page d'accueil d'admiroutes Manque de moyens d'intervention sur le rail? retour vers accueil affaire Erika et internet
2 pages par Jean-Paul.Baquiast jp.baquiast@meudon.netcable.tm.fr
publié initialement dans l'atelier Radiophare http://www.radiophare.net/auditions/index.html 
17-01-00

Voir aussi Ouest-France http://www.france-ouest.com/naufrage-erika

Au vu des documents fournis par le rapport du Bureau Enquêtes Accidents/mer http://www.equipement.gouv.fr/erika_rapport.htm de la Direction Générale des Affaires maritimes et des gens de mer,  suite au naufrage de l'Erika, n'apparait-il pas, sinon un manque de vigilance des autorités maritimes françaises, du moins un manque de moyens lourds d'intervention sur le rail et ses abords, en cas de crise, se traduisant par le fait de laisser se développer des situations potentiellement à risques.

- Les messages et manoeuvres successives de l'Erika à partir du 11/12, I4h00 n'auraient-ils pas du exiger survol immédiat du navire pour information,, voire mise à bord d'un pilote ou équivalent, à partir d'un hélicoptère lourd (Sper Frelon, susceptible d'intervenir à 100 nautiques des côtes par vent force 8).

Il s'agissait d'un navire en principe connu comme vétuste, transportant une cargaison en principe connue comme dangereuse, ayant lancé un appel de détresse signalant une gite (un pétrolier ne gite pas sans raisons graves) puis un cap vers la terre à plus de 10 nds, sur des caps entre 30 et 85 . L'annulation de la détresse ne devait pas suffire à rassurer.

L'on se trouvait alors dans le scénario sans doute le plus difficile: navire ayant gardé des moyens de propulsion, quittant délibérément le rail pour l'abri de la terre, ce qui est le droit de chacun, mais au risque de provoquer une catastrophe à terre. Que faire? Le stopper d'autorité? Le renvoyer au large, au risque entre autres de disperser la pollution? L'escorter à terre, au risque entre autres de concentrer la pollution ? Le laisser faire?

La première chose à faire était d'aller voir, avec un oeil compétent, par survol à basse altitude ou le cas échéant hélitreuillage d'un spécialiste à bord . Le capitaine  Mathur aurait certainement apprécié.

- Le pire est arrivé. L'Erika a coulé le 12/12 à 5h, après avoir parcouru environ 90 nautiques vers la terre depuis son déroutement, apparemment sans contacts conclusifs avec aucune autorité, et être entré sur le plateau continental, où les chances de pollution sont maxima.

La question est donc la suivante: Si la surveillance du rail avait disposé de moyens suffisants, en informations (connaissance claire du navire et de son chargement), liaisons et moyens d'intervention aéro-navals lourds, n'aurait-elle pas envoyé dès le 11/12 une reconnaissance à bord qui aurait détecté les ruptures de cloison. En ce cas, n'aurait-elle pas du stopper le navire ou le dérouter vers le large, quitte à évacuer l'équipage, ou préparer son évacuation. L'argument avancé semble-til par la Marine selon lequel il ne serait pas possible de procéder à ces opérations à quelques 150 nautiques des côtes est-il recevable, si précisément l'on dispose de moyens lourds.

Je me trompe peut-être, mais le scénario de prudence, en de telles circonstances, devrait être d'arréter un navire présumé dangereux au grand large,en attente éventuelle d'un remorquage (ou d'une évacuation), jusqu'à ce que la situation s'éclaircisse. La mer n'est certainement pas plus mauvaise au large qu'aux approches de la terre*

Conclusion de tout ceci: la surveillance du rail manque cruellement de moyens. N'est-ce pas la leçon à retenir? Les autorités maritimes ne devraient-elles pas le reconnaitre, si c'est le cas, plutôt que se laisser suspecter de négligence? Si rien n'est changé, et en attendant renforcement des normes et du contrôle de leur application, l'on risque d'avoir à traiter 2 à 3 Erikas simultanément dans un prochain coup de temps, vu tout le trafic suspect naviguant en Manche et dans le Golfe de Gascogne (sans oublier la Méditerranée).

* Notons qu'à l'inverse, certains experts (Pr Claude Chassé notamment) recommandent d'amener à terre (mais où) une cargaison supposée polluante, pour éviter la dispersion et faciliter le traitement.

Source: rapport BEA
route de l'Erika (carte marine)

http://www.admiroutes.asso.fr/action/erika/routerik.htm