Actualité scientifique

octobre 1999

accueil actu-science 1999
Par Christophe Jacquemin

Les termites parisiens bientôt sous l'oeil du CNRS
Environnement
Mercredi 27 octobre1999

La ville de Paris va signer une convention avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) pour que cet organisme étudie les populations de termites dans les arbres de la capitale, particulièrement leurs stratégie de progression. Adoptée par le Conseil de Paris le lundi 25 octobre 1999, cette convention sur 4 ans porte sur un financement de 1,2 million de francs.
L'étude, fondée sur des méthodes d'analyses génétiques vise à comprendre, prévenir et mieux traiter le phénomène "termites", le déplacements de ces insectes dans le sous-sol urbain étant à l'heure actuelle pratiquement inconnus". Si on sait qu'ils peuvent se répandre par essaimage et par bouturage (voir plus bas), on ne sait toujours pas comment ils se répandent à Paris : infestations dues à la négligence des habitants dans plusieurs arrondissements ? Progression souterraine à base de bouturage ? Sociétés de termites connectées entre elles ou isolées ?..  Le travail des scientifiques sera là pour imaginer des moyens préventifs afin de limiter la prolifération de ces insectes, qu'ils progressent par le sol ou en empruntant les réseaux sous-terrains (tuyaux de chauffage, galeries d'égoûts...).
Rapellons que suite à des chutes de jeunes frênes du VIIIe arrondissement en 1993 en raison de la présence de termites, une méthode de lutte efficace avait alors été testée puis généralisée aux 1300 arbres parisiens concernés. En deux ans de traitement, les termites avaient disparu au pied des arbres, mais ensuite ont été observées des recolonisations de certains pieds d'arbres, s'expliquant sûrement par la présence de foyers plus ou moins éloignés demeurant dans les bâtiments environnants.

On rencontre en France trois espèces de termites sur les deux mille environ, recensées dans le monde. Deux sont dites souterraines :le Reticulermes Santonensis et le Reticulermes Lucifugus. La troisième espèce, Kalotermes Flavicollis est classée parmi les termites dites de bois secs. Elle vit surtout dans la zone méditerranéenne. Contrairement à leurs cousins d'Afrique, les termites souterrains comme leur nom l'indique, réalisent leur termitière sous la surface du sol, ne laissant aucune trace permettant leur détection.
Les termites sont des insectes sociaux incapables de vivre isolément. Ils sont organisés en castes ayant chacune un rôle précis au sein de la colonie.
On distingue :

termites ouvriers

Les termites ouvriers : de 4 à 6mm de long, ils sont de couleur blanchâtre. Ils composent la plus grande partie de la colonie. Ils sont chargés de son entretien, ce sont eux qui réalisent les dégâts dans les bois, qu'ils ingèrent pour collecter la cellulose dont la colonie a besoin pour survivre
termites soldats Les termites soldats : de 8mm de long et de couleur blanchâtre, les soldats se distinguent par une paire de mandibules marron. Leur unique fonction est la défense de la termitière contre les agressions extérieures. Contrairement à leur apparence, ils n'occasionnent aucun dégât et sont totalement dépendants des ouvriers, car leurs mandibules les empêchent de se nourrir seuls.
couple reproducteur

termite ailé

Les termites reproducteurs: on distingue plusieurs stades dans cette caste
a) Le roi et la reine, qui sont à l'origine des Imagos, ou sexués fonctionnels, sont des individus qui, dès leur naissance, ont pour unique fonction de devenir roi ou reine. Il n'y a qu'un couple royal par colonie. Il a pour fonction de gérer la composition et l'organisation de la colonnie et de pondre.
La reine pond plusieurs milliers d'oeufs par an. Ces individus se caractérisent par des tégument chitinisés et une paire d'ailes membraneuses qui leur permettent de "voler" en période d'essaimage. En effet, une fois l'an, au printemps, les imagos vont revêtir une robe noire pour résister à la lumière et s'envoler au hasard des vents pour reformer de nouvelles colonies. C'est le phénomène de l'essaimage. Seul un petit nombre formeront un couple et créeront à leur tour une colonie.
néoténique b) Les néoténiques ou sexués de remplacement sont aussi des termites reproducteurs. Un abdomen plus important les différencie des ouvriers. Ils accomplissent les mêmes tâches que les ouvriers mais ont la particularité de se transformer en reine ou roi à tout moment. Les néoténiques ont pour fonction de remplacer le roi ou la reine si l'un d'eux vient à mourir. Ils peuvent également créer une nouvelle termitière si la colonie s'étend ou si un groupe d'individus se trouve séparé de la colonie. C'est la reproduction par bouturage.
Les termites souterrains vivent dans le sol et viennent uniquement  dans les maisons pour chercher la cellulose dont ils ont besoin pour vivre. Les termites arrivent dans les habitations par les fondations, ils creusent des galeries au travers des joints de mortier, des joints de dilatation, des gaines électriques, des canalisations et vont manger les éléments cellulosiques qui sont au contact des maçonneries. Le principal aliment des termites est la cellulose qu'ils trouvent dans le bois, le papier ou le textile. Au cours de leurs recherches alimentaires, ils peuvent dégrader certains matériaux, comme le plâtre, les gaines électriques, l'isolation...dont ils ne se nourrissent pas pour autant. La cellulose est ingurgitée par les termites ouvriers qui la ramène jusqu'à la termitière pour nourrir le reste de la colonie.
cordonnets de termites Les termites sont des insectes dits lucifuges : ils craignent la lumière car ils sont dépourvus de pigmentation qui les protègerait des U.V. Cette particularité rend très difficile leur détection car ils travaillent toujours dans l'obscurité. Ils sont capables de construire des petits tunnels pour contourner d'éventuels obstacles.

Le sperme, usine à médicaments ?
Médecine
Mardi 26 octobre1999

Selon des chercheurs canadiens dont les travaux paraîtront dans le numéro de novembre de "Nature Biotechnology", le sperme des animaux pourraient servir à produire des médicaments. Si jusqu'à présent les scientifiques ne s'étaient intéressés qu'au lait des vaches ou chèvres allaitantes pour obtenir, grâce aux manipulations génétiques, des protéines pharmaceutique, l'équipe de François Pothier du Centre de recherche en biologie de la reproduction de l'université de Laval (Québec) suggère, elle, que le sperme pourraient constituer une alternative intéressante, efficace et rentable, pour fabriquer des protéines thérapeutiques.
Les chercheurs ont réussi à produire une hormone de croissance humaine dans le sperme de souris transgénique. Ils ont utilisé un élément génétique, le "P12", qui n'est actif que dans les glandes sexuelles mâles comme les vésicules séminales, et l'ont relié à l'ADN qui commande la production de l'hormone, puis injecté le tout dans le patrimoine génétique des souris. Résultat : les souris mâles ont produit l'hormone uniquement dans les vésicules séminales et sur les reins.
Si la production de protéine est modeste (0,5 mg par ml), en tous cas bien moindre qu'en utilisant d'autres systèmes trangéniques comme le lait de chèvre modifiée, les chercheurs ne désespèrent pas d'optimiser ce système de production par le sperme et les expérimentations sont en cours pour tester cette expérimentation sur le porc.

Avec le porc, les scientifiques  souhaitent donc passer à la vitesse supérieure. L'animal peut en effet émettre jusqu'à un demi-litre de sperme. Profitons-en pour leur conseiller aussi  de lorgner vers les émois de l'éléphant. Selon les spécialistes de la faune sauvage, ce pachyderme fournit trois à cinq litres  de sperme par éjaculation.

Des nouvelles du mammouth Jarkov
Paléontologie
lundi 25 octobre1999

Manière douce oblige : Jarkov (du nom de son découvreur Guennadi Jarkov), premier mammouth exhumé le 17 octobre dernier du sol gelé de l'extrême nord de la Sibérie sans rupture de la chaîne du froid, sera dégelé en avril prochain à l'aide d'un ...sèche-cheveux  pour subir des examens scientifiques.
Pour l'instant, protégé de son enveloppe gelée de 23 tonnes, le mammouth mâle décédé il y a quelque 20 380 ans a été hélitreuillé jusqu'à la ville de Khatanga située à 250 km de l'endroit de la découverte. Il y passera l'hiver polaire dans un "réfrigérateur naturel" creusé dans le sol gelé d'une falaise où la tête de l'animal y est déjà gardée depuis un an.
La découverte de Jarkov devrait notamment permettre de savoir enfin pourquoi et comment les mammouths ont disparu de la surface du globe.

Si les scientifiques écartent la possibilité de "ressusciter" un pachyderme préhistorique (question désormais classique depuis la première tentative faite il y a une vingtaine d'années à partir de cellules du mammoutheau "Dima"), Dick Moll, paléontologue Néerlandais du Museum national d'histoire naturelle de Rotterdam, déclare, lui, que la biologie moléculaire arrivera peut-être à surmonter dans un proche avenir -10 à 20 ans, voire un peu plus- les obstacles qui l'interdisent jusqu'à présent. Ceci suppose d'abord de pouvoir extraire de la moelle, des os ou des matières molles de la carcasse, des cellules bien préservées qui permettraient une lecture plus complète de l'ADN, support de l'hérédité de l'animal.
Pour sa part, Yves Coppens, professeur au Collège de France (découvreur de Lucy), se montre sceptique quant à savoir s'il est envisageable de procéder à l'insémination artificielle d'une mère porteuse éléphante avec du sperme de mammouth.

Mammouth Park n'est pas encore pour demain...

logo ANRS          Agence Nationale de Recherches sur le Sida: appel à volontaires pour aider la recherche
Médecine
Vendredi 22 octobre1999


L'Agence Nationale de Recherches sur le SIDA (ANRS) lance aujourd'hui un appel pour trouver 100 personnes séronégatives acceptant de se rendre disponibles une demi-journée (voire une journée) par mois durant douze à dix-huit mois  pour des essais vaccinaux de phase I-II.
Les personnes intéressées, qui doivent être âgées de 21 à 55 ansdoivent faire une demande écrite :
ANRS-Réseau volontaires vaccin
101 rue de Tolbiac - 75013 Paris

Les essais de phase I-II, effectués sur un nombre limités de personnes, ont pour but d'évaluer la capacité de l'organisme à produire une réponse immunitaire. C'est uniquement en phase III que l'on testera l'efficacité du produit sur plusieurs milliers de personnes.
Les volontaires ne courent aucun risque d'infection, car le candidat vaccin ne contient pas de virus mais seulement des fragments de virus dénués de tout pouvoir pathogène.

logo brgm          Mieux connaître le sous-sol de sa région            
Géologie
Mercredi 20 octobre 1999

Grâce au site web du Bureau de recherche géologique et minière (BRGM), les internautes peuvent désormais tout connaître du sous-sol de la région où ils habitent. Cavités et rivières souterraines, gisements de gypse, argile ou calcaire, cicatrices de pollutions industrielle : tout cela n'aura plus de  secret pour vous...
Dans sa nouvelle rubrique Info Terre, le site propose des fiches signalétiques sur le sous-sol, ainsi que des cartes géologiques au 1/500000. Il suffit de taper le nom de sa commune pour obtenir des informations, ou de les recevoir par courrier lorsqu'elles sont payantes (toutes les villes ne sont pas forcément encore couvertes). 
Autre intérêt, Basias (base de données des anciens sites industrielles et activités de service, réalisée à la demande du Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement ). Ne sont disponibles pour l'instant sur cette base que des informations sur 11 départements (Ain, Ardèche, Cher, Drôme, Eure, Haute-Savoir, Isère, Loire, Rhône, Savoie, Seine-Maritime. Dix-sept nouveaux départements seront rajoutés dès l'année prochaine (dont l'Essonne et les Yvelines). Une carte des sites pollués est par ailleurs en cours d'élaboration.

Une belle initiative du Service public (le BRGM est un établissement public à caractère industriel et commercial) : un site où informer le citoyen n'est pas un vain mot.

Deux chercheurs français de renom entrent à l'Académie Pontificale des Sciences
Distinctions
Mardi 19 octobre1999

Le physicien Claude Cohen-Tannoudji  et l'embryologiste Nicole-Marthe Le Douarain, tous deux professeurs au Collège de France, viennent d'être nommé par Jean-Paul II à l'Académie pontificale des sciences. Fondée en 1603, cette Académie compte 80 membres choisis pour leurs compétences en sciences mathématiques et expérimentale et a pour objectif "d'assurer la liberté et de favoriser la recherche qui constituent la base indispensable du progrès des sciences".
Titulaire de la chaire de physique atomique et moléculaire au collège de France depuis 1973, Claude Cohen-Tannoudji a obtenu le prix Nobel de physique en 1997 (aux côtés des américains Steven Chu et William D Phillips) pour le développement de méthodes permettant de  refroidir et piéger des atomes avec des faisceaux laser.
Médaille d'or du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) en 1996, le physicien dirige l'équipe "atomes ultrafroids" du Laboratoire Kastler Brossel.

Claude Cohen-Tannoudji
Photo : CNRS

     
Professeur au Collège de France, Nicole le Douarin dirige l'Institut d'embryologie cellulaire et moléculaire (UPR9064 du CNRS) de Nogent-sur-Marne. Grand prix de la Fondation pour la recherche médicale 1999, cette scientifique a notamment obtenu la Médaille d'or du CNRS en 1986.
Membre de l'Académie des Sciences, l'embryologiste est particulièrement connue pour ses travaux (en 1970) sur la mise au point d'une méthode particulièrement élégantes de marquage cellulaire qui permet de suivre les migrations cellulaires et d'analyser les interactions entre les cellules, qui se traduisent au cours de l'élaboration de l'embryon.
Reprise par de nombreux laboratoires dans le monde, cette méthode de marquage a suscité un très fort intérêt dans les milieux scientifiques car elle a conduit, notamment, à mieux comprendre la genèse de certaines malformations congénitales (formation de la face chez l'enfant, par exemple).
Les travaux de recherches  de Nicole Le Douarin sur la crête neuronale, formation embryonnaire à l'origine du système nerveux, ont également permis d'avancer dans la compréhension de certaines malformations du système nerveux, sanguin et immunitaire chez l'Homme.

Nicole Le Douarin
Photo : CNRS

Dans un message intitulé "La vérité ne peut contredire la vérité", le 22 octobre 1996 lors d'une réunion en Assemblée plénière de l'Académie Pontificale des Sciences, le pape Jean-Paul II déclarait :

C'est avec un grand plaisir que je vous adresse un cordial salut, à vous, Monsieur le Président, et à vous tous qui constitue l'Académie Pontificale des Sciences, à l’occasion de votre Assemblée plénière. J'adresse en particulier mes voeux aux nouveaux Académiciens, venus prendre part à vos travaux pour la première fois. Je tiens aussi à évoquer les Académiciens décédés au cours de l'année écoulée, que je confie au Maitre de la vie.
I) En célébrant le soixantième anniversaire de la refondation de l'Académie, il me plait de rappeler les intentions de mon prédécesseur Pie XI, qui voulut s'entourer d'un groupe choisi de savants en attendant d'eux qu'ils informent le Saint-Siège en toute liberte sur les développements de la recherche scientifique et qu'ils l'aident ainsi dans ses réflexions.
A ceux qu'il aimait appeler le Senatus scientificus de l'Église, il demanda de servir la vérité. C'est la même invitation que je vous renouvelle aujourd'hui, avec la certitude que nous pourrons tous tirer profit de la fécondité d'un dialogue confiant entre l'Église et la science” (Discours à l'Académie des Sciences, 28 octobre 1986, n. 1).
II) Comment les conclusions auxquelles aboutissent les diverses disciplines scientifiques et celles qui sont contenues dans le message de la Révélation se rencontrent-elles? Et si, à première vue, il peut sembler que l'on se heurte à des oppositions, dans quelle direction chercher leur solution? Nous savons en effet que la vérité ne peut pas contredire la vérité (cf. Léon XIII, encyclique Providentissimus Deus) (...)

Louable ambition que cette confrontation. Alors moi, j'aimerais bien qu'on m'explique pourquoi, si nous sommes issus d'Eve et d'Adam, première Femme, premier Homme, il y une telle diversité de groupes sanguins sur la planète...
En tous cas,  le choix de nommer Nicole le Douarin et Claude Cohen-Tannoudji comme membres de cette Académie m'apparaît des plus rassurant : il montre que le Pape sait très bien reconnaître la valeur des scientifiques et l'importance de leurs travaux.

70% de chance (enfin... de malchance) pour les Californiens d'assister à un tremblement de terre majeur d'ici 2030
Séismologie
Lundi 18 octobre 1999

Tirant de leur sommeil des dizaines de milliers de personnes, le séisme du 16 octobre 1999 au matin (2h46, heure locale) a dû rappeler aux Californiens qu'ils vivaient sous la menace d'un tremblement de terre majeur. Plus de peur que de mal car bien que la magnitude de ce tremblement de terre ait été de 7 degrés sur l'échelle de Richter, aucun dégât majeur n'a été constaté du fait d'un épicentre du séisme situé dans une région désertique du désert Mojave. Selon l'Institut technologique de Californie, situé à Pasadena près de Los Angeles, quelque 300000 séismes d'une magnitude mesurable ont frappé le Sud de la Californie au cours des vingt dernières années.  Pour l'instant, rien de trop grave, mais les experts qui surveillent quotidiennement la célèbre faille de San Andréas sont persuadés que tôt ou tard, le "big one", un séisme majeur, frappera la région.
L'Intitut de Géologie américain (US Geological Survey) a d'ailleurs publié, le14 octobre dernier, un rapport  -émanant d'un groupe de travail , le "WG99", composé de 70 scientifiques (géologues, géophysiciens et statisticiens), sous la direction de David Schwartz, géologue à l'USGS- selon lequel la région de San Fransisco avait 70% de risques de subir au moins un séisme majeur, d'une magnitude de 6,7 degrés (ou plus) sur l'échelle de Richter dans les prochaines trente années. Selon la même étude, la probabilité d'un séisme situé entre 6 et 6,7 degrés s'élève à 80%.
Le rapport donne en particulier, toujours pour les trente prochaines années à venir et pour chaque  grande faille située dans la région, la probabilité d'un séisme de magnitude 6,7 ou supérieure :
  • 32% Hayward-Rodgers Creek, courant de Fremont jusquà Santa Rosa
  • 21% sur la faille de San Andréas, qui va de San José jusqu'au Nord de San Fransisco
  • 18% sur la faille Calaveras, qui court de Gilroy jusqu'au Mt Diablo
  • 10% sur la faille San Gregorio, qui va de Monterey jusqu'au sud du Golden Gate
  • 6% sur la faille Greenville, qui court de la East Bay (sud de Livermore) jusqu'à l'est du Mt Diablo
  • 6% sur la faille Concord-Green Valley, qui va de Walnut Creek, en passant par Suisun Bay jusqu'à l'est de Napa
  • 4% sur la faille "Thrust Mt. Diablo".
Failles et mouvement des plaques dans la région de San Fransisco

Du fait de l'urbanisation croissante, le bilan de séismes frappant des régions métropolitaines comme Los Angeles ou San Fransisco, qui comptent des milliers d'habitants, pourrait être dévastateur. "Etant donné que cette région est en train de devenir très urbanisée et que nombre de failles sont situées dans des régions urbaines, les futurs tremblements de terre ont le potentiel de provoquer beaucoup plus de dommages que celui de Loma Prieta" (voir encadré ci-dessous), signale notamment David Schwartz dans son rapport.
Par ailleurs, il explique comment le développement du GPS (Global positioning System), qui utilise les satellites pour localiser des points précis à la surface de la terre, a permis aux géophysiciens de réaliser des mesures extrêmement fines sur la façon dont se distribuaient les contraintes le long d'une faille, à partir de la mesure de la vitesse du glissement des plaques, qui est de l'ordre de 1,5 inches  de l'ordre de 3,81 cm) par an, dans la région de la Baie de San Fransisco. Ce sont notamment aussi de nouvelles études, recourant en particulier au creusement de tranchées parallèles ou transversales aux failles, qui ont permis d'aboutir aux donnés développées dans ce rapport.

Quelques dates de séismes notoires dans la région :

  • Octobre 1989, Loma Prieta  (proche de San Fransisco) : magnitude de 6,9 degrés

  • 1994, Northridge (banlieue-est de Los Angeles) : magnitude de 6,4 degrés

  • 1906, San Fransisco : magnitude estimé à 8,3 degrés (ville quasiment rayée de la carte)

Mise au point d'un "interrupteur moléculaire" à une seule molécule
Technologie
Vendredi 15 octobre1999

James La Clair, chimiste allemand indépendant , vient de mettre au point un "interrupteur moléculaire" -une molécule qui réagit à un gaz- qui constitue un pas de plus vers les ordianteurs à base de molécules au lieu de transistors. Selon l'article (à paraître demain dans la revue "New Scientist"), le chimiste  anciennement rattaché au Scripps Research Institute (Californie) a élaboré une molécule qui devient fluorescente sous l'action de l'azote, et non fluorescente lorsque l'azote est remplacé par du dioxide de carbone. Pour l'auteur, il s'agit du premier interrupteur moléculaire actionné par des gaz courants, technologie qui pourrait déboucher sur des ordinateurs qui n'auront besoin que de gaz et de lumière. L'intérêt de ce travail tient dans le fait que, jusqu'à présent, les interrupteurs moléculaires déjà découverts sont généralement constitués de groupes importants de molécules, qui ne peuvent être observées en masse. James La Clair a, en revanche, créé un interrupteur d'une seule molécule, ce qui permettrait de concevoir des ordinateurs d'encombrement réduit.
La molécule ressemble ici à un alignement de roues. Lorsqu'elles sont alignées -c'est ce qui se produit sous l'action de l'azote-, la molécule devient fluorescente, phénomène mis en évidence par un faisceau laser.

Le concept d'ordinateur moléculaire attire beaucoup de chercheurs, car on prévoit que les traditionnelles puces et leurs transistors de silicium atteindront bientôt leur limite de miniaturisation et de vitesse, alors que les circuits intégrés moléculaires pourraient avoir une taille d'une fraction de nanomètre (1 milliardième de mètre).

Prévoir l'intensité des ouragans
Physique de l'atmosphère

Jeudi 14 octobre 1999

Si la trajectoire des ouragans peut être prévue assez précisément, la prédiction de leur intensité restait jusqu'ici la grande inconnue. Une étude parue ce 15 octobre dans la revue Nature (voir référence en fin de texte) montre que Kerry A. Emanuel -spécialiste du climat au Massachusetts Institute of Technologie (USA)- a construit un modèle permettant de prévoir l'intensité de ces phénomènes. Facteur capital:  la température de la surface de l'océan, juste sous l'oeil du cyclone. Le chercheur explique en effet que, dans la plupart des cas, l'évolution de l'intensité des ouragans dépend principalement de trois facteurs : l'intensité initiale de la tempête, l'état thermodynamique de l'atmosphère qu'elle traverse et l'échange de chaleur avec la couche supérieure de l'océan le long de sa trajectoire, sous la partie centrale de la tempête. Selon l'auteur, ce nombre si limité de facteurs laisse espérer (avec une prévision précise de la trajectoire de l'ouragan) que l'intensité du phénomène pourra être prévue avec fiabilité en utilisant des modèles très simples.
Jusqu'à présent, les prévisions, peu fiables, n'intégraient généralement pas l'interaction atmosphère-océan et se focalisaient sur l'atmosphère traversée par la tempête.
Appliqué aux ouragans des dernières années (notamment l'ouragan Opal de 1995), le modèle du chercheur retrace avec une impressionnante précision les variations des vents effectivement observées durant le phénomène, jour par jour, sur une à deux semaines.
Ouragan, vue du ciel

Ouragan Floyd

A savoir, pour ne pas mourir idiot
Les ouragans (encore appelés cyclones ou typhons) sont des tempêtes tropicales provoquées par l'évaporation intense de l'océan chauffé par le soleil. Elle charge en vapeur d'eau l'air chaud qui, aspiré par une dépression tropicale, s'élève en tournant avec des vents pouvant atteindre 300km/h, avant de s'affaiblir progressivement en atteignant le continent. Avec l'amélioration des prévisions de la trajectoire depuis 30 ans, le nombre de victime a été considérablement réduit, notamment aux Etats-Unis, malgré un quasi doublement de la population côtière. Mais l'intensité de l'ouragan manquait jusqu'à présent aux dispositifs d'alerte, surtout pour des ouragans dont les vent varient considérablement d'un jour à l'autre, comme par exemple Opal, en octobre 1995, qui a frappé le Golfe du Mexique. Le nombre de personnes évacuées est souvent trop ou trop peu important, d'où des coûts d'évacuation disproportionnés ou des catastrophes inattendues.

A propos du modèle concu par le scientifique
La substantifique formule  est la suivante :

dans laquelle V est la vitesse maximale du vent, Ck et Cd sont des coefficients  dimensionnés (rapport d'enthalpie), Ts et Tzéro sont les températures absolues à la base de l'ouragan (niveau de la mer) et en haut de celui-ci, ks et ka sont les enthalpies spécifiques de l'air à saturation (respectivement à la surface de l'océan et à la limite de la couche d'air)

NB : Des résumés succincts en anglais, voire des articles complets parus sur le site web de Nature peuvent être obtenus, après inscription gratuite (attention, pour que l'inscription aboutisse, il faut absolument cocher sur quelque chose à la rubrique State/Region:* du questionnaire, même si ce n'est pas adapté à votre pays).

Clonage, organismes génétiquement modifiés : la position de l'église
Biotechnologies
Mercredi 13 octobre1999

L'archevêque Sgreccia, théologien du Vatican, a indiqué lors de la présentation des résultats d'un sommet d'experts catholiques consacrés aux biotechnologies animales et végétales, que la brebis Dolly (le clone anglais) et le taureau Galilée (clone italien) était bienvenue dans l'Eglise. Alors que le clonage d'êtres humains ou même celui de simple organes ont été rejetés (sauf le clonage de tissus à partir de cellules, prise par exemple à partir d'un cordon ombilical), le clonage des animaux a obtenu la bénédiction des moralistes "à condition de ne pas causer aux animaux des souffrances inutiles, et sans une raison proportionnelle à l'utilité sociale".
Le père Angelo Serra, biologiste à l'université catholique de Rome, a mis en garde contre toute forme de généralisation et de conclusion hâtive dans ce domaine, en ridiculisant les images monstrueuses d'animaux modifiés utilisées par les Verts dans leurs campagnes. En revanche, les théologiciens ont mis en garde contre les greffes d'organes d'animaux transgéniques : "il s'agit de greffes inacceptables pouvant être source de transmission de maladies très graves de l'animal à l'homme", a souligné l'archevêque Sgreccia. "Il est tout a fait licite, par contre, de modifier génétiquement les animaux pour améliorer les conditions de santé et de vie de l'homme(...) L'église est favorable en général aux biotechnologies pouvant s'avérer utiles à l'homme". L'archevêque a confirmé également cette ligne en ce qui concerne les organismes génétiquement modifiés (OGM), tels que le maïs ou le soja, qui font actuellement l'objet de vives polémiques au sein de l'opinion publique mondiale : "Il faut constamment contrôler les effets de l'utilisation alimentaire des produits biotechnologiques sur la santé humaine", a-t-il affirmé, en insistant sur le principe de la transparence. "Ce principe exige que les consommateurs soient renseignés sur les aliments génétiquement modifiés, grâce à un étiquetage bien précis".
Quant aux risques pour l'environnement causés par la diffusion de ces OGM,
le prélat a affirmé que ces risques "devaient être soigneusement étudiés et surveillés, cas par cas".
Selon les théologiciens du Vatican, il faut encourager les banques de gènes afin d'assurer le maintien d'une biodiversité dans la nature et conserver le patrimoine génétique des espèces en train de disparaître. Par ailleurs, ils se sont montrés très fermes à propos des dépots de brevets :"il faut garder la différence entre ce qui existe déjà dans la nature et l'invention, voire la capacité d'isoler une substance découverte, de la reproduire en laboratoire et de l'utiliser industriellement (...) Dans l'optique du respect de la personne, il est illégal de breveter les gènes humains, en tant qu'objet de découverte, tout comme les embryons humains, leur utilisation à des fins commerciales étant contraire à la dignité de l'homme, tout comme le clonage des êtres humains, qui est contraire à la morale".

Attribution du Prix Nobel de chimie à l'Américano-Egyptien Ahmed Zewaïl, pour ses travaux sur les états transitoires des réactions chimiques
Prix Nobel

Mardi 12 octobre 1999

Le prix Nobel de Chimie 1999 a été décerné le 12 octobre 1999 à Ahmed Zewaïl de l'Institut de technologie de Californie. Ce chercheur américano-égyptien est récompensé pour ses travaux sur les états transitoires des réactions chimiques.  Dans ses attendus, l'Académie royale des sciences de Suède distingue le scientifique pour "avoir montré qu'il est possible, grâce à une technique laser ultrarapide, d'observer le mouvement des atomes d'une molécule au cours des réactions chimiques''.
Conduits à la fin des années 1980, "ces travaux ont contribué à révolutionner la chimie et ses disciplines voisines, puisque cette approche, qui permet de comprendre et de prédire des réactions, a une portée considérable", souligne l'Académie. Ils ont en particulier permis la naissance de la femtochimie, technique qui consiste à utiliser des caméras à vitesse ultrarapide pour suivre le mouvement d'atomes spécifiques lors des réactions chimiques. La technique mise au point par le savant consiste à émettre des impulsions laser si brèves que le chercheur peut suivre les processus réactionnels à l'échelle de durée où ils ont réellement lieu, de l'ordre des femtosecondes*. Les applications s'étendent du fonctionnement des catalyseurs, en passant par la construction des composants électroniques moléculaires, jusqu'aux mécanismes les plus fins des processus de la vie et au développement des produits pharmaceutiques de demain.

Rapellons qu'avec la femtochimie -sorte d'appareil photo le plus rapide au monde- c'est toute notre conception des réactions chimiques qui a été transformée : ces réactions se laissent désormais observer. Elles ne sont plus invisibles. Munis de cette nouvelle technique, il n'y a plus que notre manque d'imagination pour poser les limites de nouveaux domaines d'application. Citons, par exemple, le domaine de la biologie (femtobilogie), en plein essor) avec ses enjeux considérables, comme une meilleure compréhension du fonctionnement des cellules, ou encore les applications pharmaceutiques, notamment la fabrication des inhibiteurs, médicaments nouveaux servant de leurre et bloquant les récepteurs d'enzimes dans la cellule. Deux d'entre eux ont déjà été produits, de façon rationnelle, c'est-à-dire "dessinés" sur ordinateur pour ressembler à l'enzime qu'ils imitent : l'un est aujourd'hui médicament majeur contre l'hypertension, l'autre entre dans les trithérapies contre le sida. 

* Une femtoseconde étant égale à un millionième de milliardième de seconde (0,000000000000001 seconde).

Attribution du Prix Nobel de physique aux Néerlandais Gerardus't Hooft et Martinus Veltman, pour leurs travaux sur l'électromagnétisme et la force faible en physique des particules
Prix Nobel
Mardi 12 octobre1999

Le prix Nobel de Physique 1999 a été attribué, le 12 octobre à Stockholm, conjointement aux Néerlandais Gerardus't Hooft et Martinus Veltman pour leurs travaux déterminants sur la structure quantique dans la théorie d'interaction électrofaible de la physique. Selon les attendus de l'Académie des sciences de Suède qui a attribué le prix, les deux chercheurs ont été distingués pour avoir fourni à la théorie de la physique des particules (mécanique des quanta) une base mathématique plus solide, fournissant aux physiciens des outils qui leur ont permis de faire explicitement les calculs conduisant à la prédiction des phénomènes observés dans les expériences.
Grâce à leurs travaux, les chercheurs disposent désormais d'un édifice théorique qui peut servir, entre autres, à prédire les propriétés des nouvelles particules découvertes à partir des années 50 à l'aide d'accélérateurs. Cet édifice est désigné par les spécialistes comme la "théorie de jauge d'interaction électrofaible non abélienne".
Les prédictions effectuées à partir des travaux des lauréats ont été largement vérifiée. Ainsi, dans la théorie, toutes les interactions s'expliquent par des échanges de particules et la plupart de ces interactions se traduisent par des "bosons de jauge". Les propriétés de bosons tels que les vecteurs de l'interaction faible (à l'oeuvre lorsqu'un proton se transforme en neutron, par exemple), les bosons W+ et W- et Z°, dont l'existence avait été prédite auparavant, ont ainsi pu être calculées, permettant la mise en évidence de ces particules par une équipe dirigée par Simon Van der Meer et Carlo Rubbia au CERN (Laboratoire européen de physique des particules) , à Genève en 1983 (pour ce travail, les deux physiciens ont reçu le prix Nobel l'année suivante).
Les calculs de 't Hooft et de Veltman ont aussi permis de prévoir les propriétés des particules élémentaires du modèle standart tels que les quarks et de découvrir le dernier d'entre eux, le quark top, en 1995, au Laboratoire Fermi, à Batavia (près de Chicago).
Leur mathématisation de la théorie des champs de jauge a précisé les modèles d'une particule toujours hypothétique, le boson de Higgs, qui pourrait expliquer les masses de toutes les autres particules élémentaires. Grâce à ces calculs et à l'augmentation récente de la puissance du LEP (Large Electron-Positron Collider), les physiciens du CERN espèrent mettre prochainement ce boson en évidence. La découverte, sinon, devrait attendre 2005 avec le successeur, plus puissant, du LEP, le LHC (Large Hadron Collider).

Gerardus't Hooft, à 53 ans, est membre de l'Académie des sciences des Pays-Bas depuis 1982 et professeur de physique à l'université d'Utrecht (Pays-Bas) depuis 1977. En 1979, il a été distingué par le prix Dannie Heineman de la Société américaine de physique.
Martinus Veltman, âgé de 68 ans, est quant-à-lui professeur retraité de l'université du Michigan (Etats-Unis) après avoir enseigné la physique à l'université d'Utrecht de 1966 à 1981. Membre de l'Académie des sciences des Pays-Bas depuis 1981, il a reçu en 1983 le prix "High energy and particle physics" de la Société européenne de physique.
Les deux chercheurs néerlandais recevront officiellement leur prix le 10 décembre à Stockholm accompagné d'un chèque de 7,9 millions de couronnes suédoises (environ 960.000 dollars US). Il leur sera remis par le roi de Suède Carl XVI Gustaf le jour anniversaire du décès en 1896 du savant et homme d'affaires suédois Alfred Nobel qui a créé les prix --à l'exception du prix d'économie-- en 1895.

C'est la 93ème fois que le prix de physique est décerné. Les Etats-Unis sont en tête du palmarès avec 67 citations, suivis de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne (20 citations chacune), de la France (11). Les Pays-Bas ont désormais 8 citations.
Rappelons que le prix de physique décerné l'année dernière honorait également une contribution à la compréhension de la mécanique des quanta (travaux portant sur la structure microscopique et interne de la matière, récompensant deux Américans, Robert Laughlin et Daniel Tsui, et un Allemand, Horst Stoermer.


Si Martinus Veltman est à la retraite depuis peu, et semble se détacher de la physique, son ancien élève Gerardus't Hooft est loin d'avoir fini son brillant parcours. Auteur notament d'un site web personnel  peu académique et très kitsch, ce savant s'attaque désormais à la théorie quantique de la gravitation... à suivre.

Attribution du Prix Nobel de médecine à l'Américain Günter Blobel, spécialiste des protéines
Prix Nobel

Lundi 11 octobre 1999

Le prix Nobel de médecine 1999 a été attribué le 11 octobre 1999 à l'Américain d'origine allemande Günter Blobel, spécialiste des protéines.A 63 ans, ce chercheur émérite en biologie cellulaire et moléculaire à l'université Rockefeller de New York se voit récompensé pour "ses découvertes sur les signaux internes des protéines commandant leur transport et leur localisation dans la cellule", selon les attendus de l'institut Karolinska qui attribue le prix.
Günter Blobel a en effet démontré que les protéines, messagers chimiques permettant aux cellules de fonctionner, disposaient d'un signal pour traverser les membranes des divers compartiments de la cellule où elles sont censées se transporter : les protéines portent sur elles-mêmes l'information qui leur permet d'être acheminée et reconnues par le site où elles effetueront la tâche pour laquelle elles sont conçues. Il a parallèlement trouvé qu'une altération de ce signal pouvait entraîner un mauvais positionnement de la protéine dans la cellule et être à l'origine de diverses maladies congénitales. Parmi ces maladies figurent la mucoviscidose, certaines formes d'hypercholestérolémies (excès de cholestérol) et l'hyperoxalurie primitive, qui se manifeste notamment par des calculs rénaux dès le jeune âge. Les principes établis par ce scientifique se sont avérés universel puisqu'ils opèrent de la même manière dans les cellules des levures, celle des plantes et celles des animaux. Les recherches menées par le savant ont en outre contribué à rendre plus efficace l'utilisation des cellules comme usines à protéines pour produire des médicaments tels que l'insuline, l'hormone de croissance et l'interféron. Elles peuvent par ailleurs se révéler fondamentales pour les thérapies cellulaires et génétiques de l'avenir.

Il s'agit du 80ème Américain à recevoir la distinction. L'an dernier, le prix avait été décerné aux pharmacologues américains Robert Furchgott, Louis Ignarro et Ferid Murad pour avoir établi l'importance du monoxyde d'azote (NO) dans le système cardio-vasculaire et la défense contre les infections. Les travaux des trois chercheurs avaient également permis une meilleure connaissance des mécanismes de l'érection et conduit, indirectement, à la mise au point du Viagra.

Guenter Blobel, lors d'une conférence de presse, a déclaré qu'il envisageait de donner la majeure partie de son prix (1 million de dollars) aux Amis de Dresde, organisation qu'il a fondée pour soutenir la reconstruction et la préservation du patrimoine de cette ville.

La Semaine de la Science, du 18 au 24 octobre 1999
Culture scientifique
Lundi 11 octobre1999
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programme national
Organisée sous l'égide du ministère de l'Education nationale, de la Recherche et de la Technologie, la Semaine de la Science se tiendra sur l'ensemble du territoire, du 18 au 24 octobre 1999. Huitième édition du genre, cette manifestation nationale se propose d'apporter au plus grand nombre une véritable information sur la science, de donner une approche rationnelle des problèmes que posent l'évolution des sciences, ses implications sur la socité. Il s'agit également de sensibiliser les jeunes aux études scientifiques, de favoriser la rencontre entre l'école et les chercheurs en expliquant la réalité du travail de recherche.
Au programme : visites de laboratoires, conférences, tables-rondes et rencontres avec les chercheurs, Villages des Sciences, expositions, projections de films scientifiques, etc.

Manifestation qui, espérons-le, suscitera des vocations auprès des jeunes : rappelons que le nombre de lycéens ayant choisi la filière scientifique sur le territoire a décru de 33%  en quatre ans !

Fou, le monde est fou : une société de distribution investit sur le "boire et conduire"!
Chimistes sans gène
Lundi 11 octobre 1999

Alléchée par le marché des 7 millions de conducteurs soufflant chaque année dans le ballon, la société HH Distribution (basée à Tours), lance un élixir anti-alcool. Louable effort. Sauf que l'objectif ne vise en aucune manière la prévention des breuvages alcoolisés auprès des conducteurs, mais celui de ralentir le passage de l'alcool dans leur sang. L'argument est simple: vous prévoyez de boire quelques verres, avalez d'abord 5 cl de cet antidote composé de fructose et d'acide citrique, et tout ira bien.
D'origine végétale, le fructose accélère la dégradation de l'alcool dans le foie, ralentissant ainsi son passage dans le sang. L'acide citrique, pour sa part, amplifie cet effet retard. Le breuvage, dénommé "Desalco" n'évite pas les effets funestes de l'alcool sur l'organisme mais en étale le temps de diffusion, permettant ainsi de supprimer le pic d'alcoolémie. Si la consommation est modérée, le taux d'alcoolémie, réduit de moitié, reste sous le seuil fatidique des 0,5 grammes. Ce qui permet de conduire bouche pâteuse en toute impunité.
L'idée fait hurler à la sécurité routière: "En termes de prévention, il n'y a pas d'alternative. Il est très préjudiciable de laisser entendre que les gens peuvent boire et conduire", déplore Paul Barré, responsable des programmes pédagogiques.
Cela fait  déjà deux ans, et sans que quiconque n'y ait trouvé à redire, que cette potion élaborée par le pharmacien d'un village proche de Poitiers est vendue comme "complément alimentaire", ce qui lui évite de recourir à une autorisation de mise sur le marché. 26 000 doses ont été vendues, la vente étant restée jusqu'à ce jour confinée à quelques officines. HH Distribution a d'autres ambitions : elle a racheté le brevet avec pour objectif: de doper les ventes via les cafés, les hôtels et autres boîtes de nuit... Avec déjà une centaine de points de vente, le distributeur souhaite écouler 100 000 flacons par mois!

Coluche  disait : " Ils le savent qu'on roule bourrés". Et dire que si ce produit perdure, on risque de ne même plus pouvoir le prouver...

Après le plancher, voici le matelas des vaches
Innovation
Samedi 9 octobre1999

Vedette du "Sommet de l'élevage" de Clermont-Ferrand, qui réunissait  jusqu'à ce  9 octobre quelque 1200 animaux: un matelas qui pourrait révolutionner la vie dans les étables. Les ingénieurs de l'Institut national de recherche agronomique (Inra) du Centre expérimental d'Orcival (Puy-de-Dôme) ont travaillé quatre ans avant de présenter ce prototype. Cette innovation allie différents matériaux avec du caoutchouc de récupération (notamment des déchets d'essuie-glaces pour le rembourrage) et ressemble à un matelas de camping. Les vaches l'adorent: 92,7% des quarante laitières testeuses l'ont préféré à la litière paille ou copeaux sur sol béton.  
Ce saut technologique permettra de réaliser de belles économies : "de l'ordre de 2 F par jour et par bête, sans parler du travail ", assure Jacques Bony, directeur du domaine d'Orcival. Autre avantage avancé par les chercheurs: la propreté. Lavage rapide d'un coup de nettoyeur haute pression. La fabrication industrielle est d'ores-et-déjà envisagée par le centre d'aide par le travail de Rochefort-Montagne(Puy-de-Dôme). 

Une plaque de glace de l'Antarctique en récession depuis 10 000 ans
Environnement
Vendredi 8 octobre 1999

Selon une étude parue ce  8 octobre dans la revue Science (voir référence en fin de texte) , une immense plaque de glace située dans la partie occidentale de l'Antarctique, de la taille des Etats du Texas et du Colorado réunis, pourrait se disloquer et faire monter le niveau des eaux dans la région de plus de cinq mètres.Cette plaque, qui repose en partie sur le plateau rocheux au dessous du niveau de la mer, est en récession depuis 10000 ans. "Si elle s'écroulait complètement", estiment les auteurs, "le niveau des eaux s'éléverait de cinq à six mètres, suffisamement pour innonder les zones côtières peu élevées de la région.(...) L'histoire de la déglaciation de cette plaque de glace nous donne des informations sur son avenir. Ainsi, si la fonte de la plaque se poursuit à son rythme actuel, sa désintégration complète devrait intervenir dans les prochaines 7000 annés. Mais le processus, lent, pourrait facilement s'accélérer si nous continuons à réchauffer l'atmosphère et les océans".

Donc rien de trop grave pour l'instant.. On a eu chaud.

  • Science, 8 octobre 1999, volume 286: 280-283 (in Reports): "Past and Future Grounding-Line Retreat of the West Antarctic Ice Sheet", signé H. Conway, B. L. Hall, G. H. Denton, A. M. Gades, and E. D. Waddington
    A savoir : Le site web de Science propose après inscription (cliquer dans l'option "Register free") un accès gratuit à "Science online".

Voir comme un chat
Neurosciences
Vendredi 8 octobre1999

Trois chercheurs, Garret Stanley, Fei Li et Yang Dan, des universités américaines de Berkeley et de Harvard ont reconstitué sur vidéo l'environnement visuel perçu par un chat, grâce à un réseau d'électrodes plantées dans son cerveau. Dans le Journal of Neuroscience, ces scientifiques expliquent qu'ils ont appliquée ces électrodes sur certaines cellules du thalamus, partie du cerveau située à mi-chemin du processus nerveux responsable de la vue. Ils ont enregistré les différents types d'influx nerveux suscités en plusieurs points du thalamus tandis que le chat était mis en présence de différentes scènes. Sur la base des enregistrements, et grâce à un système complexe de décodage algorythmique, des images ont été reproduites, telles qu'elles étaient vues par le chat.
Selon les scientifiques, cette expérience représente un grand pas en avant dans le décodage des sytèmes nerveux et cérébral des mammifères. Elle ouvre notamment de nombreuses perspectives dans le domaine médical car en améliorant leur connaissance du langage utilisé par le cerveau, les chercheurs seront en meilleure mesure de fabriquer des instruments capables de communiquer avec lui. Selon eux, on peut déjà entrevoir la possibilité de remplacer des parties endommagées du système nerveux par des prothèses. Dans une vision plus futuriste, on peut aussi imaginer qu'une connaissance avancée du code neuronal donnera naissance à des interfaces entre l'homme et la machine.

Des pommes de terre qui rougissent lorsqu'elles ont soif
Biotechnologie
Jeudi 7 octobre 1999
Des chercheurs de l'université agricole d'Edimbourg (Scottish Agricultural College) viennent de mettre au point une pomme de terre génétiquement modifiée qui rougeoit lorsqu'elle a besoin d'être arrosée. C'est grâce à l'utilisation d'un gène de méduse que l'on est arrivé à produire cette fluorescence (non perceptible à l'oeil nu mais visible avec un détecteur conçu par les chercheurs). Reste encore à soumettre cette pomme de terre à des tests. Si l'intérêt est confirmé, elle ouvrira de larges perspectives aux agriculteurs qui pourront mieux connaître les besoins réels en eau de leurs cultures et ainsi économiser le précieux liquide.

Des lèvres artificielles pour étudier
les techniques des trompettistes

Technologie
Mercredi 6octobre 1999
Louis Armstrong


Deux ingénieurs français, Joël Gilbert (université du Mans) et Jean-François Petiot (université de Nantes) ont réussi à fabriquer des lèvres en latex (deux minces tubes latex remplis d'eau), dont la texture et la résistance sont similaires à ceux d'une bouche humaine. Cette invention, annoncé dans la Revue "New Scientist" (à paraître samedi 9 octobre - rubrique News) devrait aider les chercheurs à concevoir des instruments de musique plus facile à jouer. Le fonctionnement en effet des instruments en cuivre, notamment la relation entre le mouvement des lèvres du musicien et la note émise, reste pour l'instant très mal connu. Alors que dans les instruments à vents en bois, une pièce placée près de la bouche du musicien vibre et produit le son, dans les cuivres, c'est la lèvre même de l'instrumentiste qui vibre et crée la note. Les lèvre formées en entonnoir conduisent l'air vibrant à travers le tube de résonance en cuivre, dont la longueur varie pour créer la fréquence voulue. Mais la relation entre les fréquences de la vibration des lèvres et la note produite est extrêmement complexe. Pour l'analyser, il faut maintenir la position des lèvres au moins dix minutes, d'où la nécessité de lèvres artificielles.
Avec le système des deux ingénieurs, de l'air est soufflé à travers une membrane en plastique qui reproduit l'obstacle des dents. Les deux français ont testé leurs lèvres artificielles reconstruites sur des trombones et d'anciens instruments celtes au laboratoire d'acoustique de l'université d'Edimbourg. Ils comptent présenter les résultats de leur recherche, avec leurs collègues britanniques, devant la société d'acoustique américaine, à Columbus (Ohio), en novembre prochain.

Eric Elst, père de l'astéroïde "Hubert Reeves"
Brève de comptoir astronomique
Mardi 5 octobre 1999
Connaissez-vous Eric Elst ? Non, sûrement pas, et c'est dommage.
Alors rendons grâce à cet astronome belge qui a découvert le 17 septembre 1993, à l'observatoire européen austral (ESO) situé au Chili, un astéroïde auquel fut donné le nom de "(9631) 1993 SL6*. Car s'il avait su, ce scientifique aurait dû retourner terre, ciel et espace pour que ce bout de caillou soit dénommé "astéroïde Eric Elst". L'Union Astronomique Internationale (UAI) vient en effet d'annoncer ce 5 octobre que, désormais, l'astéroïde porterait le nom d'"Hubert Reeves", en l'honneur de ce célèbre astrophysicien et écrivain scientifique canadien.
Moralité : faire  l'astrophysicien, c'est bien. Passer en plus à la télévision et écrire des livres de vulgarisation scientifique, c'est drôlement mieux.

* Astéroïde de forme irrégulière, d'un diamètre compris entre 5 et 12 km. Son orbite, située entre Mars et Jupiter, est  parcourue en 4,75 années.

Sonde Mars Climate Orbiter : errare humanum est !
Brève de comptoir scientifique
Lundi 4 octobre 1999

23 septembre 1999 : après 9 mois de voyage et 670 millions de kilomètres parcourus, la sonde Mars Climate Orbiter qui devait étudier le climat de la planète Mars rate bêtement son entrée. La sonde est passée à 60 km (37 miles) de la surface de la planète rouge, au lieu des 150-180 km prévus (93-112 miles). Résultat: au lieu d'être légèrement freinée par les hautes couches de l'atmosphère martienne, l'engin a été trop ralenti, finissant probablement par s'écraser à la surface (à moins qu'il n'ait été totalement détruit par la chaleur en pénétrant dans l'atmosphère).
Après quelques communiqués très vagues de la Nasa, on en sait aujourd'hui un peu plus sur la nature de l'erreur : erreur avec un grand E, celle du genre bête, niveau CM2. L'erreur humaine dans toute sa splendeur: deux équipes à terre chargées de la navigation (l'une dans le Colorado et l'autre au Jet Propulsion Laboratory  (JPL) en Californie) qui ne s'étaient pas mise d'accord sur le système de mesure à utiliser. Quand l'une parlait en mesures anglo-saxonne (pouces, pieds ou yards...), l'autre pensait système métrique (centimètres)...
"Notre incapacité à reconnaître et à corriger cette simple erreur a eu des conséquences majeures", souligne Edward Stone, directeur du JPL.
"Le problème n'a pas été l'erreur en elle-même mais l'incapacité des systèmes d'ingénierie de la NASA et des vérifications réalisées pendant l'opération à détecter l'erreur", déclare pour sa part Ed Weiler (administrateur adjoint à la NASA) dans un communiqué. Tournure de phrase peut-être mieux enrobée que celle d'Edward Stone. N'empêche que le prix de la légère bévue s'élève à quelque 125 millions de dollars (soit 765 millions de francs).

Rappel : pour trouver 765 millions, soit le prix de la bévue en francs, il m'a fallu :
- noter le cours du dollar ce 4 octobre (disponible dans tout bon journal), soit 1 dollar = 6,12 F ;
- multiplier ensuite 125 (les millions de dollars) par le cours du jour (6,12 F), ce qui donne 125x6,12=765 millions de francs ;
- effectuer ensuite une preuve par 9 afin de vérifier l'exactitude du résultat (on ne sait jamais...).

A savoir, pour ne pas mourir idiot
Les Américains sont, avec les Birmans et les Libériens, les derniers dans le monde à ne pas utiliser le système métrique dans leur vie quotidienne. Depuis le Metric Conversion Act acté par le Congrès en 1975, les Américains ont le droit d'utiliser le système métrique, mais aucune loi ne les y oblige. C'est pour cela qu'ils continuent, notamment, à acheter l'essence au gallon et le ketchup en onces.

Une chenille robotisée pour mieux repérer les survivants d'un séisme
Technologie
Vendredi 1er octobre 1999
Dans son édition à paraître demain, l'hebdomadaire NewScientist indique qu'une équipe de chercheurs américains (université d'état de Caroline-du-Nord) vient de mettre au point un robot à chenilles capable de pénétrer par les canalisations à l'intérieur d'un immeuble en ruines et de répérer d'éventuels survivants, notamment après un séisme.
Baptisé "Mocassin II", l'engin mesure un mètre de long et peut se déplacer dans des tuyaux n'excédant pas 15 centimètres de diamètre. Actionné par télécommande, il peut prendre des virages à 90 degrés. Muni d'un micro, il peut enregistrer des sons émanant d'éventuels survivants ; il est par ailleurs doté d'un système d'éclairage et d'une caméra-vidéo.

Chercheur : un métier en expansion mais encore très peu féminisé
Etude
Vendredi 1er octobre 1999

Selon l'étude "Chercheurs : un métier en expansion qui permet l'embauche de jeunes diplômés" venant de paraître dans "Premières informations et premières synthèses"*, les chercheurs français connaissent peu le chômage et le métier à connu en quinze ans un boom sans précédant, enregistrant une progression des effectifs comparable seulement à celle des informaticiens ou des formateurs.
Le métier est jeune -17% des chercheurs ont moins de 30 ans- mais encore peu féminisé : un chercheur sur cinq est une femme. On note toutefois un doublement de la proportion du nombre de femmes en 15 ans. Le taux de féminisation atteint 35% dans la recherche publique, mais ne dépasse pas 16% dans les entreprises.
En 1998, la France comptait quelque 220 000 ingénieurs de recherche ou d'étude, soit une augmentation de 69% par rapport à 1983, hausse nettement supérieure à celle relative à la moyenne des cadres ou aux cadres techniques de l'industrie. Près d'un chercheur sur trois (soit 32%) se trouve dans le secteur de l'électricité-électronique, devant la chimie et la biologie qui regroupent chacune 14% des chercheurs. Dans ces deux derniers secteurs, on enregistre le plus fort taux de croissance, avec un doublement des effectifs en quinze ans.
L'Ile-de-France se détache nettement des autres régions en attirant près de la moité des chercheurs, quatre fois plus que la région Rhône-Alpes qui vient en deuxième position.
La profession est naturellement hautement qualifiée, mais un sur quatre est seulement titulaire d'un diplôme de premier cycle (BTS, DUT...) et a sans doute accédé à ce métier, notamment en entreprise, par promotion interne.
Les diplômés des grandes écoles continuent de tenir le haut du pavé dans les entreprises, mais les diplômés de l'université sont en progrès et deux fois mieux représentés aujourd'hui au sein des entreprises. Cette évolution est cependant due en partie, note l'étude, au développement de la recherche dans les secteurs pharmaceutique et médical, où les formations sont assurées par l'université.
Les chercheurs français connaissent peu le chômage : la profession dénombrait 17 000 demandeurs d'emploi en mars 1999, "un niveau relativement faible, synonyme d'un chômage quasi-frictionnel", note l'étude. En outre, ce chômage est moins durable : moins d'un chômeur sur trois (30%) dans ce secteur est inscrit à l'ANPE depuis plus d'un an, contre 39% pour l'ensemble des professions.

* Document hebdomadaire (n° 37.2) publié par la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) du ministère de l'Emploi et de la Solidarité.

http://www.admiroutes.asso.fr/action/theme/science/actu/1999/1999octo.htm
Droits de diffusion