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lu dans Le Micro Bulletin Actu En Ligne 62
édition du jeudi 29 mai 1997
Note de l'éditeur : L'ère du contenu francophone
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Le développement d'Internet est un mouvement cyclique en trois temps. Les opérateurs opèrent s'il y a un marché, une offre et une demande à relier. Les offreurs de contenu mettent en ligne, s'il y a un public au bout de la ligne. Le public s'intéresse à l'Internet, s'il y a du contenu dedans et si l'infrastructure permet un accès rapide. Selon les époques, en France, l'accent est mis sur l'une ou l'autre des étapes. Un temps, ce fut l'infrastructure (Rapport Théry 1995), un autre c'était la petitesse du marché et le manque d'engouement du public pour le grand réseau, aujourd'hui, le contenu vient sur le devant de la scène.

* Le projet Fr@nce en ligne, lancé le 25 mai, que l'on peut découvrir dans le site d'Admiroutes,. appelle de ses voeux un "bouquet de services d'informations" et une implication forte de l'Etat pour faire explicitement entrer la France dans la société de l'information.

* Le Comité réseau des Université lançait à Rennes, la semaine dernière, le service Francopholiste (http://www.cru.fr/listes ), un grand catalogue des 200 listes de diffusions francophones, classées par thèmes ou par pays, donnant un accès à 100 000 messages archivés. Le CRU pour sa part génère près de 1,5 millions de messages chaque mois avec les listes de diffusion qu'il héberge.

* De l'autre côté de l'Atlantique, à Montréal, jeudi dernier lors du Marché des inforoutes et du multimédia, était inauguré le projet Francoroute ( http://www.francoroute.org/ ). Un robot-logiciel évolué, créé par le Centre de Recherche Informatique de Montréal, lit et classifie les documents en français repérés sur Internet. Il pratique une préclassification automatique des sites par thème ou par pays. Ces trois grandes actions marquent le troisième temps, le temps du contenu francophone.
Alain Simeray



28 mai 1997 - Bruno Mannoni
Personnellement j'ai le sentiment que nous sommes en train de nous planter, car nous négligeons de trop les tuyaux, pour nous axer uniquement sur le contenu.
Si, à l'époque, la volonté de Jacques Toubon de privilégier le contenu francophone fort sur l'Internet, et de laisser de côté les problèmes de tuyauterie, était justifiée, elle a maintenant des effets pervers, qu'il faut souligner.
Deux exemples:

1°) La déclaration de Cotounou, reformulée il y a qqs jours à Montreal, ne prend pas en compte le fait que ce sont les Etats-Unis qui connectent l'Afrique à l'Internet, et c'est vers les Américains que les Africains se tournent pour l'expertise technique.

Etant branché par les Etats-Unis, la structure du réseau fait que les serveurs Américains seront plus accessibles et plus visibles que les serveurs francophones.
2°) L'Intranet gouvernemental, accessible par téléphone uniquement, est un non sens. L'Intra/Inter/Extra Net CE N'EST PAS UN RESEAU A BASE DE RTC CONNECTE A UN POINT CENTRAL....

La on est revenu à l'informatique des centres interrégionaux de calcul électronique des années 60 !!!!
Il y a un moment tout de même ou il faut dire que si chaque agent de l'état disposera d'une adresse de courrier électronique qu'il consultera sur un serveur central gouv.fr par RTC c'est une méconaissance totale de ce qu'est le Net.

L'Etat doit donner l'exemple et se mettre en réseau TCP/IP sur des liaisons à débit correct.
Il faut faire un RENATER pour l'Administration, sérieusement, en profitant de la dérégulation et du fait que sur Paris avec la RATP on peut obtenir du 10 Mega bits pour pas cher du tout .....

Pour l'Afrique on pourrait dédier de la bande passante sur un satellite TV sous-employé .....Si cet aveuglement continue, on va mettre plein de pognons sur des contenus, en Français certes, mais sans infrastructure permettant de prendre en compte
la nouvelle facon de travailler qu'est Internet.

Bruno Mannoni


28 Mai 1997 Bruno OUDET
Je ne peux qu'aller dans le sens de ce que dit B Mannoni. Il faut contenus ET tuyaux. Le centre de gravité de l'Internet est aux Etats-Unis, non simplement parce qu'ils ont inventé le système, mais parce qu'ils ont toujours été très volontaires dans leur politique de relier aux Etats-Unis les réseaux Internet des autres pays.

Quelle est la fraction du budget de notre coopération consacrée aux aides à l'infrastructure, et dans cette partie combien représente le montant de notre aide au raccordement à l'internet? Encore faudrait-il que ces crédits soient bien utilisés et non gaspillés par le paiement de factures luxueuses établies avec l'idée "l'Etat peut payer".

Au sujet de l'intranet de l'administration: avoir une adresse électronique, ne veut pas dire qu'on l'utilise. Et on l'utilisera d'autant moins qu'il faudra faire plus de manips pour se connecter sur l'internet. La connexion par modem sera un obstacle à l'utilisation. J'en fais tous les jours l'expérience.

Bruno Oudet
L'objectif de France en ligne ne sera pas seulement de relier point à point un consommateur passif à un serveur d'information, mais aussi d'encourager, selon la formule de la galerie virtuelle, la navigation entre offres et acteurs différents. JPB,