Commerce Electronique

Internet au service du développement économique.

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Table-ronde

Cette Table-ronde faisait partie d'un Colloque organisé par la Communauté Urbaine de Bordeaux et la COFHUAT (Confédération Française pour l'Habitation, l'Urbanisme et l'Aménagement du Territoire, 01 47 53 39 82), à Bordeaux, le 20 janvier 1997.

NDLR: Admiroutes, invitée au Colloque, pense utile de résumer les principaux propos tenus lors de cette Table-ronde, qui illustrent bien la prise de conscience, par les participants, d'un certain retard français dans le domaine de l'utilisation des réseaux au service du développement économique, mais aussi de ce que de rares PME/PMI dynamiques peuvent faire lorsqu'elles savent précisément se servir de ces réseaux dans la guerre économique mondiale.

M. LENGRAND, modérateur, a su parfaitement mettre en exergue les points-forts des interventions.

Nous pensons que ceci peut faire méditer bien des chefs de service administratifs qui n'ont pas encore perçu l'intérêt des réseaux.

oOo

M. Louis LENGRAND, consultant, modérateur:

Il est nécessaire de montrer concrètement comment l'Internet et l'Intranet peuvent aider les PME/PMI à améliorer leur position concurrentielle, notamment au sein de Régions qui ne bénéficient pas toujours des ressources des grandes zones d'activité européennes.

M. Jean-Pierre DIERICK, Bull-Europe.

Les PME/PMI françaises sont généralement sous-équipées face au développement de la société de l'information et du commerce électronique. Ce qui est plus grave, c'est qu'elles n'en sont pas toujours conscientes.

Trois types d'échanges les sollicitent: d'entreprise à entreprise (BtoB), d'entreprise à administration (CtoPA) d'entreprise à client (BtoC).

Dans le BtoB, les grandes entreprises utilisent l'EDI. Pour les PME, c'est trop lourd. Internet exige un EDI allégé, supposant un faible coût d'investissement et d'exploitation. L'EDI allégé est facile à mettre en place, mais il est pratiquement ignoré. La sécurisation des moyens de paiement a fait de gros progrès, mais les PME/PMI n'en bénéficient pas encore.

Le CtoPA (téléprocédures administratives) n'existe pratiquement pas encore en France. Les PME se plaignent unanimement du temps excessif passé aux déclarations. Manque encore la plate-forme générale d'échange avec les administrations qui servirait de locomotive au Commerce électronique proprement commercial. L'achat public électronique pourrait jouer ce rôle, mais il n'est pas organisé.

Quant aux trafic d'entreprise à client, il est encore ignoré, sauf, sur un plan local, par le Minitel.

Les réseaux sont encore vus en France comme réducteurs d'emplois et facteurs de dégraissage. Il faut les voir, comme aux Etats-Unis, comme moyens de conquête de nouveaux marchés, moyens de maintenir et augmenter l'emploi.

M. Foudyl ZAOUIA, Directeur de la Communication SATELEC:

SATELEC: instrumentation en chirurgie dentaire, 200MF de CA, 200 personnes, 80% à l'export. Un marché dominé par de très grands concurrents. Comment survivre? Une utilisation intensive du NET apporte des solutions. Depuis un an, SATELEC a mis en place un projet Internet complet (Internet, Intranet, FTP, news, forums, etc.

Le réseau permet: - la veille concurrentielle, notamment le contact avec les clients potentiels tous informatisés - la veille technologique (quelques heures de Net, avec " agents intelligents " apportent autant d'informations que 6 mois de consultants) - le contact permanent entre le siège et les agences ou commerciaux à l'étranger - les paiements en ligne, etc.

Les différentes technologies se superposent. SATELEC continue à utiliser massivement le Fax, le téléphone, mais aussi la visioconférence par satellite.

Les gros concurrents sont aussi équipés et experts en communication que SATELEC. Il ne faut donc pas faire les choses à moitié, mais mettre la barre très haut en termes de qualité technique des équipements, et d'incitation à l'utilisation et aux réorganisations de méthodes.

Les coûts internes sont faibles (3 personnes à temps partiel). Mais il faut trouver localement, (en Région) des prestataires de service sur qui se reposer. Non pas des fournisseurs d'accès, que l'on trouve partout désormais, mais des Agences de communication, qui aient compris les nouveaux besoins, qui sachent mixer la technique, le marketing, la communication, bref exploiter Internet sous toutes ses facettes, au service d'entreprises chaque fois différentes. Cela manque encore pour le moment.

M. Jean-Louis COUFFINHAL, Directeur Société VALMET Automation.

VALMET est la filiale française (250 personnes) d'une société finlandaise de machines à papier. Celle-ci dispose de 60 établissements dans 30 pays. Le marché est dominé par 3 grands mondiaux. Il peut se retourner en 6 mois. D'où la nécessité d'une intense réactivité. Chaque structure nationale décide sur son terrain Le réseau est indispensable, pour exploiter l'information qui constitue aujourd'hui la première richesse: connaissance des marchés, liens internes entre filiales. Il doit donc être très performant.

L'ancrage du réseau est le PC connecté. Chaque personne en est dotée. Tout le monde peut communiquer avec tout le monde, sans barrières hiérarchiques, et pour dire tout ce que l'on juge bon. Autrement dit, l'information émise ou reçue n'est pas contrôlée, elles doit circuler sans limites. Certains utilisent le réseau, d'autres moins ou pas du tout. Mais les cadres s'y sentent obligés. Sinon, ils seraient coupés de la vie de l'entreprise.

Tout est sous-traité à l'extérieur. Malgré le coût (technologies au top du marché, soit 3 à 5% du CA), les retours sont immédiats, notamment sous forme de gains en délais. Grâce à ces moyens, comme au dynamisme des équipes, l'entreprise a pu récemment embaucher une centaine de personnes.

Sur le marché mondial des machines à papier, tous les concurrents ont le même niveau d'équipement, avec, d'un mois à l'autre, des retards ou des avances mineures. L'écart se fait sur la compétence des personnels, et aussi leur motivation pour travailler pour l'entreprise. Sur ce plan, les salariés français se révèlent excellents.

M. Bernard SEVERIN, vice-président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Bordeaux.

A côté de ces 2 entreprises branchées, combien, parmi les 36.000 PME de la région, ne le sont pas? La CCI va s'efforcer de les aider, en diffusant l'information de référence. Un cyberespace sera développé avec l'appui du Centre Européen de Communication de Bordeaux, pour aider les entreprises à découvrir et utiliser ces moyens (Internet, CD-Rom, visio-conférence, etc).

M. Hervé LHOUMEAU, secrétaire général de l'association " Aquitaine-Multimédia ".

Aquitaine Multimedia regroupe des entreprises de technologies de l'information à vocation régionale. Elles doivent se regrouper, car elles apparaissent microscopiques à l'échelle mondiale et même national. Mais elles apportent aux PMI utilisatrices une compétence de terrain qui est précieuse, sinon indispensable.

Il faut lutter contre l'opinion répandue selon laquelle les réseaux suppriment de l'emploi dans les Régions. Mais pour cela, il faut un effort permanent d'imagination et de communication, dans l'exploration et l'exploitation des opportunités offertes, notamment par l'Internet.

Une action permanente de formation est également à organiser. Combien d'entreprises locales ne se rendent pas compte qu'avec le développement du commerce électronique mondiale, elles risquent de perdre leurs clients les plus assurés. L'effort à faire pourtant n'est pas considérable. Il suppose pourtant un changement des mentalités des patrons.