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L'informatique hospitalière
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Il existe en France 1.065 établissements publics de santé (EPS), que l'on divise traditionnellement en trois groupes :
- les CHRU (Centres Régionaux Hospitaliers Universitaires), de portée régionale, qui ont une double vocation de soin et d'enseignement ; il en existe 29,
- les CH (Centres Hospitaliers), de portée départementale,
- les hôpitaux locaux.
Il existe aussi près de 2.500 établissements privés (cliniques, hôpitaux privés), plus nombreux que les établissements publics mais de plus petite dimension.
L'informatique hospitalière représente un budget annuel de 3 milliards de francs, personnel inclus. C'est un budget important comparé à d'autres administrations, mais il ne représente que 1,4 % en moyenne des dépenses d'un hôpital. Le même taux moyen en Europe est de 1,5 % et aux USA de 2 %. Il y a environ 4.200 agents affectés à l'informatique hospitalière, dont 2.400 dans les EPS et 1.800 dans des centres de production tels que les CRIH (Centres Régionaux d'Informatique Hospitalière).
Tous les hôpitaux publics sont informatisés, et l'on compte environ 100.000 stations de travail, pour la plupart des terminaux connectés à des mainframes. Les principales applications de l'informatique hospitalière sont :
- la paye du personnel hospitalier (98 % des payes sont informatisées),
- la gestion comptable (facturation, finances, consultations externes),
- la gestion du personnel,
- la gestion des biens (patrimoine, stocks).
On distingue :
- l'informatique administrative : Paie, facturation, personnel, restauration, stocks, blanchisserie, archives, transports, documentation
- l'informatique de pilotage : Entrées/sorties de patients, identification, analyse de gestion et simulation, statistiques
- l'informatique médicale : laboratoires, examens, dossiers médicaux, imagerie .
Ces trois types correspondent à trois vagues d'informatisation dans le temps. L'informatique administrative s'est développée autour de mainframes pour des besoins de gestion, l'informatique de pilotage a mis en oeuvre des équipements légers et quelques réseaux, l'informatique médicale est résolument tournée vers des moyens portables (cartes à puce, ardoises électroniques, PC) et communiquants.
Les hôpitaux et les structures de coordination sont confrontés à plusieurs problèmes :
- les budgets diminuent,
- l'offre de soins devient de plus en plus concurrentielle,
- les techniques médicales se complexifient,
- les relations avec les usagers deviennent essentielles dans l'offre de soin,
- les techniques informatiques évoluent très rapidement,
- la coopération inter-hospitalière devient indispensable.
Les solutions adoptées s'appuient largement sur les technologies de l'information. On ne demande plus à l'informatique de gérer mais de répondre aux défis : maîtrise des coûts, amélioration des soins, performance des établissements, formation des personnels.
Parmi les solutions déjà implémentées, on peut citer :
- le PMSI ( Programme de Médicalisation des Systèmes d'Information), qui correspond à un réseau national de collecte d'informations sur les coûts hospitaliers, depuis l'acte médical de base (une opération, un examen) jusqu'au tableau de bord ministériel.
- l'EDI entre les hôpitaux et d'autres organismes (Trésor, Sécurité Sociale) ou des fournisseurs,
- la télémédecine, c'est à dire la pratique de la médecine à distance,
- l'hospitalisation à domicile, en utilisant des terminaux de surveillance et des réseaux de communication,
- l'imagerie médicale, archivage d'images (radios, échographies, scanners, ...), analyse, simulation et bases de connaissances,
- les cartes à puce pour les professionnels de santé, qui garantissent le secret médical par leur identification,
- les cartes d'assuré social (VITALE) et de santé pour les patients, qui porteront des informations médicales et garantiront ainsi le secret.
Pour comprendre le rôle des administrations centrales de l'Etat dans le domaine de l'informatique hospitalière, il faut savoir que les hôpitaux sont des entités autonomes depuis la loi hospitalière de 1991. La part du budget affectée à l'informatique et les choix techniques sont donc décidés par l'hôpital lui-même. Les récentes ordonnances d'avril 1996 ont régionalisé la répartition des dotations budgetairess et le contrôle des dépenses, mais n'ont pas modifié cette autonomie.
Les administrations centrales doivent donc surtout veiller à éviter une trop grande hétérogénéité des choix techniques, pouvant mener à une impossibilité de communiquer et de coopérer d'un établissement à l'autre.
De même, les objectifs nationaux de maîtrise des coûts, de coopération régionale, de formation, de santé publique et d'aménagement du territoire doivent être traduits dans les réalisations d'applications des technologies de l'information.
Les orientations stratégiques de l'Etat s'articulent autour :
- d'un noyau commun de système d'information hospitalier,
- d'un ensemble de normes et pré-normes sur lequel peuvent s'appuyer des applications,
- des plates-formes régionales,
- des applications nationales compatibles avec le noyau commun,
- le respect des codes nationaux (CNIL, déontologie),
- des forums nationaux pour la concertation sur des sujets communs,
- la coopération internationale.