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Le poids des antimondialistes sur le web
Consistency of antiglobalization on the web

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Editorial  de Jean-Paul Baquiast

4 octobre 2000

Voir Le Monde Interactif du 27 septembre, page IV
Quelques sources citées:
http://www.x21.org/s26
http://www.inpeg.org
http://www.multimania.com/anticapitaliste
http://www.agp.org
http://www.ifg.org
http://www.cccomc.org

Il n'est pas inutile de s'interroger sur la capacité des organisations antimondialistes à mobiliser une opposition efficace contre les excès  du libéralisme, de la dérégulation et de la deshumanisation de l'économie mondiale. L'on peut se poser les mêmes questions regardant les organisations luttant contre la pollution, le réchauffement de la terre, ou en faveur du développement durable. Les forces au pouvoir sont si puissantes que les initiatives citoyennes apparaissent souvent comme de petits David sympathique, mais sans grands moyens.

Or, ces organisations affirment le contraire. Elles se disent capables d'actions efficaces, et ceci d'autant plus qu'elles utiliseront les ressources du web. Celui-ci leur permet de s'interconnecter au niveau mondial, d'échanger des idées, de se concerter pour monter des manifestations de masse, précedemment à Seattle contre l'OMC, plus récemment à Prague. La Banque Mondial et le FMI ont du, parait-il, tenir compte de certains de leurs points de vue dans les conclusions de leur réunion de Prague.

La preuve que ces cyber-organisations peuvent peser d'un poids certain sur le cours des choses est l'avertissement - parmi d'autres analogues - lancé sur le web par les services de renseignements et de contre-espionnage canadiens "Canadian  Security Intelligence Service http://www.csis-scrs.gc.ca/fra/miscdocs/200008f.html  ". Il faut lire ce document entièrement, car il est très instructif. Le service en question considère que la diversité des oppositions et opposants réunis sur le web et utilisant les teléphones cellulaires peut représenter une véritable menace contre les institutions. Il recommande des contre-mesures spécifiques destinées à rendre inoffensifs les activistes.

Il est indéniable que des minorités non-démocratiques et violentes peuvent utiliser l'Internet pour recruter des partisans et monter des actions quasi-terroristes, auxprès desquelles les "démontages" organisés par notre sympathique José Bové paraîtront roupie de sansonnet. D'un autre côté, il serait désastreux de considérer que toutes les organisations luttant contre la globalisation ou le développement durable en utilisant le web sont potentiellement illégales sinon criminelles. Nos sociétés sont organisées, même lorsqu'elles peuvent se dire démocratiques, de telle sorte que les gens n'adhérant pas totalement aux mots d'ordre gouvernementaux ou émanant des grandes entreprises multinationales ont du mal à se faire entendre. Les difficultés s'accroissent quand il s'agit d'agir collectivement au plan international. Internet est manifestement la solution offrant à ceux partageant des objectifs ou idéaux non gouvernementaus et non-commerciaux d'organiser des actions coopératives transnationales. Il est vital que  leurs organisations puissent atteindre une dimension de globalisation, à l'instar de celle du monde économique. Que les puissants se rassurent d'ailleurs, cette dimension , malheureusement, ne sera que rarement suffisamment forte pour offrir un véritable contre-poids aux forces en place.

En tant que citoyens, nous devons cependant nous poser la question de savoir à qui nous pouvons faire confiance, dans ce monde confus appelant à l'expression citoyenne dans le cyber-espace. Qui est qui? Qui est honorable et qui est infréquentable? Il n'existe pas de réponses toutes faites. C'est à chacun d'entre nous de garder les yeux grands ouverts. La société de l'information appelle, là comme ailleurs, plus de pénétration et d'intelligence que jamais de la part de ses acteurs.


It is a good question to wonder if antiglobalization organisations are able or not to raise efficient opposition against excess of liberalism, deregulation and supposed deshumanisation of economy. Confronted with corporate and political power, are they able to offer democratic alternative solutions. The same question is often asked when protection of environment and sustainable development are at stake.

The answer from these organisations are: "yes, we can be more and more influent, especially when using the web resources for interconnecting us, exchange ideas, organize manifestations and demontrations, as in Seattle last spring, and more recently in Prague. Mundial Bank and International Monetary Fund were obliged, in Prague, for instance, to include in their conclusions some of the points which we are fighting for".

A proof that these cyber-organisations can be efficient is the warning of the Canadian  Security Intelligence Service http://www.csis-scrs.gc.ca/eng/miscdocs/200008e.html  which it is interesting to read entirely. This agency considers that the diversity of protests and demonstrations, including mass manifestations managed through the internet and cellphones, represents a real threat to institutions. Specific counter-measures should be organized, as a protection agains activists.

One can easily understand that some non-democratic or violent minorities may use the web for recruiting partisans or planning quasi-terrorist actions. Compared to them, our sympathetic Jose Bove is just what we call in french "roupie de sansonnet". On the other hand it would be desastrous to consider that all organisations using the web for antiglobalization issues are potentially illegal or criminal. Our societies are organized, even in democratic countries, in order to prevent people not completely in phase with corporate and governmental powers to express their disagreement. Difficulties are worst when it is necessary for these people to look for audience at international level. Internet is obviously the solution allowing those sharing common non governemental and non commercial interests to meet and to organize cooperative transnational actions. It is vital for democratic organizations to be able to practice globalization, as well as big business do. Anyway, nobody to-day is able to say that such manifestations can have sufficient weight for obliging the so-call corporate globalization to compose.

The only question is "how (let us call them) honest citizens can evaluate origins and objectives of the various organisations calling for civic protest in the cyberspace? What are the acceptable ones and what are the potentially dangerous ones? The answer is simple. It is up to each of us to try to decide who is who, and who it  would be opportune to support. Information society requires, more than before if possible, eyes wide open  from its actors.

http://www.admiroutes.asso.fr/edito/2000/antimond.htm
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