Super-fonctionnaire.org |
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Editorial de Jean-Paul Baquiast |
2 février 2000 |
Le Monde du 2 février, p.30, nous signale l'existence d'un site original, Super-secretaire.com destiné à rassembler toutes les secrétaires de France et de Navarre, dans un endroit sympathique leur offrant de nombreuses informations professionnelles et d'ordre général, des conseils de carrière ou de revendication, et finalement des espaces interactifs où discuter entre elles (ou entre elles et eux, si des hommes, comme la parité le voudrait, exercent ce métier). Le site n'est pas dépourvu d'ambitions commerciales, mais tant que celles-ci ne déforment pas trop la volonté de créer bénévolement du lien social entre salariés exerçant un même métier, nul ne pourrait le lui reprocher.
Une première observation s'impose. C'est que les secrétaires sont nombreuses dans les administrations. L'austérité de leurs tâches ne pourrait que s'alléger, si elles fréquentaient de temps en temps un site de cette nature, et y discutaient métier avec des homologues du secteur privé. Les minutes apparemment perdues pour les tâches immédiates serait certainement compensées par les informations et ouvertures obtenues.
Une deuxième observation découle de la précédente. Faut-il obligatoirement faire ennuyeux quand on met en place un site web s'adressant au personnel (intranet ou site syndical). Est-ce démériter que mélanger les genres, s'ouvrir largement aux dialogues, et faire des liens sur des organismes, entreprises ou associations extérieurs? L'exemple de sites privés comme celui dont nous parlons devrait faire réfléchir les responsables de la communication institutionnelle. Un peu de frivolité et de curiosité peut induire beaucoup de fréquentation.
Mais la troisième observation paraîtra de plus de conséquence, modestie mise à part. Il serait temps maintenant en France que, dans les administrations, les gens exerçant des métiers voisins se retrouvent sur des sites webs communs pour discuter de ce qu'ils font, de la façon dont le travail pourrait être amélioré et même, des revendications qu'ils peuvent souhaiter faire connaître à l'extérieur.
Je verrais très bien personnellement, dans les prochains mois (mais ne m'écoutez pas trop, je suis un peu rêveur) des dizaines de sites du style de secretaire.com s'ouvrir sur le web, à l'initiative de représentants de telle ou telle catégorie de fonctionnaires (provenant des 3 fonctions publiques s'entend). Nous aurions ainsi super-inspecteurdesdouanes.org (NB: .org et non .com, vous l'aurez noté) , super-contrôleurdesfraudes.org ou super-attachedadministration.org ou super-auditeuralacourdescomptes.org, etc., etc. Les responsables et personnes fréquentant ces sites y diraient ce qu'ils jugeraient bon d'y dire, sans contrainte autre que celle de la réserve s'imposant aux fonctionnaires. Je ne vois guère que les instituteurs qui aient commencé, timidement, à investir dans cette direction, essentiellement d'ailleurs pour échanger des outils pédagogiques - ce qui est tout à leur honneur.
Ces sites devraient-ils être ouverts à tous (c'est-à-dire refuser la formule assez déplaisante de l'intranet)? Réponse affirmative. Chaque métier de l'administration ne pourrait que gagner à se confronter aux autres. De plus et surtout, il serait essentiel que le public puisse ainsi mieux pénêtrer le monde des fonctionnaires et de leurs préoccupations, auquel il est encore trop étranger.
Mais des sites spécialisés par statuts particuliers, corps, etc., ne risqueraient-ils pas d'encourager l'enfermement dans la culture de chacun des métiers concernés? Réponse négative, dans la mesure précisément où ces sites seraient publics, et donc permettraient les confrontations. Rien n'empécheraient également la mise en place de sites interprofessionnels (douanes-gendarmerie-police par exemple...excusez-moi, je rêve un peu)
Une recommandation pour terminer: que de tels sites, s'ils voient le jour, soient confiés à de gais lurons du web, et pas à des appatchiks de la communication. L'on peut très bien, comme nous le disions au début, instruire en distrayant.
http://www.admiroutes.asso.fr/edito/2000/secretai.htm
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