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Témoignage5 années d'action dans le domaine des réseaux éducatifs25/07/1997 mail de Jean-François Séguineau |
Jean-François SEGUINEAU nous envoie par Mail ce très intéressant témoignage sur 5 années de réalisations contrastées dans le domaine des réseaux éducatifs et de l'Internet universitaire. Il s'agit évidemment d'un point de vue personnel et un peu passionné, mais n'est-ce pas la vocation de l'Internet et d'Admiroutes que d'encourager cette connaissance précise du terrain qui manque dans les documents officiels. Nous vous incitons vivement à méditer ce document.
Pour l'avenir, Jean-François SEGUINEAU nous offre
d'assurer pour nous une veille technologique sur les réseaux
éducatifs. Nous l'acceptons bien volontiers. Il faudra trouver une
forme adéquate pour ce faire.
Jean-Paul BAQUIAST
Mon objectif est d'apporter une réflexion basée sur
l'expérience, sur mon expérience et ma connaissance des
réseaux.
J 'utilise assidument Internet pour faire de la veille sur les expériences
d'utilisation d'internet à travers le monde pour l'enseignement et
la formation et participer à des forums sur les méthodes
pédagogiques et les sciences cognitives.
Je suis différentes expériences, sans les à priori que
bon nombre de mes anciens collègues français ont sur le sujet.
Chercheur de 1980 à 1987 à l'Université de Cambridge
(GB), j'ai travaillé au développement de produits
spécifiquement destinés à la Formation et
l'enseignement.
Equipements : processeur RISC
Logiciels:
- Partage de ressources via les réseaux
- Formations interactives destinés à l'enseignement en
collaboration
avec la BBC
* Laser Disc éducatif Doomsday en 1981 et Ecosys en 1982
* Make the most of your computer avec ACORN et BBC2
J'ai débuté sur ARPANET en 1979 avec Cambridge University
Labs.
Après avoir passé 2 ans à étudier les diverses
expériences qui se
déroulaient à travers le Monde :
Télé Université du Québec (TUQ)proposaient des
formations utilisant plusieurs médias : Livres - cassettes audio et
vidéo - Time sharing sur ordinateur, etc...
Utilisation de la télévision en Chine pour l'enseignement et
la formation des formateurs
Utilisation de la Radio pour l'enseignement dans plusieurs pays africains
et en Indonésie.
L'utilisation de réseaux internes (LAN-ECONET) dans les
établissements scolaires en Grande-Bretagne, Irlande ,
Nouvelle-Zélande, Australie, Tunisie...
Note: L'expérience BBC - Enseignement à particulièrement
bien fonctionné dans les pays Anglo-saxons car le Ministère
de l'Education avait engagé une véritable étude de
marché auprès des enseignants pour définir les
options nécessaire au développement d'un outil informatique
destiné à l'enseignement.
Les prémices de l'enseignement à distance via les réseaux
prenaient corps, en particulier avec le support de l'Open University de Milton
Keynes.
La France s'était alors lancé dans une entreprise "hasardeuse"
: le programme des 100000 micros (M05 et T07 - Thomson/SIMIV), car les machines
sont restés plus sur les étagères que sur les bureaux
des élèves.
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Revenu en France en 1988, j'ai été employé comme
Chargé de Mission auprès d'Atlantech:
Organisme dépendant du Conseil Régional des Pays de Loire (CRDPL),
j'ai eu l'occasion de participer à de nombreuses expériences
et de monter un certain nombre de projets.
Animateur et membre du comité pédagogique d'EuroPACE, programme
transnational via le satellite pour diffuser des formations de hauts
niveaux.
EuroPACE a été dissous et repris par l'Université de
Louvain - Pr Van der Peer.
L'idée a été reprise en France par Computer Channel.
L'échec d'EuroPACE en France était dû à trois
raisons majeures :
* Les émissions étaient pour la plupart en Anglais.
* Les heures de diffusions n'étaient pas toujours compatibles avec
les planning des entreprises.
* Les cours étaient de qualités très inégales
donc difficile à cibler.
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En tant que Chargé de mission d'Atlantech, j'avais proposé
en 1991 de préparer l'arrivée d'Internet en initiant le projet
FORUM.
Ce projet a pris naissance grâce à l'association existante de
6 IUT (Nantes - Marseille - Cachan - Nancy - Lille - Brest) pour le
développement de supports de cours développés par les
professeurs de ces IUT et mis en commun, pour l'obtention d'un DUT de Génie
Electrique en formation continue.
La pré-étude, que j'avais réalisé, avait mis
en évidence que le contenu des supports proposés aux
étudiants étaient pour la plupart: obsolètes
(techniquement), illisibles (manuscrits raturés et remplis de fautes),
frauduleux c'est-à-dire ne respectant pas le copyright (bon nombre
comportait des photocopies de livres, de magazines, de photos, etc...)
Pour exemple, il a été constaté que la symbolique
utilisée par un IUT, n'était pas la même que celle
utilisée par un autre IUT.
Il a donc été proposé de numériser l'ensemble
des supports de cours, pour en assurer la maintenance,
l'homogénéité et la pérennité.
Les supports étaient:
* des polycopiés saisis sous format texte pour être ensuite
transformé en HTML
* des cassettes audio
* des cassettes vidéo
* des logiciels de simulations et de modélisations.
Le projet a été suspendu faute de contenus, les professeurs
n'acceptant pas de diffuser leur cours de peur d'être critiqué
où de ne pas recevoir de royalties, et cela malgré une forte
demande des étudiants et un investissement plus que substantiel du
Conseil Régional des Pays de Loire.
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J'ai, d'autre part, participé comme observateur pour Atlantech (CRDPL)
à la mise en place du projet "Télésites" du CNAM".
Le projet "Télésites" du CNAM" consiste à la mise à
disposition d'équipements pour travailler à distance. L'utilisation
était essentiellement destiné à l'apprentissage de
l'informatique Comme toujours, il y a eu une subvention importante pour l'achat
des équipements mais rien a été prévu pour le
développement de contenu.
Le développement et la mise au point du logiciel (LOTUS Bone) avait
été réalisé par une SSCI dépendant du
Conseil Régional Midi-Pyrénnées.
Il avait été souligné que le logiciel proposé
serait rapidement obsolète avec l'arrivée de nouveaux outils
de développement tel que : Java - HTML etc..., mais ces remarques
sont restées lettre morte.
Néanmoins aujourd'hui, le CNAM transpose télésite sur
INTERNET.
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De nombreux projets commencent à prendre corps, comme l'atteste le
livre blanc réalisé par Maryse Quéré de la DESUP
pour le compte du ministère.
Les projets étaient plus particulièrement orientés
Vidéos, télévision éducative (La 7 puis la 5),
et les CD-ROM.
Quelques centaines d'heures d'audiovisuels réalisés par
l'Université de Compiègne
Un CD-ROM d'apprentissage de l'anglais réalisé par C. Vaillant
de l'Université P. Sabatier de Toulouse.
Un cours de statistiques appliquées à la médecine
réalisé par l'Université de Rouen, e ligne sur Internet.
Des Cours et des simulations échangés entre l'école
d'Architecture de Grenoble et celle de Nantes.
La liaison d'Internet sur le réseau câblé
télévision d'une partie de la ville du Mans avec le support
du LIUM (Laboratoire Universitaire de l'Université du Maine).
Différents médias destinés aux grandes écoles,
développés par le campus d'Orsay sous la direction de M. Lucien
Donadieu.
Les produits développés par l'ADAPEI pour les mal entendants,
etc...
Il existe bon nombre d'expériences en France, mais aucune liste exhaustive
n'est maintenu. Le serveur "educatel" sur Minitel réalisé par
Nancy n'est pas ou peu ou plus consulté. Ce serveur donnait la liste
des didacticiels disponibles.
La liste est très longue et demande à être mise à
jour et maintenue.
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Je me suis intégré et ai participé de près ou
de loin aux activités d'associations comme :
ATENA, association présidé par Monsieur Loin - ancien recteur
du CNED à Vanves -, cette association ( basée initialement
à Montpellier), est chargée de promouvoir l'utilisation des
nouvelles technologies pour l'enseignement et la formation.
ORAVEP (Observatoire sur l'utilisation de nouvelles technologies dirigé
par M. Chevalier ex-CNAM).
EADTU : Enseignement A Distance Télé-Universitaire.
FIED (Fédération International d'Enseignement à
Distance)
GEMME (Maryse Quéré)
Bon nombre de ces associations avaient comme objectif de réaliser
ou de favoriser la réalisation de projets dans le cadre européen
( COMET - DELTA - NOW, TIME, etc...) ou d'associer des établissements
dans un même projet.
Ces associations ne perdurent guère car elles sont
généralement très "politique".
Et malgré tous ces projets et toutes ces associations, la diffusion
de contenus sur Internet se fait toujours attendre.
Les éditeurs maintiennent le CD-ROM car économiquement ils
savent gérer les royalties et la distribution: elle est identique
au livre et d'autre part culturellement le CD-ROM est proche du livre, mais
il en a les mêmes inconvénients, c'est-à-dire
l'immédiate obsolescence.
Naissent pourtant des initiatives comme celles d'Havas qui va prochainement
mettre en ligne, une encyclopédie interrogeable via Internet pour
contourner l'obsolescence des informations et en assurer une mise à
jour permanente. Les interrogations seront payantes.
L'Education Nationale se fait tirer l'oreille. Le CNED, qui possède
un réservoir de contenus considérables, ne bouge pas ou peu.
Les enseignants rechignent à mettre leur savoir en ligne, déclarant
qu'ils ne sont pas payer pour cela. Et c'est en parti vrai.
Attendons nous que les japonais ou les universités Nord américaines
(USA et Canada) le fassent à notre place, car c'est ce qu'ils
préparent: le libre service du savoir.
Les chercheurs en sciences cognitives commencent à s'intéresser
à Internet, car ils y voient la possibilité d'offrir de multiples
approches pour faire comprendre un concept donné, quelque soit le
mode de compréhension de l'étudiant . Qu'il soit plus sensible
à l'expression visuelle : l'image, à l'expression auditive
: le son, ou l'abstrait: la lecture et l'écriture.
Quoi qu'en disent nos enseignants, les utilisateurs, c'est-à-dire
le public, iront chercher le savoir là où il sera aisé
et attractif de se le procurer.
Ceci, bien entendu, n'exclut pas l'enseignement présentiel, mais
l'enseignement à distance pourra permettre une plus grande autonomie
à l'apprentissage et encore plus s'il est associé a une approche
ludique.
Comment se présente les sites dédiés à l'enseignement
et à la formation:
1- Une page d'accueil plus ou moins attractive, ouvrant sur les différents
services, les modalités d'inscriptions et les différentes
options.
2- Une description des différents départements avec parfois
le nom des professeurs, voir leur photo.
3- Une résumé des différents pôles de recherche.
4- quelquefois des contenus de recherches
Qu'existe-t-il aujourd'hui au niveau Education Nationale sur Internet?
Le Ministère de l'Education Nationale a fait un gros effort pour
réaliser un site intéressant :
http://www.education.gouv.fr
Les Universités :
Le Ministère ayant conclu un accord pour mettre à disposition
des chercheurs le réseau RENATER, toutes les universités ont
par principe accès à Internet.
Bon nombre de présidence d'Université ont aujourd'hui mis en
place un serveur via leur CRI (Centre de Ressources Informatique).
Ces serveurs sont sous la direction des responsables des centres de ressources,
mais aucun contrôle n'est effectué sur les contenus et
l'utilisation.
Bon nombre d'universités ont des ordinateurs reliées au
réseau interne (Ethernet ou autre) et celui-ci a généralement
accès directement à Internet. Ces ordinateurs sont mis à
la libre disposition des étudiants
qui peuvent y introduire leur propre page.
La réalisation des pages et des liens de ces pages ne subit aucun
contrôle et cela, peut entraîner bien souvent des abus avec le
risque de détérioration de l'image de l'Université.
Combien d'Universités présentent des liens avec des sites
pornographiques du style "Playmate" ou autre? Pas mal en France comme à
l'étranger.
Il peut donc y avoir plusieurs sous-serveurs dans une même
université, sans que les uns aient connaissance de l'existence des
autres.
Prenons pour exemple, l'Université de Nantes, il n'y pas loin de dix
"sous-serveurs" différents:
La Présidence avec des informations de types administratives.
Le CRI (Centre de Ressources Informatique) de la Faculté des
Sciences.
Perdican : Le serveur de la faculté de médecine
Palissi (SCETE) : Le serveur d'un département de la faculté
de lettre
Umédia: Le serveur de la formation continue
Ireste: Le serveur de l'école d'ingénieurs IRESTE
ISITEM: Le serveur de l'école d'ingénieurs ISITEM
ESCnantes: Le serveur de l'école de commerce
ECN: Le serveur de l'Ecole Centrale de Nantes
CNAMPL: Le serveur du Conservatoire des arts et métiers de Nantes
IUT: Le serveur de l'IUT
et je sais que j'en oublie.
Personne ne supervise, l'Université pourrait même être
fournisseur d'accès via RENATER, sans que personne ne s'en
aperçoive.
Je pourrais développer plus avant le sujet, mais c'est déjà
une base de réflexion.