page d'accueil d'admiroutes Rôle d'Internet dans la mobilisation contre la pollution par le transport maritime retour vers accueil affaire Erika et internet
1 page par Jean-Paul.Baquiast jp.baquiast@meudon.netcable.tm.fr 22-12-1999

Voici à la date du 22 décembre 1999, quelques réflexions en désordre sur le rôle d'Internet dans la mobilisation contre la pollution des mers et des côtes par le transport maritime

La radio et la télévision peuvent jouer un rôle dans la mobilisation citoyenne, mais l'information y est nécessairement orientée et unilatérale.

A preuve l'émission  "Le téléphone sonne" de France-Inter du 21/12, 19h15. Nous n'y avons pratiquement entendu que le représentant de Total-Fina, accessoirement celui des armateurs. Pour Total, il n'a pas faute, puisque la Compagnie a respecté scrupuleusement les réglementations actuelles. C'est indéniable, mais personne ne nous a dit, par exemple que, pour se conformer au principe de précaution (cargaison dangereuse, route maritime dangereuse, vent et mer debout, en hiver à l'entrée de la Manche, avec forte probabilité de tempête) Total aurait pu affréter un navire un peu plus coûteux, mais plus sûr (plus jeune, avec double coque par exemple). Personne ne l'a dit, car la radio, malgré les apparences, n'est pas un média contradictoire. Il s'agit d'une information déversée d'en haut, à laquelle il n'est pas possible de répondre. Total aurait demandé à France Inter d'organiser un débat pour lui permettre de plaider sa cause devant l'opinion que les choses ne se seraient pas passées autrement.

Internet offre beaucoup plus de possibilités d'informations croisées et de discussion, mais c'est encore un média dans l'enfance, tout au moins en France.

Il faut s'exprimer  abondamment sur Internet, et aussi se faire référencer, si l'on veut jouer un rôle. Mais d'ores et déjà l'information y est incomparable. Prenons par exemple la page d'actualité de Yahoo.fr http://fr.fc.yahoo.com/n/naufrage.html  Nous y trouvons de nombreux articles de la presse en ligne, mais aussi des dossiers établis par des organisations diverses, notamment écologistes, ainsi qu'un historique et des liens utiles. Il y a de quoi commencer à s'informer et travailler.

Mais cela ne suffit pas. Manquent encore les points de vue de la base. Il faut contester les affirmations "officielles" des grands organismes, mais aussi proposer des solutions. La plupart seront jugées sans doute farfelues, mais certaines émergeront pour se transformer en action politique. Or si des listes de discussions, si des actions locales de type écologique ou politique se constituent sur Internet, qui en parlera, qui les fera connaître en les regroupant? La nécessité d'organiser des portails de référence s'impose, mais qui en prendra l'initiative? Des organisations écologiques, politiques, syndicales, des collectivités locales? Il faut apprendre à travailler sur Internet, dans l'urgence et l'improvisation, certes, mais avec un minimum d'efficacité. C'est ce qu'avaient fait les anti-OMC à Seattle. L'on retrouve le besoin de portail-citoyen de proximité, s'inspirant de celui proposé ici.

Les textes et liens que nous publions ici donnent un bon exemple de ce qu'il faut faire.

Les administrations se révèlent  actuellement incapables de jouer le rôle de relais d'opinion dans la prise de conscience, par Internet, des solutions "étatiques" possibles .

Les Etats qui souhaiteraient vraiment agir, au bénéfice de leurs populations et de l'environnement, dans le renforcement de la réglementation internationale concernant le transport maritime, l'application concrète des normes de sécurité, la chasse aux pavillons de complaisance domiciliés dans des Etats fantômes, peuvent le faire. C'est faux de dire qu'ils sont impuissants. S'il reste un rôle aux Etats aujourd'hui, c'est bien dans celui de l'application des principes de sécurité, dans tous les domaines, fut-ce contre de puissants intérêts économiques. Nous sommes dans la même problématioque que celle du transport aérien ou de la vache folle.

Au plan national, il en est de même. Pourquoi n'a-t-on pas encore doublé l'Abeille Flandres d'un bâtiment encore plus puissant? Pourquoi n'a-t-on pas réalisé des navires dépolluants mieux adaptés au mauvais temps, du type de celui que nous envions à l'Allemagne? Pourquoi certains ports ne sont-ils pas mieux équipés pour recevoir les navires dangereux en perdition? Cela coûterait cher, mais n'est-ce pas à l'Etat de financer ces dépenses préventives, plutôt que financer les dommages? Voici des questions que les citoyens se posent, auxquelles il faut répondre.  

Or si les Etats veulent jouer ce rôle de défense du citoyen, comme ils l'affirment, il faut que leurs administrations ouvrent très généreusement leurs médias d'expression, notamment leurs sites Internet, aux gens qui souhaitent les soutenir dans cet aspect du service public.  Actuellement, les évènements de l'Erika montrent qu'en France, l'Etat ne sait pas le faire. Il n'y a pas de forums sur la question du transport maritime. Quand boite à lettres il y a, et qu'elle n'est pas fermée devnt l'affluence (voir le ministère de l'environnement) celui qui envoie un message reçoit une réponse d'attente, du type: merci de votre courrier. Il n'y a pas là de quoi mobiliser les énergies.

Nous parlions de portail d'informations et de dialogue ci-dessus. Pourquoi nulle administration n'en a-t-elle encore pris la responsabilité? De peur de voir critiquer son action? Mais la critique n'est-elle pas la règle du jeu démocratique?

Quant au plan des services déconcentrés de l'Etat, posons la question de savoir quelle administration a ouvert un site web d'information et de mobilisation: préfecture, DDE, DRIRE? C'est une vraie question et non de l'ironie mal placée. Si vous avez des informations en réponse, adressez-les nous. Nous les signalerons dans la page lien.htm

http://www.admiroutes.asso.fr/action/erika/reflexion.htm