AIDE
AU LANCEMENT DE SITES WEB ASSOCIATIFS
François TANNIOU tanniou@imaginet.fr
15 septembre 1996
Ci-dessous une proposition pour la création d'une pépinière virtuelle, permettant la prise en pension provisoire des sites associatifs demandant des subventions aux collectivités publiques. Admiroute pourrait contribuer à lancer cette démarche.
Les services de l'Etat ou des autres collectivités publiques vont être de plus en plus saisis de demandes de subventions, en vue de créer des sites Internet. La tentation est grande en effet, pour les porteurs de projet, de présenter cette technologie comme le prolongement naturel de l'action associative.
Il est exact qu'un tel outil offre plusieurs avantages :
- réduction du coût des communications,
- mise en synergie d'acteurs qui sinon se seraient ignorés,
- prise en charge par des individus isolés de leur recherche
d'informations et de conseils, sans être dépendants des délais
de réponse des différentes institutions.
Or les effets de ce média dépendent de toute une série de comportements préexistants à l'égard de l'information.
- Ou bien il vient s'ajouter à d'autres outils, et son apport est
évalué en termes d'effet d'image,
- Ou bien ses utilisateurs ont prévu et évalué en amont
l'ensemble de ses impacts sur le développement de leurs projets.
En effet, la part croissante prise par le temps réel dans les relations sociales n'est pas en soit un facteur de meilleure socialisation, ni de meilleure adaptation d'une organisation à son objet.
Il n'existe pas vraiment aujourd'hui de cadre conceptuel et de mode opératoire permettant d'instruire sérieusement les demandes de concours pour des serveurs WEB.
On trouvera ci-après quelques principes à respecter, ainsi qu'une proposition visant à créer une pépinière publique de projets associatifs.
I. LES PRINCIPES A RESPECTER :
1) Trouver d'autres financeurs que les financeurs publics,
2) Ne financer qu'un lieu d'émission la première année :
Les promoteurs de projets de sites se prévalent souvent d'un mode de fonctionnement « en réseau », et justifient leur démarche par la nécessité de fédérer les actions de plusieurs associations « soeurs ». Or, avec le WEB, n'importe quel opérateur peut se prévaloir d'une vocation fédératrice détachable de l'assiette territoriale sur laquelle il est réellement implanté. Mais encore faut-il que la zone d'influence virtuelle qui vient s'ajouter à la zone d'influence territoriale ait un minimum de réalité. Cette réalité s'évaluera dans les pratiques d'échange effectives qui pourront se développer autour de l'outil. Pour cela, un seul centre émetteur, relié à des postes de consultation ordinaire suffit. Les associations soeurs peuvent tout à fait se contenter, dans un premier temps de sous-traiter la réalisation des pages WEB au site maître.
3) La typologie des services doit être définie de manière précise :
On distingera, au minimum entre :
- la présentation des activités courantes (home page)
- les projets en cours, avec une indication de leur degré de
réalisation, et des avantages précis attendus du WEB,
- les services en ligne consacrés à l'amélioration des
relations avec les administrations.
L'association qui demande des concours publics à un ou plusieurs ministères, doit pouvoir présenter un programme précis d'utilisation du WEB dans les relations avec le ou les ministères dont les fonctions sont les plus proches de son objet social.
4) Préciser le mode d'appropriation des techniques d'élaboration de messages et de gestion du serveur :
Les métiers nécesaires à la mise en oeuvre d'un serveur Internet sont de diverses natures.
Les demandeurs doivent pouvoir distinguer entre :
- les métiers qu'ils envisagent de s'approprier (ex: réalisation
de pages, évaluation du trafic), et pour lesquels le fiancement devra
être dégressif, voire limité à un exercice,
- les métiers qui resteront externalisés, et dans ce cas, les
conventions avec les prestataires extérieurs devront être produites.
II. LA PEPINIERE VIRTUELLE :
Il n'est pas facile pour un service instructeur, s'agissant d'une technologie en émergence, de se projeter dans l'avenir à partir d'un simple dossier papier. Par ailleurs, le contrôle a posteriori n'est pas non plus une solution aisée. En revance, il devrait être possible d'héberger temporairement sur un site public des services pendant une phase de test, selon la formule des pépinières d'entreprises. La qualité et la fiabilité des services rendus serait la même, mais le coût de lancement serait largement inférieur. Ceci permettrait aussi aux financeurs sollicités de mieux doser leurs contributions, car ils pourraient vérifier en environnement réel les premiers impacts des serveurs. Ensuite, l'issue des dossiers pourra consister :
- soit en une prise d'autonomie, les serveurs poursuivant leur vie dans l'esprit
de la demande initiale,
- soit par un abandon du projet,
- soit par une prolongation de la prise en pension, si les promoteurs du
projet jugent cette formule plus intéressante.
Ce dispositif permettrait de traiter les dossiers de manière plus vivante mais aussi plus impartiale. Par ailleur, le coût moyen du soutien public par dossier serat réduit.
Avant toute subvention, l'hébergement temporaire serait proposé aux futurs opérateurs. Cette formule aurait plusieurs avantages : les services bénéficieraient tout de suite d'une audience importante, et pourrait mieux tester l'attrait de leur projet. Les animateurs de la pépinière virtuelle pourraient assurer un tutorat informel. Au bout de quelques semaines, un bilan de l'opération serait réalisé, et plusieurs scénarios d'évolution proposés.
Observation: rien n'empèche, entre associations, de se rendre des services équivalents. Une association disposant d'une expérience du Web doit pouvoir en aider d'autres à « décoller », en leur offrant des espaces sur son serveur, ainsi qu'un tutorat de départ en ce qui concerne l'édition électronique et l'utilisation des éditeurs HTML. Pourquoi Admiroutes ne jouerait-elle pas ce rôle?