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Un nouveau visage pour les sites Internet des administrations

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Editorial  de Jean-Paul Baquiast

30 juin 2000

Les Ministères, et ceux qui les observent, ont tendance à se féliciter du grand pas en avant fait par les sites Internet des administrations. Chacune pratiquement a le sien, et ces sites sont convenablement nourris en informations ou même en services en ligne.

Mais il ne faut pas s'endormir sur ses lauriers. Qui n'avance pas recule. Voici quelques suggestions pour assurer de nouveaux progrès, selon moi tout au moins...Ces suggestions laissent de côté le domaine des téléprocédures, déjà souvent abordé ici même.

- Assurer à la demande la mise en ligne des informations et documents non encore publiés.

Actuellement, c'est un bureau qui décide de ce qui doit être publié sur le site, autrement dit, qui se substitue à l'usager pour décider de ce dont celui-ci a besoin. Il faut inverser la démarche, en créant un guichet public qui recueillera les demandes desdits usagers: "j'ai besoin de tel rapport" "pourquoi ne publiez-vous pas telle information?", etc.. Les demandes et les réponses faites (y compris les refus motivés de publication, quand il y aura lieu), seront disponibles en ligne. L'on discutera également, si la demande en est faite, la question des tarifications éventuelles.

- Accepter et discuter les questions portant sur la légitimité des structures administratives de l'organisme ou l'opportunité des politiques publiques menées par lui.

Il s'agit d'un point essentiel à la démocratisation de la réforme de l'Etat. Un organisme publique doit répondre aux questions telles que: "A quoi servez-vous?" "Combien coûte telle structure ou telle action?" "Ne pourriez-vous affecter vos moyens à telle autre activité qui me parait plus urgente?" "N'auriez-vous pas intérêt à fusionner avec tel autre service", etc.

Pour entrer dans cette mécanique de remise en question, rien ne vaut un ou plusieurs forums, en ligne, ouverts à tous, et convenablement gérés...c'est-à-dire où les vraies questions reçevront de vraies réponses, amorçant éventuellement des débats plus approfondis.  

- Référencer systématiquement tous les organismes publics, associatifs ou privés intervenant dans la sphère d'activité de l'organisme

Une étude récente sur le web mondial a montré que celui-ci prend la forme d'un noeud papillon. Le centre du noeud est formé des organismes qui s'auto-réfèrent en permanence (faisant autant de liens sur les autres, que les autres font de liens sur eux). C'est le cas, en toute modestie, d'Admiroutes. La gauche du noeud est formé par les organismes qui font essentiellement des liens sur les autres (par exemple les portails). La droite du noeud est constitué des organismes qui ne font de liens sur personne, ou presque, mais sur lesquels tout le monde fait des liens. C'est le cas des sites institutionnels. Il y a enfin des milliers de sites qui ne font de liens sur personne et que personne ne réfère. Il s'agit essentiellement des homes pages, très utiles néanmoins comme support aux innombrables listes de diffusion réunissant leurs auteurs.

Or nous pensons qu'il n'est ni productif, ni démocratique, de voir les sites institutionnels s'enfermer dans leur splendeur, sans faire de liens ni de portails sur les autres - notamment sur les associations en ligne. Pour les craintifs, rappelons qu'une administration peut toujours rappeler aux internautes que faire un lien sur un site externe n'est pas homologuer ce site. L'internaute s'y rendra sous sa seule responsabilité.

- Déconcentrer systématiquement tous les sites nationaux dans chaque département

Il n'y a aucune raison, aujourd'hui, pour refuser la déconcentration systématique: que chaque site central soit relayé, dans chaque région et chaque département, par un site local. Celui-ci ne reprendra pas le contenu du site national, mais le complétera et le fera vivre, à l'iniitiative des chefs de service déconcentrés, en fonction des besoins et opportunités du terrain. Le coût humain et matériel de telles réalisations sera faible. Les bénéfices en seront immenses.

http://www.admiroutes.asso.fr/edito/2000/web.htm
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