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L'administration africaine à l'heure de l'Internet et des NTIC |
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2 pages |
Jean-Paul Baquiast | le 1-7-98 |
Premières impressions tirées de la participation de J.P. Baquiast au séminaire organisé par l'Observatoire des Fonctions Publiques Africaines à Dakar du 29 juin au 1er juillet 1998, sur le thème de l'administration africaine à l'heure des NTIC.
Ces impressions ne veulent pas se substituer ni aux conclusions officielles du séminaire, ni au rapport qui sera présenté aux autorités françaises. Elles sont destinées aux correspondants d'Admiroutes, africains comme non africains, qui s'intéressent à la marche des pays de ce continent vers la société de l'information, et aux actions de co-développement susceptibles d'être conduites.
Premières constatations
1. Le séminaire a d'abord montré à tous les participants que les administrations représentées (voir les pages consacrées par l'OFPA au séminaire) s'étaient depuis 18 mois au moins engagés systématiquement dans le passage vers la société de l'information, en commençant par l'acquisition d'adresses électroniques, la mise en place de sites Internet publics, la formulation de projets applicatifs intégrant des solutions Internet.
L'exemple le plus démonstratif de cette démarche est donné par le site gouvernemental du Sénégal, organisé par les services du Premier ministre, la Primature.
2. Les services prenant en charge l'intégration d'Internet dans l'administration semblent faire preuve d'une bonne coordination de fait, même s'ils sont d'origines diverses. L'on y trouve :
- les Délégations à l'informatique traditionnelles, ou les Services informatiques, qui font le lien avec les applications et le parc informatique existants
- les Ecoles d'administration ou centres de formation professionnelle, qui disposent d'équipements pédagogiques et techniques importants et donnent toute leur attention aux développements d'Internet. Citons l'Ecole Nationale d'Administration de Dakar, et son directeur M. Abdoulaye Camara, qui recevaient le séminaire.
- des fonctionnaires ayant dans les services, souvent de leur propre initiative initialement, étudié des solutions Internet et convaincu leurs hiérarchies qu'il fallait les développer. Citons parmi d'autres M. Malick Ndiaye, de la Primature du Sénégal.
- et enfin, ce qui est bien dans l'esprit de l'Internet, de jeunes universitaires, consultants ou pratiquants de l'Internet, s'intéressant aux domaines nouveaux de l'action administrative en Afrique ouverts par la société de l'information. Citons parmi d'autres MM Philippe Bocco et Philippe Loungoulah. Les réflexions de ceux-ci sont très intéressantes, car très averties de ce qui se passe dans le monde, et s'exprimant avec clairvoyance et sans langage diplomatique. Admiroutes publiera volontiers celles que leurs auteurs voudront bien lui adresser.
3. Les gouvernements, présidents, premiers ministres, ministres semblent également généralement convaincus qu'Internet représente non seulement pour les sociétés africaines, mais pour leur administration, une opportunité de modernisation à ne pas manquer. Au delà d'un discours inévitablement un peu institutionnel, reprenant des thèmes désormais répétés dans chaque réunion internationale, beaucoup de ces responsables politiques y prennent un intérêt personnel et soutiennent les innovateurs. Au Sénégal, les participants au Séminaire ont apprécié les échanges directs avec le ministre de la modernisation de l'Etat, M. Babacar Néné M'Baye et la ministre de la recherche scientifique et de la technologie, Mme Marie Louise Corréa, qui ont souhaité être personnellement tenus informés des suites.
4. Les difficultés traditionnelles des TIC en Afrique (déficience de la maîtrise d'ouvrage, laissant une place excessive aux experts des bailleurs de fonds, insuffisance des infrastructures, manque de culture informatique de la population, par exemple) comme celles de la réforme administrative en général, n'ont pas disparu subitement du fait de l'Internet. L'on constate cependant que la culture et les outils de l'Internet apportent, très rapidement, de solutions nouvelles et économiques permettant l'appropriation de l'esprit de réforme par les fonctionnaires et les administrés les plus éclairés, en court-circuitant les obstacles de frontières, de hiérarchies, d'intérêts mal fondés.
Il m'a paru significatif à cet égard, bien qu'il s'agisse d'un élément modeste dans le débat, de découvrir que les rubriques d'Admiroutes dénonçant les obstacles (Béta-bloquants) ou prônant les réalisations modestes mais de terrain (le dossier Intranet...) sont connues et appréciées par beaucoup de responsables.
Ceci ne peut qu'encourager à développer les solutions ( logiciels libres, modules légers de formation, etc.) faisant appel aux initiatives des utilisateurs, plutôt que celles lourdes et coûteuses parfois proposées par les bailleurs de fond ou les grands industriels. Nous y reviendrons, car il y a là tout un domaine d'action coopérative en réseau à développer.
5. On notera enfin que les applications de collectivités locales, universités, PME ou simples citoyens, autour de l'accès au réseau et les services associés, du commerce électronique, de la formation, de l'art, etc., se développent si vite qu'il devient impossible de toutes les recenser, en dehors de l'appel aux systèmes de référencement traditionnels. Ceci constitue une raison de plus pour accélérer la mutation des administrations.
Premières propositions.
1. L'OFPA se révélant très apprécié de ses membres, et capable de mobiliser efficacement sur un plan panafricain des énergies et compétences très diverses, il faut soutenir son action. Son Délégué Général, M. Amadou Ousmane Diallo, fera prochainement des propositions, suite au séminaire, auxquelles chacun, gouvernements ou individuels, devrait s'attacher à apporter des contributions. Admiroutes pour sa part souhaite rester associée à cette démarche, qui prolongera utilement l'action menée par elle en France, où beaucoup de problèmes ne sont pas très différents, malgré les apparences, de ceux rencontrés en Afrique.
2. Plus immédiatement, les participants au Séminaire ont convenu de fonder entre eux un Forum des Amis des Administrations, qui fonctionnera très simplement. Pour commencer, il s'agira d'une simple liste d'adresses électroniques que M. Saandi Assouamani et Mlle Sabine Didier, collaborateurs de l'OFPA, établiront et diffuseront dans les meilleurs délais par Internet. Admiroutes mettra en ligne, avec l'accord de leurs auteurs, les messages ou documents envoyés par le courrier électronique, et lui paraissant présenter un intérêt général. Ultérieurement, des solutions de type Liste de diffusion ou site éditorial non institutionnel, pourront être envisagées.
3. Dans le cadre des activités communes susceptibles d'être conduites en réseau, sur le mode de travail suivi par Admiroutes dans le domaine de l'Intranet, sous la responsabilité d'Anne Bedel, certains "dossiers" ont paru recueillir un intérêt assez général. Citons:
- comment créer sans sophistication sa page personnelle ou son site Web?
- modalités pratiques de mise en ligne des textes juridiques administratifs.
- les logiciels libres.
- le suivi des solutions et des offres de télécommunications résultant de l'ouverture généralisée à la concurrence et du progrès technique.
- les applications administratives de la carte à puce au nouveau protocole commun C/set-e.comm.
- la question des Systèmes d'informations géographiques et de leurs applications.
- des modules ou méthodologies de sensibilisation pour ministres (très important!).
- des modules de formation pour fonctionnaires incluant une réflexion de fond sur des processus administratifs simplifiés appuyés par des des technologies faciles à utiliser. On pourra consulter sur ce point l'article déjà ancien, mais toujours d'actualité, publié par Admiroutes en matière de fiscalité, ou les propositions de M. Bocco en matière de gestion de personnel, que nous espérons pouvoir présenter prochainement.
- la réflexion sur de nouveaux modes de financement des projets TIC et la gestion à l'économie des achats de produits et services.
- la création éventuelle de chapitres africains de l'ISOC et la participation au séminaire d'Autrans organisé par l'Isoc.fr. On pourra sur ce point consulter le président d'Isoc.France, Bruno Oudet.
- le suivi des jumelages ou échanges par Internet entre collectivités locales ou associations françaises et africaines (co-développement)
Admiroutes pour sa part s'efforcera d'apporter sa collaboration à ces dossiers, dans la mesure où la réflexion de ses membres et correspondants se précisera. Nous publierons notamment par thèmes les propositions d'animation ou les contributions. La liste reste évidemment ouverte à d'autres sujets.
Sur le Programme d'Action Gouvernemental pour la société de l'information en France, l'on consultera les sites du Premier Ministre, notamment http://www.internet.gouv.fr
Le rapport de JP Baquiast sur Internet et la modernisation de l'Etat peut être téléchargé en entier ou en partie à partir du site d'Admiroutes: http://www.admiroutes.asso.fr/mission