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Après Nice, les européophiles doivent continuer à manifester
After Nice Summit, europeophils must get on manifesting

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Editorial  de Jean-Paul Baquiast

11 décembre 2000

Beaucoup d'européophiles, c'est-à-dire de citoyens européens voulant accélérer la construction européenne, sont déçus ce matin des résultats du sommet de Nice. Ils en attendaient plus. Ils constatent que les "égoïsmes nationaux" parlent plus fort que les enthousiastes de l'idée européenne. Décidément, disent-ils, on ne peut pas compter sur les hommes politiques pour apporter des avancées concrètes au service d'une grande idée.

On comprend cette déception - encore que le sommet n'a pas été totalement sans résultats positifs. Mais les déçus ne devraient pas oublier que dans le monde d'aujourd'hui, ce ne sont pas les Pouvoirs Publics seuls qui décident de ce qui est bon ou non pour la société. L'action militante quotidienne, s'exerçant sur tous les médias modernes, et dans toutes les occasions qui se présentent, joue à terme un rôle bien plus grand.

On l'a vu déjà dans la rue à Nice, où les promoteurs d'une Europe sociale ont fait beaucoup pour rendre le thème désormais incontournable. Certains se sont fait tabasser. Ceux qui étaient restés tranquillement chez eux, moi le premier, nous devons les en remercier. De telles actions de terrain doivent continuer.

Mais il ne faut pas oublier les multiples tribunes qui s'offrent désormais, grâce aux médias modernes, pour préciser les idées, regrouper les forces militantes, prendre de plus en plus de poids politique - poids dont les gouvernements, élus démocratiquement, dans nos heureux pays, ne pourront pas ne pas tenir compte.

Les collectifs de discussion sur Internet, utilisant aussi la presse et la télévision, doivent dorénavant se mettre au travail pour dire et répéter qu'ils veulent telle ou telle politique européenne commune. Rien ne leur interdit aussi de proposer les structures administratives et politiques devant s'en charger - non plus que d'évaluer de façon critique ce qui est fait par les institutions en place.

Si par exemple beaucoup d'européens des Quinze veulent accueillir plus vite que prévu leurs concitoyens des pays d'Europe centrale et orientale, ils doivent le dire, en discuter, provoquer des votes et des sondages, faire connaître les hommes et les idées favorables à cet objectif, dans des langues et avec des moyens d'expression compréhensibles par chacun des pays concernés.

On dira que tout ceci n'est pas réaliste, ou n'aura pas d'effet, compte-tenu de la multiplicité des intérêts, des faibles moyens d'expression disponibles ou du peu de poids des forums ou sondages par Internet. Peut-être. Encore faut-il essayer.

Mais pour essayer, il ne faudra pas attendre que tous les promoteurs "sauvages" de l'élargissement se soient mis d'accord pour agir. Il faut commencer petit, dans le désordre, sans s'obnubiler sur les résultats immédiats. Dans la société de l'information, mieux que dans les processus électoraux, chaque voix peut compter, si elle se donne la peine de s'exprimer.


After Nice summit, europeophils must get on manifesting.

Many europeophils, i.e. European citizens wanting to accelerate European construction, are disappointed this morning of the results of the Summit of Nice. They expected some more. They note that " national selfishnesses " speak more loudly than the enthusiastic ones about the European idea. Definitely, they say , one cannot expect that politicians are able to bring concrete applications to the service of a great idea.

One understands this disappointment - despite the fact that the Summit was not completely without positive results. But disappointed ones should not forget that in the world of today, Public authorities are not alone in charge of deciding what is good or not for the society. The daily militant action, being exerted on all the modern media, and in all the occasions which arise, plays in the long term a role much larger. One already saw it in the streets in Nice, where the promoters of social Europe made much to have the idea to progress. Some were knocked down by the police. Those which had remained quietly on their premises, me the first, we must thank them. Such actions must continue.

But one should not forget the multiple other platforms which are offered from now on, thanks to the modern media, in order to specify the ideas, to gather the militant forces, to take more and more political weight - weight which our governments will be obliged to take into account, later or sooner. The discussion groups on Internet, using as relay  the press and television, must henceforth be put at work for saying and repeating what they want for common european policies, or how they want it to be performed.

If for instance we want to welcome in the European Union, more quickly that presently decided by official agendas, our fellowcitizens of Central and Oriental Europe, we have to say it, discuss it, provoke non-official votes and surveys, to make the idea more popular and more supported by public opinions in every concerned country.

It will be objected that this is not realistic, or will have no effect, taking into account the multiplicity of the interests, the weak influence of forums and publishing by Internet. Perhaps. Still it is necessary to test the idea. But to test it will not mean waiting for a complete agreement between promoters of the idea. We can start small, in disorder, without obnubilating ourselves on the immediate results. In the information society, better than in the electoral processes, each voice can count, if it tries hard to be heard.

http://www.admiroutes.asso.fr/edito/2000/europcit.htm
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