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Compte-rendu (subjectif) des journées d'Autrans 2000 |
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janvier 2000 |
Pour avoir un compte-rendu objectif des journées de l'ISOC.France à Autrans (6, 7 et 8 janvier 2000) se reporter sur le site de l'Isoc
En cours de rédaction. Je n'ai pas eu assez de temps encore pour terminer. Sorry. JPB
En italique rouge, mes commentaires rapides (trop rapides sans doute). Les personnes citées n'ont pas validé les propos que je leur prête. En cas de doute, le mieux est de prendre contact avec elles, via leur adresse électronique, quand j'ai pu me la procurer. Baquiast
Introduction du président Bruno Oudet:
Face aux catastrophes actuelles, tout se passe comme si Internet n'existait pas, et ne pouvait pas servir à reconstruire les zones sinistrées. Il faudra démontrer le contraire. (Depuis, le site http://www.solidarite.com.fr/ a été ouvert à l'initiative de Bruno Oudet)
Exposé introductif de Jean-Claude Guedon
Devant Internet, il ne faut pas rester consommateur passif, mais se demander quel Internet l'on veut obtenir. Plusieurs questions nous interrogent.
- Les infrastructures: d'une architecture actuellement décentralisée et flexible, l'on s'oriente avec Internet2 haut débit vers une architecture en étoile fermée, voulue par les universités et les Pouvoirs Publics américains. Il ne faut pas laisser faire. Il faut et imposer plusieurs étoiles, à commencer par une étoile européenne.
- Les hauts débits: les institutions ont le choix entre passer par les solutions des opérateurs installés sur le marché, ou câbler leurs emprises territoriales en fibre noire, ce qui leur reviendra infiniment moins cher, pour un service finalement identique. Dans les campagnes, les faisceaux hertziens sont très faciles à déployer.
Pour des raisons tenant aux archaïsmes français, ces choix ne sont pas encore réellement possibles en France.
- Les couches applications: 1999 a vu se généraliser la prise de conscience de l'intérêt des logiciels libres (codes sources ouverts) Ils génèrent une relation humaine et une économie nouvelles, entre producteurs et consommateurs, avec apparition de nouvelles compagnies moins envahissantes et tout aussi efficaces.
- L'utilisateur final: avec les codes sources ouverts, l'utilisateur final cesse d'être le "propriétaire" crispé sur ses droits, mais un maillon d'une chaîne, quelque chose comme un phonème en linguistique. Il établit avec les autres individus phonémiques des relations linguistiques stables, sur le modèle du scientifique dans la communauté scientifique classique.
- La couche des publications, archives, etc: en conséquence de ce qui précède, les publications échappent aux appétits gloutons de l'édition pour redevenir l'affaitre de tous ceux qui ont des choses à dire et souhaitent les communiquer, au delà du droit d'auteur, du commerce de l'esprit, etc. On rejoint de nouveau le modèle de la communication scientifique "à l'ancienne", telle du moins qu'elle était rêvée par les purs de la connaissance pour la connaissance.
Intervention de Mme TrautmannNous ne sommes qu'au début de la société de l'information. Ce ne sera pas la société actuelle plus Internet. Les citoyens veulent participer à sa définition. Comme à Seattle, on retrouve les groupes de pressions classiques et les citoyens.
L'Etat doit reconnaitre l'originalité du cyber-espace. La modernisation se fait différemment de ce que l'Etat sait encourager. Les logiques de la centralisation, du droit, se heurtent à celle du réseau.....Suivent des informations concernant l'avancement du PAGSI.
Le ministère de la culture a pleinement pris en charge les logiciels libres, sous l'impulsion de Bruno Mannoni. Une Charte du courrier électronique y est par ailleurs à l'étude. On ne peut pourtant pas envisager d'imposer Linux à l'ensemble des ministères.
Le ministère veut lutter contre l'exclusion sur le web. D'où l'intérêt porté aux Points d'accès publics dont parlera Michel Briand ici. 130 Espaces culture-multimédia ont été ouverts depuis 2 ans. 200 sont visés. Ils fonctionneront en réseau. Dans les bibliothèques publiques, un plan Nouvelle lecture-Nouvelle écriture est lancé. Il ne rejette pas la lecture traditionnelle. Les deux se rejoignent.
JP Host, directeur Général du Centre National du Cinéma remettra prochainement des propositions sur l'aide aux contenus. Un fonds de 50 millions est prévu (à comparer au 1 milliard et quelques de l'aide au cinéma, sous ses formes les plus classiques. Les mauvais esprits feront également valoir les centaines de milliards de dollars en jeu dans la fusion, survenue depuis et donc non évoquée à Autrans, entre AOL, fournisseur de réseau, et Time Warner, fournisseur de contenus).
Les médias traditionnels doivent trouver leur place dans le nouveau paysage médiatique mondial ouvert par Internet. En France, le principe sera celui de la liberté d'expression sur Internet. L'on va supprimer l'obligation de déclaration préalable à l'ouverture de services en ligne. Par contre, il faut préciser la question de la responsabilité sur Internet. D'où la mission de Christian Paul sur la corégulation, qui tiendra ici une première audition publique. Un organisme d'autorégulation est nécessaire. Il faut un espace organisé d'échanges. Mais pas de cogérance avec la justice.
Questions:
Patrice Martin Lalande: L'assemblée Nattionale va examiner le projet de loi sur la preuve électronique. Ceci ne concerne pas le domaine administratif (Etat et collectivités locales). C'est dommage.
Table-ronde Internet et les médias. Animateur Pierre Oudart, CNC
- Alain Giffart, cabinet de Mme Trautmann. Internet est-il un média? Contrairement aux affirmations de certains (D.Wolton) selon lequel Internet n'est pas un média parce que constitué de technologies, Internet est le média de la société de l'information, car celle-ci se constitue sur une base technologique. L'interconnection généralisée des réseaux entraîne une activité médiatique (y compris concerna tle commerce électronique. La Fnac sur internet est un magasin et un média.
Pour les médias traditionnels (presse, TV, etc.) il ne suffira pas de réaliser un clonage sur Internet de leurs produits habituels. Il faudra trouver de nouveaux modèles économiques.
Au plan social et politique, il faut prévoir une explosion de l'expression, avec de nombreux nouveaux entrants. Tout le monde va communiquer, y compris les hommes politiques. Les forums électroniques sont le modèle de la communication ouverte. Chacun rebondit sur l'autre: "on se réunit, on a creusé ce qui nous sépare. On avance" . Des "objets médiatiques non identifiés" apparaissent constamment, par exemple le site du Radiophare suite à la marée noire http://www.radiophare.net/
De grosses difficultés demeurent pour les institutions, encore peu habituées à ces nouvelles formes d'expression. Les politiques voudraient contrôler.
Le ministère de la Culture souhaite aider les nouveaux entrants: problèmes de fiscalité, de statut - Cf. mission et recommandations de Patrick Bloche
- François Vadrot, FTpresse http://www.internetactu.com/ : périodique en ligne, ayant succédé à la revue du CNRS. 20.000 abonnés directs. Pas de carte de presse pour les journalistes, bien que ceux-ci soient rémunérés. Le poids des créateurs de contenus dans le journal est de 50% , contre 7% dans la presse traditionnelle. Le travail est également différent. Un journaliste traditionnel ne cite pas ses sources. Ici au contraire le journaliste recherche les sources référentes et les livre au lecteur (Qui est associé de cette façon à la production de sens. Très important). De même, le journaliste en ligne réagit très rapidement. Il est via le mel en relation directe avec le lecteur final.
FTpresse cherche encore son modèle économique. Il ne peut ni ne veut pour le moment compter sur les abonnements, la publicité, les PA. Il explore la voie des services à valeutr ajoutée payants (par exemple offres d'emplois haut de gamme). L'équilibre parait en bonne voie.
- Olivier Bourgeois Dauphiné Libéré: présentation d'une réalisation plus classique, adossée à un grand journal de la PQR. Dauphiné Network Services, visant une stratégie Internet de proximité. Il ne s'agit pas de reproduire le journal sur le web (qu'il faut d'ailleurs protéger), mais de rechercher des domaines originaux: portail, sites info, sites de services, etc. Guide Rhône-Alpes. Galerie marchande. Annuaires: 700.000 entreprises, 2200 communes. Petites annonces. Info touristique. Pas de télévision pour le moment.
- Denis Portier, Canal Web (http://www.canalweb.net): start up en plein décollage, dans le créneau de la télévision sur le web. 60 chaînes thématiques, kiosque à journaux, presse spécialisée, chaînes spécialisées (jeux, échecs). 60 personnes (opérateurs TV au format IP) Vise le satellite et ADSL.
Businesse model: audience, publicité sur le site, commerce électronique btob, pay per view.- Thierry Manceaux, La Citoyenne http://www.tcc.fr et http://www.citoyenne-tv.net. La citoyenne tient le web-studio d'Autrans . D'abord hébergé par Canalweb, puis a grandi. Ne trouve pas d'investisseurs. Situation difficile. Cependant toutes les communautés d'intérêt peuvent devenir des acteurs multimédia. Ceci multiplie le nombre des médiateurs. Il y aura plusieurs médias, les médias de réseaux et les médias de masse. Comment les médias citoyens vont-ils se distinguer des médias de masse? Comment coexister sur le plan économique? Comment distinguer l'information "objective" et l'information "partisane"?
La Citoyenne est hybride. Elle se veut le porte-voix de l'information active, de la création participative. Mais elle y ajoute la création professionnelle.
Comment vivre? Services à valeur ajoutée? Edition: aider les fabricants de contenus multimédia? Personne n'a analysé toutes les possibilités.
Par ailleurs, quelle ligne éditoriale adopter? Si Canalweb héberge 60 chaînes, y a-t-il 60 lignes éditoriales? Les médias en réseau ne sont pas nécessairement des chaînes. Les médias de terrain vont plus vite que les médiateurs classiques. Voir le site Radiophare/Erika.Th. Manceaux pose clairement le problème du statut des sites Internet "citoyens" qui se mettraient à faire de la web-télé. Modèle économique, ligne éditoriale, statut juridique. C'est une question qui peut intéresser Admiroutes ou Adminet, par exemple.
Plus généralement cette Table-ronde a été révélatrice de ce qui se passe, au delà de la première génération des sites Internets. Elle a montré comment de plus en plus d'initiatives citoyennes, civiques, associatives diverses se mettent à disputer l'espace des médias classiques de masse (presse, radio, TV) en venant sur Internet de façon non-professionnelle (en faisant travailler des amateurs et pas des "journalistes", sans nécessairement d'objectifs économiques) mais en se mettant au service d'objectifs d'intérêt général ou particuliers suffisants pour leur assurer une audience satisfaisante. Les grands médias essaieront de récupérer ces petits sites éditeurs, mais ils risquent d'être toujours en retard d'une idée ou d'un savoir-faire de terrain. Cela sera très bien ainsi et démentira les affirmations non-fondées de D.Wolton, qui répète partout qu'Internet n'est pas un média, mais une technologie.
Espaces Publics Multimédia Animateur Michel Briand
L'objectif est de travailler sur l'accessibilité et l'appropriation des usages par le plus grand nombre. Il y a quelques initiatives en France, mais c'est encore loin d'une politique globale. Il faut que de sinitiatives d eterrain se multiplient (chacun peut le faire là où il se trouve) pour que cet objectif devienne réalité.
(à suivre)
http://www.admiroutes.asso.fr/action/theme/internet/autrans00.htm
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