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Vers l'Etat en réseau |
octobre 1996
Face au phénomène des "autoroutes de l'information", l'Etat peut adopter deux attitudes : soit il tente de règlementer le phénomène de l'extérieur (ce qui est nécessaire, mais insuffisant), soit il cherche à y adapter ses structures les plus essentielles, en devenant lui même l'un des contenus de ces autoroutes de l'information.
C'est la démarche qui est adoptée ici, à partir de cinq domaines de l'activité étatique : deux domaines régaliens au sens strict du terme, la Loi et l'Impôt, et deux formes plus modernes de l'action de l'Etat, la lutte contre la fracture sociale et l'aménagement du territoire, pour aboutir à la question de l'organisation des services administratifs. En effet, il n'y a pas de véritable réforme de l'Etat sans prise en compte de l'impact des réseaux d'information. Il s'agit d'une révolution culturelle aussi importante que le passage de l'Etat féodal à l'Etat classique, ou de l'Etat jacobin à l'Etat providence. Il nous faut maintenant passer à l'Etat en réseau.
L'urgence de la réforme vient du décalage entre la société, secouée par les technologies qui évoluent rapidement, et l'organisation de l'Etat, qui, elle, reste pratiquement inchangée. Dans le débat en cours qui s'est instauré sur ce sujet, il faut noter l'intervention de M. Franck Borotra, Ministre de l'Industrie de la Poste et des Télécommunications, dans un entretien accordé au site Evariste. Le présent article hypertextuel a pour objectif de rappeler les enjeux véritables des évolutions en cours.