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Besoins de formation à Internet. Solutions faisant appel au bénévolat. Appui éventuel de l'Etat.

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par Jean-Paul Baquiast

1er mars 1998

Besoins

Les besoins de formation à Internet sont considérables, dans l'administration et plus encore dans la société. Tous les niveaux sont à envisager, depuis le simple apprentissage du micro et de la messagerie jusqu'aux ressources de l'édition html évoluée.

Il existe déjà des tutoriels en ligne ou sur CdRom (par exemple celui de l'AFNIC que différentes personnes sont actuellement en train de tester). Mais ces outils, très utiles, ne visent pas en général la formation du vrai débutant. Ils ne peuvent non plus remplacer la pratique effective de la machine et du réseau.

La formation suppose donc l'accès à une machine connectée à Internet, dotée des logiciels adéquats (NB: les logiciels du commerce peuvent représenter la moitié ou la totalité du coût de la machine). Elle suppose aussi la présence d'un animateur-formateur, armé lui-même de préférence d'une méthode pédagogique éprouvée et de tutoriels. Le formateur n'est évidemment pas indispensable, mais sa présence permet de gagner des heures de tâtonnement et de gaspillage de ressources. Le formateur lui-même, en formant, améliore sa compétence, ce qui est tout bénéfice pour les deux parties.

Il faut compter, selon le niveau de culture informatique et générale de la personne à former, entre 5 et 20 heures de pratique assistée pour qu'un candidat ignorant de l'Internet puisse être livré à lui-même et, de ce fait, puisse se perfectionner seul.

Les coûts, pour l'administration, et plus encore pour la société, si l'on vise à former systématiquement les citoyens, ne sont donc pas négligeables. Cela exclut le recours à des sociétés de service. Il faut donc chercher toutes les solutions permettant de travailler à l'économie.

Solutions économiques

Plusieurs solutions peuvent être envisagées à cette fin:

- utiliser des machines, des logiciels et des connexions " de production ", à un moment où elles ne sont pas en service (par exemple le soir ou en week-end).

- utiliser des machines économiques (type Netbox) et/ou des logiciels gratuits. C'est là que l'utilisation du système d'exploitation Linux trouve tout son intérêt. Linux ne peut commodément remplacer les systèmes d'exploitation en bureautique de production, mais c'est un excellent outil de formation, d'édition et de développement.

- faire appel à des formateurs-bénévoles. L'idée peut paraître utopique. Différents indices montrent qu'elle peut devenir une réalité, dès lors qu'elle serait encouragée par divers stimuli. L'association Admiroutes (anne Bedell) propose l'opération "Premiers pas sur Internet.Un parrain, un filleul ". Elle repose sur la constitution de listes de candidats formateurs qui annoncent sur le web leurs compétences et leurs disponibilités. Ces formateurs pourraient intervenir soit en ligne, soit en personne, localement.

Par ailleurs, les associations regroupées au sein de l'Initiative Française pour l'Internet, notamment à l'occasion de l'organisation des Fêtes de l'Internet, ont constaté l'apparition de dizaines de petites structures offrant, notamment à des personnes en difficulté, l'accès à Internet et des rudiments de formation. Elles font largement appel au bénévolat et dans certains cas, à des sponsorings commerciaux.

Il serait conforme à l'esprit du service public que les administrations encouragent leurs personnels à participer bénévolement à ces actions. Dans certains conditions garantissant la sécurité des installations, elles pourraient prêter également du matériel (par exemple des micros portables).

Proposition de MM. Chemla et Lang

MM. Chemla et Bernard Lang ont présenté le 26 février au cabinet du ministre de la Fonction Publique un projet visant à la mise en place d'un réseau national de structures associatives bénévoles qui participeraient à l'effort de formation indispensable pour que la France maîtrise rapidement la société de l'information. Tous les publics pourraient en bénéficier, depuis les personnes en recherche d'emploi jusqu'aux salariés et fonctionnaires souhaitant compléter rapidement leurs compétences professionnelles, sans attendre la formation que pourrait dispenser l'employeur. Les formations feraient largement appel à Linux, ce qui aurait l'avantage de mieux faire connaître de dernier des utilisateurs professionnels de l'informatique Ceux-ci seraient incités ainsi à faire plus volontiers appel à lui, au lieu d'acquérir systématiquement les produits dominant le marché (Microsoft).

Si l'on fait abstraction de la question de Linux, qui peut faire l'objet d'un examen séparé, l'économie d'ensemble du projet de formation, ainsi que l'identité précise des associations ou organismes promoteurs, ne sont pas apparues clairement lors de cette première présentation. Aussi parait-il difficile de recommander d'emblée, comme M. Chemla le demande, que l'Etat encourage la démarche, surtout s'il doit y consacrer quelques ressources budgétaires, le bénévolat ne pouvant en effet semble-t-il couvrir tous les frais.

De toutes façons, il ne serait pas réaliste de prétendre piloter de Paris une opération qui ne peut reposer que sur des initiatives locales. Si participation des administrations il devait y avoir, elle ne pourrait être décidée que par les responsables de terrain. C'est le modèle de la Fête de l'Internet qu'il faudra reproduire.

Exploiter et développer le succès de la Fête de l'Internet

Dans l'immédiat une solution parait possible, qui profitera précisément de l'animation provoquée par la Fête de l'Internet. Les dizaines, et peut-être centaines de structures non-marchandes qui se sont investies dans cette Fête ne demanderont sans doute qu'à poursuivre leur action. La première chose à faire consisterait à pérenniser une cellule d'enregistrement et d'animation sur Internet, qui les ferait connaître et les encouragerait à rechercher, localement, des appuis. Les associations membres de l'IFI, notamment celles ayant une vocation non commerciale, pourraient s'associer à cette fin. Une petite aide de l'Etat (ministère de la Culture, de la Solidarité, de la Fonction Publique ou éventuellement de l'Education nationale) permettrait de financer les quelques permanents nécessaires.

Cette cellule pourrait alors étendre son action au recensement et à l'encouragement des associations ou initiatives entrant dans le mécanisme de formation proposé par M. Chemla.

Un groupe de travail composé de quelques représentants de l'Etat, dont ceux des ministères nommés ci-dessus, pourrait être mis en place sans attendre pour préparer puis piloter cette double démarche. Le Premier ministre pourrait l'encourager, comme il l'a fait de la Fête de l'Internet, une fois que les contours du projet auraient été balisés.

http://www.admiroutes.asso.fr/espace/formation/benevolat.htm
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