accueil admiroutes

Le comité interministériel pour la société de l'information du 18 janvier, et les suites

index éditorial

2 pages

L'éditorial de Jean-Paul Baquiast

22 janv 1999

Nous n'ajouterons rien aux commentaires, très généralement favorables, faits par la presse et les internautes, aux décisions gouvernementales pour la société de l'information, annoncées par le Premier ministre le 18 janvier 1999. En ce qui concerne les administrations proprement dites, les mesures sont moins spectaculaires, mais intéressantes. Elles concernent l'édition des données publiques, les sites d'information territoriaux (SIT), l'intranet gouvernemental (ADER), la mise en ligne et l'opposabilité en 1999 de l'ensemble des formulaires ainsi que celle des appels d'offre, la confirmation du programme Accord (gestion budgétaire et comptable, la formation d'un certain nombre de fonctionnaires. Le montant des fonds consacrés à des financements spécifiques à ces actions, prévus au budget de 1999, ne change pas (environ 150 MF) , mais de nouvelles évaluations devraient être faites dans le cadre de la préparation de la loi de finances 2000. Tout ceci signifie que les impulsions données lors du premier Programme d'action, en janvier 1998, sont poursuivies et étendues.

Ceux qui militent, dans et au dehors des administrations, pour une mutation accélérée de celles-ci, face aux nouvelles exigences économiques et sociales, comme à l'accélération continue des concurrents de la France, cesseront-ils de s'inquiéter, en se disant que les choses sont prises en mains en haut lieu, et qu'il suffit d'attendre? Certainement pas. Le Premier ministre lui-même a d'ailleurs laissé entendre que les décisions gouvernementales devaient être relayées pas un effort permanent de tous les Français. En ce qui concerne les fonctionnaires d'ailleurs, un dispositif, qui reste à concrétiser, dit d'accompagnement de la mise en œuvre du Pagsi, est annoncé.

Les correspondants d'Admiroutes, pour leur part, ne cessent de nous indiquer qu'il y a encore loin des intentions aux réalités, dans l'administration des profondeurs, que ce soit au sein des centrales comme dans les services déconcentrés - pour ne pas parler des collectivités locales. Le nouvel état d'esprit n'est plus massivement ignoré, comme il l'était il y a un an, mais suscite toujours beaucoup d'attentisme voire de crainte face au changement nécessaire. Du côté des services techniques, notamment informatiques, ce sentiment est renforcé par les contraintes croissantes pesant sur l'année 1999, avec le passage à l'An 2000 et à l'euro .

En ce qui concerne les usagers de l'administration, mais aussi ceux qui en côtoient les arcanes, dans les établissements d'enseignement, les hôpitaux par exemple, le diagnostic est plus sévère: il ne s'est encore rien passé de concrètement susceptible d'améliorer les contraintes pesant sur le citoyen, ou de l'aider plus efficacement. Ce diagnostic est mal fondé, car des progrès ont eu lieu, et se poursuivent. Mais ces progrès sont encore trop spécifiques pour créer une opinion favorable. Il ne servirait à rien de le nier. 

Que pourraient donc faire les associations comme Admiroutes, le Chapitre français de l'Isoc, Adminet, le Club de l'Arche et bien d'autres qui souhaitent contribuer à la modernisation rapide de l'administration? Nous en avons déjà dit un mot à partir des conclusions des journées d'Autrans.

La première chose concerne une évaluation permanente et objective de l'état de réalisation du Pagsi. Dans la mesure où des décisions sont prises, il est dans l'intérêt de tous qu'elles soient appliquées. Il est donc indispensable de mesurer, à intervalle régulier, les progrès faits, domaine par domaine, en évaluant le pourcentage de mise en œuvre, ainsi que les difficultés ou lacunes, s'il y en a. Adminet a déjà entrepris l'amorce de ce travail, que des membres d'Admiroutes se proposent d'aider à réaliser - ceci sans parti pris, bénévolement, et sans préjudice d'autres évaluations. Nous en reparlerons.

Une seconde démarche, elle aussi engagée, sera annoncée le 26 janvier à la presse. Ce sont les Cahiers de doléances et de projets, destinés à donner la parole aux citoyens. Les associations promoteurs, Arche, Adminet, Admiroutes, s'efforceront de donner suite aux contributions entrant dans leur domaine de faisabilité. Si ces Cahiers sont convenablement relayés et alimentés, ils pourront constituer un   baromètre utile de la mise en pratique du Pagsi, ou de l'opinion que l'on s'en fait.

En ce qui concerne le suivi du terrain, nous avons proposé ici de porter notre attention sur des circonscriptions-pilotes où des acteurs différents, entreprises, administrations, collectivités locales, associations, s'entendraient pour avancer ensemble, notamment dans la perspective de l'aménagement du territoire. Nous en reparlerons.

Pour le reste, nous ne pouvons que continuer notre action d'ensemble, c'est-à-dire poursuivre les échanges interactifs (grâce notamment au courriel) sur les principaux dossiers actuels et futurs de la modernisation des administrations. Ce n'est pas un vain travail. Des observateurs attentifs remarqueront peut-être que les décisions gouvernementales successives, comme celles d'autres acteurs de l'Internet, s'inspirent parfois - sinon souvent - de propositions formulées sur ce site.

Votre fréquentation  justifie ces efforts. Selon les statistiques du mois de décembre 1998, elles étaient  d'environ 700 visiteurs/jour. Merci à vous tous.

jean-paul.baquiast@codet.finances.gouv.fr 
http://www.admiroutes.asso.fr/edito/1999/cisi.htm