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Internet au service du dialogue entre fonctionnaires et citoyens.
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3 pages |
par Jean-Paul Baquiast et Anne Bedel |
29-8-99 |
Nous avons ouvert le site web Admiroutes (http://www.admiroutes.asso.fr)
en 1995, à un moment où la France n'avait pas encore
découvert les enjeux de l'Internet. Notre objectif était de
contribuer au développement de celui-ci dans le monde de l'administration
publique francophone, par la pratique, c'est-à-dire en incitant
concrètement les gens à utiliser ce média pour s'informer
et s'exprimer. Nous nous placions dans la philosophie de l'Internet: faire
soi-même, faire tout de suite, utiliser les moyens du bord, et finalement
prendre ses responsabilités dans l'appréciation des avantages
et des risques découlant de la communication par Internet, sans oublier
le devoir de réserve s'imposant aux fonctionnaires.
Nous avions suivi en cela l'exemple de nos amis de l'Ecole des Mines de Paris
fondateurs d'Adminet
(http://www.adminet.com), créée
en 1994. Mais tandis qu'Adminet s'est spécialisée dans la
fourniture d'une information aussi complète et à jour que possible
de tout ce qui parait sur le web dans le domaine mondial de l'administration
(domaine entendu au sens large), Admiroutes choisissait d'être un site
éditorial, fournisseur de contenus originaux. produits par des auteurs
les mettant gratuitement à la disposition du public. Admiroutes est
adossée à une association de la loi française de 1901,
plus pour satisfaire aux conditions d'attribution d'un nom de domaine par
l'Afnic, que pour mener des activités associatives traditionnelles.
Tout s'y passe sur Internet, ce qui permet, entre autres, d'éviter
le "parisianisme" .
Aujourd'hui, après bientôt 4 ans d'exercice, ce qui donne une
expérience considérable par rapport à la vitesse
d'évolution de l'Internet et de ses usages, nous pouvons présenter
le bilan suivant, qui peut intéresser tous ceux qui seraient tentés
par une telle démarche:
- la modernisation de l'administration, l'amélioration des services
qu'elle rend aux citoyens, plus généralement le rôle
de l'Etat dans l'univers de la mondialisation, de la privatisation et du
commerce électronique, constituent des thèmes intéressant
les citoyens et trouvant de ce fait un public certain. Le site d'Admiroutes,
sans faire de publicité, est fréquenté par environ 800
à 1000 personnes distinctes par jour, qui restent plus de 15 minutes
en moyenne en ligne, et téléchargent 1 document sur 3. La base
de textes comporte actuellement plus de 50 mégaoctets, archivés
par dates et thèmes. La fréquentation, et les contributions
éditoriales, seraient évidemment beaucoup plus importantes
si davantage de citoyens français étaient connectés
à Internet. Rappelons à ce sujet que beaucoup de salariés,
disposant à titre professionnel de l'intranet, ne peuvent pour des
raisons dites de sécurité accéder librement à
l'Internet. Cette raison explique que de nombreux fonctionnaires ne
découvrent Admiroutes qu'après s'être connectés
de chez eux, bien qu'en bonne logique la fréquentation du site aurait
pu s'apparenter, aux yeux d'une hiérarchie soucieuse de rentabilité,
à une activité de formation professionnelle.
- il est possible de s'exprimer sur ces thèmes sans se substituer
aux administrations ni aux organisations politiques, mais sans viser non
plus à des objectifs économiques ou commerciaux (vendre un
service en ligne, par exemple). Admiroutes est animé par des
bénévoles, appartenant ou non à la fonction
publique.
- les agents publics (fonctionnaires) et les autres catégories de
citoyens, usagers des administrations, sont prêts à discuter
ensemble, malgré certains a priori pouvant les séparer. La
fréquentation d'Admiroutes comporte pour plus de 75% de
non-fonctionnaires. A l'inverse, beaucoup de correspondants d'Admiroutes
sont des webmestres de l'Etat, des collectivités locales ou
d'associations, français ou étrangers, qui souhaitent s'informer
de l'expérience des autres, et communiquer la leur.
- sur ces mêmes thèmes, et avec les mêmes approches, les
frontières nationales ne sont pas des obstacles aux dialogues.
C'est évident dans le monde francophone, notamment vis-à-vis
de partenaires québécois et africains. C'est vrai aussi
vis-à-vis d'autres communautés linguistiques (anglophones,
hispanophones). 50% de la fréquentation d'Admiroutes provient de
l'international. Ceci étant, il est évident que le succès
serait plus grand encore si les auteurs ou lecteurs pouvaient disposer d'outils
de traduction permettant au moins 3 versions d'un même texte, outre
le français: anglais, allemand, espagnol.
- le succès d'Admiroutes tient au fait d'avoir su utiliser systématiquement l'interactivité:
- une autre raison du succès tient au mariage des contenus et des tons:
- une dernière raison du succès d'Admiroutes, qu'il faut signaler, tient au respect strict de quelques règles simples de la communication sur Internet:
Ceci n'empêche pas de faire appel aux couleurs et images simples, pour
faire passer plus facilement des contenus qui restent assez ardus, aux yeux
de non spécialistes de l'administration. Ces différents
points sont développés dans le guide-âne du webmestre
déjà cité.
Pour conclure, il faut indiquer que nous avons pu réaliser et maintenir
le site pour un coût dérisoire (environ 600 FF ou 100
euro par mois), non compris le coût des micro-ordinateurs et des connexions
pris en charge par les auteurs. Il n'a jamais été jugé
utile de faire appel à une société de service. Par contre,
les fonctions de rédacteur en chef (si l'on peut utiliser ce terme
emprunté à la presse) et surtout celles de
webmestre-concepteur-animateur, exigent plusieurs heures par semaine de travail
soutenu, nécessairement prises sur les temps de loisir.
Adresses des principales rubriques: |
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http://www.admiroutes.asso.fr/action/theme/internet/bilan99.htm
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