![]() |
Actualité scientifique
Mai 2000 |
![]() |
| Par Christophe Jacquemin |
| Nocivité des téléphones
portables pour la santé ? Santé Vendredi 26 mai 2000
Selon les travaux d'une équipe britannico-canadienne publiés
dans la revue Nature du 25 mai 2000 (voir référence en fin
de texte), "les limites d'exposition actuelles pour les équipements
à micro-ondes doivent être reconsidérées" ("We
show here that prolonged exposure to low-intensity microwave fields can induce
heat-shock responses in the soil nematode Caenorhabditis elegans. This effect
appears to be non-thermal, suggesting that current exposure limits set for
microwave equipment may need to be reconsidered".)
Reste aujourd'hui à déterminer
si l'une de ces hypothèse est la bonne et
si l'on peut, à partir de là estimer ou non
que les téléphones portables sont nuisibles pour
la santé de l'homme. A ce jour, aucune étude
n'a démontré une quelquoque nocivité pour l'homme
de manière indubitable (cf la chronique du 18 février
2000 : Téléphones portables
: effets sur le cerveau ?. Mais compte tenu du peu de certitudes
actuelles sur le sujet, certains spécialistes
recommandent aux parents de ne pas laisser leurs
enfants abuser de leur portable. La profondeur de
pénétration du rayonnement occupe chez eux les deux tiers du
volume de la boîte crânienne (au lieu d'un quart
chez l'adulte). Rappelons que les téléphones mobiles
émettent et reçoivent des ondes électromagnétiques
dans deux gammes de fréquence, autour de 900 et 1800 MHz. Ces
micro-ondes, analogues à celles employées dans les fours,
provoquent une agitation des molécules d'eau
et entraînent une augmentation de la température.
Mais si la puissance d'un appareil de cuisson est de l'ordre de
1000 watts, celle des téléphones mobiles est
quelque 500 fois plus faible. Lors d'une communicaton, une bonne
moitié des ondes est absorbée au
niveau de la tête. Les tissus humains absorbent
en effet les micro-ondes : pour s'en rendre compte, placez-vous
devant votre télévision allumée et appelez sur votre
portable. L'image sera perturbée, sauf si vous
intercalez votre main entre le téléphone et
l'écran. |
| Le noyau terrestre tourne plus vite que le
globe Géophysique Jeudi 25 mai 2000
|
| L'affichage par balayage rétinien :
des images "peintes" directement sur la rétine Technologie Mercredi 24 mai 2000
Société américaine basée à Bothell dans
l'état de Washington, Microvision
a inventé un procédé optique révolutionnaire
qui permet de projeter une image directement sur la rétine. Le
procédé, baptisé
Retinal Scaning Display, RSD
(affichage par balayage rétinien), laisse présager de nombreuse
applications, qu'il s'agisse du domaine militaire, industriel, médical
ou de grande consommation. Adieu lourds écrans électroniques
traditionnels : nous entrons dans l'ère de l'image, sans écran,
vue directement du fond de l'oeil.
En marge de cette chronique, signalons qu'IBM a déjà présenté son "wearable computer" (ordinateur vraiment portable, à la manière d'un baladeur) en février dernier à Bangkok. En appliquant devant l'oeil un minuscule écran en forme de lunette, on restitue une image équivalente à celle d'un écran d'ordinateur classique de 800x600 pixels. |
| Un coeur humain fabriqué
en laboratoire ? Médecine Mardi 23 mai 2000 Buddy Ratner, directeur du Centre de matériaux biologiques de synthèse de l'Université de Washington, vient d'annoncer le lancement d'un projet consistant à faire croître un ventricule de coeur humain en laboratoire. Coordonné par l'Université, ce projet financé par les instituts nationaux de la santé (NIH) (10 millions de dollars sur 10 ans) va impliquer une cinquantaine de scientifiques, groupant neufs de ses laboratoires, aunisi que le laboratoires des sciences avancées sur les tissus de la Jolla (Californie), l'Institut du coeur de Seattle, un laboratoire américain spécialisé de Redwood City et un laboratoire de l'université de Toronto. La première étape consistera à faire croître un muscle cardiaque à partir de cellules, qui pourra être implanté sur un coeur malade pour améliorer son efficacité et réparer des tissus endommagés. L'étape suivante sera de fabriquer un tube ventriculaire, c'est-à-dire un cylindre de muscle cardiaque avec des valves, destiné à faciliter les battements d'un coeur affaibli. L'équipe tentera ensuite de créer un ventricule (première partie du coeur qui se gonfle et se dégonfle en expulsant le sang). A terme, les chercheurs espèrent que leur travail permettra de créer un coeur complet. Si aujourd'hui il est possible de faire croîtres des cellules cardiaques en laboratoire, celles-ci se développent de manière désordonnée et chacune bat de manière indépendante. Dès lors, les savants vont chercher le moyen d'obtenir des cellules se développant de la façon voulue et battant à l'unisson. Un travail de longue haleine puisque la "simple" première étape devrait prendre au minimum plusieurs années. Rappelons que les maladies cardiaques constituent plus d'un tiers des cas de décès aux Etats-Unis et que seulement 23000 coeurs sont disponibles chaque année pour une transplantation. Quelque 50000 personnes en attente d'une transplantation meurent chaque année faute de coeur disponible. |
| L'homme aurait moins de gènes que
prévu... Génétique Lundi 22 mai 2000
Selon une étude parue dans le journal
Nature Genetics du
mois de juin, le génome humain ne comporterait qu'entre
28000 et 34000 gènes, soit trois à quatre fois moins
de ce que l'on imaginait jusqu'à présent. Pour
parvenir à cette conclusion, l'équipe menée
par Jean Weissenbach, directeur du
Génoscope (le Centre national
de séquençage situé à Evry dans l'Essonne), a
recherché les similitudes existantes entre
le génome de l'homme et celui du
Tetraodon
nigroviridis, poisson originaire du Sud-est asiatique.
Utilisant une procédure informatique issue d'une
collaboration de la société française
Gene-IT et de l'Institut national de la recherche en informatique
et en
automatique (INRIA), le Génoscope
a réussi à repérer les deux tiers
des gènes communs aux deux espèces. La comparaison
des 170 000 séquences d'ADN connues du Tétraodon
(30%) avec les 42% du génome humain décryptés (à
l'époque des travaux) conduit le professeur Weissenbach
à déclarer que l'homme possède entre 28000
et 34000 gènes. Ce résultat, s'il est confirmé (d'autres études aboutissant à un nombre de gènes très supérieur), montre qu'il n'est pas nécessaire de disposer d'un grand nombre de gènes pour atteindre la complexité de fonctionnement d'un mammifère. Il montre également qu'il faudra trois à quatre fois moins de temps que prévu pour déterminer les fonctions de nos gènes ( phase appelée "post-génome") et les protéines qu'ils codent. Une nouvelle pas forcément intéressante pour les spéculateurs. Le secteur biotechnologie affichait une belle plongée ce matin au Nasdaq : moins de gènes = moins d'applications génétiques et donc de brevets les protégeant, donc moins d'argent à la clé...
|
| Le web au parfum ? Technologie Vendredi 19 mai 2000 Consulter sur la toile un site consacré au monde des fleurs et être soudain baigné dans une délicieuse odeur de lys... Pure science-fiction ? Non, car dans un avenir très proche, des périphériques informatiques pourront recomposer à partir de quelques odeurs de base des parfums complexes adaptés au contenu des sites internet, des films DVD ou autres jeux vidéos. Plusieurs sociétés développent aujourd'hui des technologies qui vont permettre de programmer des animations olfactives. Aerome, par exemple, société allemande qui commercialise depuis 1998 un émetteur de parfums pilotés par ordinateur, devrait proposer d'ici un an un système adapté à l' internet. DigiScents, entreprise américaine, affirme pour sa part présenter d'ici la fin de l'année son i-smell qui devrait reconstituter, à partir de 128 composés de base, toute une palette d'odeurs sur internet. Citons également Aromajet, issu de la société américaine MicroFab Technologies spécialiste des sytèmes à jets d'encre ou encore AC2i, entreprise française qui a créé l'Olfacom (périphérique piloté par ordinateur, libérant un parfum contenu dans une cartouche interchangeable), ou encore Indigo, située près de Toulouse, qui developpe un système émettant le parfum sous forme de particules de taille micrométrique. Si DigiScents souhaite utiliser 128 essences de base pour reconstituer tous les parfums, Aerome ne devrait en utiliser que six pour obtenir le même résultat. Mais même dans le premier cas, est-ce suffisant pour reconstituer fidèlement toutes les senteurs. D'ailleurs, existe-t'il une solution universelle en ce domaine? J'attends en tous cas cette innovation avec impatience. Le résultat risque d'être assez détonnant, surtout dans un bureau occupé par plusieurs personnes disposant chacune d'un accès internet et se connectant au même moment sur des sites différents. Petit problème : quel parfum donner aux sites boursiers ? Cest bien connu, l'argent n'a pas d'odeur. |
| Après l'in vivo et l'in
vitro, voici l'in silico Chimie/informatique Jeudi 18 mai 2000
In vivo, in vitro, in silico : croiser les expériences de
laboratoire avec les "expériences" numériques (grâce
à la puissance croissante des microprocesseurs) permet
de répondre à de nombreuses questions concernant le monde
moléculaire, dès lors que la précision des expériences
est adaptée au processus considéré.
Si c'est au niveau le plus fin que se situe la chimie
proprement dite (la compréhension d'une réaction chimique
nécessite un suivi indépendant des électrons et des
noyaux atomiques et exige l'emploi de la mécanique quantique),
il s'avère que la mécanique classique de Newton permet de
comprendre les changements de conformation moléculaire. Ceci permet
d'aborder la simulation de systèmes beaucoup plus grands
-contenant souvent des dizaines de milliers d'atomes-, de simuler la dynamique
sur plusieurs échelles de temps. La physico-chimie in silico
des macromolécules biologiques a de beaux jours devant elle... |
| Franco-Science : un site pour accroître
le rayonnement des sciences dans la francophonie Diffusion de la science Mercredi 17 mai 2000 http://www.franco-science.org
: site animé par des bénévoles, Franco-science se
présente comme un véritable portail du monde scientifique.
Objectif : accroître le rayonnement des sciences dans la
francophonie.Motivée par la mobilité internationale des chercheurs, une banque de CV en ligne permet de se faire connaître. On peut également ajouter son site dans ce portail (Ce que je n'ai pas manqué de faire). Un portail des plus intéressants puisque tous les domaines de la recherche y sont ici présents. |
| Des chercheurs français résolvent
le "paradoxe de l'opale en Antarctique" Climatologie Jeudi 11 mai 2000
D'où vient le décalage observé entre la faible
production de diatomées* en surface de l'Océan Austral et la
grande richesse en opale des dépôts sédimentaires en
Antarctique? Des équipes du Centre national de la recherche
scientifique (CNRS)
donnent enfin la solution de ce paradoxe : dans
un article paru ce11 mai dans Nature
(voir référence en fin de texte) :
leurs travaux révèlent que la production de
diatomées par l'Océan Austral avait été jusqu'à
présent sous-évaluée (mesures obtenues par des capteurs
de la couleur de la mer, embarqués sur des satellites)et qu'à
l'inverse, les accumulations d'opale dans les sédiments avaient
été, elles, largement sur-évaluées
(ceci étant montré grâce à des techniques
isotopiques). Au total, la préservation de l'opale sédimentée
depuis la couche de surface n'est finalement pas plus importante dans
l'Océan Austral que dans le reste de l'océan.En effet, de violents
courants de fond entraînent bien loin de son point de chute le
matériel sédimenté depuis la couche de surface, le
redistribuant et l'accumulant au cours des millénaires dans les
vallées et dépressions topographiques.
La biologie de l'océan serait-elle un facteur plus important que pré-supposé pour le contrôle du climat de la planète Terre ? Il s'agit d'une hypothèse qu'il importe de vérifier si nous voulons mieux comprendre les interactions climat-océan dans le présent, et dans le futur
|
| Atmosphère de Jupiter : un lien direct
entre vapeur d'eau et activité nuageuse Astronomie Mercredi 10 mai 2000 Dans un article qui paraîtra demain 11 mai dans la revue Nature (voir références en fin de texte), une équipe internationale (dont fait partie notamment le français Pierre Drossart du CNRS) montre que les nuages convectifs présents dans l'atmosphère de Jupiter sont associés à des zones atmosphériques très humides. Il y a donc dans l'atmosphère jovienne une liaison directe entre la circulation de la vapeur d'eau et l'activité nuageuse.
De nouvelles données
Si ces observations ne résolvent pas le
problème de la quantité d'eau profonde sur Jupiter, qui reste
inaccessible aux observations, elles permettent de relier les
phénomènes météorologiques visibles dans des
couches plus profondes de l'atmosphère jovienne. Les données
de NIMS dans le proche infrarouge sondent l'atmosphère jusqu'à
un niveau de pression de 5 bars, alors que les observations dans le visible
ne donnent des informations que sur les nuages se situant à des pressions
de 3 bars.
|
Recherche et innovation/Europe
CORDIS,
service d'information sur la Recherche et le Développement de la
Commission européenne, propose un accès rapide et simple aux
programmes de recherche et de développement (R&D) financés
par l'Union européenne ainsi qu'à de nombreux résultats
exploitables. Il s'inscrit dans le cadre de la nouvelle initiative
"eEurope"de la Commission qui vise à développer l'usage d'internet,
notamment auprès des chercheurs, et à réaffirmer le
rôle international de la recherche communautaire.
|
| Ressusciter le tigre de Tasmanie Biodiversité Vendredi 6 mai 2000
La prochaine étape consiste désormais à reconstituer la structure génétique du thylacine. Mais il faudra attendre des avancées de la biologie génétique avant que les gènes ne puissent être utilisés pour produire un clone, en utilisant vraisemblablement comme hôte un marsupial australien. |
| Dix orientations prioritaires pour la
recherche française Politique de la recherche Jeudi 4 mai 2000
Roger-Gérard Schwartzenberg, nouveau ministre de la Recherche depuis
le 27 mars dernier, a présenté lors d'une conférence
de presse donnée ce 4 mai dans les locaux de son ministère
les dix orientations prioritaires qu'il entendait donner à la recherche
française.
Enfin, pour Roger-Gérard Schwartzenberg, la présidence française de l'Union européenne à partir du 1er juillet prochain doit être l'occasion de bâtir un espace européen de la recherche. Dans ce cadre, le ministre souhaite proposer cinq orientations principales à ses homologues européens :
|
| Comment donner son nom à une espèce
animale ou végétale récemment découverte Biodiversité Lundi 1er mai 2000 Pour 5000 Deutschemarks, soit 16750 francs au cours du jour , vous pouvez léguer votre patronyme à une espèce animale ou végétale récemment découverte. C'est ce que propose l'association allemande à but non lucratif "BIOPAT" (http://www.biopat.de), regroupant instituts et centres spécialisés, musées et chercheurs indépendants... La moitié de cette donation revient à l'institut où l'espèce a été étudiée, l'autre moitié est destinée à la protection de la biodiversité dans son pays d'origine. |
http://www.admiroutes.asso.fr/action/theme/science/actu/2000/mai.htm
Droits de diffusion