Citoyen.org

accueil démocratie

3 pages

Bruno Oudet  Bruno.Oudet@imag.fr et Jean-Paul Baquiast jp.baquiast@meudon.netcable.tm.fr

04-1-2000

L'année 1999 sur l'Internet a été celle de Economie.com Faisons de l'an 2000 l'année de citoyen.eu

En ce début de l'an 2000 les indicateurs du baromètre "entreprise" de l'Internet sont tous au beau fixe.

A la fin de l'année 1998 (il y a seulement un an) il y avait 142 millions d'internautes. Il devrait y en avoir 500 millions d'ici 2003, et sans doute beaucoup plus si l'on inclut les téléphones mobiles qui d'ici deux ans incluront les services Internet. Au cours des douze derniers mois l'Internet s'est agrandi par l'ouverture d'une multitude de galeries marchandes. Embryonnaire (Le monde 1er janvier 2000) en 1998 avec un chiffre d'affaires de 8 milliards d'euros , l'e-commerce devrait dépasser les 40 milliards en 2000, les 80 en 2002. Et ceci n'est rien par rapport au commerce entre entreprises dont le chiffre d'affaire représente déjà 250 milliards d'euros (1300 milliards en 2300 selon Forrester).

Cette progression de l'Internet marchand est confirmée par les cours des actions des entreprises Internet qui atteignent des sommets inimaginables il y a encore quelques mois et ceci malgré leur chiffre d'affaires encore faible (quelques dizaine de millions d'euros) et leurs pertes (des centaines de millions). Enfin les jeunes entreprises trouvent facilement aujourd'hui le financement de leur démarrage et de leur croissance.

Dans le langage de l'Internaute cette croissance et cette bonne santé se résume ainsi: l'Economie.com se porte bien (voir le Monde du 2/3 janvier " Economie.com, la nouvelle Amérique").

Mais qu'en est-il de l' espace public non marchand de l'Internet? La vie des citoyens a-t-elle été changée, facilitée par l'Internet?

Si l'on ne salue que la croissance d'Economie.com c'est bien que le secteur citoyen de l'Internet n'a pas connu en 1999 la croissance du secteur marchand. Certes les Etats ont bien développés les programmes de mises en ligne de formulaires administratives. Mais ils n'ont pas su ni remettre en question leur fonctionnement interne comme ont commencé à le faire les entreprises, ni jouer auprès des citoyens et des associations le rôle des fournisseurs de capital risque auprès des entreprises naissantes.

Dans une vision pessimiste on pourrait aller jusqu'à dire que la partie publique et citoyenne est devenue l'espace sinistré de l'Internet. Il y a certes encore de beaux restes -on ne fait pas disparaître aussi vite l'esprit d'entraide, de co-formation, de co-découverte de l'Internet des pionniers avec leurs groupes de nouvelles. Mais on ne voit pas se développer sur le terroir citoyen de nouvelles pouces équivalentes à celles d'amazon.com ou freeserve du territoire marchand. Après avoir précédé l'Internet marchand, l'Internet citoyen est à la traîne, un peu à la dérive.

C'est pourquoi en ce début d'année 2000, il semble opportun que les citoyens réunit à Autrans lancent aux associations aux pouvoirs publics locaux, régionaux, nationaux et européeens un appel à réagir. Et on peut même réver. L'Economie.com est devenue la locomotive de la nouvelle amérique et deviendra naturellement celle de l'Europe marchande. Pourquoi est-ce que Citoyen.eu ne deviendrait pas la locomotive de la citoyenneté européenne du 21ième siècle? Dans le passé ceux qui nous ont précédé ont su créer l'éducation, places et jardins publics, les bibliothèques publics. Il s'agit maintenant d'imaginer et de créer l'équivalent dans le cyber-espace.

Bruno Oudet


Les journées de l'Internet Society à Autrans nous conduisent à constater que l'Internet-citoyen n'a pas encore décollé en France. Pour reprendre les termes de Bruno Oudet, entreprise.com commence à se développer, mais citoyen.org est encore à inventer.

Il y a pourtant des réalisations très intéressantes qui nous proposent un modèle à suivre. Citons deux exemples parmi d'autres :

- les Cahiers de doléances et de projet, http://www.doleances.org, forum ouvert au début de 1999 et toujours actif.
- Radiophare.net, http://www.radiophare.net/erika, réseau de veille contre la pollution des côtes .

Dans ces deux cas, la formule est la suivante :

Admiroutes et l'Isoc-fr ont proposé un cadre générique pour systématiser de telles initiatives : Leportail.org http://www.leportail.org

Ce cadre permettra à tous ceux qui le souhaitent de créer leur propre portail-citoyen, en s'inscrivant dans un réseau facilitant les échanges entre promoteurs d'initiatives.  Nous le ferons évoluer en tenant compte des réalisations concrètes.

Au niveau d'ensemble, Leportail.org se propose de publier la synthèse des informations fournies par les participants, notamment concernant les solutions de terrain mises en place, les difficultés rencontrées, les questions posées aux administrations, et les réponses faites par elles

Il n'est ni souhaitable ni possible de prétendre fédérer dans ce cadre toutes les initiatives pouvant se développer en France. Néanmoins, sur les grandes questions, si une coopération entre celles-ci peut s'établir par ce moyen, selon les formules souples permises par l'Internet, l'on pourra espérer quelques avancées intéressantes en matière de cyber-démocratie et cyber-citoyenneté.
Jean-Paul Baquiast


http://www.admiroutes.asso.fr/action/theme/democratie/citoyen.htm