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Virtual democracy
Démocratie virtuelle

index éditorial

2 pages

Editorial  de Jean-Paul Baquiast

08/09/2000

Bibliographie: Virtual-Worlds 2000, Paris, Pôle universitaire multimédia Léonard de Vinci 5/7 juillet 2000  2e Conférence Internationale.
Proceedings http://link.springer.de/link/service/series/0558/tocs/t1834.htm
Démonstration d'univers et d'outils  
http://www.sense8.com/    http://www.activeworlds.com/   http://www.2nd-world.fr

Virtual democracy

- How virtual worlds technologies can increase democracy?

- Good question, but what do you mean by democracy?

- I suppose you observe, as I do, that, even in our dear democratic countries, average citizen is still unable to dialogue with political, administrative and economic powers. Of course, he receives a lot of news, from traditional media, but if he gives his opinion (except, every 4 years, when electing members of parliament), nobody listens to him. Decisions are made practically as they have ever been, by important people officially in charge or, worst, under the pressure of non transparent and sometimes non respectable interests. Of course, citizen is handicapped, because he knows practically nothing of what would be necessary for having a pertinent opinion, especially in the complex and technical problems of modern world. To day, with Internet expanding, you can more easily than before get informations and exchange opinions, but let us remain realistic. Really difficult, and really important questions keep out of reach of you and me.

- Which questions, for instance?

- Well, do we need or not cheap oil? How to modernize government? Is russian nuclear fleet really a danger and, if yes, what should we do? In France, a majority of politicians are asking us to vote a change in our constitution, allowing the president to be elected for 5 years instead of 7, but I hear that many electors would prefer to be consulted about more concrete problems.

- You just said that they were not in the position of giving government pertinent advices.

- Here precisely is what is at stake. There is a lot of collective knowledge everywhere, and many and many people who are very competent, and anxious to share their competence, but citizens cannot have access to them. And Internet as we practice it to day is not efficient enough for closing the gap. But soon, virtual  worlds technologies will be able to do that.

- ???

- Imagine an 3D agora where "avatars" of experts, of politicians, of typical citizens like you and me, would meet and explore a problem, get relevant reports, datas and models, discuss the strategy to adopt and finally vote for a solution. Of course, the "game" or "session"  would have been prepared by as objective and as competent possible  persons, but the "players" could interfere in real-time through the web and modify freely problematics and solutions, change the variables of the models, etc. Why not expect hundred of such agoras permanently available on the web?

- Well, yes, why not?

- And imagine something else. Imagine that you are, let us say, in a virtual nuclear submarine, in company of avatars of naval officers making hazardous or dangerous decisions. But then would interfere in their business  some virtual body from outside showing, very concretely,  what should be done for preventing a possible catastrophe. I suppose a lot of people, all over the world, would be interested, and could understand the question without being specialists of  submarines or nuclear energy.

-  Such a simulation would not be possible if it was not prepared by people knowing exactly how works a submarine - in fact, by sailors of the submarine fleet not satisfied by their own command. Do you expect that any sailor would accept to break the Secret?

- You know, on the web and with the mundialisation, many things that citizens should know, in a democratic civilization, can and must be said or showed anonymously. Especially if they are of common interest.  


Démocratie virtuelle

Les technologies virtuelles peuvent-elles, mieux encore que l''Internet d'aujourd'hui, contribuer à accroître la démocratie? Pour répondre à cette question, il faut préciser ce que l'on entend par démocratie, y compris dans nos pays où règne indiscutablement une démocratie que bien d 'autres nous envient. En fait, même chez nous, il est clair que le citoyen moyen n'est jamais consulté concernant les grands et petits choix intéressant tant sa vie quotidienne que l'avenir du monde. Beaucoup de gens, en France, ne sont pas motivés par un vote relatif à la durée du mandat présidentiel. Mais les mêmes aimeraient donner leur opinion sur d'innombrables questions qui les touchent: par exemple faut-il payer ou non le pétrole bon marché? comment réformer l'Etat? dans quels domaines développer la coopération avec le tiers-monde? etc..

Sur toutes ces questions, politiques ou économiques, les grands décideurs continuent, comme ils l'ont toujours fait, à décider tout seuls, prenant parfois des risques majeurs pour l'avenir de l'humanité, comme en ce qui concerne l'accroissement de la pollution et de l'effet de serre par exemple. L'on objectera que le citoyen lambda est incapable de donner un avis pertinent, faute d'une connaissance suffisante de questions dont même les politiques n'ont qu'une idée très imprécise. A quoi bon écouter ce que diront les gens? Internet en donne la preuve. Les groupes de discussions citoyens se multiplient, mais aucun décideur  ou expert ne se donne le mal d'aller y argumenter. Résultat, disent les bêta-bloquants, beaucoup de bruit pour rien.

C'est là qu'interviendront les technologies du virtuel, et tout ce qui tourne autour des systèmes intelligents. Nos sociétés en fait regorgent de compétences, d'études, d'idées géniales. Elles disposent également d'innombrables personnes connaissant à fond les questions difficiles, capables de les expliquer et, qui plus est, souhaitant transmettre leur savoir, ne fut-ce que pour se rendre utiles. Mais aujourd'hui, rien ne permet de mettre en relation ces personnes, et les citoyens désireux de faire l'effort de s'informer, pour mieux participer aux choix collectifs.

Or d'innombrables solutions relevant des mondes virtuelles sont déjà disponibles en laboratoires (sans parler de celles déjà commercialisées dans les jeux électroniques). Il n'est que de les appliquer à l'approfondissement de la démocratie. L'on peut très bien par exemple, sur une question comme le prix du pétrole, monter une "agora" virtuelle, ou quelques "avatars" ou humanoïdes symbolisant des personnes d'opinion différente, ou des hommes politiques, discuteraient, feraient appel à des données facilement compréhensibles, telles que des statistiques, des modèles montrant ce qui se passerait dans telle ou telle hypothèse, etc. Le public serait représenté par des "joueurs" (en fait de vrais citoyens volontaires pour participer à la simulation) qui interviendraient en temps réel, modifiant les questions ou les réponses, faisant des propositions, etc. Avec l'image animée, les gens, et le politicien de service, pourraient comprendre plus facilement les questions qu'en entendant des spécialistes discuter à la télévision.

Evidemment, des experts aussi désintéressés et objectifs que possible auraient préparé la session, et géreraient le débat en temps réel. On dira que les intérêts puissants prendraient très vite tout cela en mains. Mais rien n'empêcherait que des centaines ou milliers de telles agoras s'ouvrent sur le web, émanant de mouvements très différents. Leur disponibilité et leur confrontation permanence créerait une sorte de compétition darwinienne profitable au dialogue.

Il faudrait faire plus. Les entreprises, administrations, associations, doivent être critiquées de l'intérieur, par des gens sachant comment elles fonctionnent, et s'impatientant de voir que les hiérarchies ne font rien pour les moderniser. Prenons l'exemple extrême, malheureusement d'actualité,  d'un sous-marin nucléaire. Imaginons nous à bord, en 3 D. Des avatars d'officiers négligents prennent des décisions aléatoires ou dangereuses. Un outsider plus compétent intervient et nous montre concrètement ce qu'il faudrait faire pour éviter des risques susceptibles de dégénérer en catastrophe. L'on peut imaginer le bon effet qu'aurait un tel jeu de rôle sur le niveau général de sécurité des engins de ce type. Les exemples pourraient être multipliés, en s'intéressant à toutes les catégories d'organisme, y compris un bureau de poste ou un service d'urgence hospitalier. Dans de tels cas, il faut des gens "de l'intérieur" qui acceptent de montrer en 3D ce qui ne va pas chez eux, et proposent de meilleures solutions. Ils ne peuvent le faire qu'au détriment du sacro-saint secret professionnel, qui sert souvent d'excuse au conservatisme le plus égoïste. Il se trouvera bien des volontaires pour tenter le coup, surtout si l'intérêt général le justifie, et si la chose se présente comme contribuant à l'accroissement de l'intelligence collective, abritée par l'anonymat du web mondial.

http://www.admiroutes.asso.fr/edito/2000/virtdemo.htm
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