![]() |
Internet et
|
|
2 pages |
Jean-Paul Baquiast jp.baquiast@chello.fr | maj le 12-2-99 |
En 1999, tout programme général de dématérialisation de la commande publique (avant et après conclusion du marché ou de la commande) suppose de sappuyer systématiquement sur Internet, tout en réutilisant les travaux réalisés à ce jour dans le domaine de lEdi.Internet permet en effet, mieux que lEdi, de mettre en relation de façon économique et simple lensemble des partenaires, quelle que soit leur taille, par exemple un économat dhôpital ou un secrétaire général de petite mairie, dun côté, une entreprise artisanale vendant des plats cuisinés ou des meubles, dautre part. Il suffit que lun et lautre soit équipés dun micro-ordinateur connecté à Internet (rappelons que loffre commerciale propose aujourdhui lensemble micro + abonnement de 5 ans à 2.000 F environ à lachat, avec forfait mensuel de 300 F environ).
Dotés de cet équipement minimum, les deux partenaires peuvent accomplir les diverses formalités simposant à eux, plus ou moins complexes selon limportance de la somme à dépenser : consulter un catalogue, lancer un appel doffres, passer une commande, recevoir une facture, la certifier et la payer, etc.
Ils peuvent le faire selon des méthodes plus ou moins standardisées : soit par de simples messages (e.mail) informels qui seront léquivalent du fax sur Internet, soit en entrant dans des processus pré-étudiés pour automatiser et rationaliser au maximum la procédure. Dans cette perspective, ils ont tout intérêt à réutiliser les importants investissements faits par les communautés professionnelles dans le domaine de lEdi, tout en conservant la souplesse du web. Ceci peut se faire par lintermédiaire de ce que lon appelle de plus en plus le web-edi.
Une session On Line du 11 février 1999, organisée par Edifrance (www.edifrance.org/), sur le thème " Edi et Internet, lavenir des échanges électroniques professionnels ? " a fait le point sur les techniques et les acteurs à ce jour. Deux éléments nouveaux ont été mis en évidence :
XML/Edi
Référence : Claude Chiaramonti. Rôle dEdifrance dans la réconciliation de lEdifact-Onu et de lXML/Edi. (http://www.admiroutres.asso.fr/action/theme/internet/chiaxml.htm)
La dématérialisation des opérations relatives à la commande publique étudiées jusqu'à ce jour en France portait sur des marchés entre grands acheteurs (par exemple la Délégation générale à lArmement) et grands vendeurs. Lutilisation de lEdi, préalablement défini par les uns et les autres, soit dans lEdifact international, soit au sein dEdifrance, soit en leur sein propre, dans la perspective notamment de favoriser le concurrent engeenering (CALS), allait de soi. Mais cela ne touche quune infime partie des relations entre acheteurs publics et fournisseurs, dans les trois fonctions publiques. De plus les procédures relatives à la normalisation Edifact sont jugées de plus en plus lourdes et peu évolutives. Leur emploi demandent des préalables eux-mêmes trop astreignants pour des échanges occasionnels, même lorsquil sagit dEdi allégé ou Edi-lite où lentreprise sadresse à un serveur pour obtenir la conversion de son message en Edi.
Depuis est apparu le langage XML bien adapté à lInternet, et à la nécessité de faire dialoguer ensemble, de façon normalisée, le plus grand nombre possibles dutilisateurs (100% des acheteurs et vendeurs en matière dachat public). XML est un dérivé allégé de SGML, mais enrichi par rapport à HTML, qui permet de définir, entre partenaires à léchange (ici lacte dachat) des objets et contenus communs dobjets échangés, manipulables à la fois comme des éléments de bases de données (par exemple un catalogue) et comme des informations faisant lobjet dun message E.mail (par exemple une commande : livrez-moi tel produit de votre catalogue).
Les grands fournisseurs de logiciels offrent désormais des ensembles de formats de messages, les DTD (Document Type Definition) directement utilisables par les échangistes, sans accords préalables entre eux. Rien nempêchera, par exemple, un économat de collège achetant de loutillage dutiliser le contenu dun tel DTD, sil en trouve un qui lui convienne. Léquipementier choisi comprendra et traitera la commande sans avoir précédemment négocié avec la commune un accord détaillé dinterchange.
Pour éviter néanmoins la babélisation, et surtout la prise en mains de leurs métiers par les éditeurs de logiciels, ou grands industriels internationaux, les communautés commerciales françaises (par exemple les industries de lhabillement, les libraires, loutillage, etc) pourraient participer au développement de XML/Edi en récupérant le contenu du dictionnaire de normes Edi, le TDID, afin den faire des DTD, par ailleurs formulés en français, ce qui simposera dans le cas de lachat public en France, si lon ne veut pas exclure les PME qui ne sont pas toutes anglophones. Le même sort serait fait aux Tags des données. Ce travail pourrait être entrepris au sein dEdifrance.
Par ailleurs, au sein de lISO, il serait intéressant de faire gérer, par lintermédiaire dEdifrance, un Basic Semantics Register, le plus possible, là encore en français et autres langues européennes, qui rassemblerait les contenus normalisés utilisés par les partenaires à léchange.
En fait les communautés françaises de lEdi ne mettront sans doute pas dans un tel objectif, pourtant souhaitable, toute lénergie nécessaire. Le cadre fédérateur dEdifrance nest pas à abandonner pour autant. Les Pouvoirs Publics peuvent très bien prendre linitiative de demander à Edifrance (puis aux groupements de professionnels qui la composent) de répertorier les normes et standards Edi et Edi-lite existants , ainsi que les groupes capables , en dialogue avec les représentants de telle ou telle catégorie dadministration ou dacte dachat, de compléter cet existant par des DTD et BSR XML, eux-mêmes constamment mis à jour. Chacune des administrations concernées devrait évidemment, dans cette perspective, participer au travail, en précisant les contenus dont elle a besoin, pour laccomplissement de ses missions dachat. Vraisemblablement, dailleurs, lensemble des nomenclatures serait concerné.
Pour encadrer ce programme, il faudrait constituer (ou reconstituer) au sein dEdifrance un groupe Achat public rassemblant les représentants des principaux intérêts en présence.
2. Les services dintermédiation à valeur ajoutée.
Si lon veut généraliser rapidement, au bénéfice de 100% des entités concernées, la dématérialisation par Internet des opérations et procédures intéressant le commande publique, il est indispensable de faire appel à des intermédiaires du secteur commercial offrant la fonction web-Edi. De nombreuses entreprises à valeur ajoutée, ainsi que des groupements professionnels pour leurs adhérents, offrent dorénavant ce service sur le marché français. Dautres organismes offrent des conseils, gratuits ou payants.
Entreprises et administrations doivent être laissées libres de faire appel à ces offres ou non (Nous avons vu quavec XML, elles peuvent en principe sen passer, mais cela suppose cependant un certain savoir-faire). Par ailleurs, le marché doit rester très ouvert, afin déviter toute dépendance à légard de fournisseurs cherchant à se donner des monopoles dans ce domaine très lié aux grands enjeux du commerce électronique. Les services à valeur ajoutée offerts doivent par ailleurs offrir toute la gamme de ce que peuvent attendre les partenaires à léchange, y compris, initialement, convertir des messages fax en Edi ou XML/Edi.
Pour faciliter la connaissance des offres, et accélérer la dématérialisation des échanges, au bénéfice de la communauté globale des acheteurs-vendeurs opérant sur le marché français, le groupe Achat public précité, crée au sein dEdifrance, pourrait mettre en place un site web portail dinformation, ou les différents offreurs de services dintermédiation présenteraient leurs offres, sous leur responsabilité. Un format de présentation-type minima pourrait cependant être exigé, ainsi quune rubrique FAQ et forum.
http://www.admiroutes.asso.fr/espace/achatpub/intercom.htm