Le passage des administrations à l'euro
Le point en janvier 1999

2 pages

 Jean-Paul Baquiast - jean-paul.baquiast@codet.finances.gouv.fr 

22 janvier 1999

La première phase du passage à l'euro a été franchie convenablement par les administrations françaises. Aucun incident notable n'a été enregistré ni le 1er janvier, ni les jours suivants. Les responsables de la préparation, dans les ministères, comme au sein de la direction de la comptabilité publique et de la Mission interministérielle euro, peuvent donc être satisfaits. Reste que, de l'avis général, le travail fait représente environ 15% de celui qui reste à faire, jusqu'au basculement définitif fin 2001. La première phase ne portait en effet que sur l'aspect comptable des opérations. Dorénavant il faut prendre en compte tous les impacts possibles, sur l'ensemble des applications. Il faut également prévoir toutes les interfaces avec les applications des correspondants, et les réactions aux incidents provoqués par ces derniers. L'effort ne doit donc pas être relâché...

Un planning prévisionnel sommaire montre qu'il faut consacrer 6 mois environ à l'analyse et à la définition des scénarios, 6 à 12 mois à la programmation détaillée des applications, 6 mois de test et quelques mois de formation et déploiement sur le terrain. C'est donc dès maintenant qu'il faut se mettre au travail. Ce travail   suppose, dans chacun des ministères et au plan interministériel, l'adoption d'aides méthodologiques et d'aides au pilotage, pour mettre notamment en évidence les maillons les plus faibles, baliser l'avancement par des points de contrôle adéquats, assurer le reporting d'ensemble.  

L'on peut penser aussi qu'il faut prévoir, pour ce qui concerne les administrations, et compte-tenu du grand nombre des partenaires qui devront tous faire basculer ensemble la totalité de leurs applications, et ceci en quelques jours, une sorte de schéma de place comparable à celui de la banque. Ces partenaires, très étroitement et diversement imbriqués, sont, rappelons-le, les administrations centrales, leurs services déconcentrées, les divers établissements publics sous tutelle, les collectivités locales et finalement, les entreprises et particuliers en relation avec les précédents. Des tests, nationaux et sans doute aussi régionaux et départementaux, de la bonne intégration, sont à réaliser tout au long des derniers mois, ainsi qu'un suivi et le déclenchement de mesures de sauvegarde, lors des quelques jours du basculement effectif.

Tous ces travaux ne seraient pas trop difficiles à mener si ne s'ajoutaient pas, en 1999, ceux du passage à l'An 2000. Aujourd'hui, un réflexe de facilité très répandu consiste à concentrer les moyens sur cette dernière échéance, en négligeant de fait la préparation à l'euro. Ceci est d'autant plus marqué que l'on découvre tous les jours de nouveaux risques et travaux nécessaires en matière d'An 2000. Sait-on bien par exemple qu'il sera nécessaire d'analyser un par un, en la présence de leur utilisateur, tous les micro-ordinateurs dont le constructeur n'aura pas garanti la compatibilité An 2000, c'est-à-dire tous les micro-ordinateurs achetés avant 1998 ou 1999, selon les marques.

Il ne faut pas oublier non plus, nous l'avons constamment répété ici, les contraintes liées à la prise en compte des orientations du Programme d'action gouvernemental pour la société de l'information (Pagsi). Mettre en place pour 2001 le programme de gestion budgétaire et comptable Accord, la gestion électronique des marchés publics, les téléprocédures s'appliquant à plus de 100 formalités essentielles, pour ne citer que ces objectifs, demandera des forces de travail et un investissement méthodologique sans commune mesure avec ce qui a été nécessaire en 1998.

Or, il faut le rappeler également, les assouplissements à la gestion des services techniques que les responsables informatiques des ministères avaient souhaité, en ce qui concerne la passation des contrats intéressant les prestations intellectuelles par exemple, la gestion des personnels, les redéploiements budgétaires eux-mêmes, n'ont pas encore été décidés ou ne sont pas encore rendus effectifs.

Pour faire face à tout cela, et pour en revenir à l'euro, nous préconiserions qu'à côté de la concertation entre et avec les directeurs informatiques des administrations, une couche supérieure de responsables soit également associée quotidiennement aux travaux à conduire. Le profil n'en est pas évident. Peut-être pourrait-il s'agir des hauts fonctionnaires chargés de la modernisation sur lesquels le Pagsi souhaite s'appuyer dans chaque ministère. Le caractère généraliste de leurs responsabilités semble les destiner à ce rôle difficile.

http://www.admiroutes.asso.fr/action/theme/euro/point.htm