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Vers l'Etat en réseauLes services administratifs |
| Introduction |
L'intérêt de réseaux internes à chaque administration ou ministère, dans l'élaboration de textes de loi, ou l'envoi de documents fiscaux est immense. Plus généralement les messageries internes et les intranets dans les services publics sont des sources de gain de temps et de productivité, de meilleure coordination et de souplesse. Leur réunion au sein d'un réseau interministériel augmenterait encore ces avantages.
Il reste à faire entrer les nouvelles technologies dans les moeurs, à assurer la confidentialité et la sécurité sur ces réseaux et à adapter les règles et les usages de l'administration, notamment le respect de la voie hiérarchique. Sur le premier point, beaucoup reste à faire, comme en témoigne l'excellente chronique du bêta-bloquant. Mais il est également clair que les technologies de l'information heurtent et bouleversent les habitudes et qu'il faut trouver des réponses à une série de problèmes inédits : qui peut envoyer un message à qui ? comment instituer un système de visa des supérieurs hiérarchiques ? etc... L'efficacité en communication interne est peut-être potentiellement dangereuse: l'autorité peut contrôler la bonne réception par chaque agent d'un bulletin. A l'inverse, on peut imaginer l'utilisation de la messagerie pour inciter à la grève. Il faut donc encadrer l'utilisation des réseaux, mais sans lui enlever sa souplesse. Le seul principe étant qu'une utilisation sauvage ou pirate d'un réseau est une faute professionnelle.
La structure des réseaux ou du réseau interministériel ne pourra pas être calquée purement et simplement sur la structure administrative existante. Il est clair que l'Etat doit profiter de l'occasion pour remettre en cause les cloisonnements, les rigidités, un fonctionnement trop centralisé, afin de s'adapter à son environnement économique et social lui même de plus en plus marqué par la souplesse et le caractère non directif des autoroutes de l'information.
Plusieurs ministères sont maintenant dotés d'un site Web, qui leur permet de communiquer avec le public "en ligne" (notamment les ministères de la Culture, de l'Education Nationale, des Finances, des Affaires Etrangères, de la Poste et des Télécommunications). Une certaine coordination entre eux se met en place, notamment par l'utilisation de la racine commune "gouv. fr" dans l'adresse Internet. Le contenu de ces sites n'est en revanche pas encore satisfaisant. Il n'y a pas de traduction réelle de l'activité des ministères.
Le plus important est probablement la rencontre entre les réseaux internes et externes, notamment par le courrier électronique que va recevoir, de plus en plus, chaque Ministre ou chaque autorité administrative. Ce courrier devra être traité par les services, en faisant usage des messageries. Il faut donc mettre sur pied une organisation appropriée de la répartition, de la circulation et de la remontée de l'information sur les réseaux.
Mais l'heure est probablement à l'explosion de l'intranet dans les administrations. Le travail en groupe est facilité par les technologies internet appliquées en interne. Dans le cadre de la préparation de la loi, en vue de la publication finale de celle-ci dans un Journal Officiel Multimédia, l'intranet possède un intérêt supplémentaire: il permet de préparer et d'étudier non seulement le texte, mais aussi "l'hypertexte de loi", c'est à dire de prendre en compte informatiquement, dés l'origine, les liens entre le projet et le droit existant.
La mise en place d'un site Web à la Présidence de la République, permettant au Chef de l'Etat de dialoguer avec les Français, de recevoir leurs courriers électroniques et de s'adresser à l'opinion publique mondiale, s'impose absolument.
Conclusion: de l'Etat-papier à l'Etat-réseau