cette donne.
Une téléprocédure nest pas la scannérisation dun document papier, son envoi par réseau et son impression à larrivée .sur papier.
Une téléprocédure, est à toutes les étapes de la vie de la procédure elle-même, un cheminement virtuel dune information virtuelle, restant sous cette forme dans toutes les phases de léchange.
Sous cette forme, la téléprocédure a trois avantages :
- Elle est réutilisable facilement sans saisie nouvelle
- Elle est stockable aisément et durablement
- Elle est facile à retrouver, les moteurs de recherche étant des outils désormais banalisés et simples dusage.
- Elle a, en plus, une autre qualité : elle est interactive. Elle facilite le dialogue, la concertation. Elle est responsabilisante, pour lemployé administratif qui appréhende plus facilement la globalité de la procédure.
- Dici à leur généralisation, il faudra passer par des phases dintermédiation, ne serait-ce quà cause des contraintes de sécurité et de qualité.
- Cette intermédiation sera utile à plusieurs niveaux :
- Pour la connaissance même du contenu de la procédure
- Pour laccès aux outils informatiques
- Pour la certification des intervenants
- Ainsi, les téléprocédures sur lesquelles travaillent les collectivités territoriales, les administrations publiques et lEtat concernent plusieurs domaines :
- La relation initiale et finale entre la collectivité et lusager, à la fois dans la gestion quotidienne de la collectivité, mais aussi dans son rôle dinterface entre ladministration et lusager
- La relation interne entre les acteurs de la collectivité, les élus pour une pratique plus participative à la vie démocratique des instances, les personnels pour une plus grande efficacité opérationnelle
- La relation entre administrations verticales, entre partenaires publics et para-publics, le tout en liaison avec le tissu social et économique.
La mise en uvre de ces deux notions entraînent, obligatoirement, une modification de la perception, qua, lopinion publique des services de lEtat.
A ce titre, le SIT devrait dailleurs disposer dun forum ouvert aux doléances des administrés.
Cette initiative ne pourra intervenir, que dans un second temps, ou être tout simplement prévu dans le site Internet déjà existant.
Là aussi, il sagit de créer un espace déchanges didées mais surtout de lexploiter de manière constructive. Eviter de créer un " cahier de doléances " qui donne limpression aux gens quils sont entendus mais jamais écoutés ..
En effet, nous sommes sortis de la communication institutionnelle, pour entrer dans une logique de service à lusager. Dorénavant, lun des soucis de ladministration est de fournir des informations et des services utiles aux citoyens pour mieux répondre à leurs préoccupations.
Ladministration doit assumer son rôle dinformation des citoyens, quil sagisse de mise à disposition des données publiques essentielles ou dinformations pratiques.
Apparaît, en outre, une problématique qui est celle de fournir cette information de façon graduée selon le public visé. Rendre laction de ladministration plus visible et compréhensible par tous implique effectivement de sajuster aux besoins dinformations des différents publics visés.
Le souhait affiché daméliorer la relation administration-usagers est très présent, quil sagisse de télé-procédures, encore peu développées, de la fourniture dinformations pratiques sur les droits et démarches des citoyens, ou daccès facilité à la recherche dinformations pointues.
Lamélioration du service rendu réside, à la fois, dans la facilitation de la démarche, mais aussi dans laccélération de léchange entre lusager et ladministration.
CONCLUSIONLa mise en place du SIT, peut être perçue comme un nouveau mode de fonctionnement de ladministration mais aussi comme un révélateur des dysfonctionnements de celle-ci.
Ces deux caractéristiques sont communes aux projets innovants, quelque soit leur domaine dapplication. Le caractère contraint de la mise en uvre ne fait quamplifier ces particularités.
Toutefois, les initiatives ministérielles de ce type s'avèrent largement justifiées dans la mesure où elles prennent en compte l'évolution de la société qui tend à devenir une "Société de l'Information".
Cela implique de savoir gérer l'information, donc de mettre en place un type de management bien particulier, le "Management de l'Information".
Dans ce domaine , la question essentielle sera d'arriver à déterminer, en termes de qualité et de quantité, un niveau d'information qui réponde aux attentes et besoins des utilisateurs. Dans le cadre d'un S.I.T., cette phase "d'adaptation de l'information en ligne en termes de contenus" ne peut intervenir qu'après la mise en place des fonctionnalités de base, à savoir la messagerie, l'annuaire, la base de connaissances. Comme tous les sites Internet, un S.I.T. doit être évolutif, les données doivent être réactualisées et réajustées en permanence.
D'autres éléments de management viennent se greffer concernant la présentation, le support utilisé et surtout l'analyse du degré de participation active des utilisateurs. Ce dernier élément permet d'éviter le phénomène de compilation anarchique des données ou la dérive vers l'archivage numérisé.
En effet, une fois sélectionnée, linformation doit être organisée pour être significative ; ce qui implique de déterminer, dune part, sous quelle forme les données deviennent significatives ; dautre part, sous quelle forme dorganisation elles peuvent présenter un intérêt. Il faut donc savoir faire varier linformation en fonction des différents objectifs poursuivis, et donc des publics visés.
Enfin, cette phase de management de données internes étant maîtrisée, lorganisation se devra denvisager, à terme, louverture vers des sources externes.
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- Les échos du développement local durable : http://www.developpement-local.net
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- Place Publique, site des initiatives citoyennes : http://www.place-publique.fr/
- Plate-forme IMAGINE : http://www.imagine.district-parthenay.fr
- Veille européenne et citoyenne sur les autoroutes de l'information et le multimédia (VECAM) : http://www.vecam.org/
- Villes Internet 2000 : http://www.villes-internet.net/
http://www.admiroutes.asso.fr/espace/intranet/sitcorse.htm
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