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Le Groupe MIDJANla télémédecine dans les pays en voie de développement |
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Contact : Guy Rossignol - dhsi@sante.worldnet.fr
Un groupe européen de coopération a été créé en mars 1996 pour promouvoir la télémédecine dans les pays en voie de développement. Ce groupe comprend actuellement vingt industriels fournisseurs d'équipements de télécommunication et d'informatique médicale, opérateurs de télécommunication, représentants universitaires et hospitaliers et fonctionnaires d'administrations ou d'organisations internationales.
En mai 1996, des sessions de télémédecine associant des médecins des pays en développement et des centres européens, préparées et opérées par des membres du groupe de coopération, ont démontré la faisabilité technique de la télémédecine aux délégations des pays en voie de développement invitées à deux conférences internationales majeures : la conférence d'Abidjan (Côte d'Ivoire) sur le développement des télécommunications en Afrique et la conférence du G-7 à Midrand (Afrique du Sud) sur la société planétaire de l'information. Des séances de télé-consultation, de formation médicale à distance et d'échanges d'images médicales ont été effectuées sur des cas médicaux réels : dermatoses, tuberculoses pulmonaires, urgences neurologiques et traumatologiques. Prenant la parole au cours des conférences, certains membres du groupe ont soutenu l'idée de lancer des projets concrets de télémédecine dans les pays en voie de développement, en partenariat avec les centres de santé, les entreprises et les gouvernements de ces pays.
Dépassant "l'effet vitrine" des conférences, le groupe proposait ainsi de concrétiser la "vision partagée de la société de l'information" évoquée par plusieurs personnalités au cours de la conférence du G-7 à Midrand, en premier lieu par le Vice-président des Etats-Unis d'Amérique.
Le message a été entendu. A Abidjan, une résolution de l'Union Internationale des Télécommunications a été adoptée pour le lancement de projets pilotes de télémédecine en Afrique. A Midrand, les conclusions de la Présidence incitent les gouvernements et organisations internationales à servir de catalyseurs pour amorcer des projets dans les domaines de l'éducation et de la santé, et à préparer la prise en charge des services ainsi définis par le marché.
Devant le succès de ses initiatives et de ses démonstrations à Abidjan et Midrand, le groupe a adopté de le nom de "Midjan" et s'engage à présent dans la promotion de projets de télémédecine dans les pays en voie de développement.
Quelle télémédecine ?
L'Union Internationale des Télécommunications (UIT) et l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ont signé un accord en 1995 pour "l'introduction de technologies de communication et d'informatique qui facilitent la fourniture de services de santé et de soins". Dans le contexte des pays en voie de développement, la télémédecine concerne essentiellement la consultation et l'assistance thérapeutique à distance, entre hôpitaux, centre de santé des zones rurales et médecins itinérants. Mais aussi, elle doit impliquer nécessairement des actions de formation et de transfert de technologie entre le nord et le sud, pour contribuer à la maîtrise des outils par les pays bénéficiaires et éviter la dépendance des centres de compétence occidentaux.
C'est dans ce contexte que se situe l'action du Midjan Group, avec cependant une orientation prioritaire vers la santé publique. La télémédecine "publique" doit être distinguée de la télémédecine "commerciale", diffusée par des groupes privés, qui vendent des consultations à distance par abonnement ou contrat d'assurance. L'orientation de santé publique, qui s'inspire de l'objectif "santé pour tous" de l'OMS, suppose donc que les services de télémédecine s'intègrent dans l'organisation sanitaire et sociale du pays, mais n'empêche pas le secteur privé d'en être le maître d'oeuvre et l'opérateur.
L'intérêt de la télémédecine pour le monde en développement.
On peut résumer la situation actuelle par cette phrase : "les solutions sont au nord, les besoins sont au sud". En effet, les pays développés ont mis en place des systèmes de télémédecine dès les années 60, avec une très forte progression depuis 1990, essentiellement pour des besoins de redistribution des compétences médicales dans les zones rurales ou isolées. Les systèmes de télémédecine développés au nord ont été et sont encore largement subventionnés par les gouvernements, souvent au titre de l'innovation technologique. Aujourd'hui, plusieurs grands centres de compétence en télémédecine existent dans le monde industrialisé et disposent d'une technologie localement bien maîtrisée. Ils coopèrent de plus en plus ensemble, notamment dans le cadre du G-7, pour assurer une inter-opérabilité entre eux et ainsi passer du niveau local au niveau régional, puis planétaire.
D'un autre coté, les pays du sud ont des besoins de soins de santé très importants, mais les coûts de distribution de ces soins sont augmentés par l'insuffisance d'infrastructure, d'équipement, de personnel médical et de formation. Dans ces pays, la télémédecine serait bien adaptée et très rentable, comme l'illustrent ces exemples :
la formation à distance évite des déplacements intercontinentaux coûteux,
des unités mobiles reliées à des hôpitaux peuvent apporter des soins sur une zone dépourvue d'infrastructure hospitalière,
des terminaux portables peuvent équiper des médecins itinérants pour les zones isolées.
Les difficultés d'implantation de la télémédecine restent encore nombreuses et expliquent le petit nombre de projets de développement en cours :
certains pays ont des problèmes de base (médicaments, pandémies, conflits régionaux) qui ne permettent pas d'envisager l'utilisation de technologies de l'information dans l'immédiat,
l'absence d'investissement initial pour amorcer des études de faisabilité et des expérimentations, qui pourraient servir de plate-forme ensuite à des initiatives privées pour des services opérationnels et rentables, paralyse toute initiative,
la nécessité d'une implication des gouvernements locaux et de partenariats nord/sud, passe d'abord par une phase de sensibilisation et de démonstration, qui demande aussi des investissements,
l'adaptation des solutions technologiques du nord aux pays du sud, qui tient compte de la faible densité de réseaux de télécommunication, des difficultés de transport et d'apport en énergie, des besoins accrus de maintenance ou encore de sécurisation des équipements, est à nouveau une source de dépenses supplémentaires,
là où la technologie et les logiciels peuvent être adaptés, les coûts ne peuvent être supportables que dans une approche à grande échelle d'implantation de la télémédecine.
Dans les pays à développement intermédiaire, la télémédecine se justifie donc sous réserve que les travaux préliminaires d'étude, de sensibilisation et d'adaptation des solutions existantes soient financés avec l'aide des fonds publics de développement, dans un contexte international d'implantation à grance échelle. Ensuite seulement, le terrain sera prêt à recevoir des capitaux privés pour l'émergence de services durables.
La valeur ajoutée d'un groupe de coopération
Quelques projets de télémédecine se développent actuellement par des actions bilatérales entre des industriels occidentaux et des pays en développement, avec l'apport financier d'une ou plusieurs organisations internationales.
Recherchant une approche plus multi-latérale, le Midjan Group entend intervenir (1) pour donner un label de qualité aux propositions, (2) assister les consortia dans leurs démarches auprès des pays utilisateurs et des organismes financiers, et (3) susciter des propositions nouvelles à partir de besoins exprimés par les pays en voie de développement. Dans ce dernier cas, le groupe assumerait les études préliminaires qui peuvent conduire au montage d'une demande de financement public.
Les projets sont donc gérés par des consortia d'industriels et d'utilisateurs, au nom du groupe.
Dans ce processus, des avantages suivants sont à considérer :
les membres apportent leur caution aux propositions qu'ils soutiennent, garantissant que le projet présenté comporte un intérêt certain pour la santé publique,
les projets doivent répondre à certains critères fixés à l'avance par le groupe, garantissant une qualité de l'offre : engagement des pouvoirs publics locaux à participer et exploiter les systèmes, approche par les besoins, intérêt technologique, participation de partenaires locaux (si possible au niveau de la maîtrise d'oeuvre), part du projet dédiée à la formation, validité médicale de la proposition, majorité des fonds affectée à des réalisations concrètes, limitation des frais de gestion,
le groupe apporte sa compétence et son expérience à chaque projet,
les initiatives venant du groupe permettent d'accroître le nombre de projets,
le groupe devient un interlocuteur de valeur pour les pays qui ont des besoins.
L'apport d'un groupe européen de promotion de la télémédecine dans les pays en développement favoriserait donc le dialogue nord/sud, la multiplication des projets, l'identification des matériels et des logiciels les plus appropriés, en se basant sur une expertise européenne qui elle aussi est adaptée au monde en développement.
La composition du groupe
L'action du Midjan Group est non lucrative.
L'adhésion au Midjan Group est ouverte à tout candidat sous réserve d'acceptation par les membres existants. L'intérêt de participer diffère selon l'origine du membre :
pour les administrations, c'est un instrument de veille technologique, de suivi des actions internationales dans le domaine de la télématique de santé, et d'impulsion de principes de santé publique,
pour les industriels, c'est un lieu de rencontre avec des utilisateurs et d'autres partenaires européens, et de prospection pour de nouvelles activités,
pour les pays en développement, c'est un interlocuteur et un conseil pour la prise en compte des besoins.
Le Midjan Group travaille dans le contexte des activités du bureau de développement de l'Union Internationale des Télécommunications, question 6/2 "impact des télécommunications sur les systèmes de santé et autres services sociaux" ; au sein de cette question particulière de l'UIT-BDT, les représentants contribuent à l'élaboration d'un rapport complet sur la télémédecine dans le monde. L'UIT-BDT est membre du Groupe, ainsi que Inmarsat, coordinateur à l'UIT des études et du rapport sur la télémédecine dans les pays en voie de développement.
Le Midjan Group travaille en étroite collaboration avec les sous-projets "santé" du G-7, notamment le sous-projet 4 visant à la mise en place d'un service planétaire de télémédecine d'urgence, multilingue, ouvert 24 heures sur 24, et couvrant toutes les disciplines médicales. La direction des hôpitaux du ministère de la santé français, coordinateur du projet, et l'Institut européen de télémédecine, maître d'oeuvre du projet, sont membres du Groupe.
Le Midjan Group travaille aussi en liaison avec la Commission Européenne, programme "Healthcare Telematics" du 4ème plan cadre de recherche et développement. Il inscrit son action dans le cadre du renforcement des bases scientifiques et technologiques de la Communauté et de sa compétitivité internationale (article 130F du Traité sur l'Union Européenne).
Les membres du groupe sont à l'heure actuelle :
des administrations ou organisations internationales
des institutions de santé, de formation ou d'assistance
OCIC Missionary Service
Politecnico di Milano
Queen's University Belfast
Universat Italia SR
University Hospital of Iceland
- des opérateurs de télécommunication
Inmarsat
France Télécom
Telecom Italia
TeleMalta
- des industriels des technologies de l'information
Alcatel Telecom
Aries Communications
Geolink SA
Lombardia Informatica
Nera Ltd
New Vision Ltd
STN Atlas Electronic GmbH
TDCom
Telemedic Systems