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Supprimer l'ENA? Peut-être mais par quoi la remplacer, et pour quoi faire ?

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L'éditorial de Jean-Paul Baquiast

13 juin 1999

Périodiquement, bien qu'avec moins de sérieux qu'il y a deux ans, revient la question de savoir si la réforme de l'Etat et de l 'administration, en France, ne devrait pas commencer par la suppression de l'ENA. Même l'Evénement, sous la plume de Philippe Reinhard, n° 762 du 10/16 juin, p. 19, évoque la question. Selon lui, les anciens élèves défendent encore l'Ecole, en renvoyant la balle ...dans le camp de l'Ecole Nationale de la Magistrature (ENM): " Le vrai problème dit l'un d'eux, viendrait de l'ENM. Les élèves de cette école, somme toute médiocre, règlent aujourd'hui leurs comptes avec tous ceux qui ont réussi... ".

Un de nos correspondants réitère cependant, en nous expliquant que supprimer l'ENA aurait au moins le mérite de montrer à tous que le législateur veut vraiment changer quelque chose à l'organisation et au fonctionnement de l'administration. Ce ne sont pas en effet des réformes timides, comme celles proposées, selon la presse, par Mme Puybasset, concernant le recrutement et l'organisation de la formation, qui pourront répondre aux besoins de modernisation. Supprimer l'ENA, peut-être, mais par quoi la remplacer?

Le jugement que l'on peut porter sur l'ENA est inséparable de celui qu'il faut porter sur une grande partie de l'administration française. Les qualités mais aussi les insuffisances, plus ou moins graves, se retrouvent ici et là. Plutôt que préconiser des réformes, souvent inspirées d'une approche finalement conservatrice de la société française et des changements qui l'attendent, il vaudrait mieux se poser la question de ce que l'on voudrait que fasse l'Etat, et qu'il ne fait pas, par impuissance ou mauvaise organisation. Ce sera seulement après que l'on se demandera si l'ENA, convenablement réformée, ou toute autre solution alternative de recrutement et de formation des hauts fonctionnaires, pourrait éventuellement, mieux que l'actuelle ENA, résoudre ces dysfonctionnements.

De telles questionnements ne peuvent éviter de prendre parti sur le degré d'intervention de l'Etat dans la vie économique et sociale. L'on peut cependant limiter la politisation de l'approche en regardant ce que font les Etats voisins du nôtre, quand ils le font, apparemment, mieux que nous. Ceci notamment dans la perspective de l'entrée dans la société mondiale de l'information, et l'accélération des défis et concurrences en résultant, véritable pierre de touche ou épreuve de vérité aujourd'hui.

Le sujet à lui seul, mériterait tout un ouvrage. Bornons-nous à quelques questions simples, présentées dans le désordre. L'ENA forme-t-elle ses élèves, soit pendant la scolarité, soit ensuite, dans le cadre de la formation continue, à :

Ajoutons, mais ceci n'étonnera personne ici, que tous ces objectifs et les moyens nécessaires pour les atteindre, supposent une compréhension théorique et pratique achevée de toutes les subtilités de la société de l'information et d'Internet. L'ENA y contribue-t-elle ?

Rappel: voir les articles ou dossier suivants:
-Pour ou contre: Faut-il supprimer l'Ena et notamment la réponse de Christian Sogno
-L'éditorial: Rêves d'énarques: trente ans de retard

jean-paul.baquiast@codet.finances.gouv.fr 
http://www.admiroutes.asso.fr/edito/1999/enasup.htm