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Bonnes intentions et absence de simulation des flux

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Editorial  de Jean-Paul Baquiast

2 janvier 2001

Le début de l'année 2001 commence, pour les services publics, par un incident (la saturation des TGV suite à la baisse des tarifs décidée pour les fêtes) et par une crise d'ampleur, la saturation des moyens de la justice suite aux décisions relatives notamment à la présomption d'innocence et à l'appel des décisions des cours d'assises.

Ces deux phénomènes relèvent de la même cause : conjugaison de bonnes intentions voire de bons sentiments que personne ne peut décemment discuter, et absence de prévision des conséquences que la mise en œuvre de ces bonnes intentions entraîne sur le fonctionnement des services.

Il existe pourtant des techniques simples dites de simulation de flux, qui permettent d'étudier les effets de telle ou telle décision, et de préparer longtemps à l'avance les hommes, les procédures et les structures permettant d'y faire face.

Que la SNCF n'ai pas fait de simulations élémentaires concernant les conséquences de l'abaissement temporaire du prix des billets a de quoi surprendre, dans une maison pleine à craquer de polytechniciens.

Que la Chancellerie, et avant elle les Pouvoirs publics (gouvernement et Parlement) n'aient pas simulé les conséquences des nouvelles réformes sur le fonctionnement de la Justice surprendra moins. Nous sommes en France et pratiquement jamais le législateur ne réalise d'études d'impact des décisions qu'il prend.

Parallèlement, il n'y a pas véritablement de responsable du fonctionnement de la machine judiciaire qui aurait pu tirer la sonnette d'alarme. La solution aurait évidemment consisté, non pas à renoncer aux réformes de législation, mais à utiliser l'amorce de réseaux entre juridictions pour faire des exercices de simulation. Ainsi aurait-on pu préparer au moins six mois ou un an à l'avance les mesures permettant de faire face aux crêtes de trafic - notamment en termes de nouveaux moyens, simplifications de procédures et réactions aux crises locales.

Si les responsables du projet Airbus travaillaient comme cela, jamais le fleuron de l'aviation européenne, l'A380, ne prendrait l'air.

Mais les administrations, comme chacun sait, ne sont pas des industries. Il ne faut pas les traiter comme des unités de production, mais comme des enjeux électoraux.

http://www.admiroutes.asso.fr/edito/2001/simulation.htm
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