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Internet dans les administrations: bilan morose

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Editorial  de Jean-Paul Baquiast

4 avril 2001

C'est une espèce de gifle qu'inflige à la France la firme internationale de conseil en stratégie Accenture (www.accenture.com). Dans une première édition 2001, notre pays avait été classé au 1er rang européen et au 5e rang mondial en matière de services publics en ligne. Cette année, nous nous retrouvons respectivement au 5e rang et au 11e.

Que faut-il en conclure? Suspecter le thermomètre? Il est certain qu'une baisse de cette importance pose des questions. Est-ce la première enquête qui s'est trompée ou la seconde. Personnellement, j'étais de ceux qui avaient trouvé le résultat de 2000 un peu optimiste. Je penserais donc volontiers que l'enquête de 2001 nous ramène à un rang plus vraisemblable, étant entendu que ces études restent assez approximatives.

Le fond des choses est que la modernisation des administrations par Internet marque le pas en France. Tous les observateurs le constatent et le disent, notamment les médias. Si les sites webs ont atteint un effectif honorable, les véritables services en  ligne (hormi les quelques téléprocédures toujours mentionnées) n'existent pas. Quant aux modalités de travail en commun des administrations, inutile d'en parler. A plus forte raison ne peut-on citer de véritable réforme administrative reposant sur un usage innovant et exhaustif des TIC.

Les raisons à cela sont nombreuses et souvent évoquées. La première est que les Français restant très peu connectés, ils n'exercent pas de pression pour que les administrations se mettent véritablement en ligne. Une deuxième raison est l'attentisme voire les signaux négatifs donnés par les Pouvoirs Publics. Le temps du discours d'Hourtin parait bien lointain. Les lois (signature électronique*, société de l'information) annoncées comme indispensables (on peut d'ailleurs en douter) ne sont toujours pas entrées en vigueur. On entend plus la CNIL et les apprentis régulateurs que les ministres pour dynamiser les secteurs dont ils ont la charge.  Ni le premier Ministre, ni les ministres ne disposent d'ailleurs des moyens humains suffisants (quelle que soit la qualité de ceux qui s'occupent actuellement des technologies) pour impulser de véritables changements en profondeur.

Ceci pour ne parler que de l'Internet d'hier. Mais les outils et méthodes changent très vite. Aujourd'hui, il faudrait étudier l'utilisation des algorithmes évolutionnaires en relais de l'informatique ancienne, la réalité virtuelle, les systèmes intelligents. Or qui s'en soucie dans l'Etat? (voir notre article Qu'attend-on pour utiliser les algorithmes évolutionnaires dans les administrations françaises? ).

Tout ceci est fort dommage. Ce n'est pas seulement la modernisation des administrations et le confort des administrés quii en souffrent, mais le passage de notre pays au 21e siècle qui marque le pas. Et cela, c'est toute la société qui en paiera le prix.

* Au temps pour moi: le Décret d'application concernant la signature élctronique est enfin sorti http://admi.net/jo/2001/05070.html

http://www.admiroutes.asso.fr/edito/2001/bilan.htm
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