PLANNING INDICATIF DES OPERATIONS PREPARANT LE PASSAGE A L'EURO DANS LE DOMAINE INFORMATIQUE.

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Jean-Paul BAQUIAST le 11/10/1996

Le passage à l'Euro, qui constitue désormais pour les pays du premier groupe Monnaie Unique une échéance incontournable, ne fait pas toujours dans ces pays, que ce soit au sein des administrations ou des entreprises, l'objet d'une programmation aussi attentive que la proximité des échéances le justifierait. C'est particulièrement le cas dans le domaine informatique, où pourtant la complexité des tâches à entreprendre devrait en faire le " grand projet " des trois prochaines années.

Même si certains éléments techniques dépendant du règlement juridique de l'Euro (Union Européenne) ou des schémas de place des banques nationales, ne sont pas encore définitivement fixés, la programmation des travaux devrait aujourd'hui être arrêtées par tous les organismes, qu'ils soient grands ou petits.

Pour aider à cette prise de conscience, et sur la demande de divers correspondants, nous proposons, à titre purement indicatif, ce que pourraient être les grandes lignes d'un planning des opérations à conduire, du dernier trimestre 1996 au ler janvier 1999, puis entre cette date et la date du basculement définitif (soit au plus tard le 1.1.2002) pour faire face, dans le domaine informatique, aux premières échéances du passage à l'Euro.

Ce planning constitue un résumé extrêmement sommaire des opérations qui devraient être conduites, dans le domaine informatique et organisationnel, pour respecter ces échéances. Il doit évidemment être aménagé compte-tenu de la nature des responsabilités de l'organisme et des programmes applicatifs dont il assure la charge.

Pour ce qui concerne les opérations à réaliser afin de respecter la date au plus tard, on ne saurait trop insister sur la nécessité de prendre vis-à-vis de cette date au plus tard, les plus grandes marges de sécurité compatibles avec le respect, prioritaire, de l'échéance 1999. Des décisions politiques ou techniques peuvent en effet conduire les gouvernements à rapprocher la date au plus tard. Ce ne sont pas les considérations liées à la faisabilité ou non-faisabilité des opérations informatiques de conversion qui arrêteront ces décisions. Pour bien faire, il conviendrait d'être prêt dès l'année 2000. Les services informatiques estiment en général que, dans l'état actuel de leur organisation, cet objectif est pratiquement hors d'atteinte. Faut-il les maintenir dans cette certitude?

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LES GRANDES SEQUENCES D'ACCOMPAGNEMENT DU PASSAGE A L'EURO

(ces dates sont indicatives)

1. Etudes préalables: dernier trimestre 1996, au plus tard mars 1997 :

Ces études comportent trois catégories de travaux:

- inventaire détaillé, si ce n'est déjà fait, des applications, programmes, progiciels, voire entrées-sorties (états, écrans), fichiers, tables, etc, sur lesquels portera le recherche des champs monnaie.

NB: cet inventaire peut utilement être couplé avec celui des champs " date " nécessaire à l'organisation du passage au prochain millénaire.

- en suite immédiate de cet inventaire, étude détaillée de l'impact technique, des coûts humains, matériels et divers, des délais, découlant du passage à l'Euro (complété de ceux d'autres opérations menées parallèlement le cas échéant).

En fonction de la date de mise en service des programmes (date au plus tôt, date au plus tard ou date intermédiaire), constitution de lots et définition de scénarios techniques de mise à jour ou réécriture des programmes à l'intérieur de ces lots. Elaboration d'un PERT.

Les organismes objectent qu'ils ne peuvent procéder à cet inventaire et à l'élaboration des scénarios faute de disposer d'éléments précis permettant de quantifier les charges (arrondis, seuils, etc), non plus que de la date au plus tard exacte, notamment compte-tenu de ce qui se passerait si l'engouement pour l'Euro entraînait, pendant la période intermédiaire, un afflux des opérations avec les particuliers réglées en Euro (porosité)

L'argument ne tient pas. Les scénarios à élaborer doivent précisément reposer sur plusieurs hypothèses, portant d'une part sur la complexité plus ou moins grande de certaines opérations, d'autre part sur différentes échéances calendaires.

Il va de soi que, pour les organismes d'une certaine taille, de telles travaux ne peuvent se faire sans des outils informatiques évolués de planification.

- parallèlement à ces scénarios techniques, élaboration de scénarios stratégiques, par métiers ou produits de l'activité de l'organisme. Une synthèse d'ensemble de ces stratégies devra être élaborée le plus tôt possible (voir à ce sujet le document: bonnes questions à se poser). Exemple de choix stratégique: ne serait-il pas opportun, pour profiter de la réécriture d'une procédure supposant le traitement d'un formulaire fourni par l'usager, d'encourager à cette occasion le recours à l'EDI?

Les courts délais et le manque de réserves en matière de ressources limiteront l'ambition des développements stratégiques, au moins avant 2002. Il serait intéressant cependant d'y réfléchir dès maintenant, notamment à l'occasion de la mise à jour des schémas directeurs des systèmes d'information, à laquelle se livre actuellement de nombreux organismes.

Le PERT devra porter, dès que possible, sur l'ensemble des tâches à mener, de 1996 à 2002.

2. Réalisation.

Pour la suite, l'on distinguera trois catégories de calendriers, dont l'ensemble constituera les travaux de réalisation proprement dits:

2.1. Calendrier des opérations portant sur les programmes à livrer au 1/1/1999.

-Année 1997 (approximativement): réécriture ou écriture (développement et intégration), sur la base des choix techniques et stratégiques pris à la suite de l'étude d'impact, des applications devant être mises en service au 1.1.1999. Adaptation des progiciels.

Cette phase se décompose en expression détaillée des besoins, études techniques détaillées, réalisation des développements et intégration, tests techniques et vérifications d'aptitude, adaptation des supports (entrées-sorties notamment). Chaque organisme, en fonction de ses besoins et possibilités, définira pour son compte le contenu de ces différentes étapes, et leur date.

-Année 1998 (approximativement): tests et qualification de terrain des applications réécrites et nouvelles, par expérimentation-pilote - déploiement et première mise en exploitation (délais spécifiques à prévoir en cas de diffusion sur les services déconcentrés), formation, etc. Ces délais ne sauraient être sous-estimés sans risques.

2.2. Calendrier des opérations portant sur les programmes pouvant entrer en service après le 1.1.1999 et, en tous cas, avant la date au plus tard (se méfier des risques de rapprochement de cette date, pouvant découler de divers facteurs, dont la porosité).

Ce calendrier est totalement indicatif. Il correspond à ce que ferait un service qui voudrait en toute sécurité faire face à une échéance au plus tard rapprochée à l'an 2000.

- Année 1997: analyses fonctionnelles.

- Année 1998: écritures ou réécritures.

- Année 1999: tests de terrain et livraison aux utilisateurs.

2.3. Estimation et calendrier de mise en oeuvre des moyens.

Au plus tôt, et en tous cas dès la préparation du budget 1998 (printemps 1997), les organismes devront avoir élaboré des prévisions d'emploi des moyens humains dont ils disposent, ainsi que d'éventuels appels à la sous-traitance, accompagnées des conséquences budgétaires de ces estimations.

La charge de la sous-traitance sera d'autant plus allégée que la programmation des tâches et l'appel aux ressources internes auront été organisés à l'avance.