70% de chance (enfin... de malchance) pour
les Californiens d'assister à un tremblement de terre majeur
d'ici 2030
Séismologie
Lundi 18 octobre 1999
Tirant de leur sommeil des dizaines de milliers de personnes, le
séisme du 16 octobre
1999 au matin (2h46, heure locale) a dû rappeler aux Californiens
qu'ils vivaient sous la menace d'un tremblement de terre majeur.
Plus de peur que de mal car bien que la magnitude de ce tremblement de terre
ait été de 7 degrés sur l'échelle de Richter,
aucun dégât majeur n'a été constaté du
fait d'un épicentre du séisme situé dans une
région désertique du désert Mojave. Selon l'Institut
technologique de Californie, situé à Pasadena près de
Los Angeles, quelque 300000 séismes d'une magnitude mesurable ont
frappé le Sud de la Californie au cours des vingt dernières
années. Pour l'instant, rien de trop grave, mais les experts
qui surveillent quotidiennement la célèbre faille de San
Andréas sont persuadés que tôt ou tard, le "big one",
un séisme majeur, frappera la région.
L'Intitut de Géologie américain (US Geological Survey) a d'ailleurs
publié, le14 octobre dernier, un
rapport
-émanant d'un groupe de travail , le "WG99", composé
de 70 scientifiques (géologues, géophysiciens et statisticiens),
sous la direction de David Schwartz, géologue à
l'USGS- selon lequel la
région de San Fransisco avait 70% de risques de subir au moins un
séisme majeur, d'une magnitude de 6,7 degrés (ou plus) sur
l'échelle de Richter dans les prochaines trente années. Selon
la même étude, la probabilité d'un séisme situé
entre 6 et 6,7 degrés s'élève à 80%.
Le rapport donne en particulier, toujours pour les trente
prochaines années à venir et pour chaque grande
faille située dans la région, la probabilité d'un
séisme de magnitude 6,7 ou supérieure :
-
32% Hayward-Rodgers Creek, courant de Fremont jusquà Santa
Rosa
-
21% sur la faille de San Andréas, qui va de San José jusqu'au
Nord de San Fransisco
-
18% sur la faille Calaveras, qui court de Gilroy jusqu'au Mt Diablo
-
10% sur la faille San Gregorio, qui va de Monterey jusqu'au sud
du Golden Gate
-
6% sur la faille Greenville, qui court de la East Bay (sud de Livermore)
jusqu'à l'est du Mt Diablo
-
6% sur la faille Concord-Green Valley, qui va de Walnut Creek, en passant
par Suisun Bay jusqu'à l'est de Napa
-
4% sur la faille "Thrust Mt. Diablo".
|
 |
Du fait de l'urbanisation croissante, le bilan de séismes frappant
des régions métropolitaines comme Los Angeles ou San
Fransisco, qui comptent des
milliers d'habitants, pourrait être dévastateur.
"Etant donné que cette région est en train de devenir
très urbanisée et que nombre de failles sont situées
dans des régions urbaines, les futurs tremblements de terre ont
le potentiel de provoquer beaucoup plus de dommages que celui de Loma
Prieta" (voir encadré ci-dessous), signale notamment David Schwartz
dans son rapport.
Par ailleurs, il explique comment le développement du GPS (Global
positioning System), qui utilise les satellites pour localiser des points
précis à la surface de la terre, a permis aux
géophysiciens de réaliser des mesures extrêmement fines
sur la façon dont se distribuaient les contraintes le long
d'une faille, à partir de la mesure de la vitesse du glissement
des plaques, qui est de l'ordre de 1,5 inches de l'ordre de 3,81
cm) par an, dans la région de la Baie de San Fransisco.
Ce sont notamment aussi de nouvelles études, recourant en particulier
au creusement de tranchées parallèles ou transversales aux
failles, qui ont permis d'aboutir aux donnés développées
dans ce rapport.
Quelques dates de séismes notoires dans la région
:
-
Octobre 1989, Loma Prieta (proche de San Fransisco) : magnitude de
6,9 degrés
-
1994, Northridge (banlieue-est de Los Angeles) : magnitude de 6,4 degrés
-
1906, San Fransisco : magnitude estimé à 8,3 degrés
(ville quasiment rayée de la carte)
|
|
Mise au point d'un "interrupteur moléculaire"
à une seule molécule
Technologie
Vendredi 15 octobre1999
James La Clair, chimiste allemand indépendant , vient de mettre au
point un "interrupteur moléculaire" -une molécule qui réagit
à un gaz- qui constitue un pas de plus vers les ordianteurs à
base de molécules au lieu de transistors. Selon l'article (à
paraître demain dans la revue "New
Scientist"), le chimiste anciennement rattaché au
Scripps Research Institute (Californie)
a élaboré une molécule qui devient fluorescente sous
l'action de l'azote, et non fluorescente lorsque l'azote est remplacé
par du dioxide de carbone. Pour l'auteur, il s'agit du premier interrupteur
moléculaire actionné par des gaz courants, technologie qui
pourrait déboucher sur des ordinateurs qui n'auront besoin que de
gaz et de lumière. L'intérêt de ce travail tient
dans le fait que, jusqu'à présent, les interrupteurs
moléculaires déjà découverts sont
généralement constitués de groupes importants de
molécules, qui ne peuvent être observées en masse.
James La Clair a, en revanche, créé un interrupteur d'une seule
molécule, ce qui permettrait de concevoir des ordinateurs d'encombrement
réduit.
La molécule ressemble ici à un alignement de roues.
Lorsqu'elles sont alignées -c'est ce qui se produit sous l'action
de l'azote-, la molécule devient fluorescente, phénomène
mis en évidence par un faisceau laser.
| Le concept d'ordinateur moléculaire attire beaucoup de
chercheurs, car on prévoit que les traditionnelles puces et leurs
transistors de silicium atteindront bientôt leur limite de miniaturisation
et de vitesse, alors que les circuits intégrés moléculaires
pourraient avoir une taille d'une fraction de nanomètre (1
milliardième de mètre). |
|
Prévoir l'intensité
des ouragans
Physique de l'atmosphère
Jeudi 14 octobre 1999
Si la trajectoire des ouragans peut être prévue assez
précisément, la prédiction de leur intensité
restait jusqu'ici la grande inconnue. Une étude parue ce 15 octobre
dans la revue
Nature
(voir référence en fin de texte) montre que Kerry A.
Emanuel -spécialiste du climat au
Massachusetts Institute of Technologie
(USA)- a construit un modèle permettant de prévoir
l'intensité de ces phénomènes. Facteur capital:
la température de la surface de l'océan, juste
sous l'oeil du cyclone. Le chercheur explique en effet que, dans la
plupart des cas, l'évolution de l'intensité des ouragans
dépend principalement de trois facteurs : l'intensité initiale
de la tempête, l'état thermodynamique de l'atmosphère
qu'elle traverse et l'échange de chaleur avec la couche supérieure
de l'océan le long de sa trajectoire, sous la partie centrale de la
tempête. Selon l'auteur, ce nombre si limité de facteurs
laisse espérer (avec une prévision précise de la
trajectoire de l'ouragan) que l'intensité
du phénomène pourra être prévue avec
fiabilité en utilisant des modèles très
simples.
Jusqu'à présent, les prévisions, peu fiables,
n'intégraient généralement pas
l'interaction atmosphère-océan et se focalisaient
sur l'atmosphère traversée par la tempête.
Appliqué aux ouragans des dernières années
(notamment l'ouragan Opal de 1995), le modèle du chercheur
retrace avec une impressionnante précision les
variations des vents effectivement observées durant le
phénomène, jour par jour, sur une à deux
semaines. |
Ouragan Floyd |
A savoir, pour ne pas mourir idiot
Les ouragans (encore appelés cyclones ou typhons) sont des tempêtes
tropicales provoquées par l'évaporation intense de l'océan
chauffé par le soleil. Elle charge en vapeur d'eau l'air chaud qui,
aspiré par une dépression tropicale, s'élève
en tournant avec des vents pouvant atteindre 300km/h, avant de s'affaiblir
progressivement en atteignant le continent. Avec l'amélioration des
prévisions de la trajectoire depuis 30 ans, le nombre de victime a
été considérablement réduit, notamment aux
Etats-Unis, malgré un quasi doublement de la population
côtière. Mais l'intensité de l'ouragan manquait jusqu'à
présent aux dispositifs d'alerte, surtout pour des ouragans dont les
vent varient considérablement d'un jour à l'autre, comme par
exemple Opal, en octobre 1995, qui a frappé le Golfe du Mexique. Le
nombre de personnes évacuées est souvent trop ou trop peu
important, d'où des coûts d'évacuation disproportionnés
ou des catastrophes inattendues.
A propos du modèle concu par le scientifique
La substantifique formule est la suivante :
dans laquelle V est la vitesse maximale du vent, Ck et
Cd sont des coefficients dimensionnés (rapport
d'enthalpie), Ts et Tzéro
sont les températures absolues à la base de
l'ouragan (niveau de la mer) et en haut de celui-ci, ks et
ka sont les enthalpies spécifiques de l'air à saturation
(respectivement à la surface de l'océan et à
la limite de la couche d'air)
|
NB : Des résumés succincts en
anglais, voire des articles complets parus sur le site
web de Nature peuvent être obtenus, après
inscription
gratuite (attention, pour que l'inscription aboutisse, il faut absolument
cocher sur quelque chose à la rubrique State/Region:* du questionnaire,
même si ce n'est pas adapté à votre pays). |
Clonage, organismes
génétiquement modifiés
: la position de l'église
Biotechnologies
Mercredi 13 octobre1999
L'archevêque Sgreccia, théologien du
Vatican, a indiqué
lors de la présentation des résultats d'un
sommet d'experts catholiques consacrés aux biotechnologies animales
et végétales, que la brebis
Dolly (le clone anglais) et le taureau Galilée (clone
italien) était bienvenue dans l'Eglise. Alors que le
clonage d'êtres humains ou même
celui de simple organes ont été rejetés
(sauf le clonage de tissus à partir de cellules, prise par
exemple à partir d'un cordon ombilical),
le clonage des animaux a obtenu la bénédiction
des moralistes "à condition de ne pas causer
aux animaux des souffrances inutiles,
et sans une raison proportionnelle à
l'utilité sociale".
Le père Angelo Serra, biologiste à l'université
catholique de Rome, a mis en garde contre toute
forme de généralisation et de conclusion
hâtive dans ce domaine, en
ridiculisant les images monstrueuses d'animaux modifiés
utilisées par les Verts dans leurs campagnes.
En revanche, les théologiciens ont mis en garde
contre les greffes d'organes d'animaux transgéniques : "il
s'agit de greffes inacceptables pouvant être source de
transmission de maladies très graves de l'animal à
l'homme", a souligné l'archevêque Sgreccia. "Il
est tout a fait licite, par contre,
de modifier génétiquement les animaux
pour améliorer les conditions de santé et de
vie de l'homme(...) L'église est favorable en général
aux biotechnologies pouvant s'avérer utiles
à l'homme". L'archevêque a confirmé
également cette ligne en ce qui concerne les organismes
génétiquement modifiés (OGM), tels que le maïs
ou le soja, qui font actuellement l'objet de
vives polémiques au sein de l'opinion publique mondiale :
"Il faut constamment contrôler les effets
de l'utilisation alimentaire des produits biotechnologiques sur
la santé humaine", a-t-il affirmé, en insistant
sur le principe de la transparence. "Ce principe exige
que les consommateurs soient renseignés sur les
aliments génétiquement modifiés, grâce à
un étiquetage bien précis".
Quant aux risques pour l'environnement causés par la diffusion
de ces OGM, le prélat a affirmé que ces risques
"devaient être soigneusement étudiés et
surveillés, cas par cas".
Selon les théologiciens du Vatican, il faut encourager les
banques de gènes afin d'assurer le maintien d'une biodiversité
dans la nature et conserver le patrimoine génétique des
espèces en train de disparaître. Par ailleurs, ils se sont
montrés très fermes à propos des dépots de brevets
:"il faut garder la différence entre ce qui existe déjà
dans la nature et l'invention, voire la capacité d'isoler une
substance découverte, de la reproduire en laboratoire et de
l'utiliser industriellement (...) Dans l'optique du respect de la personne,
il est illégal de breveter
les gènes humains, en tant qu'objet
de découverte, tout comme les embryons humains,
leur utilisation à des fins commerciales étant contraire
à la dignité de l'homme, tout comme le clonage des êtres
humains, qui est contraire à la morale". |
Attribution du Prix Nobel de chimie à
l'Américano-Egyptien Ahmed Zewaïl, pour ses travaux
sur les états transitoires des réactions chimiques
Prix Nobel
Mardi 12 octobre 1999
Le prix Nobel de Chimie 1999 a été décerné le
12 octobre 1999 à Ahmed Zewaïl de l'Institut de technologie de
Californie. Ce chercheur américano-égyptien est
récompensé pour ses travaux sur les états transitoires
des réactions chimiques. Dans ses attendus, l'Académie
royale des sciences de Suède distingue le scientifique pour "avoir
montré qu'il est possible, grâce à une technique laser
ultrarapide, d'observer le mouvement des atomes d'une molécule au
cours des réactions chimiques''.
Conduits à la fin des années 1980, "ces travaux ont
contribué à révolutionner la chimie et ses disciplines
voisines, puisque cette approche, qui permet de comprendre et de prédire
des réactions, a une portée considérable", souligne
l'Académie. Ils ont en particulier permis la naissance de la femtochimie,
technique qui consiste à utiliser des caméras à vitesse
ultrarapide pour suivre le mouvement d'atomes spécifiques lors
des réactions chimiques. La technique mise au point
par le savant consiste à émettre des impulsions laser
si brèves que le chercheur peut suivre les processus réactionnels
à l'échelle de durée où ils ont réellement
lieu, de l'ordre des femtosecondes*. Les applications s'étendent du
fonctionnement des catalyseurs, en passant par la construction des composants
électroniques moléculaires, jusqu'aux mécanismes les
plus fins des processus de la vie et au développement des produits
pharmaceutiques de demain.
| Rapellons qu'avec la femtochimie -sorte d'appareil photo
le plus rapide au monde- c'est toute notre conception des réactions
chimiques qui a été transformée : ces réactions
se laissent désormais observer. Elles ne sont plus invisibles. Munis
de cette nouvelle technique, il n'y a plus que notre manque d'imagination
pour poser les limites de nouveaux domaines d'application. Citons, par exemple,
le domaine de la biologie (femtobilogie), en plein essor) avec ses enjeux
considérables, comme une meilleure compréhension du fonctionnement
des cellules, ou encore les applications pharmaceutiques, notamment la
fabrication des inhibiteurs, médicaments nouveaux servant de leurre
et bloquant les récepteurs d'enzimes dans la cellule. Deux d'entre
eux ont déjà été produits, de façon
rationnelle, c'est-à-dire "dessinés" sur ordinateur pour ressembler
à l'enzime qu'ils imitent : l'un est aujourd'hui médicament
majeur contre l'hypertension, l'autre entre dans les trithérapies
contre le sida. |
* Une femtoseconde étant égale à un
millionième de milliardième de seconde (0,000000000000001
seconde).
|
Attribution du Prix Nobel de physique aux
Néerlandais Gerardus't Hooft et Martinus Veltman, pour leurs travaux
sur l'électromagnétisme et la force
faible en physique des particules
Prix Nobel
Mardi 12 octobre1999
Le prix Nobel de Physique 1999 a été attribué, le 12
octobre à Stockholm, conjointement aux Néerlandais Gerardus't
Hooft et Martinus Veltman pour leurs travaux déterminants sur la structure
quantique dans la théorie d'interaction électrofaible de la
physique. Selon les attendus de l'Académie des sciences de Suède
qui a attribué le prix, les deux chercheurs ont été
distingués pour avoir fourni à la théorie de la physique
des particules (mécanique des quanta) une base mathématique
plus solide, fournissant aux physiciens des outils qui leur
ont permis de faire explicitement les calculs conduisant à
la prédiction des phénomènes observés
dans les expériences.
Grâce à leurs travaux, les chercheurs disposent désormais
d'un édifice théorique qui peut servir, entre autres, à
prédire les propriétés des nouvelles particules
découvertes à partir des années 50 à l'aide
d'accélérateurs. Cet édifice est désigné
par les spécialistes comme la "théorie de jauge d'interaction
électrofaible non abélienne".
Les prédictions effectuées à partir des travaux
des lauréats ont été largement
vérifiée. Ainsi, dans la théorie, toutes
les interactions s'expliquent par des échanges de
particules et la plupart de ces interactions se traduisent par
des "bosons de jauge". Les propriétés de bosons tels
que les vecteurs de l'interaction faible (à l'oeuvre lorsqu'un
proton se transforme en neutron, par exemple), les bosons
W+ et W- et Z°, dont l'existence avait
été prédite auparavant, ont ainsi pu
être calculées, permettant la mise en évidence
de ces particules par une équipe dirigée par Simon Van
der Meer et Carlo Rubbia au
CERN
(Laboratoire européen de physique des particules)
, à Genève en 1983 (pour ce travail, les
deux physiciens ont reçu le prix Nobel l'année suivante).
Les calculs de 't Hooft et de Veltman ont aussi permis de prévoir
les propriétés des particules élémentaires
du modèle standart tels que les quarks
et de découvrir le dernier d'entre eux, le
quark top, en 1995, au Laboratoire Fermi, à Batavia
(près de Chicago).
Leur mathématisation de la théorie
des champs de jauge a précisé les modèles
d'une particule toujours hypothétique, le boson de Higgs, qui pourrait
expliquer les masses de toutes les autres particules
élémentaires. Grâce à ces calculs et
à l'augmentation récente de la puissance du
LEP (Large
Electron-Positron Collider), les physiciens du
CERN espèrent mettre prochainement ce boson
en évidence. La découverte, sinon, devrait attendre
2005 avec le successeur, plus puissant, du LEP, le
LHC (Large
Hadron Collider).
Gerardus't Hooft, à 53 ans, est membre de l'Académie des sciences
des Pays-Bas depuis 1982 et professeur de physique à l'université
d'Utrecht (Pays-Bas) depuis 1977. En 1979, il a été distingué
par le prix Dannie Heineman de la Société américaine
de physique.
Martinus Veltman, âgé de 68 ans, est quant-à-lui professeur
retraité de l'université du Michigan (Etats-Unis) après
avoir enseigné la physique à l'université d'Utrecht
de 1966 à 1981. Membre de l'Académie des sciences des Pays-Bas
depuis 1981, il a reçu en 1983 le prix "High energy and particle physics"
de la Société européenne de physique.
Les deux chercheurs néerlandais recevront officiellement leur prix
le 10 décembre à Stockholm accompagné d'un chèque
de 7,9 millions de couronnes suédoises (environ 960.000 dollars US).
Il leur sera remis par le roi de Suède Carl XVI Gustaf le jour
anniversaire du décès en 1896 du savant et homme d'affaires
suédois Alfred Nobel qui a créé les prix --à
l'exception du prix d'économie-- en 1895.
C'est la 93ème fois que le prix de physique est
décerné. Les Etats-Unis sont en tête du palmarès
avec 67 citations, suivis de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne (20 citations
chacune), de la France (11). Les Pays-Bas ont désormais 8 citations.
Rappelons que le prix de physique décerné l'année
dernière honorait également une contribution à la
compréhension de la mécanique des quanta (travaux portant sur
la structure microscopique et interne de la matière, récompensant
deux Américans, Robert Laughlin et Daniel Tsui, et un Allemand, Horst
Stoermer. |
Si Martinus Veltman est à la retraite depuis
peu, et semble se détacher de la physique, son ancien élève
Gerardus't Hooft est loin d'avoir fini son brillant parcours. Auteur
notament d'un site web
personnel peu académique et très kitsch, ce savant
s'attaque désormais à la théorie quantique de la
gravitation... à suivre. |
Attribution du Prix Nobel de médecine
à l'Américain Günter Blobel, spécialiste des
protéines
Prix Nobel
Lundi 11 octobre 1999
Le prix Nobel de médecine 1999 a été attribué
le 11 octobre 1999 à l'Américain d'origine allemande
Günter Blobel, spécialiste des protéines.A 63 ans,
ce chercheur émérite en biologie cellulaire et moléculaire
à l'université Rockefeller de New York se
voit récompensé pour "ses découvertes sur les signaux
internes des protéines commandant leur transport et leur localisation
dans la cellule", selon les attendus de l'institut Karolinska qui
attribue le prix.
Günter Blobel a en effet démontré
que les protéines, messagers chimiques permettant aux cellules
de fonctionner, disposaient d'un signal pour traverser les membranes
des divers compartiments de la cellule où elles sont censées
se transporter : les protéines portent sur elles-mêmes l'information
qui leur permet d'être acheminée et reconnues par le site où
elles effetueront la tâche pour laquelle elles sont
conçues. Il a parallèlement trouvé qu'une
altération de ce signal pouvait entraîner un mauvais
positionnement de la protéine dans la cellule
et être à l'origine de diverses maladies
congénitales. Parmi ces maladies figurent la mucoviscidose,
certaines formes d'hypercholestérolémies (excès
de cholestérol) et l'hyperoxalurie primitive, qui
se manifeste notamment par des calculs rénaux dès
le jeune âge. Les principes établis par ce scientifique
se sont avérés universel puisqu'ils opèrent de la même
manière dans les cellules des levures, celle des plantes
et celles des animaux. Les recherches menées par le savant
ont en outre contribué à rendre plus efficace l'utilisation
des cellules comme usines à protéines pour produire des
médicaments tels que l'insuline, l'hormone de croissance et
l'interféron. Elles peuvent par ailleurs se révéler
fondamentales pour les thérapies cellulaires et
génétiques de l'avenir.
| Il s'agit du 80ème Américain à recevoir la
distinction. L'an dernier, le prix avait été décerné
aux pharmacologues américains Robert Furchgott, Louis Ignarro et Ferid
Murad pour avoir établi l'importance du monoxyde d'azote (NO) dans
le système cardio-vasculaire et la défense contre les infections.
Les travaux des trois chercheurs avaient également permis une meilleure
connaissance des mécanismes de l'érection et conduit,
indirectement, à la mise au point du Viagra. |
Guenter Blobel, lors d'une conférence
de presse, a déclaré qu'il envisageait de donner la majeure
partie de son prix (1 million de dollars) aux Amis de Dresde, organisation
qu'il a fondée pour soutenir la reconstruction
et la préservation du patrimoine de cette ville. |
La Semaine de la Science, du 18 au 24 octobre
1999
Culture scientifique
Lundi 11 octobre1999

Cliquer sur ce logo
pour obtenir le
programme national |
Organisée sous l'égide du
ministère de l'Education nationale,
de la Recherche et de la Technologie, la Semaine de la Science se
tiendra sur l'ensemble du territoire, du 18 au 24 octobre 1999. Huitième
édition du genre, cette manifestation nationale se propose d'apporter
au plus grand nombre une véritable information sur la science, de
donner une approche rationnelle des problèmes que posent l'évolution
des sciences, ses implications sur la socité. Il s'agit
également de sensibiliser les jeunes aux études scientifiques,
de favoriser la rencontre entre l'école et les chercheurs en expliquant
la réalité du travail de recherche.
Au programme : visites de laboratoires, conférences, tables-rondes
et rencontres avec les chercheurs, Villages des Sciences, expositions,
projections de films scientifiques, etc. |
Manifestation qui, espérons-le, suscitera
des vocations auprès des jeunes : rappelons que le nombre de lycéens
ayant choisi la filière scientifique sur le territoire a décru
de 33% en quatre ans ! |
Fou, le monde est fou : une société
de distribution investit sur le "boire et conduire"!
Chimistes sans gène
Lundi 11 octobre 1999
Alléchée par le marché des 7 millions de conducteurs
soufflant chaque année dans le ballon, la société
HH Distribution (basée à Tours), lance un élixir
anti-alcool. Louable effort. Sauf que l'objectif ne vise en aucune
manière la prévention des breuvages alcoolisés
auprès des conducteurs, mais celui de ralentir le passage de l'alcool
dans leur sang. L'argument est simple: vous prévoyez de boire quelques
verres, avalez d'abord 5 cl de cet antidote composé de fructose et
d'acide citrique, et tout ira bien.
D'origine végétale, le fructose accélère la
dégradation de l'alcool dans le foie, ralentissant ainsi son passage
dans le sang. L'acide citrique, pour sa part, amplifie cet effet retard.
Le breuvage, dénommé "Desalco" n'évite pas
les effets funestes de l'alcool sur l'organisme mais en étale
le temps de diffusion, permettant ainsi de supprimer le pic
d'alcoolémie. Si la consommation est modérée, le
taux d'alcoolémie, réduit de moitié, reste
sous le seuil fatidique des 0,5 grammes. Ce qui permet de
conduire bouche pâteuse en toute impunité.
L'idée fait hurler à la
sécurité routière: "En termes
de prévention, il n'y a pas d'alternative.
Il est très préjudiciable de laisser
entendre que les gens peuvent boire et conduire", déplore
Paul Barré, responsable des programmes pédagogiques.
Cela fait déjà deux ans, et sans que quiconque
n'y ait trouvé à redire, que cette potion
élaborée par le pharmacien d'un village proche de Poitiers
est vendue comme "complément alimentaire", ce qui lui
évite de recourir à une autorisation de mise sur
le marché. 26 000 doses ont été vendues, la vente
étant restée jusqu'à ce jour confinée
à quelques officines. HH Distribution a d'autres ambitions
: elle a racheté le brevet avec pour objectif: de doper
les ventes via les cafés, les hôtels
et autres boîtes de nuit... Avec déjà
une centaine de points de vente, le distributeur souhaite
écouler 100 000 flacons par mois!
Coluche disait : " Ils le savent qu'on
roule bourrés". Et dire que si ce produit perdure, on risque de
ne même plus pouvoir le prouver... |
Après le plancher, voici le matelas des
vaches
Innovation
Samedi 9 octobre1999
Vedette du "Sommet de l'élevage" de Clermont-Ferrand, qui
réunissait jusqu'à ce 9 octobre quelque 1200 animaux:
un matelas qui pourrait révolutionner la vie dans les étables.
Les ingénieurs de l'Institut national
de recherche agronomique (Inra) du
Centre
expérimental d'Orcival (Puy-de-Dôme) ont travaillé
quatre ans avant de présenter ce prototype. Cette innovation
allie différents matériaux avec du caoutchouc de
récupération (notamment des déchets d'essuie-glaces
pour le rembourrage) et ressemble à un matelas de camping.
Les vaches l'adorent: 92,7% des quarante laitières testeuses l'ont
préféré à la litière paille ou copeaux
sur sol béton.
Ce saut technologique permettra de réaliser de belles économies
: "de l'ordre de 2 F par jour et par bête, sans parler du travail
", assure Jacques Bony,
directeur du domaine d'Orcival. Autre avantage avancé par les
chercheurs: la propreté. Lavage rapide d'un coup
de nettoyeur haute pression. La fabrication industrielle est
d'ores-et-déjà envisagée par le centre d'aide
par le travail de Rochefort-Montagne(Puy-de-Dôme). |
Une plaque de glace de l'Antarctique en
récession depuis 10 000 ans
Environnement
Vendredi 8 octobre 1999
 |
Selon une étude parue ce 8 octobre dans la
revue Science (voir
référence en fin de texte) , une immense plaque de glace
située dans la partie occidentale de l'Antarctique, de la taille des
Etats du Texas et du Colorado réunis, pourrait se disloquer et faire
monter le niveau des eaux dans la région de plus de cinq
mètres.Cette plaque, qui repose en partie sur le plateau rocheux au
dessous du niveau de la mer, est en récession depuis 10000 ans. "Si
elle s'écroulait complètement", estiment les auteurs, "le
niveau des eaux s'éléverait de cinq à six mètres,
suffisamement pour innonder les zones côtières peu
élevées de la région.(...) L'histoire de la
déglaciation de cette plaque de glace nous donne des informations
sur son avenir. Ainsi, si la fonte de la plaque se poursuit à son
rythme actuel, sa désintégration complète devrait intervenir
dans les prochaines 7000 annés. Mais le processus, lent, pourrait
facilement s'accélérer si nous continuons à réchauffer
l'atmosphère et les océans".
Donc rien de trop grave pour l'instant.. On a eu
chaud. |
-
Science, 8 octobre 1999, volume 286: 280-283 (in Reports): "Past and Future
Grounding-Line Retreat of the West Antarctic Ice Sheet", signé H.
Conway, B. L. Hall, G. H. Denton, A. M. Gades, and E. D. Waddington
A savoir : Le site web de Science propose après
inscription
(cliquer dans l'option "Register free") un accès gratuit à
"Science online".
|
Voir comme un chat
Neurosciences
Vendredi 8 octobre1999
Trois chercheurs, Garret Stanley, Fei Li et Yang Dan, des universités
américaines de Berkeley et de Harvard ont reconstitué sur
vidéo l'environnement visuel perçu par un chat, grâce
à un réseau d'électrodes plantées dans son cerveau.
Dans le Journal of Neuroscience,
ces scientifiques expliquent qu'ils ont appliquée ces électrodes
sur certaines cellules du thalamus, partie du cerveau située à
mi-chemin du processus nerveux responsable de la vue. Ils ont enregistré
les différents types d'influx nerveux suscités en plusieurs
points du thalamus tandis que le chat était mis en présence
de différentes scènes. Sur la base des enregistrements, et
grâce à un système complexe de décodage algorythmique,
des images ont été reproduites, telles qu'elles étaient
vues par le chat.
Selon les scientifiques, cette expérience représente un grand
pas en avant dans le décodage des sytèmes nerveux et
cérébral des mammifères. Elle ouvre notamment de nombreuses
perspectives dans le domaine médical car en améliorant leur
connaissance du langage utilisé par le cerveau, les chercheurs seront
en meilleure mesure de fabriquer des instruments capables de communiquer
avec lui. Selon eux, on peut déjà entrevoir la possibilité
de remplacer des parties endommagées du système nerveux par
des prothèses. Dans une vision plus futuriste, on peut aussi imaginer
qu'une connaissance avancée du code neuronal donnera naissance à
des interfaces entre l'homme et la machine. |
Des pommes de terre qui rougissent lorsqu'elles
ont soif
Biotechnologie
Jeudi 7 octobre 1999
Des chercheurs de l'université agricole d'Edimbourg
(Scottish Agricultural College) viennent
de mettre au point une pomme de terre génétiquement modifiée
qui rougeoit lorsqu'elle a besoin d'être arrosée. C'est grâce
à l'utilisation d'un gène de méduse que l'on est
arrivé à produire cette fluorescence (non perceptible à
l'oeil nu mais visible avec un détecteur conçu par les chercheurs).
Reste encore à soumettre cette pomme de terre à des tests.
Si l'intérêt est confirmé, elle ouvrira de larges
perspectives aux agriculteurs qui pourront mieux connaître les besoins
réels en eau de leurs cultures et ainsi économiser le
précieux liquide. |
Deux ingénieurs français, Joël Gilbert (université
du Mans) et Jean-François Petiot (université de Nantes) ont
réussi à fabriquer des lèvres en latex (deux minces
tubes latex remplis d'eau), dont la texture et la résistance sont
similaires à ceux d'une bouche humaine. Cette invention, annoncé
dans la Revue "New Scientist"
(à paraître samedi 9 octobre - rubrique News) devrait aider
les chercheurs à concevoir des instruments de musique plus facile
à jouer. Le fonctionnement en effet des instruments en cuivre, notamment
la relation entre le mouvement des lèvres du musicien et la note
émise, reste pour l'instant très mal connu. Alors que dans
les instruments à vents en bois, une pièce placée près
de la bouche du musicien vibre et produit le son, dans les cuivres, c'est
la lèvre même de l'instrumentiste qui vibre et crée la
note. Les lèvre formées en entonnoir conduisent l'air vibrant
à travers le tube de résonance en cuivre, dont la longueur
varie pour créer la fréquence voulue. Mais la relation entre
les fréquences de la vibration des lèvres et la note produite
est extrêmement complexe. Pour l'analyser, il faut maintenir la position
des lèvres au moins dix minutes, d'où la nécessité
de lèvres artificielles.
Avec le système des deux ingénieurs, de l'air
est soufflé à travers une membrane en plastique qui reproduit
l'obstacle des dents. Les deux français ont testé leurs
lèvres artificielles reconstruites sur des trombones et d'anciens
instruments celtes au laboratoire d'acoustique
de l'université
d'Edimbourg. Ils comptent présenter les résultats de leur
recherche, avec leurs collègues britanniques, devant la
société d'acoustique américaine, à Columbus (Ohio),
en novembre prochain. |
Eric Elst, père de l'astéroïde
"Hubert Reeves"
Brève de comptoir astronomique
Mardi 5 octobre 1999
Connaissez-vous Eric Elst ? Non, sûrement pas, et c'est dommage.
Alors rendons grâce à cet astronome belge qui a découvert
le 17 septembre 1993, à l'observatoire
européen austral (ESO) situé au Chili, un
astéroïde auquel fut donné le nom de "(9631) 1993 SL6*.
Car s'il avait su, ce scientifique aurait dû retourner terre, ciel
et espace pour que ce bout de caillou soit dénommé
"astéroïde Eric Elst". L'Union Astronomique Internationale (UAI)
vient en effet d'annoncer ce 5 octobre que, désormais,
l'astéroïde porterait le nom d'"Hubert Reeves", en l'honneur
de ce célèbre astrophysicien et écrivain scientifique
canadien.
Moralité : faire l'astrophysicien,
c'est bien. Passer en plus à la télévision et écrire
des livres de vulgarisation scientifique, c'est drôlement
mieux.
* Astéroïde de forme irrégulière, d'un
diamètre compris entre 5 et 12 km. Son orbite, située entre
Mars et Jupiter, est parcourue en 4,75
années. |
Sonde Mars Climate Orbiter : errare humanum est
!
Brève de comptoir scientifique
Lundi 4 octobre 1999
23 septembre 1999 : après 9 mois de voyage et 670 millions
de kilomètres parcourus, la
sonde Mars Climate
Orbiter qui devait étudier le climat
de la planète Mars rate bêtement son entrée.
La sonde est passée à 60 km (37 miles) de la surface de la
planète rouge, au lieu des 150-180 km prévus (93-112 miles).
Résultat: au lieu d'être légèrement freinée
par les hautes couches de l'atmosphère martienne, l'engin a
été trop ralenti, finissant probablement par s'écraser
à la surface (à moins qu'il n'ait été totalement
détruit par la chaleur en pénétrant dans
l'atmosphère).
Après quelques communiqués très vagues de la Nasa, on
en sait aujourd'hui un peu plus sur la nature de l'erreur : erreur avec un
grand E, celle du genre bête, niveau CM2. L'erreur humaine dans toute
sa splendeur: deux équipes à terre chargées de la navigation
(l'une dans le Colorado et l'autre au Jet Propulsion Laboratory (JPL)
en Californie) qui ne s'étaient pas mise d'accord sur le système
de mesure à utiliser. Quand l'une parlait en mesures anglo-saxonne
(pouces, pieds ou yards...), l'autre pensait système métrique
(centimètres)...
"Notre incapacité à reconnaître et à corriger
cette simple erreur a eu des conséquences majeures", souligne
Edward Stone, directeur du JPL.
"Le problème n'a pas été l'erreur
en elle-même mais l'incapacité des systèmes
d'ingénierie de la NASA et des vérifications réalisées
pendant l'opération à détecter l'erreur",
déclare pour sa part Ed Weiler (administrateur adjoint à
la NASA) dans un communiqué. Tournure de phrase peut-être mieux
enrobée que celle d'Edward Stone. N'empêche que le prix
de la légère bévue s'élève à quelque
125 millions de dollars (soit 765 millions de francs).
Rappel : pour trouver 765 millions, soit le prix de la bévue en
francs, il m'a fallu :
- noter le cours du dollar ce 4 octobre (disponible dans tout bon journal),
soit 1 dollar = 6,12 F ;
- multiplier ensuite 125 (les millions de dollars) par le cours du jour
(6,12 F), ce qui donne 125x6,12=765 millions de francs ;
- effectuer ensuite une preuve par 9 afin de vérifier l'exactitude
du résultat (on ne sait jamais...).
A savoir, pour ne pas mourir idiot
Les Américains sont, avec les Birmans et les Libériens, les
derniers dans le monde à ne pas utiliser le système métrique
dans leur vie quotidienne. Depuis le Metric Conversion Act acté
par le Congrès en 1975, les Américains ont le droit d'utiliser
le système métrique, mais aucune loi ne les y oblige. C'est
pour cela qu'ils continuent, notamment, à acheter l'essence au gallon
et le ketchup en onces. |
|
Une chenille robotisée pour mieux
repérer les survivants d'un séisme
Technologie
Vendredi 1er octobre 1999
Dans son édition à paraître demain, l'hebdomadaire
NewScientist indique qu'une
équipe de chercheurs américains (université d'état
de Caroline-du-Nord) vient de mettre au point un robot à chenilles
capable de pénétrer par les canalisations à
l'intérieur d'un immeuble en ruines et de répérer
d'éventuels survivants, notamment après un séisme.
Baptisé "Mocassin II", l'engin mesure un mètre de long et peut
se déplacer dans des tuyaux n'excédant pas 15 centimètres
de diamètre. Actionné par télécommande, il peut
prendre des virages à 90 degrés. Muni d'un micro, il peut
enregistrer des sons émanant d'éventuels survivants ; il est
par ailleurs doté d'un système d'éclairage et d'une
caméra-vidéo. |
Chercheur : un métier en expansion mais
encore très peu féminisé
Etude
Vendredi 1er octobre 1999
Selon l'étude "Chercheurs : un métier en expansion
qui permet l'embauche de jeunes diplômés" venant
de paraître dans
"Premières
informations et premières synthèses"*, les chercheurs
français connaissent peu le chômage et le métier à
connu en quinze ans un boom sans précédant, enregistrant
une progression des effectifs comparable seulement à celle des
informaticiens ou des formateurs.
Le métier est jeune -17% des chercheurs ont moins de 30 ans- mais
encore peu féminisé : un chercheur sur cinq est une femme.
On note toutefois un doublement de la proportion du nombre de femmes en 15
ans. Le taux de féminisation atteint 35% dans la recherche publique,
mais ne dépasse pas 16% dans les entreprises.
En 1998, la France comptait quelque 220 000 ingénieurs de recherche
ou d'étude, soit une augmentation de 69% par rapport à 1983,
hausse nettement supérieure à celle relative à la moyenne
des cadres ou aux cadres techniques de l'industrie. Près d'un
chercheur sur trois (soit 32%) se trouve dans le secteur de
l'électricité-électronique, devant la chimie et
la biologie qui regroupent chacune 14% des chercheurs. Dans ces deux derniers
secteurs, on enregistre le plus fort taux de croissance, avec un
doublement des effectifs en quinze ans.
L'Ile-de-France se détache nettement des autres régions
en attirant près de la moité des chercheurs, quatre fois
plus que la région Rhône-Alpes qui vient en
deuxième position.
La profession est naturellement hautement qualifiée, mais
un sur quatre est seulement titulaire d'un diplôme
de premier cycle (BTS, DUT...) et a sans doute accédé
à ce métier, notamment en entreprise, par
promotion interne.
Les diplômés des grandes écoles continuent
de tenir le haut du pavé dans les entreprises, mais
les diplômés de l'université sont en progrès
et deux fois mieux représentés aujourd'hui au sein des
entreprises. Cette évolution est cependant due en partie,
note l'étude, au développement de la recherche dans
les secteurs pharmaceutique et médical, où
les formations sont assurées par l'université.
Les chercheurs français connaissent peu le chômage
: la profession dénombrait 17 000 demandeurs d'emploi
en mars 1999, "un niveau relativement faible, synonyme d'un
chômage quasi-frictionnel", note l'étude. En outre,
ce chômage est moins durable : moins
d'un chômeur sur trois (30%) dans ce secteur est inscrit
à l'ANPE depuis plus d'un an, contre 39% pour
l'ensemble des professions.
* Document hebdomadaire (n° 37.2) publié par la Direction
de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES)
du ministère
de l'Emploi et de la Solidarité. |
http://www.admiroutes.asso.fr/action/theme/science/actu/1999/1999octo.htm
Droits de diffusion |